Les Templiers   Châteaux de l'Orient Lain   Les Croisades

Les châteaux des Croisés et des Ordres Militaires


Forteresse de Tortose - Paul Deschamps


Tartous Façade Occidentale
Tartous Façade Occidentale - Sources : Paul Deschamps

Le 21 avril 1102, Raymond de Saint-Gilles aidé de la flotte génoise s'empara de Tortose. Ce fut la première ville qu'occupèrent définitivement les croisés sur le territoire qui devait devenir le comté de Tripoli. On ne sait à quelle date les Templiers élevèrent la forteresse. Ils y étaient installés en 1169 et sans doute auparavant. Cette construction avec son grand appareil à bossages est une oeuvre du XIIe siècle. Ce fut la principale place forte de l'Ordre du Temple. Il n'en reste que peu de vestiges.

Tartous Côté sud, à gauche portail
Tartous, Côté sud, à gauche portail - Sources : Paul Deschamps

Le donjon, de proportions gigantesques, se dressait au bord de la mer. C'était un édifice rectangulaire présentant du côté de la mer une façade d'environ 40 mètres. A l'Ouest sur le rivage, il était flanqué de deux saillants carrés qui donnaient à ce front une étendue de 50 mètres. Lorsqu'en 1188 Saladin attaqua Tortose, il fit de grands dommages à la ville; mais, dans leur donjon, les Templiers repoussèrent toutes ses tentatives et il dut se retirer après avoir subi de lourdes pertes. De cet ouvrage il ne reste que la base. Au Nord dans son prolongement subsiste, en bon état, sur le rivage, une muraille qui rejoint un saillant de l'enceinte.

Tartous Portail sud
Tartous, Portail sud - Sources : Paul Deschamps

Là se trouve une poterne qui, par un souterrain, permettait de communiquer avec le donjon. Celui-ci était protégé par deux enceintes, formant trois côtés, flanquées de saillants barlongs, bordées l'une et l'autre par de profonds fossés taillés dans le roc et qu'emplissait la mer. La seconde enceinte, haute d'environ 30 mètres, dominait la première. Au-delà de celle-ci s'étendait, à l'Est et au Sud la ville; au milieu est située la cathédrale à environ 200 mètres. La ville, elle aussi, était défendue par une enceinte avec saillants et fossé.

Tartous Première travée
Tartous, Première travée - Sources : Paul Deschamps

Le château proprement dit comportait, outre le donjon, des bâtiments d'habitation, des magasins, un grand puits, une chapelle très simple, rectangulaire, à quatre travées. Près du donjon, au Nord, s'élevait la grande-salle qui s'adossait à la seconde enceinte. Elle fut construite au XIIIe siècle. Longue de 44 mètres, large de 15, elle était fort belle et beaucoup plus importante que la grande-salle du Crac des Chevaliers, réaménagée au XIIIe siècle, qui ne mesurait que 27 mètres sur 7 m 50.

Tartous Nef et Choeur
Tartous, Nef et Choeur - Sources : Paul Deschamps

C'est là qu'avaient lieu les événements solennels, les réceptions des grands personnages, les chapitres de l'Ordre, les conseils de guerre. Elle était divisée en deux nefs de six travées dont les voûtes d'ogives prenaient appui sur une épine de cinq piliers rectangulaires. Ces voûtes sont effondrées et les supports brisés, mais il reste, au milieu d'aménagements modernes, une partie des murs de la salle et, sur ceux-ci, les amorces des branches d'ogives et les consoles qui les soutenaient. Elles s'ornent de belles têtes humaines surmontées de deux rangées de feuillage.

Tartous Nef Occidentale
Tartous, Nef Occidentale - Sources : Paul Deschamps

En 1218, au Sud de Saint-Jean-d'Acre, on construisit sur un cap le Chastel-Pèlerin (Athlit) qui fut confié à la garde des Templiers. Or dans ce château effondré reste debout un pan de mur de la grande-salle portant les consoles de trois branches d'ogives, elles aussi décorées de têtes humaines.

Tartous Grand Socle
Tartous, Grand Socle entre deuxième et troisième travée nord - Sources : Paul Deschamps
Sources : Paul Deschamps, Terre Sainte Romane, Images de Zodiac. Paris 1964

Top

Tortose (Tartous)
Les croisés descendent la vallée du Nahr al-Kabîr, ils débouchèrent dans la plaine littorale de l'Akkar, puis, ils atteignirent la petite ville fortifiée d'Arqua ou Irqa, l'Arcas de nos chroniqueurs chrétiens, au nord de Tripoli.

Tortose, cathédrale
Cathédrale de Tartous

La principauté de Tripoli était aux mains des Banû Ammâr, c'était un des états musulmans les plus prospères de la région. C'est cette région que convoitait le comte de Toulouse.

Depuis qu'ils avaient érigé Tripoli en principauté indépendante, les Banû Ammâr avaient passé leur temps à louvoyer entre les Fâtimides d'Egypte, dont ils s'étaient affranchis, et les Saljûqides de Damas, autre menace contre leur autonomie. Ils pensèrent manoeuvrer de même à l'égard des Francs. « Le roi de Tripoli, nous dit l'Histoire anonyme, adressa un message au comte de Toulouse pour conclure avec lui un accord et, s'il le désirait, se lier d'amitié avec lui; il lui envoya dix chevaux, quatre mules et de l'or. » Raymond d'Agiles dit de même qu'en approchant de la côte, l'armée avait reçu la visite d'ambassadeurs du prince de Tripoli et de l'émir de Homs qui, après s'être rendu compte de la supériorité militaire des Croisés, étaient partis pour aller chercher de grands présents dont ils revinrent précipitamment faire cadeau aux chefs francs, tant la chute de l'imprenable Hosn al-Akrâd les avait terrifiés. Le sâhib de Tripoli, Ibn Ammâr, alla jusqu'à arborer sur les murs de sa capitale et de ses autres places la bannière du comte de Toulouse.

Tortose Tartus Tortous
Tartous - Image Elgalopino

De son côté, en réponse à ces ambassades, le comte de Toulouse envoya des ambassadeurs au sâhib de Tripoli. Ceux-ci durent recevoir l'accueil le plus empressé. Mais la populeuse cité, sous l'habile gouvernement des Banû Ammâr, était parvenue, ainsi que les cités secondaires, à un tel degré de richesse que les envoyés francs conçurent le projet d'obtenir d'Ibn Ammâr un tribut plus élevé. Dans ce but ils conseillèrent à Raymond de Saint-Gilles d'aller assiéger sur les terres d'Ammâr la ville d'Arqa ou Arcas, située près de la côte, au nord est de Tripoli, sur le littoral dominé par le Jabal Akkâr. La pression ainsi opérée aurait pour résultat d'obliger Ammâr à payer une formidable contribution.

Arqa (Arcas) était en effet une forteresse très importante au centre d'une région particulièrement agréable, « contrée prospère où l'eau abondait, avec des hauteurs couvertes de forêts, des coteaux plantés d'oliviers et une plaine divisée en champs cultivés et en prairies. »

Le 14 février 1099 les Francs, toujours dirigés par le comte de Toulouse, vinrent donc dresser, leurs tentes sous les murs d'Arqa (Arcas). Tandis que le blocus commençait, des détachements de Croisés allèrent tenter des coups de main dans le reste de la principauté. Quatorze chevaliers conduisirent un raid sur Tripoli, raid au cours duquel ils capturèrent des troupeaux. Du côté du nord, deux des chevaliers du comte de Toulouse, Raymond de Turenne et Raymond Pilet, allèrent attaquer Tortose (Tartus), port fortifié qui appartenait également aux émirs Banû Ammâr de Tripoli.

Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum - Image Elgalopino

Tortose, nous disent les Gesta, était défendue par une forte garnison, mais Raymond de Turenne et Raymond Pilet donnèrent le change sur leur infériorité numérique. Après avoir, en arrivant, fait une vigoureuse démonstration contre les remparts, le soir venu, ils se retirèrent dans la campagne et y allumèrent d'innombrables feux, comme si toute l'armée franque avait quitté le siège d'Arqa pour les rejoindre. Les défenseurs de Tortose, épouvantés, s'enfuirent avant l'aube, abandonnant la ville et toutes ses ressources.

Le jour s'étant levé, Turenne, qui se préparait à livrer l'assaut, trouva la place vide (vers le 17 février 1099). L'occupation de Tortose fut d'autant plus précieuse que le port était excellent.

Au témoignage de Raymond d'Agiles, c'était même la considération qui avait fait décider le raid sur Tortose. Pendant la marche des Croisés à travers la « Coelé Syrie », les navires italiens et grecs qui cherchaient à ravitailler l'armée avaient, faute d'un port ami, été obligés de rebrousser chemin vers Lattaquié et Saint Siméon. La conquête de Tortose leur permit de revenir débarquer du blé et des provisions de toute sorte.

La chute de Tortose fut suivie de la soumission de Maraclée ou Maraqiya, place située plus au nord, à l'emplacement de l'actuel Khrab Marqiya, sur la rive droite du Nahr Marqiya. L'émir qui y commandait « traita avec les nôtres et les introduisit dans la ville avec leurs bannières. »
Sources René Grousset - Histoire des Croisades et du Royaume Franc de Jérusalem - Plon - Paris - 1934
Top

Tortose et les Templiers - recherches archéologiques
Tortose (Tartus, Tortous Syrie)
La grande salle du château Templier de Tortose, mérite un intérêt particulier. Elle est contemporaine ou légèrement antérieure à la présence du roi Saint-Louis en Terre Sainte. Elle possédait des travées voûtées sur ogives formant une salle sur rez-de-chaussée servant de cellier, et avec ses grandes fenêtres germinées gothiques donnant sur la place intérieure du château des Templiers.

Tortose, vue de la grande salle en 1920 - image C. Enlart
Tortose, la grande salle dans son état des années 1920.
Relevé B. Jusserand publié par C. Enlart

Le château et la ville de Tortose ont constitué l'un des hauts-lieux du comté de Tripoli, d'autant que la cathédrale du lieu était un centre de pèlerinage important. Siège d'une seigneurie particulière, elle passa vers 1170 aux mains des Templiers, et fut le dernier site franc du Proche-Orient, dont ils s'échappèrent en 1291 vers l'île d'Arwad, à quelques milles au large. Si sa cathédrale et ses bâtiments d'apparat ont été bien étudiés, la fortification reste encore « terra incognita », malgré une récente campagne menée par Michaël Braune qui apporte un éclairage totalement nouveau sur le site.

Le château Templier occupait le nord-ouest du site, contrôlant le port. Il était constitué par deux enceintes concentriques dont le diamètre commun nord-sud était bordé par la mer. Au milieu de ce front se trouvait la tour maîtresse bâtie en bossages (A), sans doute le premier élément construit par les Templiers en bossages tabulaires ; les Chevaliers ne tardèrent pas à l'entourer d'une chemise — en fait un glacis réservant une gaine à archères, soit après le siège de la ville et du château par Saladin, soit après le séisme de 1201-1202. (M. Deschamps, cite une lettre d'Ermenger au duc d'Autriche, en novembre 1188, indiquant que Salah ad-Din prit et détruisit Tortose à l'exception de la « Tour des Templiers. »

Tortose, plan du château et des remparts
Plan du château Templiers d'après Michaël Braune, le Baron Rey et les observations de Jean Mesqui

Cette chemise basse voûtée fut, peu après, pourvue de deux appendices protégeant ses accès, voûtés de la même façon que les couloirs de la chemise, en demi-berceau brisé.

Tortose, galerie tour maitresse - Image Jean Mesqui
Vue intérieure de la galerie ceinturant la tour maîtresse.
Image J. Mesqui

La première enceinte, flanquée de tours rectangulaires également en bossages tabulaires, pourvue d'archères à niches sans plongée, est sans aucun doute celle que Wilbrand d'Oldenburg vit en 1212 : le voyageur signale une enceinte à onze tours, et indique que si le chiffre sacré de douze n'est pas atteint, l'une des onze tours, construite par le roi de France, en vaut bien deux. De fait, l'enceinte comptait dix tours, en y comprenant celles de l'entrée mises au jour par Michaël Braune ; la tour maîtresse formait la onzième, et le commentaire de Wilbrand semble aujourd'hui parfaitement justifié. Cette enceinte était bordée intérieurement par des « halles dans fin » que le baron Rey avait pu voir encore en état au XIXe siècle ; il en demeure quelques sections voûtées en berceau brisé.

La chapelle castrale (F) et la grande salle (E), furent édifiées postérieurement ; la seconde a été superbement relevée par l'architecte R.Jusserand, ces relevés ayant été publiés par C. Enlart dans ses Monuments des Croisés. On n'y reviendra pas ici, si ce n'est pour insister sur la qualité architecturale de ces constructions civile et religieuse. Les éléments de décor présentés par Enlart, tout particulièrement les chapiteaux des ogives de la grande salle, permettent sans l'ombre d'un doute d'avancer une datation dans le second quart du XIIIe siècle.

Tortose, porte seconde enceinte - image Jean Mesqui
Tortose, vue de la porte de la seconde enceinte, tranformée en mosquée - Image J. Mesqui

La seconde enceinte, bâtie en énormes blocs à bossage rustiques qui pourraient paraître dater des premières années des Templiers, présente une série de tours rectangulaires peu flanquantes, pourvues d'archères sous niche. La particularité de cette enceinte est de posséder une tour-porte rectangulaire remarquable : la porte, pourvue d'assommoir et herse, s'ouvrait dans un mur latéral épais de 4,35 m placé sous la surveillance directe de la courtine voisine. Elle donnait dans une grande salle voûtée de deux travées sur ogives retombant sur des culots, et obligeait l'entrant à tourner à droite pour poursuivre sa progression. Des archères sous niche nombreuses faisaient de cette porte un organe fondamental de la défense. Il est probable que cette seconde enceinte a été bâtie dans le second tiers du XIIIe siècle.

Tortose, salle voutée tour-porte
Vue intérieure de la porte principale, tranformée en mosquée
Image C. Enlart - début XXe siècle

Enfin, tous les auteurs ont noté un élément défensif également remarquable, situé à l'angle sud-ouest de la première enceinte (G). Il s'agit d'une surélévation de la courtine primitive sur deux niveaux, dans un superbe appareil à bossages tabulaires ; à chacun de ces deux niveaux, le chemin de ronde est porté par un encorbellement à deux ou trois assises formant un tiers de berceau. Les murs sont percés de superbes archèresTortose, archères à bêches - images Jean Mesqui
archères à bêche
archères à bêche longue rectangulaire, qui rappellent celles présentes au Crac des Chevaliers dans sa dernière phase ; les sommets des fentes sont sommés de petits arcs brisés finement délardés dans les bossages. Cette surélévation paraît bien constituer le dernier acte des Templiers sur le site.

Tortose chemins de ronde, image Jean Mesqui
Tortose, vue des deux chemins de ronde superposés de la courtine G - Image J. Mesqui

Sources : Jean Mesqui — L'Architecture en Terre Sainte au Temps de Saint-Louis.
Top

Tartus : la citée citadelle des Croisés
Sur le littoral méditerranéen à 220 km au Nord-Est de Damas

Chevalier Templier
Chevalier Templier

Description
L'antique cité d'origine phénicienne (Antaradus) enlevée aux Musulmans par les Croisés garde des vestiges vivants de ce passage qui a duré deux siècles (fin Xl fin Xlll e siècle) et qui l'a entièrement façonnée, la transformant en un bastion des Frans parmi les plus stratégiques du bord de la Méditerranée d'où, grâce à son port, elle assurait la liaison avec Chypre et de là avec l'Occident chrétien.

En 1152, elle passa entre les mains des Templiers qui prirent la charge de sa défense comme ils l'ont fait pour plusieurs autres villes fortifiées et citadelles isolées de la Syrie. Saladin l'Ayyoubide, réussissant à enlever la ville, ne peut venir à bout de l'imprenable Donjon entouré d'un large fossé et pourvu des machines de guerre.

En plus de ses structures défensives propres, elle participait à un large système défensif syro-palestinien à la fois côtier et continental dont elle semblait détenir la clef, aidée en cela par l'île d'Anvard qui lui fait face, Tripoli au Sud, Latakié au Nord ainsi que par toute la chaine de Citadelles de la Montagne: Marqab, le Crac des Chevaliers, Safita, Chastel Rouge, Arima, Qal'at al Khawabi...

Le Sultan mamlouk d'Egypte et de Syrie échoua devant elle à deux reprises en 1276 et 1270. Elle demeura ainsi l'une des dernières cités franques à tomber entre les mains du Sultan Qala'un (1291) après que les Templiers aient été chassés d'Acre, leur principal centre de commandement en Palestine. Les derniers résistants francs passés à Arward y restèrent dix ans avant d'être évacués en 1302 sur Chypre. Avec leur départ définitif, s'achève un chapitre de l'histoire parmi les plus mouvementés, aux graves et lointaines conséquences sur les peuples du Proche Orient, de la Méditerranée et de l'Occident chrétien.

De la période byzantine durant laquelle la cité a connu une certaine prospérité, on conserve le souvenir d'une chapelle, lieu de pèlerinage qui, selon la tradition, aurait été consacrée à la Vierge Marie par Saint-Pierre en personne alors qu'il se rendait de Jérusalem à Antioche. Une icône peinte, dit-on, par Saint-Luc l'Evangéliste, y était déposée, celle-là même que prétend détenir aujourd'hui le couvent de Saydnàyà. Cette chapelle est identifiée à une structure intégrée dans l'un des secteurs de la Cathédrale de la Sainte Marie de Tortosa édifiée par les Francs en 1123, l'édifice religieux le plus remarquable de l'époque franque en dehors de Jérusalem, selon les spécialistes.

Il s'agit, en effet, d'une église à trois nefs et trois absides de 41 mètres de long sur 34,5 mètres de large dont les angles du côté des absides ont été renforcés à la fin du XIIIe siècle par des tours.

La rencontre des deux styles romans et gothique dans l'architecture et le décor, témoigne que l'édifice syrien n'est pas resté en marge des évolutions de l'art en Occident chrétien, combien même il reflète aussi les grandes tendances de l'art de l'Orient chrétien de l'époque.

Un autre monument aussi prestigieux est le fameux Donjon qui a résisté aux assauts de Saladin en 1188 et à ceux de Baybars un siècle plus tard, qui occupe une position stratégique sur la façade maritime de la cité face au port, lui-même jadis fortifié. Il s'agit d'une tour carrée à deux étages couvrant 1570 m2 au sol.

En dehors de ces deux remarquables édifices construits en grosses pierres de taille calcaire de couleur légèrement ocre, de la cité-Citadelle franque ne restent aujourd'hui que des lambeaux de constructions éparses mais suffisamment nombreuses et visibles, pour donner lieu à une véritable archéologie urbaine qui fut en mesure de nous restituer, comme à Split, l'état ancien en identifiant et positionnant éléments de murailles, portes, tours, et toutes sortes d'édifices de la période des Croisés logements, magasins, salles, chapelles etc....

Tartus, la « Tortosa » des Croisés, est un exemple exceptionnel et représentatif des types de cités médievales syro-palestiniennes que les Croisés ont occupées durant deux siècles (XIIe - XIIIe siècles) et transformées en vue de les adapter à leurs besoins stratégiques dans le contexte des conflits qui les ont opposés aux musulmans de la région.
Sources : UNESCO World Heritage Centre, All Rights Reserved.
Top

Tartous Museum


Tortose vestiges
Musée de de Tartous - Image Abeedo



Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum - Image Abeedo



Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum - Image Abeedo



Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum - Image Abeedo



Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum - Image Hovic



Tortose Tartus Tortous
Tartous Museum Chathédrale - Image Abeedo

Top

Tortose - Par Rey (Emmanuel Guillaume)
On trouverait difficilement une région présentant, sur un espace restreint, autant de sujets d'études archéologiques que la plaine qui s'étend de Tripoli à Tortose, entre la mer et la montagne des Ansariés.

Là s'élevaient, dans l'antiquité, ces villes, filles d'A'rvad : « Marathus, Enhydra, Carné, Antaradus, qui bordaient la cote, vis-à-vis du rocher célèbre dont elles tiraient leur origine. »

Les montagnes limitant cette plaine, vers l'est, sont couronnées des châteaux de Gibel-Akkar, d'Archas, de Chastel-Blanc, de la Colée, du Krak des Chevaliers, d'Areymeh et d'une foule d'autres monuments du moyen âge chrétien.

Plus au sud se voient les ruines d'Orthosia, que les chroniqueurs des croisades mentionnent encore sous le nom d'Artésie, comme une bourgade importante du comté de Tripoli (1).
1. Guillaume de Tyr, livre XIII, page 558.

A l'époque romaine, Antaradus, dont Strabon ne parle pas, et qui apparaît pour la première fois dans la géographie de Ptolémée, éclipsa les villes voisines.

Celles-ci ne sont plus que des monceaux de ruines ; leurs noms défigurés s'appliquent maintenant à de pauvres villages arabes, élevés au milieu des décombres de ces cités, et la bourgade moderne de Tortose a remplacé, de nos jours, l'antique Antaradus.

Ses environs immédiats portent actuellement le nom d'Isar-de-Tortose : c'est une plaine, jadis fertile, arrosée par de nombreux cours d'eau; malheureusement, par suite de l'incurie des Arabes, qui la laissent inculte, elle est peu à peu devenue marécageuse et est aujourd'hui un des points les plus malsains de la côte de Syrie.

A peu de distance, à l'est et au nord-est, le terrain s'élève graduellement en collines arrondies : ce sont les premiers contreforts de la montagne des Ansariés.

Dans le Synecdomos d'Hiéroclès, nous trouvons Antaradus cité avec le surnom de Constantia, après sa réédificalion, par l'empereur Constantin; mais je ne veux point m'étendre ici sur son histoire durant les périodes grecque et romaine, M. Renan ayant traité à fond ce chapitre dans son grand ouvrage sur la Phénicie (2).
2. Mission de Phénicie, campagne d'Aradus.

Les historiens des croisades désignent cette ville sous les noms d'Antaradus, d'Antarsous ou Antartous, dont le nom moderne de Tortose n'est qu'un dérivé.

Ses murs et le château qui se trouve dans l'angle nord-ouest de cette enceinte présentent l'un des ensembles les plus intéressants de constructions militaires élevées en Syrie durant la domination française.

La forteresse a été bâtie par les Templiers, qui y étaient installés dès l'année 1183 (3) et en avaient fait leur principale place de guerre. Composée d'une double enceinte, munie de fossés taillés dans le roc et que remplissait alors la mer, elle possédait un donjon de proportions colossales, souvent mentionné par les écrivains du moyen âge et dont nous voyons encore les restes.
3. Codice Diplomatico, n° 209, page 250

Un premier rempart, flanqué de tours barlongues, ceignait de trois côtés l'emplacement de l'ancienne ville, limitée à l'ouest par la mer. Mais cette défense n'est à proprement parler qu'une muraille crénelée, précédée d'un fossé qui, bien que maintenant en grande partie comblé, est pourtant reconnaissable sur toute sa longueur.

Cette enceinte, contenant aujourd'hui des jardins, affecte la forme d'un trapèze. C'est là qu'au milieu des palmiers s'élève majestueusement la vieille cathédrale de Notre-Dame-de-Tortose, magnifique vaisseau du XIIe siècle, qui, durant l'occupation chrétienne, fut un lieu de pèlerinage en grande vénération. Le sire de Joinville fut un de ceux qui s'y rendirent pendant la croisade de saint Louis, et nous trouvons dans ses mémoires la relation d'un miracle qui eut lieu de son temps :
« Je demandé au roy qu'il me laissast aller en pèlerinage à Nostre-Dame-de-Tortouze, là où il avoit moult grant pèlerinage pour ce que c'est le premier autel qui onques fust fait en l'onneur de la Mere-Dieu sur terre, et y fesoit Nostre-Dame moult grant miracles. Entre autre un homme possédé du dyable. Là où ses amis qui l'avoient céans amené prioient la Mere-Dieu qu'elle lui donnast santé, l'ennemi qui estoit dedans leur répondi : Nostre-Dame n'est pas ci, est en Egypte pour aider au roy de France et aus crestiens qui aujourd'hui arriveront en la terre à pié contre la payenté à cheval. » Ce jour fut pris en écrit et apporté au légat [de qui le sénéchal tenait le récit] et se trouva être le jour même du débarquement de saint Louis en Egypte.

Une seule des portes de la ville existe encore, assez bien conservée pour mériter d'être étudiée avec soin. Elle était fermée par des vantaux et munie d'une herse, ainsi que d'un mâchicoulis. J'aurai lieu plus loin de m'étendre sur ce sujet.

Le château, ainsi qu'on le sait déjà, occupe un espace considérable à l'angle nord-ouest de la ville et parait n'avoir eu aucune communication directe avec elle, autant du moins qu'on en peut juger par ce que nous voyons encore. Un large fossé l'en sépare complètement et est lui-même traversé par une chaussée amenant à la seule entrée que possède la forteresse. Sur toute son étendue, ce chemin est en prise aux coups des défenseurs du château. Il était coupé en « B » par un pont à tiroir dont on reconnaît les traces et qui devait être couvert par une barbacane ou une palissade située en « A » (plan VIII).

La porte qui s'ouvre dans la grande tour « C » est voûtée en tiers-point. Sur la clef se voient les restes d'une croix fleuronnée se détachant au milieu d'un trèfle. Cette entrée était défendue par un mâchicoulis, une herse et des vantaux de bois ferrés et renforcés de barres à coulisse.

L'intérieur de cet ouvrage est occupé par un large vestibule percé de meurtrières. La voûte forme deux travées supportées par des arcs ogives et un doubleau chanfreiné.

Dans l'épaisseur du mur occidental de cette tour on a ménagé une chambre de tir communiquant avec le chemin de ronde du rempart, et à l'extrémité de laquelle s'ouvrent deux meurtrières, percées obliquement, permettant de prendre en flanc un assaillant qui aurait tenté de briser la herse ou d'incendier les portes (figure 20).

A l'intérieur de la place, un escalier qui subsiste encore conduisait du chemin de ronde au couronnement de cet ouvrage, qui est malheureusement dérasé au niveau du sommet des voûtes, ce qui nous empêche de nous rendre un compte exact de la manière dont étaient disposées ici les manoeuvres de la herse.

Sur le pied droit de l'embrasure de la porte que j'ai décrite plus haut se voit sculptée une pièce héraldique que je considère comme ayant été gravée après la conquête musulmane.

Après avoir franchi cette entrée, on se trouve dans la première enceinte du château, que flanquent des saillants carrés.

Entrée première enceinte
Figure 20 - Entrée première enceinte - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume) Cette première ligne de défense se compose, à la base, d'un massif de rochers taillés et revêtus de maçonnerie vers les dehors de la place.
Une muraille de plus de trois mètres d'épaisseur, percée de grandes meurtrières pour les machines, augmentait son relief, et un chemin de ronde avec un parapet crénelé couronnait l'ouvrage.

Première ligne de défense
Figure 21 - Première ligne de défense, 3 m de hauteur, chemin de ronde, parapet crénelé - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume) Nulle part, à cette époque, on ne déploya un pareil luxe dans l'emploi des matériaux, et j'ai tout lieu de penser qu'outre l'exploitation des pierres tirées des fossés, où la présence d'antiques excavations sépulcrales facilitait l'extraction de gros blocs, les ruines phéniciennes d'Aradus, d'Amrit et de Carné durent être mises à contribution pour fournir les matériaux de ces gigantesques murailles. La forme générale de la forteresse est celle d'un quart de cercle appuyé à la mer.

Ici encore un fossé, aujourd'hui à peu près comblé, régnait au pied des murs de la seconde enceinte, construits d'après le même système, mais d'une élévation assez considérable pour que la double ligne crénelée qui la couronnait pût commander tous les ouvrages de la première enceinte et concourir à leur défense. Les figures 22 et 23 représentent sous ses deux aspects une partie de cette muraille qui conserve encore intacte sa double ligne de couronnement.


Figure 22 - Partie de la Muraille en double ligne de couronnement - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume)

Une brèche a remplacé la porte par laquelle on pénétrait jadis dans le réduit du château, au milieu duquel s'élevaient toutes les parties constitutives d'une importante forteresse du moyen âge : grand -salle, chapelle, donjon, etc.

Vers la mer, une muraille à laquelle se butaient les diverses enceintes que je viens de décrire complétait de ce côté les défenses du château. Elle est revêtue à sa base de grands talus de maçonnerie destinés, tout à la fois, à amortir le choc des vagues se brisant au pied de ces murs et à prévenir toute tentative venant du côté de la mer.

En pénétrant dans la cour intérieure du château, le visiteur laisse à sa gauche un vaste bâtiment « D » en forme de galerie, dont une partie de la voûte subsiste encore.

C'est la grande salle, importation européenne en Orient et qui tenait une place essentielle dans la vie et les habitudes du moyen âge. La France a conservé peu de spécimens de ce genre d'édifice, tandis qu'on en voit encore un grand nombre en Angleterre.

La salle était le lieu où se tenaient les chapitres de l'Ordre, décorée de panoplies, de trophées et d'étendards pris sur l'ennemi, ainsi que de riches tentures qui en complétaient l'ornementation ; elle servait à la réception des envoyés étrangers, à la réunion des conseils ou aux banquets. Celle que nous avons sous les yeux est à coup sûr la plus belle et la plus vaste dont les débris se voient en Syrie; malheureusement il ne subsiste plus guère que la moitié de cet édifice.

Ce vaisseau mesure 44 mètres de longueur dans oeuvre sur une largeur de 15 mètres. Une épine de cinq piliers rectangulaires le séparait en deux nefs de six travées chacune. Ces piliers ont aujourd'hui disparu; mais, autant que j'ai pu en juger par les fragments épars qui sont encastrés dans les maisons modernes, ils semblent avoir été, sur chacune de leurs faces, cantonnés de pilastres sur lesquels venaient s'appuyer les doubleaux et les arcs ogives des voûtes, dont les retombées le long des parois de la salle étaient supportées par des culs-de-lampe en forme de chapiteaux ornés de figures fantastiques et de feuillages byzantins.

Tortose, dessin de M. Rey
Figure 23 - Partie de la Muraille en double ligne de couronnement - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume)

Pour diminuer de ce côté la charge, on l'avait répartie sur une plus grande hauteur; car ici, outre les culs-de-lampe formés de trois assises posées en encorbellement, les trois premiers sommiers des doubleaux et des arcs ogives sont pris dans des blocs de pierre de grande dimension profondément engagés dans la muraille.

Vers la place, six grandes fenêtres en plein cintre, s'ouvrant irrégulièrement dans les travées, éclairaient la salle. La décoration de ces fenêtres dut être très-élégante, à en juger par ce qu'il en reste ; malheureusement elles ont été fort mutilées durant ces dernières années. Celle du milieu, seule, nous est parvenue presque intacte. L'arcade repose sur deux colonnettes de marbre à chapiteaux, ornés de feuilles crochetées, et l'archivolte était décorée d'arabesques entrelacées où l'on reconnaît au premier coup d'oeil l'influence de l'art byzantin. Au claveau un agneau portant un oriflamme à la croix, autrement dit l'agneau pascal, se voit encore parfaitement.

Tortose, dessin de M. Rey
Figure 24 - Représentation de la Grande Salle - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume)

Au-dessus de ces larges baies sont pratiquées de petites ouvertures carrées (une par travée) percées dans des embrasures ogivales.
Deux portes précédées de perrons s'ouvrent aux deux extrémités de cette salle et y donnent entrée. Au-dessous, une série de petites pièces, aujourd'hui remplies d'immondices, paraissent avoir été des magasins ou des prisons.

Au sud-est de la grande salle s'élève en « E » la chapelle : c'est une nef régulièrement orientée, formée de quatre travées et terminée carrément sans abside. Ses voûtes sont supportées par des doubleaux chanfreinés avec arcs ogives, et elle était éclairée par de hautes fenêtres en lancettes. Le style de ce monument se rapproche beaucoup de celui de la grande salle; malheureusement l'intérieur est encombré de constructions modernes qui gênent beaucoup pour juger de l'effet qu'il devrait produire.

Tortose, dessin de M. Rey
Figure 25 - Représentation de la Grande Salle - Sources : Rey (Emmanuel Guillaume)

Un petit porche, dont l'existence ne nous est révélée que par quatre corbeaux fixés dans le mur où s'ouvre le portail, paraît avoir précédé cet édifice.

Au milieu de la place se trouve un grand puits « F », dont la margelle présente encore quelques restes de moulures.
Vers le sud s'étend la ville moderne, composée d'une centaine de maisons occupant l'espace où, selon toute apparence, s'élevaient les logements de la garnison, le palais du châtelain, etc. etc.

Le long des remparts règne en « G » et en « H » une longue série de magasins voûtés, qu'éclairent des meurtrières percées à la hase des murailles, vers les dehors du château.
A l'ouest et au nord il en existe de semblables en « I » et en « J. »
Jacques de Vitry désigne Tortose sous le nom de Turris Antaradi.

Vilbrand d'Oldenbourg (1) parle avec admiration d'une tour élevée qu'il vit dans ce château et dont il attribue la construction à un roi de France.
1. Je pense que le texte de cet auteur peut trouver ici sa place : « Inde venimus Tortosi. Hec est civitas parva, non multum munita, super mare sita, in capite habens castrum fortissimum, optimo muro et undecim turribus sicut undecim reciosis lapibus coronatum. Nec mirum, si duodecima turris ei subtrahatnr, eum illa turris quam rex Francie ad subsidium terre edificavit, sua pulchra fortitudine suppleat illius defectum. Hoc Castrum a Templariis. quia ipsorum est, optime custoditur..... » (Laurent, Peregrinatores medii evi quatuor, page 169 (Vilbrand d'Oldenbourg). Leipsick. 1864.)

L'historien arabe Ibn-el-Atyr, en racontant l'attaque dirigée; par Salah-ed-din contre Tortose, en 1188, nous apprend que le grand maître du Temple et ses chevaliers s'étaient retirés dans une tour très-forte qui résista victorieusement aux efforts des musulmans. Or, le base d'un énorme donjon, de forme barlongue, revêtue d'un talus de maçonnerie, se voit en « K »; il ne mesurait pas moins de trente-cinq mètres de côté, et vers l'ouest était flanqué de deux tours carrées. C'est évidemment là l'ouvrage dont il est question dans les deux textes que je viens de citer.

De vastes casemates existent encore sous ce massif et communiquent avec la mer par une poterne qui, s'ouvrant à fleur d'eau, permettait aux navires chrétiens de ravitailler les défenseurs de cette tour, isolée elle-même du reste du château par un profond fossé dont il subsiste encore quelques traces.

Nous savons par l'historien Makrizi que c'était à Antarsous qu'était déposé le trésor des Templiers.
D'après Page, ce serait seulement en 1102 que les Francs s'établirent définitivement à Tortose.

A la mort de Raymond de Saint-Gilles, comte de Tripoli, cette ville, ainsi que le mont Pèlerin, fut un moment attribuée à Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne; mais après lui Tortose passa de nouveau au comte de Tripoli. Elle fut alors érigée en évêché, et la liste des évêques qui en occupèrent le siège durant les croisades se trouve dans la Syrie Sainte de Du Gange (1).
1. Familles d'Outre-Mer, page 809.

Pendant la plus grande partie du XIIe siècle, Tortose et son territoire formèrent un des grands fiefs de la principauté de Tripoli, et paraissent avoir été possédés par une branche de la famille de Maraclée. Un acte du mois de juin 1183 nous apprend qu'à cette date une commanderie de l'ordre du Temple existait déjà à Antarsous.

Peu de mois après la bataille de Hattin, où les chevaliers du Temple avaient presque tous succombé, et à la suite de laquelle le grand maître lui-même était tombé entre les mains des musulmans (2), Salah-ed-din parut sous les murs de Tortose. Les Templiers, ne se trouvant pas assez nombreux pour défendre la ville et les divers ouvrages qui composaient le château, se retirèrent dans le donjon; là, sous les ordres de leur grand maître Gérard de Ridefort, qui venait d'être mis en liberté en échange du château de Beit-Gibrin (3) ils opposèrent une telle résistance aux efforts de Salah-ed-din que ce prince se vit contraint de lever le siège.
2. Ibn-el-Atyr, extrait des Historiens arabes, pages 480.
3. Ibn-el-Atyr, extrait des Historiens Arabes des Croisades, page 593.


Ce fut sous les murs de cette ville qu'au mois de septembre 1188 Salah-ed-din rendit la liberté au roi Guy de Lusignan, au prince Amaury, son frère, au grand maréchal du royaume, ainsi qu'à plusieurs autres chevaliers illustres.

Selon toute apparence, par suite de la cession de Maraclée à l'Hôpital, la seigneurie de Tortose et ses dépendances passèrent à l'Ordre du Temple. Il parait que ce territoire était considérable, puisque nous savons par le texte de la paix, dite de Tortose, signée en 1282, entre Guillaume de Beaujeu, grand maître du Temple, et le sultan égyptien Kélaoun, alors que l'Ordre avait déjà perdu Safita et Areymeh, qu'il comprenait encore trente-sept cantons, tous nommés dans cet acte.
Les noms de quelques-uns des châtelains de Tortose nous sont parvenus. Les voici :
Frère Rainald de Clamcourt - 1243 (2) Aimard - 1282 (3) Adhémar de Peyrusa (4) 2. Codis diplomatico, tome I, n° 179, page 220
3. Mas Latrie, Histoire de Chypre, tome III, pages 662, 668.
4. Procès des Templiers, tome II, page 144.
Requisitus si credit quod illicita confessata per eum intervenirent communiter in recepcionibus aliorum fratrum vel post, respondit se credere quod sic, quia vidit recipi, sunt XXVI anni vel circa, ultra mare, in quadam camera domus Templi de Tortosa, fratrem Johannem lo Test de Apulia servientem, de cujus vita vel morte non habet certitudinem, per fratrem Ademarum de Peyruza militem, quondam castellanum de Tortossa, presentibus fratribus Johanne de Acon, Johanne de Nivernis servientibus, Bertrando Amblardi et Bertrando de Savinhac militibus, deffunctis, et pluribus aliis quos credit obiisse.


Ademarum Peyruza semble avoir été le dernier, et nous le trouvons cité dans le procès des Templiers (5). 5. Procès des Templiers, tome II, page 153.
Requisitus si viderat aliquos alios recipi in ordine, respondit quod sic, fratrem Bertrandum de Sartiges militem, ad ordinis deffensionem assumptum in quadam camera domus Templi de Tortosa ultra mare, per fratrem Adeum de Peyrucza quondam, tunc castellanum dicte domus, presentibus fratribus Hugone de Nays, Visiano de Moret militibus, deffunctis, et pluribus aliis de quibus non recordatur.


Non loin de Tortose, sur le versant oriental des montagnes des Ansariés, étaient situés les châteaux appartenant aux Ismaéliens ou Bathéniens de Syrie. Cette secte, d'origine persane, est souvent mentionnée chez les historiens occidentaux sous le nom d'Assassins. Elle était gouvernée par le Daïl-Kébir (espèce de grand prieur de l'Ordre), résidant à Massiad, et comptait environ soixante mille adeptes en Syrie.

Guillaume de Tyr dit que les Ismaéliens possédaient six châteaux aux environs d'Antarsous. De là partaient les Fedawi (sicaires), chargés d'assassiner les princes musulmans ou chrétiens qui avaient encouru la haine de l'ordre.

C'est ainsi qu'en 1152 périt Raymond II, comte de Tripoli, tué aux portes mêmes de Tripoli (1) avec un de ses écuyers, nommé Raoul de Merle. Aussitôt les Templiers, pour venger la mort du comte de Tripoli, envahirent le pays habité par les Bathéniens, et ce ne fut qu'après leur avoir imposé un tribut annuel de 2,000 dinars et de cent boisseaux de froment, qu'ils consentirent à leur accorder la paix. A la suite de ce traité, l'intérêt des Templiers était d'empêcher un rapprochement entre les Francs et les Ismaéliens, et c'est à quoi ils s'efforcèrent malgré les tentatives de ces derniers. Ceux-ci l'essayèrent à plusieurs reprises, et notamment sous le règne d'Amaury en 1165.
1. Les Familles d'outre-mer, page 482.

En 1194, le comte Henri de Champagne, se rendant en Arménie, reçut à son passage à Tortose une ambassade du Daïl-Kébir, qui le faisait complimenter et l'invitait à venir le trouver à Massiad, qui ainsi que je l'ai dit plus haut, était alors le chef-lieu de l'ordre des Ismaéliens en Syrie. Au retour de son voyage, le comte de Champagne visita les châteaux de ces mystérieux sectaires et revint comblé des plus riches présents.
Malgré ces démonstrations, l'église de Tortose fut le théâtre du meurtre de Raymond, fils aîné de Bohémond IV (2), prince d'Antioche, assassiné par deux Ismaéliens en 1219 (3).
2. Les Familles d'outre-mer, page 205. - 3. Les Familles d'outre-mer, page 205.

Dans cette même église se célébra, en 1339, le mariage d'Alix deChampagne, veuve d'Hugues, roi de Chypre, avec Bohémond V, d'Antioche.

Le château de Tortose fut un des derniers points occupés par les chrétiens en Terre Sainte, et les Templiers ne l'abandonnèrent que le 5 juin 1291.

Ils se retirèrent alors à Chypre, d'où ils firent, au commencement du siècle suivant, une tentative pour reprendre cette place (1). En l'année 1300, une expédition partie, sous les ordres d'Aimery de Lusignan, prince de Tyr, et de Jacques de Molay, grand maître du Temple, s'empara de Tortose, que les Templiers conservèrent quelque temps. Mais ils furent bientôt attaqués par les troupes du sultan égyptien Malek-el-Mansour-Lagyn. La place ayant été investie par terre et par mer, ils durent capituler, et les chevaliers furent faits prisonniers au nombre de cent vingt.
1. Les Familles d'outre-mer, grands maitres du Temple page 892.

D'après Aboulfeda, ce serait seulement dans les derniers mois de l'année 1302 ou au commencement de l'année suivante que les Templiers perdirent l'île d'Aradus, qui dépend de Tortose. Je transcris ici le texte de l'historien arabe :
« En l'année 702, un parti considérable de Francs s'était fortifié dans l'île d'Aradus, située près de la côte, en face de Tortose. A l'abri de leurs remparts, ils s'avançaient jusque sur la côte voisine... Seif-ed-din-Assendemour, qui gouvernait la Syrie, sollicita une flotte du gouvernement égyptien. La flotte arriva devant l'île au mois de moharrem et s'en empara. »
Sources : Rey (Emmanuel Guillaume), Etude sur les monuments de l'architecture militaire des croisés en Syrie et dans l'Ile de Chypre. Paris, Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXI.
Sources : Rey (Emmanuel Guillaume), Etude sur les monuments de l'architecture militaire des croisés en Syrie et dans l'Ile de Chypre. Paris, Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXI.
Top

La citée et le château de Tortose (Tartous)
Tortose fut une ville très fréquentée à l'époque des Croisades (1). Sa cathédrale Notre-Dame, bel édifice d'art français des XIIe et XIIIe siècles était un lieu de pèlerinage très fréquenté aussi bien par les Musulmans que par les chrétiens. On disait que saint Pierre y avait célébré sa première messe et l'on y vénérait un portrait de la Vierge peint, croyait-on, par saint Luc. Camille Enlart (2) a consacré une très importante étude à ce monument bien conservé et bien entretenu par le Service des Antiquités de Syrie qui y a installé un musée. Mais de la puissante forteresse dressée au bord de la mer, il ne reste plus que des éléments morcelés, intégrés dans des constructions modernes. On ne peut plus restituer, même par l'imagination, la masse de ses grands ouvrages.
Les plans et l'analyse de Rey, les notes de Van Berchem, l'étude d'Enlart à laquelle il joignit les relevés de la grande salle du château, établis par l'architecte R. Jusserand, nous permettront de donner un court commentaire sur les fortifications de Tortose (3).
Nous avons vu que les premiers croisés, dirigés par Raymond de Saint-Gilles avaient pris Tortose en février 1099 (4), qu'ils l'avaient perdue en l'absence de leur chef et que celui-ci, après sa désastreuse expédition d'Anatolie, l'avait reconquise au début de 1102. Ce fut le premier jalon du comté de Tripoli. Bientôt Tortose fut érigée en évêché.

Le territoire de Tortose était un grand fief du comté de Tripoli. Il eut d'abord des seigneurs particuliers. En 1132, Pons donne la cité de Tortose à Arbert (5). Rôhricht pense qu'il s'agit d'un vassal du Comte, Arbert de Montlaur, cité dans un acte de 1142 (6).
Jean Richard signale que Raynouard, second fils de Guillaume Raynouard de Maraclée, était seigneur de Tortose en 1151 (7) « soit qu'il l'ait reçue de son père, soit que le comte de Tripoli lui ait inféodé la ville. »
En 1152, Nour Ed Din ayant enlevé momentanément Tortose, la ville fut peut-être donnée ensuite aux Templiers et Raynouard reçut en compensation la seigneurie de Nephin, la région de Tortose restant aux mains de son frère Guillaume (8). Le 16 mars 1169, en présence de l'évêque de Tortose, l'évêque de Valénie (Banyas) faisait un accord avec les frères du Temple de Tortose au sujet de diverses contestations sur leurs biens respectifs (9).

Ainsi nous savons que, dès avant cette date, l'Ordre du Temple était établi à Tortose. Un acte de juin 1183 (10) fait mention d'un domaine donné par Renaud, seigneur de Margat (il s'agit de Renaud II Masoiers), au Précepteur et aux Frères du Temple de Tortose.
C'est assurément l'Ordre du Temple avec ses puissantes ressources qui bâtit la citadelle de Tortose.

Au début de juillet 1188, Saladin apparut devant Tortose. Les habitants s'étaient enfuis ou réfugiés dans le château. Il saccagea la ville, puis attaqua la forteresse ; un de ses lieutenants s'empara d'une tour, la fit sauter et jeta ses débris dans la mer. Mais le maître du Temple et ses chevaliers défendirent avec acharnement le donjon qui était fortement bâti, protégé par un fossé plein d'eau et défendu par de grosses arbalètes (sans doute des arbalètes à tour). Saladin ne put s'en rendre maître ; il fit des dégâts à l'enceinte et à la cathédrale (11).

Ces combats eurent lieu du 3 au 8 juillet. En mai 1202, Tortose fut éprouvée par un tremblement de terre.
En 1212, Wilbrand d'Oldenbourg y passa. Il constata que la ville était petite et peu fortifiée, mais qu'on voyait au bord de la mer une forteresse puissante dont les Templiers assurent avec grand soin la défense (12).

Cinq ans plus tard, Jacques de Vitry venant du Chastel Blanc, gardé aussi par les Templiers, où il avait prêché, fut accompagné par une troupe de ceux-ci à Tortose. Il y célébra la messe, fit un sermon et baptisa deux Sarrasins (13).

Tortose citée et château - Plan de P. Coupel
Tortose citée et château - Plan de P. Coupel

L'enceinte de la ville épiscopale a la forme d'un trapèze ; elle bordait la citadelle au Nord, continuant en ligne droite, puis tournait à l'Ouest, couvrant une longueur d'environ 350 mètres et rejoignait la mer à l'Ouest. Au milieu des palmiers s'élevait la cathédrale. Les vestiges qui subsistent présentent une muraille de 2,50 m d'épaisseur en gros blocs taillés à bossages avec des saillants barlongs de faible relief. Ces bossages peuvent faire supposer que Saladin n'a pas démoli tous les murs d'enceinte de la ville. Un fossé creusé dans le roc vif et rempli par la mer l'enfermait. Une porte de la ville surmontée d'un arc en tiers-point subsiste au Nord près de l'angle Nord-Est de la première enceinte du château. Le château est situé à l'angle Nord-Ouest de la ville. Il en est séparé par un fossé lequel était traversé par une chaussée coupée par un pont. On arrive ainsi à une tour barlongue qui commandait l'entrée de la forteresse. Rey l'a analysée avec soin et en a donné le Plan que nous reproduisons (14). Cet ouvrage est peut-être le mieux conservé de la forteresse. C'est aujourd'hui une mosquée. La porte est voûtée en tiers-point (15). Alors que les pierres de cette tour sont à bossages grossiers, celles qui encadrent la porte sont soigneusement ravalées. Le bossage de la clef de l'arc « est orné d'une croix fleuronnée se détachant au milieu d'un trèfle » (16). L'entrée était défendue par un mâchicoulis, une herse et des vantaux de bois ferrés et renforcés de barres à coulisse. On franchit un espace étroit défendu sur la droite par deux archères obliques percées dans une chambre de tir pour atteindre l'assaillant qui aurait tenté de briser la herse. On pénètre alors dans une salle voûtée de deux travées supportées par des branches d'ogives et un doubleau chanfreiné. Les archères qui défendaient cet ouvrage ont été élargies pour en faire des fenêtres. Enlart, qui l'a appelé justement « le corps de garde » ; on y voit les niches ouvrant sur les archères. Une fois dans la place on rencontrait un escalier qui menait à l'étage supérieur aujourd'hui disparu.

On se trouve dans la première enceinte du château qui est flanquée, à l'Est, de saillants carrés. Un fossé, déjà presque comblé au temps de Rey, séparait la première enceinte de la seconde qui était construite de façon analogue. Rey s'extasie sur l'ampleur de ces constructions « Nulle part à cette époque, dit-il, on ne déploya un pareil luxe dans l'emploi des matériaux de ces gigantesques murailles », de trois mètres d'épaisseur, percées de grandes meurtrières pour les machines. La seconde enceinte était d'une élévation assez considérable pour que la double ligne de défense qui la contournait pût commander tous les ouvrages de la première. Il ajoute qu'une portion de cette muraille demeure encore intacte et les dessins qu'il a publiés correspondent à une photographie toute récente dont nous donnons une reproduction (18). A l'intérieur de la place s'élevaient tous les bâtiments qu'on rencontre dans les grandes forteresses des Croisés : chapelle, grande salle, donjon, magasins.

Camille Enlart a donné deux photographies du portail et des voûtes de la chapelle, qui est du xme siècle, une simple salle rectangulaire à quatre travées voûtées d'ogives retombant sur des corbeaux en quart de rond accostant le pilastre qui soutient le doubleau. Enlart a trouvé une disposition toute semblable à la cathédrale de Grasse.


Tour commandant l'entrée du château de Tortose. - Sources : Dessin de Rey

La Grande Salle était une magnifique création de l'art français du XIIIe siècle. Il n'en reste que des vestiges informes ; les arcs de quelques baies apparaissent dans les constructions modernes. Camille Enlart a consacré à ces débris une étude minutieuse et a publié, en 9 planches, les relevés de l'architecte Roger Jusserand, établis en 1922 (19). Longue intérieurement de 44 mètres sur 15 de large, cette salle était divisée par une épine de cinq piliers en deux nefs (20) de six travées voûtées d'ogives. De ces piliers rien ne subsiste. Les branches d'ogives retombaient le long des murs sur des consoles sculptées de feuillages et de têtes humaines. Enlart a publié la photographie de l'une des plus belles ; elle présente une tête couronnée de feuillages portant un chapiteau à larges feuilles. Ces consoles, ornées de têtes, se retrouvent dans la grande Salle du château d'Athlit (21), construit en 1218 au bord de la mer, au Sud de Haiffa et confié à la garde des Templiers.

La salle de Tortose avait deux rangs de fenêtres : en bas, de larges baies en plein cintre doublées d'embrasures en arc surbaissé brisé ; en haut, des baies étroites et longues doublées d'ébrasements en tiers-point. Enlart a supposé que les grandes baies étaient subdivisées par une ou deux colonnettes portant de petits arcs et un tympan.

De l'énorme donjon (K du plan de Rey) qui se dressait à l'Ouest au bord de la mer (22), il ne reste que les grands talus qui recevaient le choc des vagues et au-dessus de ces talus subsistent, en certaines places, trois ou quatre assises de pierres (23). Il était séparé des ouvrages du château par un fossé aujourd'hui comblé. Ce donjon avait 35 m de côté, son front de mer était flanqué de deux saillants carrés, chacun de 16 m de long. La longueur totale de ce front était de 54 mètres environ.

Yaqout, vers 1225, signale à Tortose deux tours très fortes, pareilles à deux citadelles. C'est du large sans doute qu'il vit le donjon et c'est pourquoi il le compare à deux tours, en apercevant les deux saillants carrés.

De vastes casemates, sans doute jadis des écuries, existent encore sous le massif du donjon ; elles communiquaient avec la mer par une poterne (24) qui s'ouvrait au bord de l'eau, permettant aux navires de ravitailler les défenseurs de la forteresse. Après la perte de Saint-Jean d'Acre à la fin de mai 1291, les chevaliers du Temple évacuèrent Tortose, le 3 août, pour se réfugier dans l'île de Chypre. C'est peut-être par cette poterne qu'ils quittèrent le donjon. Elle existe encore. Les Templiers devaient occuper jusqu'en 1302 l'île de Rouad à 4 km au Sud-Ouest de Tortose.

La cathédrale Notre-Dame de Tortose qui, nous l'avons dit, fut un lieu de pèlerinage célèbre aux XIIe et XIIe siècles, devint tardivement un ouvrage fortifié. La ville se trouvait, en 1265, très menacée par Beibars. Or cet édifice était assez proche de l'enceinte et l'on craignit que si l'ennemi enlevait celle-ci il pourrait occuper l'église et l'utiliser contre la ville même.

Par raison stratégique, on songeait donc à détruire ce monument si vénéré. Le Pape Clément IV informé de ce projet, s'y opposa (25). Enlart pense qu'on décida alors de fortifier le chevet ; on renforça les deux tours et on épaissit les murs de l'abside centrale. On constate que le rez-de-chaussée et l'étage des tours sont munis d'archères (26). Ces tours devaient avoir une terrasse crénelée. Enlart a ajouté que l'on dut construire, alors, deux tours non saillantes à la façade. Avec ses quatre tours crénelées, Notre-Dame de Tortose présentait l'aspect d'une forteresse (27).
Sources : Paul Deschamps - Les Châteaux des Croisés en Terre Sainte, tome III, La Défense du Comté de Tripoli et de la Principauté d'Antioche. Editeur Paul Geuthner, Paris 1973
Top

Tortose, citée château - Notes
1. Rey, Architecture militaire des Croisés, page 64-83 et 211-214. Planches VIII et XX.
2. Van Berchem, Voyage en Syrie, page 320-325. Album, Planches XLVIII, LXX, LXXIII. G. Enlart, Les Monuments des croisés... architecture religieuse, tome II, page 395-426; Voir aussi Guide Bleu Syrie-Palestine (1932), page 238-241. Plan de la Ville par F. Anus.
3. G. Enlart, ibid., pp. 427-430; Album, planches 166, 174-183, 196.
4. Peut-être même dès 1098 y avait-il installé une garnison provençale. Voir Jean Richard dans Syria XXV, 1946-48, page 105, n. 2.
5. Rôhricht, Reg. add., page 11, n° 142 a.
6. Ibid., page 53, n° 211.
7. Acte de 1151 où figurent comme témoins « Guillelmus Rainoardus, Rainoardus filius ejus et dominas Tortosae » Rôhricht, Reg., page 68, n° 270.
8. Jean Richard, Le comté de Tripoli..., page 74.
9. Rôhricht, Reg., page 121, n° 462.
10. Rôhricht, Reg., page 167, n° 630.
11. Brades, Historiens Occidentaux des Croisades, tome II, page 122. — Ernoul, éditions Mas Latrie, page 254. — Abou Chama, Historiens Orientaux des Croisades, tome II, page 126. IV, page 356-357. — Beha ed-din Ibn Chaddad, Historiens Orientaux des Croisades, tome III, page 80. — Aboul Feda... Annales, Historiens Orientaux des Croisades, tome I, page 717 et suivantes, tome III, page 108 et suivantes, tome IV, page 353 et suivantes, Kamal ad-Din, Historiens Orientaux des Croisades, tome III et dans Revue de l'Orient Latin. IV, page 186 (1896). Aboul Faradj, traduction Bruns, page 415. La lettre d'Ermenger adressée en novembre 1188 au duc d'Autriche Léopold dit aussi que Saladin prit et détruisit Tortose à l'exception de la Tour des Templiers, Mon. germaniae Hist., Scriptores 2, Germ. nova séries 8° , tome V, page 4.
12. J. G. M. Laurent, Peregrinatores..., page 169 : « Haec est civitas parva, non multum munita, super mare sita, in capite habens castrum fortissimum, optimo muro et undecim turribus sicut undecim preciosis lapidibus coronatum. Nec mirum si duodecima turris ei subtrahatur, cum illa turris quam rex Franciae ad subsidium terre edificavit, sua pulchra fortitudine suppleat illius defectum. Hoc castrum a Templariis, quia ipsorum est, optime custoditur.
13. Lettres de Jacques de Vitry, éditions R.B.C. Huygens, Leyde, 1960, pages 93-94.
14. Rey, page 73, fig. 20.
15 Van Berchem, Bien entendu, l'encadrement intérieur de la porte et l'accès bâti qui y conduit sont des additions récentes.
16. Rey, page 72.
17. G. Enlart, porte le dessin d'une clef de voûte ornée d'une croix fleuronnée.
18. Rey a donné, page 74, fig. 22, un dessin de la face extérieure de cette muraille ; les bossages sont taillés beaucoup plus soigneusement que ceux de la tour d'entrée.
19. Voir deux relevés de Rey, page 177, fig. 24 et 25.
20. On constate la même disposition à la salle haute de l'église-donjon de Safita, le Chastel-Blanc des Templiers.
21. De cette Grande Salle d'Athlit il ne reste qu'un pan de mur avec trois retombées de voûtes d'ogives sur des consoles ornées de têtes humaines de grande dimension. Voir Enlart, tome II, page 96 et Album, PI. 27 où il a dessiné ces belles figures. Voir aussi notre livre La défense du royaume de Jérusalem, page 33.
22. Son aspect a changé car on a entrepris des travaux d'aménagement encore inachevés et l'on approche maintenant du donjon par un quai.
23. Cité par Van Berchem, page 323, n. 4.
24. Continuateur de Guillaume de Tyr, Historiens Occidentaux des Croisades, tome I, livre XXXIV, c. 19.
25. Pérouse, 26 avril 1265. Rôhricht, Reg. add., page 89, n° 1339 a. — Voir Enlart, tome II, page 398.
26. Photos des archères de la tour Sud-Est, dans Paul Deschamps, Terre sainte romane. Editions du Zodiaque, Planches 81-82.
27. Sur la cathédrale de Tortose voir Enlart, tome II, pages 395-426 ; dessin par Enlart de l'ensemble restitué de la cathédrale, tome II, page 407 fig. 517. Plan de la cathédrale Album, Planche 10. Photos Planches 153-161 ; vue extérieure du chevet, Planche 153, fig. 491.

Sources : Paul Deschamps - Les Châteaux des Croisés en Terre Sainte, tome III, La Défense du Comté de Tripoli et de la Principauté d'Antioche. Editeur Paul Geuthner, Paris 1973

Châteaux d'Orient visité 268949 fois

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.