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Les cartulaires de certaines commanderies de france

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1. — Introduction  2. — Commanderies  3. — Commanderies suite  4. — Dernier chapitre  5. — Bibliographie
Chapitre VI
Droits des Templiers aux annates annates de certaines prébendes
Maison du Temple de Peronne
Maison du Temple de Catelet
Maison du Temple de Montecourt
Maison du Temple de Saint-Quentin
Biens du Temple à Flechin
Biens du Temple à Séry. Jussy. Maurepas
Maison du Temple de Nesle
Possessions du Temple à Voyennes
Maison du Temple de Fontaine-sous-Montdidier
Maison du Temple de La Druelle et domaine de Hainneville
Maison du Temple de Lihons
Maison du Temple Le Bois près Libermont
Maison du Temple de Noyon
Maison du Temple de Passel
Maison du Temple de Bellicourt
Maison du Temple de Tricot
Maison du Temple d'Esquennoy
maison du Temple du Gallet
Liste des précepteurs du Temple en la Baillie de Vermandois


 
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Chapitre VI deuxième partie
Deuxième Baillie de Vermandois

Droits des Templiers aux annates de certaines prébendes dans le Diocèse de Noyon.

Avant de parler des commanderies du Temple en Vermandois, nous croyons utile de parler d'une source de revenus pour le Temple, qui n'était pas à dédaigner, les annates.

L'annate, d'après Fleury et Thomassin, qui sont des autorités en la matière, n'était pas précisément une année du revenu d'un bénéfice vacant, soit dans une cathédrale, soit dans une collégiale, mais la taxe fixée comme équivalent à ce revenu.

En Picardie, comme on va le voir, il est fait aux Templiers des concessions d'annates, dès le XIIe siècle, dès 1130 ; aussi ferons-nous remarquer, en passant, combien se sont trompés les auteurs qui ont attribué la création des annates au XIVe siècle, aux papes d'Avignon.

En 1130 donc, Simon Ier, évêque de Noyon (I), et son Chapitre, donnèrent à l'ordre naissant du Temple, les annates des prébendes qui viendraient à vaquer en la cathédrale de Noyon. Ils firent toutefois certaines réserves au cas où le défunt aurait été chanoine non résidant.

Cette donation avait été faite en présence d'un des fondateurs du Temple, de l'un des compagnons d'Hugues de Payns, « Nivard » surnommé Payen de Montdidier, chevalier, et qui avait alors le soin des affaires du Temple, dans le diocèse de Noyon, et sans doute dans celui d'Amiens.

Il ne semble pas que le Chapitre de Noyon soit jamais revenu sur sa donation ; une transaction survenue en 1181 entre les chanoines et le Temple, reconnaît ce droit que les Templiers exerçaient depuis un demi-siècle (2). Un peu avant cette date, vers 1179, alors que les rapports étaient très tendus entre le Chapitre de cette ville et la Commune ; le maître du Temple en Occident, Geoffroy Foucher, prenant partie pour les bienfaiteurs de l'Ordre, recommandait au pape Alexandre III, la cause du Chapitre. Le débat ayant été porté devant le tribunal apostolique, le pape se prononça en faveur du Chapitre de Noyon (3).

Après Noyon, il convient de s'occuper des annates données par les Chapitres de Saint-Quentin, Péronne et Roye.

En 1156 Raoul, comte de Vermandois, avait fait don aux Templiers des annates des prébendes qu'il percevait dans les églises de Saint-Quentin, Péronne et Roye (4) ; en même temps, Thierry, évêque d'Amiens, déclarait que conjointement avec le comte Raoul, protecteur de l'église de Roye, il donnait aux frères du Temple les annates de cette église (5).

La donation du comte de Vermandois avait exaspéré les chanoines de Saint-Quentin, et il y a tout lieu de croire qu'ils refusèrent de la reconnaître, car il y eut procès ; le bruit de cette petite lutte d'intérêts, passant même les blanches cimes des Alpes, pénétra jusqu'à Rome et le pape dut intervenir. En effet, par un acte daté du 13 septembre 1184 (6), le cardinal Robon faisait savoir aux Templiers, que le pape Lucius III venait de confirmer la sentence de l'évêque d'Arras, député par lui, et qui condamnait le Chapitre de Saint-Quentin à restituer au Temple (7), ce qu'il avait refusé de payer et soustrait des annates en vertu d'une prétendue transaction, déclarée nulle par l'évêque. Guillaume, archevêque de Reims, confirma également cette sentence (1192) (8).

Malgré cela, le doyen du Chapitre de Saint-Quentin, Daniel, se refusa encore à payer l'annate aux Templiers, pour sa prébende décanale. Il y eut procès et le pape Innocent III ordonna une enquête par la bulle : « Exhibita nobis dilectorum fratrum militie templi », datée de Latran, 21 décembre 1198.

Les juges délégués, Hugues, abbé de Saint-Denis et Robert, prieur de Saint-Martin-des-Champs, s'étant prononcés en faveur du Temple, décidèrent (1199) qu'il serait payé aux Templiers 60 livres parisis pour l'annate contestée. Le pape approuva la sentence par une autre bulle, et Daniel dut se soumettre (9).

Les chanoines de Roye et de Péronne épousèrent-ils la querelle de leurs frères de Saint-Quentin ?
C'est probable. L'église de Roye reconnut cependant les droits du Temple, au mois de septembre de l'an 1203 ; le doyen, Rernard, d'accord avec les chanoines, déclara vouloir donner, à l'avenir, aux Templiers, les annates sans aucune diminution, en un mot la somme équivalente au revenu intégral d'une année que percevrait un chanoine assistant aux offices. Or, les Templiers étaient dispensés d'y assister (10).

Pour ce qui est du Chapitre de Péronne, le Saint-Siège avait dû, tout comme pour Saint-Quentin, déléguer un prélat, l'évêque de Chartres, pour trancher le différend, et amener les chanoines à soumission (1205) (11).

Il est vrai de dire qu'il y avait peut-être eu quelques abus de la part des Templiers, car, par un acte passé au Temple, le 13 avril 1196-1197, le Chapitre général de l'Ordre ayant été assemblé, il fut défendu aux frères du Temple d'aliéner, échanger, vendre ou engager les annates qui pouvaient provenir des prébendes vacantes dans les églises de Noyon, Saint-Quentin, Péronne et Roye (12).

Les Templiers jouissaient non seulement de revenus tels que les annates, mais encore de prébendes canoniales.

Ainsi nous savons que Philippe-Auguste avait donné au Temple, sans doute peu de temps avant sa mort (1223), deux prébendes devenues vacantes, l'une dans l'église de Saint-Quentin, l'autre dans celle de Saint-Fursi de Péronne (13). Sans doute ces prébendes étaient-elles remplies par des prêtres du Temple, qui siégeaient au choeur parmi les autres chanoines ?
En 1227, ces deux prébendes furent remises à la disposition du roi, qui était alors Louis IX.

Revenant à la question des annates, nous devons ajouter que si les Templiers en jouirent jusqu'au XIVe siècle, ce ne fut jamais sans quelque difficulté. Ainsi Louis IX dut intervenir entre le Chapitre de Péronne et le Temple (1237-1238) (14) ; de même, à la fin du XIIIe siècle, il ne faut rien moins que l'intervention du pape pour mettre fin au long différend survenu à nouveau entre les chanoines de Saint-Quentin et l'Ordre du Temple.

A la demande du Chapitre de Saint-Quentin, le pape Nicolas IV avait chargé l'évêque de Noyon de faire une enquête au sujet des annates.

Cette vieille querelle fut tranchée en 1291 par l'évêque Gui, qui avait cité à comparaître les Templiers en leur domicile du Catelet, en la personne du frère Jean de Maimbressy (15), précepteur de cette maison (16), ainsi que les chanoines.

En outre, pour mettre fin à un procès élevé entre le même chapitre et les Templiers, procès qui avait été porté devant le parlement, les chanoines reconnurent aux Templiers un droit dans le partage de cire qui se faisait à chacun dans les chapitres généraux, ainsi que le droit aux deniers (17), selon le nombre des annates qu'ils percevaient (18) : ce nombre pouvant varier chaque année.

Après la chute du Temple et la suppression de l'Ordre, le bailli de Vermandois avait investi les Hospitaliers du droit aux annates dans certaines églises, notamment dans celle de Péronne ; mais un arrêt du parlement (15 avril 1315) annula la concession du bailli, remettant provisoirement ces annates en la main du roi (19).

Pour ce qui est des annates de Saint-Quentin, il y eut un compromis entre le chapitre et les religieux de l'Hôpital (mai 1321) (20).

Le droit aux annates, dans les églises de Noyon et de Roye fut également reconnu aux Hospitaliers en 1334 (21).
(1) Inventaire analytique du cartulaire du Chapitre cathédral de Noyon, par Armand Rendu. — Archives de l'Oise, Beauvais. 1875, in-4º, au fº 69 du cartulaire. Cette charte se trouve publiée aussi dans Le Vasseur, T. III, p. 877 ; Colliette, t. II, p. 425; de Beauvillé, pièce justificative, 123.
(2) Inventaire analytique du cartulaire... par Armand Rendu. Au fº 108 du cartulaire.
(3) Abel Lefranc. Histoire de la ville de Noyon. Pièce justificative, p. 192. (Dans la Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes). — Voir aussi : Inventaire du cartulaire du Chapitre cathédral de Noyon, dans Inventaire Sommaire. Oise. T. I, p. 327.
(4) Monuments historiques. Cartons des rois, par J. Tardif, nº 550.
(5) A. N. S. 5749, fº 473. — Ce registre ne renferme guère que des analyses d'actes, dont plusieurs semblent aujourd'hui perdus.
(6) Il n'est pas fait mention de cette bulle dans Jaffé.
(7) A. N. — S. 5749, fº 442, vº Analyse.
(8) Ibid., fº 442.
(9) Epistolae Innocentii III, T. II, part. II, p. 398, fragm. — Héméré, p. 190, 191. — Colliette, T. II. Pièce justif.
(10) A. N. S. 5749, fº 473, vº.
(11) A. N. S. 5749, fº 462, vº analyse (XVIIIe s.).
(12) Ibid., fº 418, vº.
(13) Pièce justificative, nº 48.
(14) A. N. S. 5749, fº 464, vº et fº 465.
(15) Maimbressy — Ardennes, arr. de Réthel, cant de Chaumont-Procien.
(16) Le Catelet (maison du Temple). — Somme, arr. et cant de Péronne, com. de Cartigny.
(17) Deniers qui étaient distribués aux chanoines, trois fois la semaine.
(18) Pièce justificative, nº 49.
(19) Documents inédits. Les Olim, publiés par le Comte Beugnot T. III. 2e partie, p. 990. — Acte du Parlement de Paris, par Boutaric. T. II. p. 136, nº 4420.
(20) A. N. — LL. 1018. C 114 vº.
(21) A. N, — M. 1. nº 16 et M. 10 11º 53. — Reconnaissance notariée du 9 janvier 1320-21, des droits des Hospitaliers, comme héritiers du Temple, aux annates des prébendes vacantes en l'église cathédrale de Noyon.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Biens du Temple à Péronne
Les Templiers eurent certainement des biens en la ville de Péronne, car un bail de l'an 1377 mentionne une maison avec cave et cellier, nommée « la maison du Temple ». Cette maison, qui appartenait alors aux Hospitaliers, était située devant l'église Saint-Fursy (1).

Elle existerait encore d'après l'abbé Gosselin (2). C'était, dit-il, une construction remarquable par ses belles dimensions et la richesse de son architecture.

D'après le même auteur, les Templiers auraient eu une autre maison (3), aujourd'hui la propriété de M. Moillet. Voici la description qu'en fait l'abbé Gosselin : « Les vastes caves qui régnent encore sous le principal corps de logis, indiquent bien, par leur ingénieuse disposition et leur solide appareil, une construction du moyen âge. »

Mais la partie la plus intéressante, c'est l'aile qui sert aujourd'hui de cuisine. Elle consiste en un bâtiment carré long, composé d'un rez-de-chaussée, éclairé d'un seul côté par des fenêtres étroites et carrées, et d'un étage qui ne semble pas faire partie de la construction primitive. Le rez-de-chaussée est voûté solidement en ogive. Au point d'intersection des nervures, qui sont supportées par des cul-de-lampe, se trouvent des clés peu ornementées. Il y a une immense cheminée, dont le manteau légèrement renflé est supporté par un arc très surbaissé et orné sur sa bordure de belles moulures du XIIIe siècle.

D'autre part, M. l'abbé De Cagny (4), nous apprend qu'on voit dans la collection du propriétaire (M. Moillet) un bas-relief en chêne provenant du Temple du Catelet, près Péronne. Il représente une descente de croix composée d'un groupe de 8 personnages, dont la raideur et la simplicité d'exécution rappellent suffisamment une oeuvre du moyen âge.

D'après la tradition, il y aurait eu une maison du Temple à Etricourt (5), au nord de Péronne, et l'église Saint-Michel de ce village serait un reste de la Commanderie.

Plus près de Péronne, au nord du village de Rancourt (6), l'on verrait aussi les vestiges d'un ancien établissement, que la tradition attribue aux Templiers.
(1) A. N. — S. 5147 B. nº 34. — Ed. Mannier, p. 563.
(2) Histoire du Chapitre royal de Saint-Fursy de Péronne. — Péronne, Trépant, 1874, gr. in-8º p. 161.
(3) Ibid. p. 160.
(4) Histoire de l'arrondissement de Péronne. T. I p. 207.
(5) Etricourt. Somme, arr. de Péronne, cant de Combles.
(6) Rancourt. Somme, arr. de Péronne, cant de Combles.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple du Catelet (1)
Diocèse de Noyon. Baillie de Vermandois.

Ce fut la maison du Temple la plus considérable dans cette partie du Vermandois. Elle fut fondée très certainement au XIIe siècle, grâce aux libéralités des sires de Montécourt (2).

Cependant les documents font défaut sur son origine. Un acte émané de Philippe-Auguste, à la requête de ses bourgeois de Péronne (1217), nous apprend que les Templiers avaient pris possession de pâtures situées près du Catelet et les avaient entourées de fossés, bien que les bourgeois de Péronne en eussent la saisine depuis longtemps. C'est pourquoi, le roi manda à ses amés le maître du Temple et le frère Aimard, qu'ils eussent à détruire les fossés et à remettre les bourgeois de Péronne en bonne saisine (3) comme jadis.

Mais la discorde ne tarda pas à se mettre de la partie, et il fallut encore l'intervention du roi (1218) pour confirmer l'accord survenu entre les Templiers et les bourgeois de Péronne. C'était au sujet de marais, sis entre Cartigny et Doingt (4). Ils avaient été donnés jadis par Simon de Montécourt, aux Templiers qui les avaient transformés en prés, contre l'assentiment des bourgeois de Péronne. Il fut convenu alors que le Temple continuerait à faire des prés, selon qu'il le jugerait utile, mais que les animaux du pays pourraient paître librement dans ces prés, une fois par an, après la coupe du foin (5).

Au mois de février de l'année 1224, dans la maison même du Catelet, un chevalier, Raoul de Brocourt, rendit l'hommage aux Templiers, pour 80 « moiées » d'une terre sise aux alentours de sa maison de « Saint-Prul », et s'engagea à payer 5 sous de parisis d'amende, toutes les fois qu'il manquerait de comparaître à la citation des frères du Temple (6).

Un autre vassal du Temple, Jean de Cartigny, chevalier, fit don à la Commanderie, en octobre 1245 d'une masure à Cartigny, avec tous ses droits. Il tenait cette maison en fief, du Temple (7).

C'est là tout ce que nous avons trouvé sur cette maison du Temple ; nous savons cependant qu'elle existait encore à la fin du XIIIe siècle, et nous avons mentionné plus haut Jean de Maimbressy, comme précepteur du Catelet en 1291 (8). Le procès des Templiers nous apprend que cette maison avait une chapelle, mais il ne nous dit pas le nom de son dernier précepteur.

Un frère sergent du Temple, Etienne de Domont, qui avait encore l'habit de l'ordre et la barbe, bien qu'il se fût écoulé déjà plus de trois années depuis l'arrestation mémorable, déclarait en 1311 avoir été reçu en l'année 1281 ou environ, par Jean de Maimbressy, chevalier, précepteur du Vermandois, dans la chapelle du Temple du Catelet, et en présence du frère sergent, Guérin de Grandvilliers, qui fut plus tard précepteur du Ponthieu (9).

Un autre sergent du Temple fut reçu vers l'an 1300 dans cette même maison par Guérin de Grandvilliers, en présence d'un frère Pierre, berger. Dans sa déposition, il est question d'une grange, de la maison du Temple (10).

Le domaine du Catelet échut en 1311 aux Hospitaliers d'Eterpigny (11) ; mais les guerres qui ne cessèrent de désoler notre malheureux pays depuis le XIVe siècle et qui éprouvèrent tant la Picardie, eurent bon marché des anciennes commanderies du Temple.

La visite prieurale de 1495 (12), nous apprend que la chapelle de la maison avait été ruinée par les guerres du siècle, attendu que « pendant icelles guerres, l'on se mettait au fort et à sûreté en la dite chapelle ». Sans doute, l'antique maison du Temple était-elle aussi ruinée que la chapelle.

Cependant l'abbé De Cagny (13), dit que les débris de cette Commanderie existaient encore au milieu du siècle dernier. Dévastée au XVe siècle, elle le fut de nouveau au XVIe, lors du siège de Péronne en 1536, et saccagée encore une fois, un siècle plus tard par les troupes espagnoles.

D'après E. Mannier (14), le domaine du Catelet se composait, sous les Hospitaliers, d'environ 500 journaux de terre arable, 20 journaux de bois, et 52 de prés.

Précepteur du Catelet (15).
En 1291. — Jean de Maimbressy, chevalier.
(1) Le Catelet. com. de Cartigny, Somme arr. et cant de Péronne.
(2) Montécourt. com. de Monchy-l'Agache, Somme, arr. de Péronne, cant de Ham.
(3) Pièce justificative nº 50.
(4) Doingt. Somme, arr. et cant de Péronne.
(5) A. N. — S. 5222. nº 14 original — Publié par l'abbé De Cagny (Histoire de l'arrondissement de Péronne. T. I. p, 208) d'après un original conservé aux archives de l'Hôtel-de-Ville de Péronne. — Dom Grenier, collection Moreau. T. 124 fº 197.
(6) Pièce justificative, nº 51.
(7) Pièce justificative, nº 52.
(8) Pièce justificative, nº 49.
(9) Procès des Templiers. Tome I, p. 556.
(10) Procès des Templiers. Tome II, p. 119.
(11) Eterpigny. Somme, arr. et cant de Péronne.
(12) E. Mannier. Les Commanderies du grand prieuré de France, p. 565. — D'après le registre S. 5558, fº 26. vº et fº 27, la chapelle alors dédiée à saint-Jean venait d'être recouverte à neuf, par les soins du commandeur qui avait aussi fait refaire les vitraux. Quant à la maison qu'habitaient jadis les frères du Temple, il n'y en avait plus trace.
(13) De Cagny, T. I. p. 206.
(14) E. Mannier, p. 565.
(15) Le frère Aimard, cité plus haut dans un acte daté de 1217, était peut-être précepteur de cette maison ?

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de Montécourt (1)
Diocèse de Noyon. Baillie de Vermandois.

Le procès des Templiers fait mention d'une maison du Temple à Montécourt. Cette commanderie fut même d'une certaine importance. Nous avons aux Archives nationales quelques actes qui se rapportent, selon toute vraisemblance, à cette Maison.

Montécourt peut être compté au nombre des plus anciennes possessions du Temple ; son origine paraît remonter au milieu du XIIe siècle.

En effet, une bulle du pape Eugène III, datée du 11 novembre, 1150 ou 1151, confirme la donation faite aux Templiers (de Vermandois), par feu noble homme Simon, de tout ce qu'il possédait à Montécourt (maison, vigne, moulin, prés, hôtes, cens etc.), d'une maison à Ham (2), et de tout ce qu'il tenait en fief d'Eudes de Ham (3).

Cette pieuse donation fut confirmée par le roi Louis VII, en 1155 (4).

Un acte émané d'A., de Coulours (5), précepteur du Temple en France, c'est-à-dire dans la province de France, mais qui ne se rapporte qu'indirectement aux Templiers, nous apprend que Monchy faisait partie du fief des Templiers (janvier 1220-1221). (6)

En 1227 Eudes de Coudun, chevalier, vendait aux Templiers dix journaux de prés, sis sous sa tour de Monchy. Il est vrai d'ajouter que sur ces 10 journaux, il avait distrait 35 verges qu'il avait données, dans une pieuse intention, aux mêmes frères du Temple (7).

Cette même année, Gilles de « Marchars » avait vendu au Temple sa dîme de Tertry (8).

Les Templiers de Montécourt avaient en outre des biens à Quivières (9), comme le constate un accord survenu en mars 1250 entre Daniel, recteur des maisons du Temple en Vermandois et Marie de Moy (10), fille d'Eudes de Ham cité précédemment, accord par lequel la noble dame reconnaissait n'avoir aucun droit au revenu dit « sommage » (11), qu'elle prétendait avoir sur deux hostises à Quivières, et que Jean et Eudes du Four tenaient du Temple (12).

Nous compléterons ces quelques renseignements, à l'aide du Procès des Templiers. Et d'abord, cette maison du Temple avait sa chapelle, comme la plupart des commanderies.

Il se peut que Montécourt ait été chef de baillie, le précepteur de cette baillie étant d'ailleurs soumis à celui du Vermandois. En effet un Templier, frère Albert de « Rumercourt » prêtre, dit dans sa déposition avoir été reçu en 1305 à Montécourt, par le frère Gilles de Chivres, chevalier, sur l'ordre d'un autre chevalier du Temple, Robert de Sarnois (13), précepteur de la baillie de Montécourt (14). Le même avait assisté à une réception faite par le précepteur de la baillie de Vermandois, Eudes, c'est-à-dire entre 1305 et le mois d'octobre 1307.

Un autre Templier, Pierre de Grez, frère sergent, avait été reçu en 1304 environ dans la chapelle de la maison, par Guérin de Grandvilliers, précepteur du Ponthieu, en présence de Robert de Sarnois, précepteur de Montécourt (15). Robert était-il simplement précepteur de cette commanderie, ou bien était-il précepteur de la baillie du même nom ? Nous l'ignorons.

A la même époque, le sénéchal de la maison était Jean de Pont-l'Evêque (16), qui n'était dans l'Ordre que depuis l'année 1301 (17).

Enfin, un certain Pierre de Bouillancourt, frère sergent du Temple, successivement claviger des maisons du Temple d'Aimont et du Bois près Libermont (18), avait été reçu dans la chapelle de Montécourt, par le frère Robert de Beauvais, prêtre, précepteur du Ponthieu, en 1305 environ (19).

La Commanderie de Montécourt étant déjà en ruines au XVe siècle, il n'est pas étonnant qu'il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui. Il est dit en effet dans le rapport d'une visite prieurale faite en 1495 sous les Hospitaliers (20), qu'il y a à Montécourt : « une chapelle fondée de Saint-Jehan-du-Temple, chargée de 3 messes la semaine ; et une grande maison fort ancienne et desmyte par les guerres, tant des Angloys comme de Mgr de Bourgogne. »

Cependant l'abbé De Cagny dit qu'il y a 26 ans (2l), on voyait encore des restes de la maison et surtout une grande et belle église. C'était un monument d'architecture ogivale, en beau grès. La tour du clocher n'avait été conservée qu'à la hauteur du bâtiment et renfermait un escalier assez remarquable ; il y avait aussi des souterrains considérables. Le même auteur (22) nous apprend que cette maison avait plus de 100 journaux de terre (ce qui doit être bien au-dessous de la vérité) (23), et que l'habitation s'étendait du haut de la côte, jusqu'aux bords de la rivière l'Omignon. Même, elle aurait communiqué par une chaussée solide avec le château de Monchy, qui s'élevait de l'autre côté de l'Omignon (24).

Précepteur de Montécourt.
En 1304-1305. — Robert de Sarnois, chevalier.

Sénéchal de la maison.
Entre 1301 et octobre 1307. — Jean de Pont-l'Evêque.

Prêtre de la maison.
Vers 1304. — Herbert (25).
(1) Montécourt. Somme, arr. de Péronne, cant de Ham, com. de Monchy-l'Agache.
(2) Ham. Somme, arr. de Péronne, chef-lieu de canton.
(3) Pièce justificative, nº 53.
(4) A. N. — K. 23 nº 23-13. — Monuments historiques. Cartons des rois, publiés par J. Tardif, nº 543. L'acte daté de Paris, 1155, est transcrit en entier.
(5) Coulours. Yonne, arr. de Joigny, cant de Cerisiers.
(6) Pièce justificative, nº 54.
(7) Pièce justificative, nº 55.
(8) Tertry. Somme, arr. de Péronne, cant de Ham. Pièce justificative, nº 56.
(9) Quivières. Somme, arr. de Péronne, cant de Ham.
(10) Sans doute Moy (Aisne), arr. de Saint-Quentin, chef-lieu de canton.
(11) Il y a dans le texte « sompgnia ».
(12) Pièce justificative, nº 57.
(13) Sarnois. Oise, arr. de Beauvais, cant de Grandvilliers.
(14) Procès des Templiers. T. II, p. 407.
(15) Procès des Templiers. T. II, p. 262. Le texte porte « Montesart », au diocèse de Noyon ; c'est certainement une mauvaise lecture, pour « Montescurt » d'où « Montécourt ».
(16) Pont-l'Evêque. Oise, arr. de Compiègne, cant de Noyon.
(17) Procès des Templiers, T. II, p. 378.
(18) Commanderie du Bois près Libermont. Oise, arr. de Compiègne, cant de Guiscard.
(19) Procès des Templiers. T. I, p. 371. Il y a dans le texte « Montcucourt », au diocèse de Noyon ; c'est une mauvaise lecture pour Montécourt.
(20) A. N. — S. 5558 au fº 26, vº. — E. Mannier, — Les Commanderies du grand prieuré de France, p. 565. — La chapelle avait souffert comme le reste de la Commanderie, mais on l'avait réparée.
Etait-elle dédiée à Saint-Jean, sous les Templiers ? Il est difficile de le savoir.
(21) Histoire de l'arr. de Péronne, par l'abbé De Cagny. T. II, p. 360.
(22) Ibid. T. II, p. 358.
(23) Il y avait un moulin (bail du 19 sept. 1462. De Cagny, t. II, p. 359).
(24) Cette maison de Montécourt fut louée par les Hospitaliers dès le XIVe siècle ; ainsi nous voyons dans un bail du 14 décembre 1389 que ceux-ci avaient affermé « le maison, pourpris et appartenances de Montescourt. » A. N. — S. 5222, nº 11.
(25) Procès des Templiers. T. I, p. 262.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Biens du Temple à Saint-Quentin
Maison de Rocourt (1)

Colliette (2) dit qu'il y eut des Templiers à Saint-Quentin dès le milieu du XIIe siècle. Rien ne s'oppose même à ce qu'ils aient eu une habitation en cette ville, avant cette date.

D'autre part, nous lisons dans une histoire plus récente (3), que les frères du Temple eurent non seulement des maisons à Saint-Quentin, mais encore une maison particulière appelée le Temple, qui devint plus tard la maison de la Monnaie. Au XIVe siècle, le Temple devint la propriété des Hospitaliers ; mais cet hôtel qui était « tant en situation comme en fourme, et forte matière de édifices de pierre et autres choses » n'avait pas tardé à être transformé en hôtel des Monnaies (4), les Hospitaliers ayant été expropriés.

Quoiqu'il en soit, les Templiers avaient eu une maison, un hôtel à Saint-Quentin. Là logeaient sans doute le précepteur du Vermandois, et un certain nombre de frères, les uns caissiers, d'autres, plus ou moins clercs et chargés de rédiger les actes concernant l'Ordre, d'autres encore, ayant pour mission de veiller à l'exécution de toutes les conventions passées entre des particuliers et le Temple. Ils figuraient comme témoins et leurs noms étaient consignés dans les actes ; il y en avait aussi qui devaient remplir telle ou telle prébende canoniale, donnée au Temple.

Nous avons dit déjà que Philippe-Auguste avait donné aux Templiers, une prébende en la collégiale de Saint-Quentin (5) ; d'après Héméré (6), cette prébende aurait été tenue par les frères du Temple, Gavenne (7), Aimard (8) qui vivait encore en 1238, Raoul et Jean clerc d'Aimard. On lisait même, dans l'Obituaire de l'église, à la date du 15 janvier 12... « obiit frater Aimardus, de templo, pro cujus anima Joannes, de templo, clericus suus et concanonicus noster, dedit nobis unum modium frumenti... » Ces frères du Temple faisant fonction de chanoines, avaient séance au choeur, et étaient obligés de chanter, à leur tour, quelques antiennes et répons. Ils n'étaient pas forcément prêtres.

Nous ne sommes guère renseignés sur les faits et gestes des Templiers dans cette partie du Vermandois.

En 1234, G....., précepteur de la baillie de Vermandois, avait vendu au Chapitre de Saint-Quentin, tous les droits qu'avait le Temple sur la mairie de Fonsomme (9) et sur ses dépendances.

Les biens que possédaient les Templiers en cet endroit leur venaient d'une dame du nom de Marie, converse du Temple et soeur de Simon, chevalier, maire de cette petite ville. Dans la vente, étaient compris aussi un moulin et un vivier à « Vilechole », ainsi qu'une terre ; toutes ces choses provenant d'ailleurs d'achats antérieurs (10).

Dix ans plus tard (1245), les Templiers se seraient engagés à ne pas acheter de terres dans le domaine et détroit du Chapitre de Saint-Quentin, sans son consentement (11).

Mais voici une transaction beaucoup plus importante : par un acte donné au Temple, à Paris, le 10 juillet 1302, le précepteur du Vermandois était autorisé à affermer une maison du Temple, la maison de Rocourt, avec toutes ses dépendances (près, eaux, pêcheries, revenus et issues de tous genres), au monastère de Saint-Quentin-en-l'Ile (12), qui devait payer chaque année, et livrer en la maison du Temple de Saint-Quentin, 48 muids de grain et 4 charrettes de paille. Ce couvent abandonnait aux Templiers la partie de la dîme de Tertry (13) qu'il percevait, ainsi que le patronage et la collation de la cure, moyennant 30 livres de rente. Il était stipulé en outre, que si les moines de Saint-Quentin-en-l'Ile avaient à payer certaines redevances que devait la maison de Rocourt, ils percevraient en revanche les revenus et cens dûs à cette maison.

De plus l'abbé de Saint-Prix (14) devait jouir à l'avenir, sans aucune redevance, du four qui était situé devant la maison de Rocourt et pour lequel il avait payé jusque là 60 sous de rente (15).

Il y avait à Saint-Quentin un four, dit le four du Temple, sans doute à cause de sa proximité de la maison des Templiers, car il n'a jamais appartenu à ces derniers. Une lettre de Philippe le Bel, du 8 mai 1304, nous apprend en effet que la possession de ce four était revendiquée par la commune de Saint-Quentin d'une part, et de l'autre par le Chapitre (16).

Héméré dit encore que la maison du Temple de Saint-Quentin, devait une redevance de 8 deniers et 2 chapons au Chapitre de la Collégiale, sans compter 6 deniers et 2 chapons que les Templiers payaient pour leur hôtel.
(1) Rocourt, aujourd'hui faubourg de Saint-Quentin.
(2) Colliette. T. II. Livre XI.
(3) Extraits d'un ms. de Quentin de la Fons ou histoire de Saint-Quentin, publiée par Ch. Gomart. — T. II, p. 264.
(4) A. N. S.5222, nº 6, analysé dans H. Cocheris.Notices et extraits de documents mss., relatifs à la Picardie et conservés à Paris. T. II, p. 58.
(5) Pièce justificative, nº 48.
(6) Héméré : Augusta Viromanduorum, p. 190.
(7) Le premier de ces chanoines du Temple paraît avoir été le frère Guérin, mort vers 1203 (Héméré, p. 189).
(8) Serait-ce le frère Aimard dont il a été question précédemment et qui était peut-être précepteur du Catelet en 1217 ?
(9) Fonsomme. Aisne, arr. et cant de Saint-Quentin ; c'est en ce lieu que la Somme prend sa source.
(10) Pièce justificative, nº 58.
(11) Héméré. — « Augusta Viromanduorum », p. 230 ; pièce justificative, nº 61.
(12) Le monastère de Saint-Quentin-en-l'Ile est aujourd'hui situé dans la ville de Saint-Quentin, de même que Rocourt en est un faubourg.
(13) Nous avons dit déjà, à propos de la maison de Montécourt, que les Templiers en percevaient une partie.
(14) Abbaye près Saint-Quentin.
(15) Pièce justificative, nº 59. — E. Mannier : Commanderies du grand prieuré de France, p. 568.
(16) Héméré : « Augusta Viromanduorum », p. 190. — Preuves, p. 56, « charta ejusd. Ecclesisae ».

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Biens du Temple à Fléchin (1)
Les Templiers ont possédé une maison dans le petit village de Fléchin, ainsi que des terres sur le territoire de ce village, et sur celui d'autres villages voisins. Mais il n'y a pas eu de commanderies du Temple en cet endroit.

Les possessions du Temple, à Fléchin, paraissent remonter au milieu du XIIIe siècle ; ainsi, en 1240 il y eut échange entre le maire de Vermand (2) et les Templiers, de 18 sisterées de terre, en plusieurs pièces, dont un peu moins d'une demi-muiée à Fléchin, contre 18 sisterées que le Temple possédait sur le territoire de Vermand, dans le détroit du Chapitre de Saint-Quentin (3).

Mais, outre cela, les Templiers eurent une maison à Fléchin, dès avant le mois de décembre 1245, et des terres aux alentours. Ces terres se trouvaient même être comprises dans le domaine du Chapitre de Saint-Quentin et dans celui de la mairie de Vermand. Or le Temple avait eu le tort d'acquérir ces pièces de terre, contre l'assentiment du Chapitre, acquisition d'autant plus inopportune que, si l'on s'en souvient, la question des annates des prébendes avait depuis longtemps brouillé templiers et chanoines. Dans ces achats, figuraient environ 5 sisterées de terre qui devaient le quart de la récolte, et qui se trouvaient situées derrière la maison du Temple à Fléchin ; plusieurs sisterées du côté de Soyécourt (4), à Bernes (5) près de l'église, sur le chemin de Vendelles (6) à Montigny, cinq autres et 5 muiées en un champ, à la petite combe de Fléchin, et d'autres encore dans les lieux dits Monceaux, Fraisne, le courtil Maquefer etc. Toutes ces terres ayant été acquises, comme nous l'avons dit, contre le gré du Chapitre, celui-ci les avait fait saisir, jusqu'à complet accord (décembre 1245) (7). Il fut donc convenu que les Templiers paieraient à l'avenir au Chapitre, un cens annuel de 4 muids et un setier de froment pour la maison de Fléchin, indépendamment des 33 rasaux d'avoine et des 6 sous 4 deniers et une obole parisis, qui devaient être payés au Chapitre pour chaque année précédant l'accord. Ces mêmes religieux seraient tenus pour les terres à une redevance annuelle de 7 muids de froment, livrables à Saint-Quentin. Quant aux droits de justice haute et basse sur le territoire en question, le Chapitre se les réservait. Les frères du Temple ayant égard aux concessions du Chapitre, lui payèrent en outre 100 livres parisis, afin de confirmer l'accord qui venait d'avoir lieu. Après la chute des Templiers Fléchin passa aux Hospitaliers (8).
(1) Fléchin. Somme, arr. de Péronne, cant de Roisel, sur les confins des départements, de la Somme et de l'Aisne.
(2) Vermand. Aisne, arr. de Saint-Quentin, chef-lieu de canton.
(3) Pièce justificative, nº 60.
(4) Soyécourt. Commune de Vermand, Aisne, arr. de Saint-Quentin.
(5) Bernes. Somme, arr. de Péronne, cant de Roisel.
(6) Vendelles. Aisne, canton de Vermand.
(7) Pièce justificative, nº 61.
(8) A. N.-S. 5558, fº 28.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Séry. — Jussy. — Maurepas
D'après Melleville (1), il y aurait eu une commanderie à Séry-lès-Mézières (2). Cette supposition est-elle fondée ? Nous ne saurions nous prononcer.

L'existence de la maison de Jussy (3) reposerait sur quelque chose de plus précis : il est en effet question, dans un arrêt du Parlement (novembre 1262), d'un différend entre le précepteur de la maison du Temple de Jussy et Jean des Roches, écuyer. Or cette maison pourrait bien être celle que nous indiquons, l'enquête ayant été faite par le bailli de Vermandois (4). La tradition veut aussi qu'il y ait eu une maison du Temple à Maurepas, près de Cugny (5), non loin de Ham.

Dans un fragment de journal du trésor du Temple (6), nous avons trouvé plusieurs mentions relatives à une maison du Temple, dite de Maurepas. Est-ce bien celle que nous avons désignée ?
Quoi qu'il en soit, nous voyons que le 9 août 1295, 42 livres étaient inscrites au nom du précepteur de Maurepas, sur le registre « inparvo libro novo » (7), et 60 sous, sur un autre registre « in parvo libro veteri ».

Le 20 octobre de la même année, nouvelle inscription de 12 livres au nom du même précepteur, mais pour le compte d'un tiers, sans doute un tenancier du Temple (8). Un peu plus tard, 48 livres d'une part et 4 livres de l'autre (7 décembre 1295) sont inscrites, comme les précédentes, sur le registre « in parvo libro novo » (9).

En 1295, le 25 février, 30 livres sont encore inscrites au compte de la maison et sur le même registre, pour des bois qui avaient été vendus par le précepteur (10).

Les 10 livres versées le 28 mai de la même année, au compte du précepteur, avaient été inscrites sur un autre registre « in parvo libro veteri » ; enfin 50 livres étaient inscrites au nom de cette maison de Maurepas, le 4 juillet 1296 (11).

Nous ajouterons qu'il reste encore quelques vestiges de cette maison du Temple, aujourd'hui une ferme (12).
(1) Melleville. Dictionnaire de l'Aisne, 1865, p. 366.
(2) Séry. Aisne, arr. de Saint-Quentin, cant de Ribemont.
(3) Jussy. Aisne, arr. de Saint-Quentin, cant de Saint-Simon.
(4) Documents inédits. Les Olim, par le Comte Beugnot. T. I, p. 538, no VI.
(5) Cugny. Aisne, arr. de Saint-Quentin, cant de Saint-Simon.
(6) Publié par M. Léopold Delisle, dans son Mémoire sur les opérations financières des Templiers. (Mémoires de l'Institut, 2e partie du tome XXXIII, 1889.)
(7) Ibid., P. 181 du Mémoire.
(8) Ibid, p. 184.
(9) Ibid, p. 186 et p. 192.
(10) Ibid, p. 201.
(11) Mémoire sur les opérations financières des Templiers. P. 206 et 210.
(12) Guide Joanne. — Le Nord. — Hachette, 1869, p. 243.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Nesle (1)
Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que les Templiers aient eu quelque habitation en la ville de Nesle. L'abbé De Cagny (2), après Colliette, désigne la paroisse de Saint-Léonard de Nesle et Morlemont (3), comme ayant appartenu au Temple ; l'église serait un reste de la chapelle du Temple.

Le même auteur ajoute que, selon toute vraisemblance, les seigneurs de Nesle avaient fondé près de leur ville, deux postes de Templiers, l'un au lieu dit « Frémont », l'autre au midi, au « château Boisset ».
(1) Nesle. Somme, arr. de Péronne, chef-lieu de canton.
(2) De Cagny. Arrondissement de Péronne. Tome II, p. 425.
(3) Morlemont. Somme, arr. de Péronne, cant de Nesle. — Ce village se trouve aux portes de Nesle.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Possessions du Temple à Voyennes (1)
Nous sommes mieux renseignés sur les droits que pouvaient avoir les Templiers à Voyennes.

En 1182 le Chapitre de Noyon avait acensé à Nivelon de Montdidier, maître du Temple dans le diocèse de Noyon, (il n'y avait pas encore de baillie de Vermandois), ses moulin, chaussée et pêcheries de Voyennes, moyennant dix muids de froment et 10 sols de monnaie de Vermandois (2). Les frères du Temple s'engageaient à payer le cens convenu, à Noyon, le transport du grain étant à leur charge, et à souffrir le libre passage sur la chaussée des chevaux, des voitures à deux et quatre chevaux et autres véhicules du Chapitre. Quant aux chanoines, ils devaient veiller à ce que leurs hommes allassent au moulin des Templiers et non à un autre (3). Voyennes.

Comme à Voyennes se trouvait un des plus anciens passages de la Somme, la défense en avait été confiée à un poste de Templiers (4). Cette hypothèse de M. l'abbé De Cagny est rendue vraisemblable par ce fait, que vers le milieu du XIIIe siècle, un frère du Temple, Jean de Tracy, en avait la garde. Nous savons en effet que Jean de Tracy, sur l'invitation de Simon de Clermont, seigneur de Nesle, et du frère Daniel (recteur) du Temple en Vermandois, s'engagea à observer les droits du Chapitre sur la chaussée de Voyennes, chaussée dont la garde lui avait été confiée par le seigneur de Nesle (5). Voyennes.

Il est probable que les seigneurs de Nesle, n'avaient favorisé la création d'une maison du Temple en cet endroit, qu'à la condition expresse que les Templiers défendraient cet important passage. Voyennes.

D'après l'abbé De Cagny (6), l'établissement des Templiers s'élevait sur la rive gauche de la Somme, au lieu dit « Courtemanche » ; cette partie sud de Voyennes est même encore appelée le quartier du Temple. En 1311, ces biens passèrent aux Hospipitaliers d'Eterpigny (7). Comme ces derniers avaient le patronage de la cure, M. De Cagny pense, avec raison que les Templiers l'avaient eu, avant eux. Voyennes.

Quant à Courtemanche ou Courdemanche, il en est fait encore mention dans le rapport d'une visite prieurale faite en 1495 par les Hospitaliers (8) : « Courdemanche, où souloit avoir grans maisonnemens de maison et granges, que feist bruller feu monseig. le connestable de Saint-Pol ou temps des guerres ». Voyennes.
(1) Voyennes. Somme, arr. de Péronne, cant de Nesle.
(2) Inventaire sommaire des archives départementales, Oise. Archives ecclésiastiques, série G., T. I, p. 305.
(3) D'après le cartulaire du Chapitre de Noyon, publié dans l'inventaire sommaire des Archives de l'Oise. Archives ecclésiastiques. Série G., T. I, p. 379.
(4) Histoire de l'arrondissement de Péronne, par l'abbé De Cagny. Tome II, p. 657.
(5) Inventaire sommaire des Archives de l'Oise, etc. T. I, p. 379. Acte non daté, sans doute du milieu du XIIIe siècle, Daniel étant recteur du Temple en Vermandois en 1250. (Pièce justificative nº 57.)
(6) Op. cit., tome II, p. 657, 658.
(7) Eterpigny. Maison d'Hospitaliers. Somme, arr. et cant de Péronne.
(8) Registre du XVe siècle aux Arch. Nat. — « Courdemanche, curtis dominica », com. de Voyennes.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de Fontaine-sous-Montdidier (1)
Diocèse d'Amiens. Baillie de Vermandois

La maison de Fontaine eut, au moins dans les derniers temps, deux annexes la : maison de Rocquencourt (2) et la maison ou plutôt la ferme de Belle-Assise (3), sans compter une maison à Montdidier. Peut-être même donna-t-elle son nom à l'une de ces petites baillies du Temple que nous croyons avoir existé ; la maison du Temple du Gallet (4), aurait fait partie de cette petite baillie, ainsi que la maison du Temple d'Esquennoy (5).

Tous les auteurs anciens qui se sont occupés de cette partie de la Picardie, ont attribué la fondation de la maison du Temple de Fontaine, à l'origine même de l'Ordre. M. Mannier dit aussi (6), que Payen de Montdidier, l'un des fondateurs, aurait, peu de temps après le concile de Troyes (1128), donné tous ses biens à l'Ordre, et entre autres, la terre de Fontaine. C'est bien possible, mais il n'en existe aucune preuve. Tout ce que nous savons, c'est qu'en 1130 Nivard, surnommé Payen de Montdidier, était chargé des intérêts du nouvel Ordre, dans le diocèse de Noyon (7).

Quelle que soit l'ancienneté de la maison de Fontaine, nous ignorons ce qui en advint, jusqu'à une époque assez avancée du XIIIe siècle. Un acte daté de 1238 nous apprend cependant que Jean de Rogy, dit Le Vavasseur, renonça, moyennant dix livres parisis à lui payées par les Templiers de Fontaine, au muid de froment qu'il percevait chaque année en la grange du Gallet, et qui appartenait aux frères du Temple (8). Cinquante ans plus tard (1288), le prieur de Notre-Dame de Montdidier cédait à la maison du Temple en question, le quart des dîmes de la paroisse de « Dialeto » (9) moyennant une redevance annuelle de 18 mines de blé (10).

D'après le journal des recettes et dépenses faites par Philippe le Bel dans le Vermandois en 1294, nous voyons que ce roi voulut bien étendre ses largesses au précepteur de Fontaine : « au maître et aux frères de la milice du Temple de Fontaines jouxte Montdidier, 24 livres de parisis (11) ». Le précepteur de Fontaine était peut-être Jean de Tour, qui était certainement maître de la maison en 1297 et qui fut depuis trésorier du Temple à Paris (12).

Nous savons aussi que Gérard de Songeons (13) était vers 1299 précepteur en second de la Commanderie ; ce qui s'appelait : « custos domus », « vicarius preceptoris », « locum tenens preceptoris (14) ». A cette même époque il y avait comme prêtre de l'Ordre à Fontaine, Gui de Ferrière. Un autre frère du Temple, Pierre de « Conders » chevalier, qui était précepteur d'une maison au diocèse de Limoges, avant le mois d'octobre 1307, avait été reçu par Geoffroy de Vichier, visiteur [de la province] de France, vers 1293 en présence de Pierre de Tour, précepteur d'une des baillies de France, et dans la maison de Fontaine en Picardie (le texte porte le mot Picardie) (15).

Quels étaient les revenus de la maison du Temple de Fontaine, au temps des Templiers ? Nous l'ignorons. Nous savons seulement que le 15 février 1296, 154 livres étaient inscrites au Temple de Paris, au nom du précepteur de Fontaine, sur le registre « In parvis fratrum (16) » ; que le 1er juillet de la même année, 312 livres étaient portées au compte du même précepteur, sur le registre « In magnis fratrum » et trois jours après, 150 livres (17).

Après la chute des Templiers, la maison de Fontaine devint une commanderie de l'Hôpital.

Cette maison à la fin du XIVe siècle comprenait les maisons de Rocquencourt et de Belle-Assise. On sait que la maison de Rocquencourt (18) avait une chapelle, car un bail conclu en 1397 fait mention de cette chapelle.

D'après le Livre vert (19), les terres de la maison de Fontaine rapportaient 45 muids de grain, soit 45 livres ; les cens, rentes, menues dîmes montaient à 65 livres. Il y avait en outre 20 journaux de prés rapportant 12 livres, 15 journaux de vignes, les dîmes du village etc. La maison de Rocquencourt rapportait autant que celle de Fontaine, 45 muids ; la censé de Belle-Assise n'en rapportait que 24 ; chacune de ces maisons avait un bois.

Mais la maison de Fontaine n'avait pas seulement des revenus, elle était grevée de certaines charges ; elle devait de menues rentes au seigneur de Courtemanche (20), au curé de Fontaine, au maître de l'Hôtel-Dieu de Montdidier, au prieur de Montdidier, etc. Sans doute cette commanderie avait-elle une maison à Montdidier et des terrains, dépendant soit de l'Hôtel-Dieu, soit du prieur. En effet il y avait encore au dernier siècle, parmi les rues de cette ville, la rue de la Commanderie et une rue du Temple (21). Le droit de tonlieu que la commanderie avait dans Montdidier aurait été racheté en 1267 moyennant 100 sols parisis de cens.

A la fin du XVe siècle les bâtiments de la commanderie de Fontaine et la chapelle étaient en ruines, les Anglais et le duc de Bourgogne, plus tard, ayant ravagé à diverses reprises la Picardie (22). Ajoutons qu'il y avait une maladrerie, à Fontaine, tout contre les terres du Temple (23).

Précepteur de Fontaine-sous-Montdidier.
Vers 1285 (24) — en 1297. — Jean de Tour.

Précepteur en second.
Vers 1299. — Gérard de Songeons.

Chapelains.
Vers 1285 (25). — Simon.
Vers 1299. — Gui de Ferrière.
(1) Fontaine-sous-Montdidier. Somme, arr. et cant de Montdidier.
(2) Rocquencourt. Oise, arr. de Clermont, cant de Breteuil.
(3) Belle-Assise. Somme, arr. et cant de Montdidier.
(4) Le Gallet. Oise, arr. de Clermont, cant de Crèvecoeur.
(5) Esquennoy. Oise, arr. de Clermont, cant de Breteuil.
(6) E. Mannier. Les commanderies du grand prieuré de France, p. 592.
(7) D'après une charte qui été publiée dans plusieurs ouvrages ; — dans J. Le Vasseur (Annates de l'église catholique de Noyon, T. III, p. 877). — Dans de Beauvillé (pièce justificative, 123). — Et dans l'Inventaire analytique du Chapitre cathédral de Noyon, par A. Rendu, d'après le cartulaire.
(8) Le Gallet (maison du Temple), Oise, arr. de Clermont, cant de Crèvecoeur.
(9) Ne serait-ce pas pour « Galeto », le Gallet, où il y eut une maison du Temple ?
(10) Bénéfices de l'Eglise d'Amiens par M. Darsy, tome I, p. 341, note 6, d'après les titres du prieuré de Montdidier aux Archives départementales de la Somme.
(11) V. de Beauvillé. — Recueil de documents inédits concernant la Picardie. — Paris, 1881-82, 3 vol. in-4º. T. III, p. 21.
(12) Procès des Templiers, T. II, p. 330. — M. Léopold Delisle, dans son Mémoire sur les opérations financières des Templiers, a établi (p. 68) que J. de Tour était de la paroisse de Tour, aujourd'hui Saint-Prix, canton de Montmorency (Seine-et-Oise).
(13) Songeons. Oise, arr. de Beauvais, chef-lieu de canton.
(14) Procès des Templiers, T. II, p. 413.
(15) K, Schottmuller. — Untergang des Tempel-Ordens. T. II, p. 48 (Procès des Templiers).
(16) Mémoire sur les opérations financières des Templiers, par M. Léopold Delisle, p. 200. (Fragment du journal du trésor du Temple).
(17) Ibid., p. 208 et p. 210.
(18) Archives National MM. 31, fº 236. — Quant à Belle-Assise c'était plutôt une ferme « ung cense nommé Belle-Assise, ou a maison pour le fermier et granges. » (S. 5558, registre de l'an 1495, au fº 29 vº).
(19) Livre vert (1373) aux fº 13, vº et Vº 14.
(20) Courtemanche. Somme, arr. et canton de Montdidier.
(21) Histoire civile et ecclésiastique du doyenné de Montdidier, par le P. Daire. Amiens, 1762, in-12, p. 135 et 164.
(22) D'après la visite prieurale de 1495 (A. N. S.5558, fº 29, vº) Fontaine était encore habité par les Hospitaliers. Le commandeur avait dû réparer la chapelle, la recouvrir « adouber les verrines et réparer les murailles ».
(23) Archives National, S. 5221. A. Fragment d'une feuille arrachée d'un registre, de l'an 1330 environ.
(24) Procès des Templiers. T. II, p. 334.
(25) Procès des Templiers, T. I, p. 464.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de La Druelle (1) et domaine de Hainneville (2)
Diocèse d'Amiens. Baillie de Vermandois.

Que le Temple ait eu des terres à La Druelle, cela n'est pas douteux ; on peut même affirmer qu'il y a eu une commanderie du Temple en ce lieu, grâce à deux ou trois mentions relatives à La Druelle, contenues dans le procès des Templiers. En 1203 un croisé picard, Bernard de Moreuil (3), se trouvant à Antioche et à l'article de la mort, avait légué au Temple 20 muids de froment à la mesure de Montdidier, livrables en ses moulins de Picardie et à la seule fin d'être enseveli dans la maison du Temple d'Antioche, par les soins du grand précepteur de cette maison (4). Or nous pensons que ce fut la maison de La Druelle qui bénéficia de cette donation, en raison de la proximité de Moreuil et de La Druelle. Mais ce n'est bien entendu qu'une supposition. Puis, c'est en 1228, la femme de Roger le péager qui donne aux frères du Temple la dîme de Hainneville (5) ; dans ces actes comme dans les suivants, la maison du Temple n'est pas indiquée. La dîme de Jumel (6) leur fut donnée en 1245 par Pierre de Jumel, chevalier, à l'exception cependant de la dîme de la couture de Jumel, et de la part qui revenait au curé (7).

Cette même année 1245, Colard, maire de Jumel, avait vendu aux Templiers une vigne de la contenance de 2 journaux, en dehors de Jumel et du côté d'Oresmaux (8), pour 50 livres parisis. Mais Pierre de Jumel, que nous avons cité plus haut, ne renonçant nullement à ses droits sur cette vigne, les Templiers devaient lui payer chaque année, quatre sous parisis de cens (9).

Quatre ans plus tard (septembre 1249) le seigneur de Jumel fit don aux frères du Temple de ces 4 sous de cens, et d'un journal de terre labourable contre la vigne dont il a été fait mention. En outre, il donna aux religieux du Temple plein pouvoir d'élever des constructions sur cette terre qui se trouvait entre Jumel et Oresmaux, de les clôturer, de prendre leurs matériaux dans deux carrières voisines, de se servir de l'argilière de Jumel, du puits, du four, de la mare et du pressoir, sans aucuns frais.

Dans le cas où les Templiers viendraient à bâtir, dans la terre ou la vigne susdite, les hommes de Pierre de Jumel seraient tenus d'apporter à leurs frais, dans ces nouveaux bâtiments, la part de dîme due au Temple. En attendant les Templiers étaient libres de louer à Jumel, des maisons pour y mettre cette dîme ; enfin les bestiaux du Temple pouvaient paître sur tout le territoire de ce village, en toute liberté et sans redevance (10).

Nous avons dit plus haut que les Templiers avaient la dîme d'Hainneville ; sans doute le Temple eut une maison, en ce village, pour y mettre la dîme, et même quelques journaux de terre, mais il n'y eut pas de commanderie. Nous lisons d'ailleurs dans Mannier (11), qu'il ne dut jamais y avoir de chapelle à Hainneville ; pour ce qui est des bâtiments, ils étaient en ruine, dès le XVe siècle (12).

Au moment de l'arrestation des Templiers, Mathieu de la Table était précepteur en second de la maison de La Druelle (13).

Un autre frère du Temple, Michel de Flers, avait été reçu, vers l'an 1285, à La Druelle, sur l'ordre du frère Jean de Tour, trésorier du Temple à Paris, et auparavant précepteur de Fontaine (14).

Au XIVe siècle La Druelle dépendra des Hospitaliers d'Esquennoy (15).

D'après le Livre vert (16), le domaine de La Druelle se composait de 165 journaux de terre, sans compter 48 journaux dont la moitié en labourage, en la couture l'Abbé, et une quarantaine de journaux, vers le bois de Chirmont (17), dont une trentaine sans rapport. Puis il y avait les dîmes de Moreuil, de Sourdon (18), de Jumel, d'Ailly, les dîmes et terrages de Chirmont, des redevances en nature, à Flers (19), à Chirmont, à Ailly, dont le seigneur devait 26 setiers d'avoine, sur les moulins du seigneur du Chaussoy. La maison de Hainneville (20), était alors affermée pour 36 livres parisis. Mais la maison de La Druelle avait des charges, lesquelles dépassaient même les recettes.

Précepteur en second de La Druelle (21).
En 1307 et antè. Mathieu de la Table.
(1) La Druelle. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye, commune de Louvrechies.
(2) Hainneville. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye; commune de Chaussoy-Epagny.
(3) Moreuil. Somme, arr. de Montdidier, chef-lieu de canton
(4) Pièce justificative, nº 63.
(5) Pièce justificative, nº 64.
(6) Jumel. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye.
(7) Archives National, S. 5216, nº 8. Vidimus de l'Official de Paris du 19 juin 1499, et janvier 1244-1245.
(8) Oresmaux. Somme, arr. d'Amiens, canton de Conty.
(9) Archives National, S. 5216, nº 7, août 1245.
(10) Pièce justificative, nº 65.
(11) E. Mannier, p. 590.
(12) Archives National, S. 5558, fº 45 vº « au près du dit lieu (La Druelle) souloit avoir ung hospital (erreur) nommé Heinoville et y souloit avoir maison comme appert par les ruynes » (registre de 1495).
(13) Procès des Templiers. T. II, p. 380.
(14) Procès des Templiers. T. II, p. 334.
(15) Esquennoy. Oise, arr. de Clermont, canton de Breteuil.
(16) Ou Etat des Commanderies du grand prieuré de France en 1373, S.5543 au fº 12. (Arch. Nat.)
(17) Chirmont. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye.
(18) Sourdon. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye.
(19) Flers-sur-Noye. Somme, arr. de Montdidier, canton d'Ailly-sur-Noye.
(20) Livre vert, fº 13.
(21) A la fin du XVe siècle la chapelle du Temple de La Druelle subsistait seule, « chapelle fondée de Notre-Dame du Temple, laquelle d'ancienneté est bien édiffiée ». Mais il n'y avait plus ni habitation pour le commandeur ni maison pour le fermier. Archives National, S. 5558. fº 45 vº.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de Lihons (1)
Diocèse d'Amiens. Baillie de Vermandois.

Il est certain que les Templiers ont eu une maison à Lihons, non pas seulement une grange pour y mettre les redevances en nature, mais une maison d'une certaine importance.

En effet, dans un bail daté du 13 février 1368-69 (2), il est question de la maison et hôtel de Lihons, appelée la maison du Temple. Cent ans plus tard, cette maison était en ruines ; malgré cela, elle n'en fut pas moins donnée à bail, avec les terres et dîmes qui en dépendaient (3).

Nous pensons même que cet hôtel du Temple avait sa chapelle ; un certain Simon de Lihons, ayant été reçu frère du Temple, dans la chapelle de la maison (4).
(1) Lihons-en-Santerre. Somme, arr. de Péronne, canton de Chaulnes — « en l'évesché d'Amiens » S. 5558 (1495), fº 27.
(2) L'Abbé De Cagny, T. I. p. 651, — d'après l'inventaire des mss, relatifs à la Picardie de H. Cocheris.
(3) E. Mannier, p. 569 — bail du 14 juin 1468 — d'après Cocheris.
(4) Procès des Templiers. — T. I. p. 364.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple Le Bois près Libermont (1)
Baillie de Vermandois.

Dans le procès des Templiers, il est parlé en quatre ou cinq endroits, d'une maison du Temple « de Bosco, Bosci » qu'il n'est pas possible de confondre avec celle de Bois d'Ecu (2), « de Bosco scutorum ».

D'autre part E. Mannier (3) dit, sans plus de détails, qu'il y avait un établissement de Templiers au nord-est de Libermont ; et en effet, sur les cartes de Cassini et de l'Etat-Major, nous avons trouvé entre Fréniches (4) et Libermont, le bois de l'Hôpital. C'est là que se trouvait la Maison du Temple, ou maison du Bois, près Fréniches, comme il est dit, dans le procès des Templiers (5).

Après la chute du Temple la maison du Bois devint la ferme de l'Hôpital, et les Hospitaliers l'affermèrent (6).

Bien entendu, cette commanderie avait sa chapelle, et l'abbé De Cagny (7) dit qu'on voyait encore il y a un siècle, dans la ferme de l'Hôpital, une vaste et antique chapelle, dite de Sainte-Madeleine, dans laquelle les Hospitaliers faisaient acquitter deux messes par semaine. On pouvait même, y lire cette inscription tumulaire : « Cy gist Robert Vingnon de Gohyencourt (8), chevalier, quand estre frère du Temple, qui trespassa le 13 avril, l'an de l'incarnation mil trois cents sept. »

A quelle époque pouvait remonter la maison du Bois ?
Nous l'ignorons.
L'un des Templiers arrêtés en 1307, Raoul Moyset, qui se trouvait demeurer, avant son arrestation, en la maison du Catelet, avait été reçu dans la maison du Bois, vers l'an 1262, parle fr. Daniel Briton (Breton), prêtre de l'Ordre (9).

Un autre Raoul, de Grandvilliers, frère sergent avait été reçu en cette même maison, par Guérin de Grandvilliers, précepteur de Vermandois, en présence de Pierre, précepteur du Bois, au mois de Septembre de l'année 1297 ou environ (10).

Bertrand de Sommereux, fut reçu frère du Temple dans la chapelle de la maison du Bois, le jour des Rameaux de l'année 1301 environ, par un chevalier du Temple, Michel, et en présence du frère Pierre de Fréniches, prêtre (11).

Enfin Pierre de Bouillancourt, qui était « claviger » de cette commanderie en 1307, ne faisait partie de l'ordre du Temple, que depuis deux ans à peine (12).

D'après Mannier (13), le domaine de cette ancienne maison du Temple, se composait, au siècle dernier, d'une ferme avec 200 journaux de terre arable et plus de 500 arpents de bois (14). Il y avait dans l'enclos de la ferme, une chapelle dédiée à la Vierge (et d'après De Cagny à Sainte-Madeleine), laquelle servait (en 1833) de grange, et qui pouvait bien remonter aux débuts du XIIIe siècle. D'après la description de Mannier : « C'était une construction solide, de l'époque du gothique aux rosaces, mais sans ornements » (15).

Précepteur du Bois.
Vers 1297. Frère Pierre.

Chapelains (16).
Vers 1262. Daniel Breton.
Vers 1301. Pierre de Fréniches.

Claviger ou Gardien des clefs.
En 1307. Pierre de Bouillancourt.
(1) Libermont. Oise, arr. de Compiègne, canton de Guiscard.
(2) Maison du Temple de Bois d'Ecu, près la Chaussée du Bois d'Ecu (Oise. arr. de Clermont, canton de Crévecoeur).
(3) E. Mannier, page 570.
(4) Fréniches. Oise, arr. de Compiègne, canton de Guiscard.
(5) Procès des Templiers. T. II, p. 353.
(6) Ainsi au mois de juin 1410, la maison du Bois, en Vermandois, fut donnée à bail à Aubert de Biencourt, écuyer. A.N. S.5222 nº 10.
(7) L'Abbé De Cagny. Histoire de l'arrondissement de Péronne. T. II, p. 675.
(8) Peut-être Goyencourt, village près de Roye.
(9) Procès des Templiers. — T. II, p. 409.
(10) Procès des Templiers. — T. II, p. 353.
(11) Procès des Templiers. — T. II, p. 59.
(12) Procès des Templiers. — T. I, p. 373.
(13) E. Mannier, page 570.
(14) D'après le bail (juin 1410) que nous avons cité plus haut, il y avait dans l'enclos de la maison, un moulin à vent. — Les dîmes du village de Libermont devait appartenir aux Templiers.
(15) Nous ne savons à quel saint était vouée cette humble chapelle. Est-ce à Sainte-Madeleine, ou à Notre Dame ou encore à Saint-Jean, comme nous le dit la visite prieurale faite en 1495 (S. 5558, fº 27) : « le Bos en Vermendoys au quel a chappelle fondée de Saint Jehan, bien réparée, couverte, faictes verrines tout de noeuf ».
(16) Le procès ne dit pas absolument qu'ils fussent chapelains de la maison.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Noyon.
Les Templiers ont eu des biens à Noyon, cela ne fait aucun doute.

D'après Le Vasseur (1), on voyait encore de son temps, la vieille tour des Templiers ; tour carrée, flanquée aux quatre coins de petites tourelles crénelées, sans autres fenêtres que quelques petites lucarnes. Elle avait trois étages voûtés, et avait dû servir, suivant cet auteur, de magasin ou de dépôt d'archives. On pouvait voir également quelques vestiges de la chapelle, de salle ou réfectoire, de dortoir. Cette maison du Temple donnait sur la rue Saint-Jean, nommée aussi rue du Temple. Ces possessions des Templiers en la ville de Noyon remonteraient aux environs de l'an 1200, peut-être même plus anciennement. Pour nous, nous pensons que les Templiers ont eu une maison de leur Ordre à Noyon, dès le XIIe siècle, quoique sans preuves.

Dans le grand incendie qui détruisit en 1293 la ville de Noyon, la maison du Temple aurait été épargnée, si l'on en croit la chronique de Longpont (2), ce qui est d'ailleurs confirmé par le récit du chanoine Le Vasseur.

Les Templiers avaient aussi quelques censives dans la ville, des terres aux environs, et plusieurs vignes.

Au XVIIe siècle cette antique maison du Temple, passablement en ruines du reste, fut vendue au séminaire de Noyon (3).
(1) J. Le Vasseur. Annales de la cathédrale de Noyon, T. III, p. 879.
(2) E. Mannier, page 562.
(3) E. Mannier, page 563.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de Passel (1)
Diocèse de Noyon. Baillie de Vermandois.

Nous savons peu de chose, sur cette maison du Temple. Sur la foi d'un écrivain (2), nous sommes allé de Noyon à Passel, plein de confiance et le crayon en main, tout prêt à dessiner les prétendus restes de l'ancien établissement des Templiers, mais nous n'avons vu que l'herbe qui verdoyait dans les prés, nous n'avons entendu d'autre bruit que la voix du laboureur dans la plaine, et le grincement des charrues.

Les premières possessions du Temple dans ce pays paraissent remonter à l'an 1146, année ou Simon, évêque de Noyon, donna aux Templiers les revenus afférents à l'autel de l'église de Tracy (3), avec la dîme, les hôtes, et la partie des revenus de l'église de Passel qu'il avait pu retirer des mains d'un seigneur du nom de Gui (4).

C'est sans doute à la maison de Passel que revint la donation faite à Saint-Jean-d'Acre, en faveur du Temple, par Beaudoin de Martinsart, vers 1204. Ce don consistait en une rente de dix muids de froment, à prendre à Dreslincourt (5), sur les biens du donateur (6).
Là se borne le peu que nous savons et que nous avons cru pouvoir attribuer à cette maison.

Il y avait, non loin du Temple de Passel, une éminence appelée aujourd'hui le Mont-Renaud, sur laquelle les Templiers avaient des droits. Renaud de Rouy (près Nesle), trésorier du roi Philippe le Bel, ayant pris en 1300 la résolution de fonder une Chartreuse, aurait acheté de Gérard de Villiers, maître du Temple pour la province de France, le mont appelé alors Hérimont, sur lequel les Templiers de Passel avaient des droits à cause du patronage de l'église de ce lieu, qui leur appartenait (février 1300-1301). (7)

Mais, voici bien un des coups du sort ; la chute des Templiers est consommée, la maison du Temple de Passel passe aux mains des Hospitaliers, et les Chartreux du Mont-Renaud la louent aux chevaliers de Saint-Jean, pour 24 livres et l'acquit des charges qui étaient de 24 muids de grain (8).
(1) Passel. Oise, arr. de Compiègne, canton de Noyon, aux portes même de Noyon (6 kilomètres).
(2) Woillez. Répertoire archéologique de l'Oise.
(3) Tracy-le-Val. Oise, arr. de Compiègne, canton de Ribécourt. Il y avait encore au XVIe siècle une rue du Temple à Tracy, d'après l'inventaire sommaire des archives départementales — Archives de l'Oise. T. I, p. 211.
(4) Pièce justificative nº 66.
(5) Dreslincourt. Oise, arr. de Compiègne, canton de Ribécourt.
(6) Pièce justificative nº 67.
(7) Ms. de Fr. Sezille, chanoine de Noyon. E. Mannier se trompe en disant que Renaud de Rouy avait acheté des Templiers, la maison de Passel (p. 563).
(8) Visite prieurale faite en 1495. A. N. S. 5558, f 27 vº : « maison nommée Passel, laquelle a esté baillée aux Chartreus de Morenault... à la réserve de la présentation des cures de Passel, Chiry et Ville. ... ».

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Maison du Temple de Bellicourt (1)
Cette maison a existé certainement, car elle est citée dans le Procès des Templiers. Comme toutes les commanderies du Temple, elle avait sa chapelle.

Quant à l'époque de sa fondation, elle doit être reculée jusqu'au XIIe siècle. En effet, l'an 1197 le prieur et les religieuses de Notre Dame à Montdidier avaient cédé aux Templiers de Bellicourt, cinq sisterées de terre labourable, 15 de bois et 2 jardins contigus, moyennant 2 muids de froment, qui devaient être rendus chaque année à Montdidier (2). La maison de Bellicourt existait donc à la fin du XIIe siècle.

Par quelles vicissitudes passa ensuite cette commanderie ? C'est l'inconnu. Tout ce que nous savons, c'est que l'un des plus humbles parmi les Templiers arrêtés en 1307, Henri de Compiègne frère sergent, avait été reçu vers 1281 dans la chapelle de la maison de Bellicourt par Jean le François, chevalier, précepteur de (la province de) France, en présence des frère Renaud de Coudun, Renaud « d'Argenville » chevalier, et Barthélémy de Caix frère sergent; l'un des trois, étant sans doute précepteur de Bellicourt (3).

Bellicourt en 1373.

Le Livre vert nous apprend (4) que cette maison avait 38 moiées de terre, dont 27 seulement de labourables et affermées pour 45 francs ; des dîmes à Ressons (5), à Ricquebourg (6), à la Neuville-sur-Ressons, d'une valeur de 15 francs ; autant pour les dîmes de Cuvilly ; 4 francs pour les dîmes et champarts de Biermont (7) ; un modeste cens de 4 sous 6 deniers, sur une vigne à Ressons, et d'autres cens pouvant monter à 17 livres. A tout ceci il faut ajouter des redevances en nature, un certain nombre de pains, une rente d'un muid de vin ; si bien, que le revenu total était de 124 francs.

Mais la maison avait des charges ; ainsi elle devait au curé de Ressons, 42 mines de blé et 21 d'avoine ; au curé de Cuvilly, 4 muids de grain ; au prieur d'Elincourt (8), 30 mines de blé; au seigneur de Ressons, 2 chapons. La chapelle de la maison était encore desservie, et l'on y disait la messe trois fois par semaine.

D'après E. Mannier (9), cette chapelle était autrefois dédiée à Saint Barnabé, dans la suite elle le fut à Saint Jean-Baptiste ; elle aurait été détruite à la Révolution (10).
(1) Bellicourt. Oise, arr. de Compiègne, canton de Ressons, non loin de Cuvilly.
(2) D'après un acte publié par M. V de Beauvillé. Histoire de Montdidier,T. III, pièce justificative nº 96, Parmi les noms des Templiers consignés dans cet acte, nous relevons celui de Pons de Rigaud, maître du Temple de France (plus tard on dira de la province de France).
(3) Procès des Templiers. Tome II p. 118.
(4) Livre vert, au fº 14.
(5) Ressons. Oise, arr. de Compiègne, chef-lieu de canton.
(6) Ricquebourg. Oise, arr. de Compiègne, canton de Ressons.
(7) Biermont. Oise, arr. de Compiègne, canton de Ressons.
(8) Elincourt. Oise, arr. de Compiègne, canton de Lassigny.
(9) E. Mannier, page 598.
(10) Cette chapelle était déjà en mauvais état au XVe siècle. A. N. S. 5558 (1495) au fº 30.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Maison du Temple de Tricot (1)
Nous ne connaissons l'existence de cette maison du Temple que par le Livre vert (2).
Elle était affermée pour 20 muids de grain, moitié blé et moitié avoine, qui valaient 20 francs. Ou cette maison était un simple domaine du Temple, ou elle était bien déchue à la fin du XIVe siècle. Elle n'était pas à Tricot même, mais à l'extrémité du bourg, vers Courcelles, où l'on trouve un lieu nommé la Commanderie (3).

D'après E. Mannier (4), l'ancien Temple de Tricot se composait au XVIIIe siècle d'une ferme et de 150 journaux de terre arable.
(1) Tricot. Oise, arr. de Clermont, canton de Maignelay.
(2) Le Livre vert (1373) au fº 14 vº.
(3) Dans la visite prieurale faite en 1495, il est dit : « censé assise au village de Tricot, ou a maison, grange et estables pour la demeure et service du censier qui rend chascun an 12 muids froment et 6 d'avoine ». Archives National S. 5558, fº 31.
(4) E. Mannier, page 598.

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Maison du Temple d'Esquennoy (1)
Diocèse de Beauvais.

L'origine de cette maison du Temple n'est pas antérieure au XIIIe siècle ; un acte d'amortissement daté du 20 septembre 1212, nous apprend que Catherine, comtesse de Blois et de Clermont avait donné aux Templiers « sa ville » d'Esqnennoy, non loin de Breteuil, avec tous ses droits, à cette condition que l'anniversaire du feu comte et le sien, seraient célébrés au Temple à Paris ; les frères du Temple, de cette ville, devant recevoir chaque année pour la célébration 20 sous de parisis, qu'on prélèverait sur la pieuse donation (2).

En 1222 Amicie, dame de Breteuil, tante de la comtesse de Blois, en confirmant la donation faite dix ans auparavant par sa nièce, du village d'Esquennoy, reconnut que les hommes du Temple à Esquennoy, ne pourraient être forcés de venir à ses moulins pour moudre leur blé, à moins que la chose n'agrée aux Templiers (3).

La même année et le même jour, vendredi 10 juin, la dame de Breteuil donnait à ces mêmes religieux Templiers son bois de Halencourt (4), proche Esquennoy, ainsi que tous ses droits, tout en se réservant ces mêmes droits sa vie durant, et en faisant aussi exception pour le droit d'usage qu'avaient en ce bois, les religieuses de Bellefont.

Un certain Mathieu Reillies essaya bien d'inquiéter les Templiers à propos d'une terre à Esquennoy, engagée, disait-il, jadis par son père au comte de Clermont, et que la comtesse aurait comprise dans sa donation au Temple ; mais, soit qu'il eut tort, soit qu'il eut raison, il se désista de sa plainte (septembre 1222). (5)

L'histoire des maisons du Temple est forcément remplie de lacunes, il faut donc passer une dizaine d'années pour trouver un autre acte. Au mois de février 1235-36, un chevalier, Eustachede Bacouël (6), vend au Temple 20 journaux de terre, sis derrière la maison des Templiers, contre le courtil, moyennant 60 livres de parisis (7).

Par un acte de vente passé entre particuliers, le 30 novembre 1250, nous voyons que Mathieu dit « Serins » tenait des Templiers une pièce de terre de 3 arpents et demi, sur le territoire d'Esquennoy, au lieu dit « le petit Formanoir » (8).

Pour les dix années qui suivirent le milieu du XIIIe siècle, nous avons trouvé une série d'acquisitions faites par les Templiers, sans doute pour arrondir le domaine d'Esquennoy.

Ainsi au mois de mars 1252-53, Honoré du Crocq vendit trois journaux et demi, pour 10 livres et 10 sous parisis (9) ;

Le 30 septembre de la même année un certain Régnier vendait aux Templiers, deux pièces de terre arable, qu'il tenait de ces mêmes religieux, soit 4 journaux et demi pour 24 livres parisis (10).

Mais jamais il n'y eut plus d'activité que le Dimanche 7 avril 1258, où l'officialité de Beauvais dut apposer son sceau sur cinq actes de vente ou d'échange. C'est ainsi qu'il est constaté que Nicolas « Renssart » avait vendu, il y avait longtemps aux Templiers, pour 12 livres et demie, deux journaux et demi de terre arable, qu'il tenait de la maison du Temple d'Esquennoy (11) ; que Lossende « Viele » avait vendu, il y avait plus d'un an, à la maison d'Esquennoy, pour 14 livres, une pièce de terre d'environ 4 journaux, qu'elle tenait du Temple (12) ; que André Creton échangea avec les Templiers une pièce de terre arable qu'il tenait d'eux, dans le territoire d'Esquennoy, contre une autre pièce de terre et 65 sous (13) ; que Jean, d'Esquennoy, échangea également avec le Temple, un journal et demi de terre, qui se trouvait être contigu aux terres de la Commanderie, contre une autre terre et quatre livres et demie de parisis (14) ; et enfin que Gautier « Montiay » vendit aux Templiers 6 journaux de terre arable, qu'il tenait d'eux, pour 19 livres (15).

La maison qui nous occupe eut aussi des biens à Breteuil, comme on peut le voir par cette donation du sire de Breteuil à la commanderie d'Esquennoy, d'une maison à Breteuil, sur le marché. Colard le maïeur, la tenant en fief du seigneur de cette ville, devait la tenir dorénavant à fief et hommage des Templiers. Cependant les religieux du Temple reconnaissaient n'avoir aucune action sur les gens du sire de Breteuil, qui viendraient à se réfugier en cette maison, pour quelque méfait (30 mars 1296) (16).

Dans le Procès des Templiers, il est parlé du précepteur d'Esquennoy, mais son nom n'est pas prononcé (17) ; nous ne connaissons que le nom d'un des économes, dispensator, de la maison, le frère Pierre de Laigneville (18). Il est encore fait mention de la maison d'Esquennoy, dans un fragment déjà cité, de journal du trésor du Temple ; ainsi le 17 novembre 1295, 22 livres 5 sous étaient inscrits sur l'un des livres de recettes du Temple, pour la maison d'Esquennoy, et au nom du précepteur de Lagny-le-Sec (19). Cette maison du Temple dépendait alors en effet, de la baillie du Temple de Lagny-le-Sec (20), et non plus de celle du Vermandois. Le 4 décembre de la même année, 17 livres 15 sous furent inscrits, pour la même maison, et au compte du même précepteur de baillie (21) ; et l'année suivante, le 27 mai, 26 livres 15 sous étaient encore versés entre les mains du caissier du Temple à Paris (22). Mais ces quelques sommes ne peuvent pas nous donner une idée exacte des revenus de la commanderie d'Esquennoy.

Ruines de cette maison.

Le temple d'Esquennoy était situé dans la grande rue (23) de ce village. Il ne reste plus de cette maison que des granges ; ce sont, dit Woillez (24), de fortes constructions soutenues par de solides contreforts, mais dont il serait difficile de reconnaître la valeur archéologique.

Le Livre vert (25) dit que la commanderie d'Esquennoy était sans chapelle, ce qu'il ne faudrait pas prendre à la lettre ; sans doute à cette époque (1373) la chapelle du Temple était-elle détruite, ce qui s'explique suffisamment par les guerres anglaises. Postérieurement à cette époque, les Hospitaliers la rebâtirent, et Mannier nous apprend que cette chapelle était dédiée à Saint-Jean (26).

Les revenus de la maison se composaient du produit de 248 journaux de terre, dont plus de la moitié était de « petite value » ; de 36 livres de cens, de plus de 300 chapons de cens en nature et de 219 corvées, chacune de 14 deniers.

La maison avait, en outre, des rentes en nature à Bonneuil (27), 30 journaux à Blanc Fosse (28) ; son moulin lui rapportait 2 muids de blé ; elle percevait 20 livres de rente, en un autre endroit. Il y avait 8 arpents de vigne qui rapportaient 8 livres ; 2 pressoirs qui rapportaient six livres tournois, et le colombier de la maison, 40 sous parisis.

En résumé, les revenus d'Esquennoy étaient en 1373 de 110 livres ; mais il y avait des charges. Ainsi il est dit au fº 45 du Livre vert : « pour le loyer d'une maison, en la ville d'Amiens, pour retraire les biens de la dite maison (Esquennoy) pour les guerres, 4 livres parisis qui valent 5 francs ». Ce qui prouve combien cette malheureuse commanderie eut à souffrir de la guerre.
(1) Esquennoy. Oise, arr. de Clermont, canton de Breteuil, sur la route de Breteuil à Amiens. — Il est certain qu'au XIVe siècle, Esquennoy faisait partie de la baillie du Temple de Lagny-le-Sec (Oise. arr. de Senlis, canton de Nanteuil-le-Haudouin) ; mais, au début du XIIIe siècle, ce village ainsi que Breteuil, étaient soumis, au point de vue féodal, à la comtesse de Saint-Quentin. Esquennoy devait être alors de la baillie de Vermandois.
(2) Pièce justificative, nº 68.
(3) Archives National, nº 11 (1222).
(4) Pièce justificative, nº 69.
(5) Pièce justificative, nº 70.
(6) Bacouël. Somme, arr. d'Amiens, canton de Conty.
(7) Archives National, S. 5215, n' 16.
(8) Archives National, S. 5215, nº 17.
(9) Archives National, S. 5215, nº 18.
(10) Archives National, S. 5215, nº 19.
(11) Archives National S. 5215, nº 20.
(12) Archives National S. 5215, nº 21.
(13) Archives National S. 5215, nº 22.
(14) Archives National S. 5215, nº 23.
(15) Archives National S. 5215, nº 24.
(16) Pièce justificative, nº 71.
(17) Procès des Templiers, T. II, p. 340, 341.
(18) Procès des Templiers, T. II, p. 415.
(19) Mémoire de M. Léopold Delisle sur les opérations financières des Templiers : 17 novembre 1295. « De Johanne de Lorencon, pro domo des Quenoiz 22 livres 5 sous super preceptorem Latigniaci Sicci, in libro piloso », p. 190.
(20) Lagny-le-Sec. Oise, arr. de Senlis, canton de Nanteuil-le-Haudouin.
(21) Mémoire de M. Léopold Delisle sur les opérations financières des Templiers, p. 191 :
« De Christiano Boucher pro domo des Quenoiz, 17 livres 15 sous super preceptorem Latigniaci Sicci, in libro piloso ».
(22) Mémoire de M. Léopold Delisle sur les opérations financières des Templiers, p. 206 :
26 mai 1296. « De Christiano Boucher pro guedis (...) domus de Quenesiis 26 livres 15 sous super preceptorem Latigniacci Sicci, in libro piloso ».
(23) E. Mannier, p. 588.
(24) Woillez. Répertoire archéologique de l'Oise.
(25) Livre vert, fº 44.
(26) A. N. Registre de l'an 1495. S. 5558 au fº 45 : « Chapelle au dit lieu, fondée de Saint Jehan du Temple, nouvellement réparée. La maison de la dite commanderie est auprès de la dite chapelle et le tout assis dedens le villaige d'Esquennoy... La dite maison est d'ancienneté bien édiffiée... ». Quant à la grange, elle fut brûlée par les Anglais.
(27) Bonneuil. Oise, arr. de Clermont, canton de Breteuil.
(28) Blanc Fossé. Oise, arr. de Clermont, canton de Crèvecoeur.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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maison du Temple du Gallet (1)
Diocèse d'Amiens.

Cette maison du Temple n'était pas au Gallet même, mais en un lieu appelé, la Censé, du côté du Saulchoy (2), où l'on voit même encore quelques restes, sinon de la commanderie du Temple, du moins de celle des Hospitaliers.

Les premiers biens du Temple au Gallet paraissent remonter à l'année 1226. Nous avons dit, en parlant de la maison d'Esquennoy, que les Templiers ne s'étaient établis en cet endroit que grâce à la libéralité de la comtesse de Clermont ; sa tante, la dame de Breteuil, se montra non moins généreuse, en léguant au Temple le village du Gallet, avec tous ses droits (3).

Peut-être les biens du Temple au Gallet, comme ceux qui se trouvaient à Esquennoy, furent-ils tout d'abord exploités par les Templiers de Fontaine-sous-Montdidier, comme nous l'avons vu plus haut en parlant de Fontaine, et à l'année 1238.

Mais bientôt une maison fut fondée au Gallet, sans doute peu après cette année 1238, en tous les cas avant 1251 et même avant l'an 1248, comme nous allons le voir.

Les quelques actes dont l'analyse va suivre sont tous des actes de vente et de très peu d'importance : ainsi, au mois de mars 1248, Grégoire de Paillart (4) vend aux Templiers, 3 journaux et 7 verges de terre au terroir du Gallet, dans le domaine des Templiers, moyennaut 9 livres p. et 2 mines de blé (5).
La même année Henri « Vallès » fils d'Englebert, vend aux Templiers 2 journaux et 3 quartiers de terre, au Gallet, pour 8 livres 5 sous parisis (6).
C'est encore Hue, fils d'Ardouin, qui vend pour 8 livres, au maître et aux frères du Temple du Gallet, trois journaux de terre, au terroir du Gallet (avril 1251) (7).
Au mois de juillet de cette même année, la maison du Gallet, achète à Raoul de Thennes (8), 2 journaux et 26 verges de terre, au Gallet, pour 113 sous parisis (9).
Mais jamais il n'y eut de jour plus fécond en ventes faites ou ratifiées, que le dimanche 7 avril 1258 ; ce qui semblerait indiquer une étroite relation entre les maisons d'Esquennoy et du Gallet.

Ainsi Laurent « Folet » du Gallet, vend pour 40 sous aux Templiers une petite pièce de terre, qui était enclavée dans les terres du Temple (10).
Arnoul dit de Paillart vend trois journaux de terre pour quatre livres (11); Pierre, un autre fils d'Ardouin, perçoit 25 livres 15 sous parisis pour 9 journaux de terre arable. Ces journaux étaient divisés en trois lots ; le 2e lot était contigu aux terres du Temple, et le 3e touchait au bois du Temple (12).

Grégoire de Paillart déjà mentionné vend une maison avec courtil au Gallet et 4 journaux et demi de terre, le tout pour 14 livres 5 sous (13) ; et enfin la maison du Temple achète pour 12 livres d'un certain Tymer deux pièces de terre, dont l'une touchait au domaine des Templiers (14).

Au mois d'octobre de cette même année 1258, la commanderie du Gallet achète encore, d'une veuve nommée Eve, du Gallet, une mine de terre pour 30 sous (15).

Nous terminerons la liste de ces ventes, par celle que fit en 1261, Robert, dit de Puits — [la-Vallée], de 3 journaux de terre au Gallet pour neuf livres et demie (16).

Qu'advint-il ensuite de cette maison ?
D'après le Livre vert, tant de fois cité (17), la maison du Temple du Gallet, devenue maison de l'Hôpital, avait été brûlée : sans doute, lors de cette campagne des Anglais, qui se termina pour nous par le désastre de Crécy. Cette maison, y est-il dit, « fut toute arse par fortune, et est la dite ville et manoir, située en l'évêché d'Amiens ». Le livre ajoute que la maison du Gallet avait neuf moiées de terre labourable ; les champarts du village du Gallet rapportaient 3 muids de grain ; le four, 40 sous ; les corvées, 48 sous, sans compter des redevances en nature et des rentes. Il y avait dans le terroir de la commanderie une journée et demie de vigne qui rapportait 31 sous.

Déjà à la fin du XIVe siècle la commanderie était en telle ruine, qu'il était impossible de la réparer ; il n'était pas jusqu'au moulin de la maison qui ne fût tout délabré.
(1) Le Gallet. Oise, arr. de Clermont, canton de Crèvecoeur, sur la limite des diocèses d'Amiens et de Beauvais, mais dans le diocèse d'Amiens, d'après le Livre vert.
(2) Le Saulchoy, non loin et à l'Est du Gallel.
(3) Pièce justificative nº 72 (déc. 1226).
(4) Paillart. Oise, arr. de Clermont, canton de Bretcuil.
(5) Pièce justificative nº 73.
(6) A. N. — S. 5221 A. nº 1, original.
(7) Pièce justificative nº 74.
(8) Thennes. Somme, arr. d'Amiens, canton de Moreuil.
(9) Pièce justificative nº 75.
(10) A. N. S. 5221, A. nº 8, original.
(11) A. N. S. 5221, A. nº 9, original
(12) Pièce justificative nº 76.
(13) A. N. — S. 5221, A. nº 5.
(14) Ibid. nº 11.
(15) A. N. — S. 5221 A. nº 10.
(16) Pièce justificative nº 77.
(17) Livre vert (1373) au fº 42.

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893  
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Liste des précepteurs du Temple en la Baillie de Vermandois
En 1130. Nivard, surnommé Payen de Montdidier ; l'un des compagnons du fondateur de l'Ordre.

En 1182. Nivelon de Montdidier, maître des maisons du Temple, du diocèse de Noyon, comme ceux d'ailleurs qui le précédèrent (il n'y avait pas encore de baillie de Vermandois).

En 1234. Frère G...
En 1250. Daniel, qualifié recteur du Temple.
En 1281, 1285. Jean de Maimbressy.
En 1291, Jean de Maimbressy est précepteur du Catelet.
En 1291. Robert de Beauvais ou de Saint-Just (1).

En 1294, 1297. Guérin de Grandvilliers (2). Il est qualifié précepteur du Ponthieu et du Vermandois vers l'an 1300, dans le Procès des Templiers (tome I. 622); c'est sans doute une erreur. A cette époque Grandvilliers était précepteur du Ponthieu.

En 1305, 1306 et 1307. Frère Eudes. Ce fut le dernier précepteur du Vermandois.

Comme les précepteurs du Ponthieu, les précepteurs du Temple en Vermandois avaient, entre autres fonctions, celle de faire parvenir les recettes de leur baillie au Temple à Paris.

En 1295, 328 livres sont portées à la maison de Paris et inscrites au nom du précepteur du Vermandois (3).

Le 4 juillet de la même année, le caissier du Temple perçoit 800 livres de la main du précepteur du Vermandois (4).

En 1296, le même précepteur fit parvenir au Temple à Paris, par des intermédiaires, d'abord 64 livres 10 sous, le 9 février (5) ; puis le 9 avril, (6), 36 livres 6 sous, et 31 livres d'esterlins au chapeau ; le 1er juillet (7), 48 livres et le 2 du même mois 200 livres 40 sous (8).

L'Ordre du Temple recevait donc du précepteur du Vermandois un peu moins de 1200 livres, à la fin du XIIIe siècle. Mais nous avons la preuve qu'indépendamment de ces sommes, les simples précepteurs de maisons faisaient aussi parvenir certaines recettes, à la caisse du Temple à Paris.
(1) Pièce justificative, nº 49.
(2) Procès des Templiers. T. I, p. 535.
(3) Mémoire sur les opérations financières des Templiers, par M. Léopold Delisle. — Journal du trésor du Temple, p. 164: « De Petro clerico Bernardi Catel de Duaco et pro ipso B. 328 L super preceptorem Viromandie, in magnis fratrum XCVº ».
(4) Ibid., p. 176.
(5) Mémoire sur les opérations financières des Templiers, p. 199 : « 9 février 1296. De preceptore Viromandie per frater Robertum de Novomo 6k L. 60 s. in magnis fratrum ».
(6) Ibid., p. 203 : « 9 avril 1296. De preceptore Viromandie per frater Robertum de Noviomo 36 L. 6 s. et 31 L. sterlingorum ad capellum, in magnis fratrum ».
(7) Ibid., p. 208. « 1er juillet 1296. De preceptore Viromandie per Johannem Marescallum, bladitorem, 48 L. in magnis fratrum ».
(8) Ibid., p. 208: « 2 juillet 1296. « De preceptore Viromandie per Guillelmum de Tornaco, civem parisiensem, 200 L. 4O s. in magnis fratrum ».

Sources : Trudon des Ormes : Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893
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