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Les cartulaires de certaines commanderies de france

II. — Le personnel des Maisons
I — La formation du domaine   II — Le personnel des Maisons   III — l'Exploiration des Biens   IV — Les Litiges   V — Les actes

Le Commandeur et les Frères
Les donateurs
Les tenanciers
Le mobilier, les articles de ménage et le trousseau des frères
Le rôle des Templiers


 
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Le Commandeur et les Frères
On peut supposer que les biens du Temple situés dans la région des Alpes-Maritimes furent tout d'abord administrés par deux commandeurs, celui de Nice (acte du 10 juillet 1202) et celui de Grasse (acte du 23 avril 1208).

La réunion de ces biens sous une seule direction n'eut lieu, selon nous, qu'après 1210, date à laquelle le commandeur de Nice, Pons Fabre, paraît entre deux actes très rapprochés du commandeur de Grasse. Elle était sûrement réalisée le 13 avril 1222. Rostand de Saint-Laurent est désigné, à cette date, sous une formule mixte: « commandeur de Nice-Grasse » ; et Bernard « de Cambolamo », prend, en 1233 (acte du 14 août), le titre de « précepteur des maisons de Grasse-Biot (1) »

Tous ces titres se fondirent ensuite, peu à peu, dans une appellation commune « commandeur (ou précepteur) des maisons de Nice-Grasse-Biot (2) », qui resta sujette, il est vrai, à de légères variantes.

Mais ce n'était là qu'une formule protocolaire peu usitée. La population des localités comprises dans le diocèse de Vence ne connaissait qu'un commandeur: celui de Biot. C'est du moins ce que l'on peut inférer des déclarations qui furent enregistrées, en 1308, par le baile de Villeneuve (3). Le fait n'a rien d'étonnant: Biot était, de beaucoup, la plus importante des possessions du Temple de la région.

Nous avons d'autre part la certitude que la maison de Rigaud, et, avec elle, les biens situés dans le diocèse de Glandèves, étaient rattachés aux maisons de Nice, Grasse et Biot: le seul commandeur connu de la maison de Rigaud (il y était peut-être installé provisoirement) vint en tournée à Biot le 13 avril 1269 (4).

Toutes ces maisons relevaient, administrativement, du grand maître du Temple en Provence, et de lui seul: « frater Rostagnus de Comps, preceptor major domorum milicie Templi in Provincia, a civilate Aquensi usque ad Niciam » (3 janvier 1247).

Voici, dans l'ordre chronologique, la liste des précepteurs connus de Nice, Grasse, Biot et Rigaud. Nous indiquons, pour chacun d'eux, les dates extrêmes de son activité et, entre parenthèses, le nombre des actes dans lesquels il figure (5).

1. Guillaume Geoffroi « del Muoil », précepteur de la maison de Nice, 1202 (1).
2. Raimond « de Pamias », commandeur de la maison de Nice, 1205-1206 (3).
3. Olivier Audier, commandeur de la maison de Grasse, 1208-1210 (2).
4. Pons Fabre, commandeur de la maison de Nice, 1210 (1).
5. Olivier Audier, commandeur de la maison de Grasse, 1211 (3).
6. Bernard Aimic, commandeur de la maison de Grasse, 1212 (1).
7. Olivier Audier, commandeur (ou précepteur) de la maison de Grasse, 1213-1219 (10).
8. Rostand de Saint-Laurent, précepteur des maisons de Nice et Grasse, 1222 (1).
9. B. Saltet, commandeur de la maison de Nice, 1225 (1).
10. Bertrand Faraud, commandeur des maisons de Grasse et Nice, 1226 (1).
11. Bernard « de Cambolamo » (lecture variable), précepteur des maisons de Grasse et Biot (ou de Nice, Grasse et Biot, ou de Grasse et Nice, ou de Nice, ou de Grasse), 1233-1236 (6).
12. Isnard, précepteur de la maison de Grasse (ou de Nice et Grasse), 1237 (2).
13. Bernard « de Cambolamo », précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Grasse, Biot et Nice, ou de Grasse et Nice), 1240 (2).
14. Bertrand Austarda, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1243 (1).
15. Geoffroi de Grasse, vice-commandeur de la maison de Grasse, 2 juin 1244, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Nice et Grasse), 1244-1248 (6).
16. Pierre Geoffroi, commandeur de la maison de Grasse, 1251 (1).
17. Raymond « de Amenderio », commandeur de la maison de Biot, 1252 (1).
18. Pierre Geoffroi, commandeur de la maison de Grasse, 1256 (1).
19. Bernard « de Bellano », précepteur des maisons de Grasse et Nice (ou de Grasse), 1258-1259 (3).
20. Geoffroi d'Alançon, commandeur des maisons de Grasse et Nice, 1263 (1).
21. Pierre Geoffroi, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1264 (1).
22. Pierre Girard, commandeur des maisons de Grasse et Nice (ou de Grasse, ou de Nice), 1267-1269 (25 mars) (2).
23. Jean Olier, commandeur de la maison de Rigaud, 1269 (13 avril) (1).
24. ----— J. « de Valono », commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1274 (1).
25. Pierre « de Roseto », commandeur des maisons de Nice, Grasse et Biot, 1277 (?) (1).
26. G. Capion, commandeur des maisons de Nice, Grasse et Biot, 1285 (1).
27. Foulques Bérenger, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot, 1286-1288 (5).
28. Arnaud « de Fonte », précepteur des maisons de Grasse et Biot, 1291 (1).
29. Pierre Geoffroi, commandeur des maisons de Nice et Grasse, 1292 (1).
30. Pierre Ricau, précepteur des maisons de Grasse, Nice et Biot (ou de Biot), 1295-1301 (14).
31. Pierre Balbi (sans date, fin du XIIIe siècle ou commencement du XIVe siècle), précepteur de la maison de Biot (1).
32. Hugolin « de Capite », « commandeur de la maison de Vence (??), 1300 (1).

Cette liste est coupée de nombreuses lacunes: la plus importante est de 8 ans (entre Pierre « de Roseto » et G. Capion); quelques autres atteignent 5 ans; la plupart sont moindres. Mais il est vraisemblable que ces lacunes seraient en partie comblées par les mêmes noms si nous arrivions à compléter notre documentation.

Ajoutons que deux commandeurs, Bernard de Cambolamo et Pierre Geoffroi, rejoignirent leurs maisons à différentes reprises, après de longues absences. Il y a lieu toutefois de se montrer réservé en ce qui concerne l'identification des personnages homonymes (6).

Nous ne pouvons entreprendre ici des recherches sur l'origine et la carrière des commandeurs des maisons de Nice, Grasse et Biot. En restant dans le cadre que nous nous sommes tracé, nous voyons que les uns furent intimement liés à l'histoire de leurs maisons (il faut citer, parmi eux, Olivier Audier et Bernard de Cambolamo qui accrurent leur domaine dans de notables proportions, ou bien encore Foulques Bérenger et Pierre Ricau qui eurent à défendre ce domaine contre toutes sortes d'empiétements). D'autres, au contraire (B. Aimic, B. de Saint-Laurent, Jean Olier, etc.) ne laissèrent qu'une faible trace de leur passage.

Les frères n'étaient pas très nombreux: 2 ou 3 en moyenne par maison (7). On les réunissait en chapitre toutes les fois qu'il s'agissait de prendre ou de ratifier une décision importante touchant le domaine de l'Ordre: quatre d'entre eux furent convoqués à Biot, le 27 décembre 1298, à l'accoutumée, devant le portique de la maison du Temple pour approuver un compromis entre le commandeur et l'abbé de Lérins au sujet de Clausonne. La plupart ne sont mentionnés dans les actes qu'à titre de témoins. Il en est pourtant dont l'activité fut très grande: Bertrand Silvestre et Pons Ycard jouèrent à Biot, vers la fin du XIIIe siècle, un rôle de tout premier plan. Parmi les titres particuliers qu'ils portaient dans notre région, nous retiendrons ceux de chapelains (8), chambriers (9), gonfanoniers (10), et écuyers (11).

1. Biot dépendit dès 1209 du commandeur de Grasse.

2. Les termes de « commandeur » et « précepteur » sont interchangeables.

3. « Guilelmus de Isia, domicellus de Cauda, dixit se tenere unam albergam dicto preceptori de Bisoto ». (Dictionnaire homines de Vencia) « faciunt... preceptori de Bisoto... unam albergam... ». « Petrus Dozoye... dixit se jacere... octavam partem unius albergue preceptori de Bisoto cum uno socio, in dicto castra de Torretis... »

4. Durbec, opuscule cité, page 186.

5. Voir aussi Léonard, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple du marquis d'Albon, page 46.

6. Il y avait deux Olivier Audier à Grasse, au commencement du XIIIe siècle, et tous deux furent sans doute, à tour de rôle, commandeurs de cette ville. Le premier mourut en 1210 ou 1211 (ses biens furent définitivement remis à l'Ordre le 6 mai 1212 par Pierre Squirp). Le second figure dans nos chartes jusqu'en 1219.

7. Dans les maisons des diocèses sus-indiqués, bien entendu. Ailleurs, — à Ruou, par exemple, dans le Var, — l'effectif était quelquefois plus important.

8. Fraler Guillelmus Cuigonus, templarius et sacerdos domus predicte (Grasse) (acte du 24 janvier 1308).

9. Fraler Egidius, cambrerius de Bisola (acte du 27 décembre 1298).

10. Uni fratri et garanfono: comestionem unam (acte du 28 janvier 1308, La Penne).

11. In quibus habel annuatim comestionem unam uni fratri cum scutifero (inventaire de 1308, passim).


 
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Les donateurs
Les donateurs étaient généralement reçus par le commandeur (ou par son délégué) dans la maison qui bénéficiait de leurs apports: le récipiendaire, à genoux, les mains jointes, s'engageait, sous serment, à observer la règle du Temple ; et le commandeur l'admettait ensuite, cérémonieusement, au sein de la confrérie; il lui promettait notamment de le nourrir et vêtir, sa vie durant, selon les usages de l'Ordre (promitens sibi panem et aquam et victum et Vestitum prout consuetum est in domo Templi in aliis donatis) (1).

Certains membres donateurs se trouvaient dans des pays où il n'y avait pas de maisons conventuelles (à Touët, au Broc, à Ascros); ils y géraient vraisemblablement les affaires de l'Ordre.

Il convient également de noter ici que plusieurs tenanciers du Temple: Lions Chastel et Raymond Gros, de Saint-Pierre-Figette, Boniface et Guillaume Geoffroi, de Collongues, Rostang Remusat et Jacques de Dieu, de Tournefort, etc. (2), bien que jouissant d'une franchise totale, faisaient volontairement un service annuel, au commandeur, « gratis sine causa alia. »

1. Durbec, opuscule cité.
2. D'après les inventaires de 1308.


 
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Les tenanciers
Les tenanciers des biens de l'Ordre peuvent être divisés en deux groupes essentiels: les tenanciers inférieurs et les tenanciers libres (1). Il en était ainsi à Rigaud où 80 services sur 101 étaient faits par des tenanciers inférieurs, à Touët-sur-Var (21 sur 45), à La Penne (10 sur 29), aux Mujouls (19 sur 24), à Collongues (9 sur 17), à Annot (30 sur 70), à Entrevaux (17 sur 23), à Saint-Pierre-Figette (2 sur 15), à Guillaumes (9 sur 21), au Broc (6 sur 21) et à La Cainée (2 sur 3) (2).

Les tenanciers inférieurs, qui dépendaient toujours de l'Ordre, au moins en partie, devaient leurs services pour des biens de caractère servile (3), On les appelait « homines Templi ». Ils étaient beaucoup plus nombreux dans les hautes vallées des Alpes (216 sur 503 dans le bailliage de Guillaumes-Puget), que dans la zone littorale (8 sur 94 dans le bailliage de Vence-Villeneuve).

Quelques-uns d'entre eux étaient affranchis de tous services. Ainsi, Bernard Riquesa, Raimond Zuglar, Georges Sénéchier, Guillaume Sénéchier (4), et les frères Dozol, de la ville d'Annot. D'autres appartenaient à la fois au Temple et au seigneur local: on en comptait 8, à Rigaud, dans cette catégorie ; chacun était partagé indivisément en deux parts, comme un immeuble !

D'une manière générale, les droits de juridiction du Temple sur « ses hommes » (en dehors de Biot bien entendu) ne comprenaient ni les cas royaux, ni « le merum imperium, ni le mixtum imperium ».

Les biens des tenanciers libres étaient placés sous le « dominium directum » et quelquefois sous la seigneurie du Temple ; il n'y avait aucune différence de nature entre les services dus pour ces biens et les services faits par les hommes attachés aux tenures de caractère servile; dans l'ensemble, cependant, le tenancier libre était plus avantagé (5).

Si nous prenons, d'une part, la moyenne des cens et services les plus forts dus dans chaque catégorie par une vingtaine d'hommes, nous obtenons, en chiffres ronds: une redevance annuelle de 4 sous pour les tenanciers inférieurs, de 3 sous pour les tenanciers libres. L'expérience est aussi concluante si nous l'étendons, d'autre part, aux menus services: la moyenne de 20 services était alors, toujours en chiffres ronds, de 1 denier par an pour les tenanciers inférieurs et de 1/2 denier pour les autres.

Un calcul portant sur un très grand nombre de services nous permettrait d'établir que le tenancier inférieur donnait au Temple, en moyenne, environ trois fois plus d'argent que le tenancier libre. Il lui devait, en outre, des corvées et des prestations en nature dont il sera question plus loin et auxquelles ce dernier n'était que rarement astreint.

Les tenanciers libres appartenaient à toutes les classes de la société. On trouvait parmi eux des seigneurs (6), des chevaliers (7), des notaires (8), et des prélats (9).

Comme dans la catégorie des tenanciers inférieurs on trouvait, a fortiori, dans la classe des tenanciers libres des hommes entièrement affranchis. Ils étaient nombreux à Biot avant que le domaine utile de cette localité ne fût acheté par l'Ordre, et l'on en comptait encore 11 à Annot en 1308.

1. Nous reviendrons sur ces termes en étudiant la nature des biens de l'Ordre.
2. A Tournefort, l'Ordre n'avait que des tenanciers personnels.
3. Nous reviendrons sur ce terme en étudiant la nature des biens de l'Ordre.
4. Le texte porte Sénuchier.
5. La formule de reconnaissance pour les tenures libres était souvent celle-ci: « recognovit se tenere et possidere sub dominio et servicio domus milicie Templi ».

6. Guillelmus de Isia, domicellus de Gauda, dixit se tenere quoddam affare... pro dicto Tempio... (1308).
7. A Grasse: dominus Romeus Malvicini, miles, pro medietate cujusdam paratorii. 11 deniers (1234).
8. A La Cainée, le notaire faisait un service de 2 deniers à la maison de Biot (1308).
9. Le prieur de Montblanc (1308).


 
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Le mobilier, les articles de ménage et le trousseau des frères
Les Templiers ne possédaient que des objets de première nécessité dont la facture, semble-t-il, était tout à fait rudimentaire.

Nous notons à Rigaud, dans la cuisine:
1 table;
2 bancs;
1 pétrin;
1 étagère pour les écuelles;
3 chaises;
3 candélabres de bois;
1 paire de chenets;
1 crémaillère;
1 hache;
1 dame-jeanne;
1 broc;
2 petits pots d'airain (de arammo);
1 poêle;
1 chaudron de cuivre;
1 écuelle de bois;
7 jattes (?) de bois (parasides);
1 rasoyram ferream;
7 cisoria lignea (?);
2 cuillers de bois;
8 petites cuillers;
1 mortier de pierre;
3 pilons de bois...;

Dans la cour:
1 tonnelle;
1 corbeille;
1 banc;
1 escabeau;
1 pelle... ;

Dans la chambre:
2 lits;
2 paillasses (dont une seulement garnie);
3 couvertures;
1 édredon;
3 coussins de plume et 3 draps.

Cuisine et chambre n'avaient pas, d'ailleurs, la destination exclusive qu'on serait tenté de leur donner; c'étaient de véritables greniers à provisions.

Dans l'ensemble, rien de plus important à Biot: un peu plus de variété dans les ustensiles de ménage peut-être, mais les couverts faisaient défaut. En ce qui concerne la literie, les frères de cette maison n'avaient rien à envier à leurs collègues de Rigaud; rien, sauf le lit même ! Ils devaient se contenter d'une paillasse ! D'après l'inventaire de 1308, ils avaient surtout des caisses et des coffres (1).

L'église Saint-Jacques, à Grasse, siège de l'Ordre en cette ville, n'était guère mieux fournie. On y trouvait assurément les archives de la maison ainsi que de nombreux vêtements et objets du culte (nous en reparlerons), mais le chapelain et le frère qui résidaient là n'avaient rien en propre, ou presque rien: 2 brocs, 5 vases à vin, 1 crémaillère, 1 siège, de quoi faire une table, un peu de literie et quelques caisses ; ils disposaient cependant d'un cheval maure « cum stella in fronte... » et. « bausanum de uno pede ultima ».

Pour le trousseau, même indigence: les Templiers portaient sur eux à peu-près tout ce qu'ils possédaient; ils n'avaient en réserve, lors de leur arrestation, dans l'ensemble des maisons sus-indiquées, que 2 ou 3 peaux de bêtes, autant de garde-corps, 3 paires de chausses, 2 épitoges, 1 manteau et quelques chemises.

1. Durbec, opuscule cité, page 200 et suivantes. (Inventaire complet).

 
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Le rôle des Templiers
On sait que les consuls de Nice chargèrent le commandeur Raimond « de Pamias », en 1205, d'assurer pendant un an la garde d'une tour de cette ville (1). Il est donc possible que les successeurs de Raimond « de Pamias » aient été appelés, occasionnellement, comme du reste tous les seigneurs de quelque importance, sur tel ou tel point stratégique de la région pour y participer au service du guet. Mais c'est bien le plus qu'on puisse dire.

Tout, en effet, dans notre documentation, s'oppose à ce que nous attribuions aux Templiers installés dans les Alpes-Maritimes le moindre rôle militaire. Le commandeur Geoffroi de Grasse, qui demande à Foulques du Cannet, le 3 janvier 1248, de venir à son secours, en cas de besoin, se contente de lui donner à cet effet une mule appelée Pontia ! Et le frère Bertrand Silvestre refuse de payer 30 sous pour la défense des côtes, « pro custodia maris », le 30 décembre 1291, sous prétexte que sa maison jouit d'un privilège d'exemption (2). Il est certain, d'ailleurs, que les frères de Grasse, Biot et Rigaud, uniquement chargés d'accroître l'importance et le rendement de leur domaine, n'avaient pas même les moyens de se défendre. On comprendra que nous comptions pour rien les quelques armes signalées en 1308 dans leurs maisons:
1 baliste, 1 casque et 1 bouclier à Rigaud ;
1 arbalète « à croc », et 1 bassinet de cuir à Biot.

Ajoutons, par anticipation, afin de lever les doutes que l'on pourrait encore avoir sur le caractère purement administratif de leurs fonctions, que les membres de cette dernière maison assistèrent impuissants, vers la fin du XIIIe siècle, aux diverses rapines commises dans leur territoire par des gens d'Antibes et de Villeneuve (3).

1. Voyez supra, chapitre I.
2. Durbec, opuscule cité, page 205.
3. Durbec, opuscule cité, page 185 et suivantes. Et, Voyez infra: Les conflits.

Sources: Joseph-Antoine Durbec — Les Templiers dans les Alpes-Maritimes — Notice Historique sur les Maisons et Possessions du Temple dans les diocèses de Antibes, Grasse, Nice, Vence et Glandeves — Extraits de la Revue Nice-Historique — 1938 — Imprimerie L'Eclaireur de Nice
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