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Les commanderies des Templiers de Belgique

Hiérarchie et Juridiction
La progression imaginative de certains auteurs se manifeste tout au long de leur littérature. Dans mon livre: les Templiers, gouvernement et institutions, j'ai montré comment furent fondés les Templiers et l'impossibilité qu'il y avait, d'après les textes qu'ils aient été et soient restés neuf durant neuf ans.

L'Ordre du Temple fut fondé le 25 décembre 1119 lorsque deux chevaliers: Hugues de Payens, champenois et Geoffroy de Saint-Omer, flamand, prêtèrent obédience entre les mains de Garimond, patriarche de Jérusalem, dans l'église de Bethléem, le jour où le roi Baudouin était couronné roi de Jérusalem (1).

On se demande où M. Saint Hilaire est allé chercher la date du 27 décembre 1118, lorsqu'il déclare: L'Ordre du Temple de Salomon avait été discrètement conçu le jour de la saint Jean d'hiver 1128, à Jérusalem (2). Il fallait faire concorder avec une autre date aussi fantasque dont nous allons parler. C'est le Mystère sur toute la ligne.

Après la fondation, les templiers reçurent quelques dons dans la Flandre. Cette province n'avait-elle pas donné le cofondateur de l'Ordre ? Le comte de Flandre et l'épiscopat tout comme les seigneurs locaux s'intéresseront rapidement à la jeune fondation, mais il fallait une approbation. Ce fut le 17 janvier 1128 que l'Ordre du Temple reçut son approbation définitive et canonique par la confirmation de la Règle. Ce texte législatif, que les Templiers ne toucheront jamais et qu'ils suivirent jusqu'à la fin, ne fut jamais composé par saint Bernard et l'Ordre de Cîteaux n'a strictement rien à voir dans les origines, la progression et la vie du Temple (3).

Mais voilà que nous apprenons que le fondateur, Hugues de Payens, Geoffroy de Saint-Omer et Payens de Montdidier se trouvent le jour de la saint Jean d'hiver 1128 — coïncidence curieuse, sinon mystérieuse — sur les Pentes du Mont Cassel (4). On se demande bien ce qu'ils venaient y faire. L'auteur de ce texte aurait mieux fait de chercher ailleurs que copier intégralement les données de M. Saint Hilaire (5). Bien sûr il ne faut pas chercher dans l'œuvre de Bernard Coussée, une étude sérieuse malgré les neufs références qu'il nous livre dont sept émanent des Archives du Nord à Lille et qui n'ont rien à voir avec les Templiers, mais avec la période hospitalière, sauf la n. 5. Ce texte n'est qu'une repasse. Il s'agit donc d'un article sans fondement historique sérieux. Il est impos-sible qu'Hugues de Payens ait été à Cassel à cette date. En premier lieu nous n'avons aucun texte qui le signale et ensuite que le maître-fondateur se trouvait non pas en Flandre mais en Angleterre à cette période, là nous avons des textes (6).

Après cette introduction dont le seul but était de mettre les choses au point et à leur place, que font les Templiers après le concile de Troyes ? M. Saint Hilaire nous précise que le soir de l'équinoxe (encore) de septembre 1128, les Templiers se séparèrent au sommet du Mont Cassel — toujours lui — Or au mois de septembre 1128 il n'y eut que deux actes émanant de la Flandre et aucun n'a trait au Mont Cassel, mais à l'église Saint-Pierre pour le 13 septembre tandis que le deuxième document concerne les reliefs de Saint-Omer.

Toutefois en ce mois de septembre 1128, Ypres est signalé comme maison du Temple régulière et fonctionnant sous la direction d'un supérieur (7). La hiérarchie s'établit aussitôt et la juridiction ne sera évidente que quelques années plus tard, lorsque le pape Innocent II édictera la bulle Omne datum optimum.

Le comté de Flandre a désigné autrefois un pagus carolingien, puis l'une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l'influence durement disputées depuis sa création au IXe siècle jusqu'en 1384, date de la mort du comte Louis de Male.
La Flandre, terre de prédilection de l'Ordre du Temple est la porte du commerce du drap occidental avec Bruges et Ypres, comme centres importants, mais c'est aussi celle des épices venus d'orient. Depuis plusieurs décades le commerce est établi avec l'Allemagne, l'Angleterre, les foires de Champagne et même avec la Péninsule Ibérique. En dehors des deux villes citées: Liège, Arras, Douai, Lille, jouèrent un rôle important.

Lorsque les croisades furent prêchées, et surtout la première, les chevaliers et barons flamands surent répondre à l'appel. Il en est de même des « seigneurs du Nord » dont Godefroid de Bouillon reste le plus bel exemple. Prêchée par Pierre l'Ermite, la première croisade intéresse au plus haut point les provinces que nous étudions. Moine de Huy, dans la principauté diocèse de Liège, Pierre l'Ermite ne fut pas beaucoup suivi par les seigneurs de Lotharingie, mais beaucoup plus par les flamands.

Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Omer furent de ceux qui, au début du XIIe siècle, allèrent en Palestine défendre le Tombeau du Christ. Après le concile de Troyes, les frères présents reçurent la tâche non moins facile de recruter et d'obtenir faveurs et biens. Aussi dès l'approbation de la législation le co-fondateur alla dans ses domaines. Là il sut encourager suzerains et vassaux. En dehors des donations ecclésiastiques, le comte Thierry, fut un généreux partisan de la nouvelle fondation et s'attacha le premier maître de la province, Otton de Saint-Omer. Le comte de Flandre ne cessa d'encourager la nouvelle fondation. Malheureusement on ne peut pas suivre les chevauchées des premiers templiers dans les provinces comme on peut le faire pour le midi de la France et la Péninsule Ibérique (8).

En 1128, la Flandre se couvre, en l'espace de quelques jours de quatre commanderies: Ypres, Cassel, Saint-Omer et Bas Warneton. Il faudra attendre quelques années pour voir apparaître celle de La Haie les Lille, alors que Slijpe et Leffinghe verront le jour en 1131. En trois ans sept commanderies seront sorties de terre sur le sol flamand. Ypres restera celle autour de qui graviteront toutes celles qui s'établiront par la suite.

Les frères du Temple seront souvent présents dans les actes flamands et cela dès les débuts. En 1142 dans une charte émanant de Mathilde, reine d'Angleterre et comtesse de Boulogne et de son fils, nous avons en témoin: Bernard, abbé de Clairvaux, Vauleran, abbé d'Ourscamp, Henri, abbé de Vaucelles, Thierry, abbé de Cappel et les chevaliers du Temple: Gilbert de Brusenenth, Otton de Saint-Omer, Dreux de Preleke, Thomas de Maresh et Guillaume Moine (9). La même année les frères Otton et Robert de trouvent témoins dans une charte concernant l'abbaye des Dunes avec Thierry, comte de Flandre (10).

Ces deux frères vont se retrouver dans des signatures d'actes mais c'est surtout le frère Otton qui va occuper la première place. Le frère Otton qui n'est autre que le fils du seigneur de Saint-Omer se retrouve en 1150 comme témoin d'une charte d'Arnaud, comte de Guines en faveur de l'abbaye de Saint-Bertin. Il en sera de même vers 1153, lorsque le comte Thierry fera des largesses à un dénommé Ruholt. (11)

Les deux frères du Temple étaient ensemble en 1147 à la signature d'un acte émanant du comte de Flandre en faveur de l'abbaye de Saint-Bertin (12).

Le Hainaut a été partagé entre la Belgique et la France suite aux campagnes militaires et annexions de Louis XIV. En 1659, le traité des Pyrénées accorde à la France Avesnes-sur-Helpe, Landrecies et Le Quesnoy. En 1668, au traité d'Aix-la-Chapelle, la France obtient en outre Ath et l'enclave de Binche. Au traité de Nimègue (1678), la France rend Ath et Binche et reçoit en échange les terres autour de Valenciennes, Bouchain et Maubeuge.
Le Hainaut comme le Brabant se verront gratifier de quelques biens de la part des comtes de Lotharingie ou Lorraine, dans les années 1130-1140, tandis que la principauté de Liège ne verra les Templiers que vers 1145-1150, quoique dans cette province le suzerain, en l'occurrence le prince évêque de Liège ne se manifestera que beaucoup plus tard. Il faut croire que les templiers dans la principauté épiscopale n'avaient pas reçu toute l'approbation souhaitée puisque le 14 mai 1150, le frère Evrard des Barres, maître de la milice du Christ du Temple notifie, à tous, présents et à venir que d'un commun accord avec tous ses frères, qu'il avait une maison et un près contiguë que tenaient Robert le Petit et ses frères Lambert et Gontran. Ce bien était chargé d'un cens annuel payable à l'église de Saint-Denis et situé dans la ville d'Amay au pays de Liège. Pour le service de Dieu les frères du Temple se dessaisissent de ce bien et le donnent au vénérable Suger, abbé de ladite église de Saint-Denis (13).

Il faudra attendre plus de cinquante ans pour que la principauté de Liège voit les Templiers avec des maisons régulières et si au XIIIe siècle la Flandre avait terminé son expansion, le diocèse de Liège prendra la relève.

Les premières recrues des frères du Temple dans le Nord de la France et en Flandre seront surtout des Picards et des Flamands et comme de partout les templiers donneront leurs propres biens qui deviendront des commanderies, des maisons dépendantes, des granges ou de simples fermes.

Une hiérarchie est établie quelques années après le concile e Troyes et si dans d'autres parties de l'Europe occidentales, les fères voyagent beaucoup, en Flandre ils resteront dans leur province, débordant seulement sur l'Artois. Il en est de même dans le Hainaut. On constatera d'ailleurs que la juridiction sera établie en fonction des limites ecclésiastiques, lesquelles faisaient quelques fois cas des frontières civiles. Le diocèse de Liège formant une exception.

Nous pouvons établir une chronologie des fondations de l'Ordre du Temple en fonction de l'expansion de l'Ordre en Flandre, Artois, Hainaut, Brabant, Namur, Liège et Luxembourg où les commanderies étendront leurs tentacules juridictionnelles et hiérarchiques sur des biens et des lieux situés dans des frontières bien déterminées.

L'ensemble de ces maisons allait donner naissance à deux sous-provinces de la Province de France quoique soumises directement au maître de France qui restait tout de même le supérieur hiérarchique direct au contraire des deux grandes sous-provinces de Normandie et de Bourgogne qui suivaient, de leur côté, les aléas de la politique des rois de France.

Le maître régional était nommé par le chapitre de la Province sous la présentation de la chambre capitulaire (14). Le Chapitre Général avait de son côté, nommé le maître provincial et lui déléguait ses pouvoirs sans pour cela qu'on en ajoute. Seul le Chapitre Général pouvait édicter de nouvelles directives.

A partir de la fondation d'Ypres le réseau des commanderies va se développer et s'étendre du nord au sud de la Flandre. Les éléments que nous donnent les actes des commanderies comme ceux des différents statuts des Chapitres Généraux, sont assez clairs et nets pour avoir une idée juste des diverses juridictions. Il est rare de voir une maison passer d'une juridiction à l'autre alors que dans certaines provinces de l'Ordre le fait est courant mais provient uniquement d'un but de commodité et aussi de dégagement des diverses denrées, ce qui n'est pas le cas des commanderies et maisons qui nous intéressent puisqu'elles sont surtout chargées d'un commerce différent que celui de l'agriculture pure.

Nous devons donc avoir une idée juste des juridictions de la circonscription: Flandre, Liège et Luxembourg. Pour cela je me suis référé seulement aux données des chapitres généraux de 1205, 1257 et 1293. Le Chapitre général de 1205, n'est pas très loquace au sujet de la Flandre puisqu'il remit en valeur le texte de la règle après la désastreuse maîtrise de l'unique Grand-Maître flamand de l'Ordre: Gérard de Ridefort ou de Rideford. Ce Chapitre qui vit l'élection de Guillaume de Chartres ne parle pas des parties du Brabant, du Hainaut et de la Province de Liège. Il en est du même du Luxembourg. Nous devons donc nous reporter aux actes locaux et régionaux. D'ailleurs, certains documents concernant les commanderies nous renseignent bien sur la maison de juridiction comme par exemple lorsque la commanderie de Cobrieux fut fondée les biens furent donnés à Ypres.

Pour les parties qui nous intéressent dans ce volume la tête de la juridiction est bien sur Paris puisque parties intégrantes de la Province de France.
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Flandre
Ypres
Première juridiction avait sous sa dépendance directe les commanderies de Slijpe, Cassel, La Haie les Lille, Co-brieux pour ce qui était des chefs de juridiction locale ayant elles-mêmes des commanderies et des maisons sous leur dépendance.
Ypres était à la tête d'une juridiction locale avec: La commanderie de Bas-Warneton,
Les maisons de Courtrai, de Stavele, de Brielen et de Nieukerke.
Il y avait aussi les fermes et granges de Comines, Coudekerque, Westvleteren, Oostvleteren, Woesten, Elverdinge, Vlamertinghe, Niewkapelle, Blikschote, Dixmude et Saint-Jean d'Ypres.

Slijpe
Première commanderie de la chambre provinciale avait sous sa juridiction les commanderies de Gistel, Gand, Ruisselede, Bruges et Saint-Nicolas, ainsi que les maisons de Leffinghe, Nieuport, Furnes, Torhout. Saint-Pierre de Dijk et Scheepsdale dépendaient de Bruges. Les fermes ou granges sous la dépendance de Slijpe étaient Middelkerke, l'Ecluse et Steene.
De la maison de Furnes dépendaient les granges de Steenkerke et de Ostduinkerke.
La maison de Torhout supervisait les biens de Kotemark et de Bovekerke.

La commanderie de Ruisselede avait sous sa dépendance les biens situés à Tielt, Hooithoek, Ondank et Poeke.

La commanderie de La Haie les Lille avait une juridiction assez groupée et ne comptait qu'une seule commanderie, Pérenchie et une seule maison: Lille.
Par contre les fermes et granges entourant la région lilloise étaient beaucoup plus nombreuses:
Marquette, Loos, Haubourdin, Le Maisnil, Radinghen, Ennetières, Fleurbaix, Erquinghem et Armentières.

La dernière commanderie de juridiction de la Flandre était Cassel sur laquelle les élucubrations vont bon train avec bien sûr aucune preuve.

Deux commanderies titulaires en dépendaient: Saint-Omer et Caëstre: Directement de Cassel se trouvaient les maisons de Winnezeele, Aire-sur-la-Lys, Saint-Venant, Zegerscappel et Wissant, les granges ou fermes d'Oudezeele, Zemerzeele, Esquelbecq et Steenvoorde.
De Caëstre dépendaient les maisons d'Hazeboruck et de Borre tandis que Saint-Omer n'avait que la grange de Quelmes, celle de Fauquembergues et la petite maison d'Arques.
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Artois
Une seule commanderie majeure possédait toute la juridiction sur la province: Arras avec deux commanderies de juridiction: Douai et Hesdin.
Les maisons dépendantes étaient nombreuses avec Henin-Liétard, Dourges et sa dépendance de Noyelles-Godault, Blanville, Agnez-les-Duisans et Haute Avesnes.
De Blanville dépendait la ferme de Ficheux tandis que les biens de Liévin, Mericourt et Montigny devaient redevances au commandeur d'Arras.
Hesdin, assez éloignée du siège provincial dominait sur le Quesnoyen-Artois et Blingel.
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Hainaut — Liège — Brabant — Luxembourg
Les complications juridictionnelles arrivent, aussi il est assez difficile de donner une vue rapide sur les diverses juridictions de tout le reste des provinces qui suivent. Les commanderies se créèrent au fur et à mesure et bien avant qu'Avesnes-le-Sec soit chef de juridiction et même fondée, il y eut des maisons du Temple, il y avait un commandeur provincial qui résidait principalement au Fliémet ou à Saint-Léger.
Aussi pour plus de facilité nous prendrons la dernière juridiction connue, celle de Villers-le-Temple et du chapitre provincial de 1257. Ce chapitre divisa la réunion des provinces en quatre commanderies majeures dépendantes directement de Paris: Saint-Léger, Avesnes-le-Sec, Villers-le-Temple et Roth-Vianden.

Saint-Léger située à la frontière de la Flandre et du Hainaut avait une seule commanderie sous sa dépendance: Le Fliémet avec des dépendances à Templeuve et deux maisons: Audenarde et Anzegem.

Avesnes-le-Sec se verra doter d'une juridiction assez étendue en territoire mais pauvre en commanderies avec trois maisons de juridiction seulement: Beaulieu-les-Valenciennes, Favril et Saint-Aubin.
Deux maisons servant d'entrepôts ou de maison commerciale étaient situées à Cambrai et à Cagnoncles. Cambrai supervisait aussi les biens de Saint-Géry et Cagnoncles ceux de Naves et de Rieux en Cambrésis.
Avesnes-le-Sec avait sous sa juridiction Beaumont-en-Cambrésis, Avesnes-les-Aubert, Haspres, Quiévy, Montrécourt et Noyelles-le-Sec tandis que Valenciennes avait Auzin, Saint-Saulve et Marly.

Villers-le-Temple, fut commanderie majeure en 1257. Elle avait sous sa juridiction tout le territoire du diocèse de Liège, le comté de Namur, une partie du Hainaut, du Brabant et du Luxembourg occidental.
Chose curieuse dans cette juridiction il n'y a pratiquement pas de maisons dépendantes mais des commanderies titulaires. On connait donc:
Brabant:
La Braque, Oosterhout et la maison de Turnhout, Louvain, Vaillanpont, Le Vieux-Court, Gérancourt (aujourd'hui en Hainaut) et la Neuve-Court.

Comté de Looz:
Corswaremme.

Principauté de Liège:
Strée, Longpré, Warnant-Drye, Bierset, Haneffe, Visé et les deux maisons: Liège et Huy.

Comté de Namur:
Britonsart, Fleurus, La Bruyère, Ascoz, Leuze.

Luxembourg:
Hargimont.
Cette dernière commanderie paraît perdue étant donné qu'il existait une juridiction dans le Luxembourg avec comme commanderie-majeure: Roth. L'autorité du commandeur s'étendait sur deux commanderies l'une située sur le territoire actuel de l'Allemagne de l'Ouest à Kronenbourg et l'une en France à Cattenom. C'était le point le plus septentrional de la Province de France.
Deux maisons dépendaient de Roth, Vianden et Rettendorf tandis qu'à Larochette et à Vitchen il y avait quelques biens.

L'importance de ces possessions de l'Ordre du temple montre combien les frères au blanc manteau établirent leur système avec rigueur témoignant ainsi du but de leur mission qui était non seulement celui de la croisade, mais celui d'une union de tous les peuples par un gouvernement et des Institutions qui furent trop en avance pour leur temps (15).

Cet inventaire nous montre donc une hiérarchie dans les lieux habités par les frères de l'Ordre du Temple.
Les textes nous renseignent suffisamment pour ne pas s'amuser à broder ou faire preuve de Science infuse. C'est ce que l'on s'aperçoit lorsqu'on regarde la carte des Templiers dans le Nord de la France. Le texte ne vaut pas mieux, sous la signature de M. Bernard Coussée. Carte qui n'a aucune valeur historique et documentaire, car il ne faut pas oublier que le 95% des biens passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui de 1317 à 1550 modifia souvent les structures de sa propre institution quant à la hiérarchie des maisons.
Prenons un exemple. La commanderie de Villers-le- Temple fut pendant près de cent ans une ferme dépendante du bailliage d'Avalterre avant de redevenir commanderie titulaire en 1466.

Si les archives ne possédaient comme dernier document un acte de 1450 dans lequel il est parlé de ferme cela ne veut absolument pas dire que si l'on dessine une carte de l'Ordre du Temple dans la Principauté de Liège il faille automatiquement la classer dans les fermes car de son époque templière elle était commanderie majeure et le commandeur, membre de la chambre capitulaire.
Alors une bonne fois pour toute, lorsqu'on veut parler des Templiers que l'on reste chez les Templiers et si l'on ne sait pas traduire et transcrire les documents que l'on laisse ce travail à ceux qui savent mais surtout que l'on n'invente rien et que l'on induise pas les lecteurs, avides de savoir et de réalité, dans l'erreur souvent trop grossière.

Chez les Templiers le système hiérarchique était très étroitement liée à la juridiction.
Les commanderies régionales n'étaient autre que les sièges des commandeurs-maîtres de la province et membre de la chambre capitulaire. Mais il ne faut pas oublier que vis à vis de la communauté les commandeurs de région n'avaient rien à voir. Ils étaient supérieurs hiérarchiques et non supérieur de communauté et la préséance passait seulement dans les lieux communautaires. Les chambres capitulaires étaient elles aussi hiérarchisées (16). Nous avons donc conservé pour cette étude la hiérarchie de la juridiction templière puisque nous nous occupons du Temple et non de l'Ordre de Saint-Jean. Beaucoup de maisons de l'Ordre du Temple reprenant ainsi leur véritable place et leur fonction de fondation.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Commanderie d'Ypres

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Notes — Hiérarchie et Juridiction
1 — cf. Laurent DAILLIEZ, Les Templiers, gouvernement et Institutions, chapitre I, Les origines de l'Ordre du Temple. Au sujet de cette date et de ce qui va suivre je demanderais aux « critiques » et aux pseudo-ésotéristes de bien lire les références, car il y a beaucoup plus de détails tant du point de vue de l'exégèse que des sources d'archives.
2 — La Flandre mystérieuse collection Nouveaux Guides n.7, page 69.
3 — Et cela quoique puisse en penser et dire l'auteur précédent. Ibid., p.69 — cf. DAILLIEZ, op. cité, chapitre, Saint Bernard et le Temple.
4 — Bernard COUSSÉE, Les Templiers dans le Nord de la France, dans Plein Nord-La Gazette, mars 1978.
5 — op. cité, p. 77.
6 — Il est tout de même scandaleux que des auteurs puissent écrire des erreurs aussi grossières et d'induire les lecteurs dans des péripéties injustes. D'ailleurs M. Coussée dans sa carte donne le titre de maison et de ferme à des commanderies et vice-versa.
7 — Il faut noter que les Templiers étaient séparés depuis belle lurette et les documents ne font pas défaut. Il n'y a qu'à voir le Cartulaire général du Temple par le marquis d'Albon. Voir plus loin Ypres.
8 — Laurent DAILLIEZ, les Templiers en Provence, chapitre I.
9 — Bibliothèque de Saint-Omer, Cartulaire de Clairmarais et Gallia Christana nova, t. III, Inst. col 118.
10 — Paris, Bibliothèque Nationales, collection Moreau, n. 165, folio 125, d'après un vidimus de 1245 d'Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux.
11 — Bibliothèque de Saint-Omer, Cartulaire de Saint-Bertin, tome I, p. 280, n. 192 — DUCHESNES, Généalogie des Guines, preuves, p. 93-94.
12 — Bibliothèque de Saint-Omer, Cartulaire de Saint-Bertin, tome I, p. 274, n. 188.
13 — Paris, Archives Nationales, K 23, liasse 15, n. 12 — Bibliothèque Nationale Cartulaire de Saint-Denis — TARDIF, Carton des Rois, n. 506.
14 — Pour ce terme et surtout les dispositions et les membres des diverses chambres, voir Les Templiers gouvernement et institutions, où je montre la hiérarchie au travers de cette disposition.
15 — Dans la même collection, en préparation Les vrais mystères Templiers.
16 — Laurent DAILLIEZ, Les Templiers, gouvernement et Institutions, chapitre XIV La Juridiction du Temple.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

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