différents Cartulaires   Les différents Cartulaires   différents Cartulaires

Les cartulaires de certaines commanderies de france

Avant propos
1. — Introduction   2. — Chartes

Je n'ai pas et ce volontairement fait apparaitre les chartes originales en latin et en vieux français, les notes et explications de texte. Je vous renvoie à l'ouvrage qui a été réédité en 2004 par Librissimo Phénix Editions.
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Introduction
La plupart des chartes de ce recueil proviennent de la commanderie de Saint-Jean-la-Chevalerie du Puy, dépendance du grand prieuré d'Auvergne, ordre de Malte, dont les archives font partie, depuis 1790, du dépôt départemental du Rhône (1). Comme complément, nous avons cru devoir y joindre plusieurs chartes extérieures conservées dans les archives de la Haute-Loire et celles de l'Hôtel-Dieu du Puy, ou publiées dans le Cartulaire du prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue (2), et, enfin, emprunter au « Gallia christiania », etc., l'analyse de quelques chartes dont les originaux sont très probablement perdus.

Dans cette introduction, nous essayerons de réunir les notions historiques que nous fournissent ces documents sur l'établissement des Templiers au Puy, leurs possessions dans le Velay et la suite des précepteurs de Saint-Barthélemy du Puy. De plus, nous ferons connaître le procès des Templiers du Velay arrêtés en 1307, et nous terminerons par quelques observations auxquelles ces chartes nous ont paru devoir donner lieu à divers points de vue.

(1) M. Guigue, archiviste en chef du département du Rhône et de la ville de Lyon, a bien voulu, avec la plus généreuse obligeance, faciliter mes recherches : je ne puis assez remercier notre savant confrère, et je suis heureux de lui témoigner ma profonde gratitude.

(2) Ce beau cartulaire, publié par M. le comte de Charpin-Feugerolles et M. Guigue (Lyon, Louis Perrin, 1881, in-4º), a éclairé d'un jour tout nouveau l'histoire du Forez-Viennois et de la frontière orientale du Velay.
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Etablissement des Templiers au Puy
L'institution des Templiers date, comme on sait, de l'an 1418. Installé par le roi Baudouin II à Jérusalem près des ruines du Temple de Salomon, protégé par les papes et les rois, cet ordre de chevalerie chrétienne se développa rapidement, en Orient et en Europe, par la création de préceptoreries ou commanderies.

Les Templiers étaient établis dans la Brie, aux environs de Provins, en 1133 ; dans le Languedoc, suivant dom Vaissète, en 1136 ; à Roaix, près Vaison, en 1138, etc. (3).

Ils prirent pied au Puy dès le XIIe siècle, au moins vers 1170, car la première des chartes que nous publions et dont la date confine à cette année-là, y suppose leur présence (4). Ils s'installèrent hors des murs de la ville, non loin du portail d'Avignon, sur l'une des routes du Vivarais (5).

Leur maison renfermait une église dédiée à Saint-Barthélemy, dont le nom est resté au faubourg qui s'est, longtemps après, élever tout à l'entour. Des anciens bâtiments, il ne reste debout que cette église convertie en maison particulière. Ses murs épais (de 1, 80 mètre), maçonnés en « opus insertum », sont en grès de Blavozy, et, par l'allongement des fenêtres terminées en arc plein cintre brisé, paraissent remonter à la fin du XIIe siècle.

Un chapelain, frère de l'ordre, desservait cette église à laquelle attenait un cimetière pour les frères et la domesticité du Temple. Parfois, des habitants du Puy, clercs ou laïques, y élisaient leur sépulture et assuraient par des legs le service de leurs obits. Dans les testaments du XIIIe siècle, la milice du Temple du Puy figure fréquemment parmi les legs pies distribués aux couvents et aux hôpitaux du diocèse (8).

Dans la hiérarchie de l'ordre, le Temple de Saint-Barthélemy du Puy occupait un rang supérieur aux simples commanderies. C'était un prieuré avec son maître ou précepteur, son chapelain, ses frères chevaliers, ses frères servants ou donats et ses domestiques. Toutes les commanderies du Velay relevaient de ce prieuré, et, à son tour, il dépendait du grand prieuré de Provence qui siégeait à Montpellier (9).

(5) Cette voie antique passait à l'ouest de Roche-Arnaud, près l'Orphelinat, puis dans la plaine, au pied de la garde d'Ours, où existait, au XIVe siècle, une léproserie dite de Garmentes, à Coubon, Archinaud, au Monastier, a Présailles, et entrait en Vivarais, se dirigeant vers Montpezat.

(6) 1 mètre 80. — Cette chapelle, la maison et le jardin, devenus propriété de la Nation, furent adjugés, le 7 février 1793, au prix de 16,000 livres. — Le Temple du Puy ne semble pas avoir eu d'hôpital; aucun document n'autorise jusqu'ici à penser que l'hospitalité ait été exercée à Saint-Barthélemy pour les pauvres et les malades.

(7) Chartes XXV et XXXVII.

(8) F. Fita, Le monastère de Vals près le Puy, Tableau historique de la Haute-Loire, 1870-71, page 197. — Le R. P. Fita est le premier qui se soit occupé des Templiers du Puy ; malheureusement, il ne disposait que de documents indirects et très-restreints.

(9) F. Fita, loc, citation page 200.
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II. Possessions des Templiers dans le Velay
Maison du Temple de Saint-Barthélemy du Puy-en-Velay (43).

Comme dépendances de leur maison du Puy, les Templiers possédaient dans la ville ou sa banlieue : un moulin sur la rivière du Dolaizon (Molendinum Templi, 1283), le tènement de la Gazelle qui s'appelait « l'Ouche du Temple » et des droits de directe seigneurie sur des maisons, notamment place du Martouret, sur une prairie au pont de Sumène (commune de Saint-Germain-Laprade), et sur des vignes aux terroirs de Lioussac près Ours, de Papelengue près Roche-Arnaud et du Bessat près Espaly.

La Maison du Temple du Puy-en-Velay était comme on peut le constater une baillie du Temple, elle avait pour dépendance dans la région de la Haute-Loire les Maisons et autres biens en terres ou en bois : Les Bineyres ; Séneujols ; Solignac-sur-Loire ; Frecycenet ; Montredon ; Belvezet ; Bessamorel ; Marlhettes.
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Maitres ou précepteurs de Saint-Barthélemy-du-Puy
Cette liste comprend peut-être des Templiers marquants par le rôle qu'ils ont joué et des faits d'armes. En province, sur un sujet si spécial, les secours bibliographiques font défaut, et nous avons dû, à notre grand regret, renoncer à tenter de rattacher ces noms à l'histoire générale de l'ordre. Mais, en revanche, les archives locales nous permettaient de rechercher leur origine, et nous n'avons rien négligé pour arriver à la découvrir :

I. Jaucerand (vers 1190).

II. Pierre Lélut (Peire Eleit) (vers l204), auparavant abbé de Mazan. Nous l'identifions avec Pierre, troisième abbé de Mazan, qui figure dans des chartes de 1194 et 1202 ; jusqu'ici son nom de famille était ignoré.

III. Odon (vers 1205).

IV. Foulques de Montpezat (juin 1210 — octobre 1210 était peut-être de Montpezat, arrondissement de Largentière (Ardèche). Toutefois, ce nom est trop répandu dans le Languedoc pour qu'il soit possible de rien affirmer.

V. Raymond de Servières (de Cerveira, de Serveira.) (4 février 1215 — novembre 1216) appartenait probablement à la race primitive des seigneurs de Servières, près Saugues.

VI. Durand de Laroux (de Leros, de Lero) (juin 1217). Laroux (ville, commune de Vorey, arrondissement du Puy) était, au moyen-âge, une seigneurie, et avait donné son nom à une famille d'ancienne chevalerie. Durand de Laroux devait appartenir à celle maison.

VII. Raymond du Thiolent (de Toeils), (Vers 1218-1219), sortait de la maison des premiers seigneurs du Thiolent, commune de Vergezac, canton de Loudes.

VIII. Pons de Bains (de Bais) (mars 1227), Appartenait à une famille de chevalerie établie à Bains (canton de Solignac-sur-Loire) et qui en portail le nom. Le château de Bains relevait en fief de l'évêché da Puy en 1267.

IX. Durand de Laroux (de Laros) (juin 1236), Déjà précepteur en 1217.

X. André [Dalmas ?] (9 juillet 1248 — 16 mars 1254). Un des témoins de la charte XXIX, Hugues Dalmas, est appelé son « neveu. » On peut supposer que frère André était l'oncle paternel d'Hugues. En ce cas, ils portaient tous deux le même nom, qui était celui d'une famille chevaleresque établie à la Roche-Dumas (commune de Coubon, canton du Puy); petit hameau qui a conservé le nom, légèrement altéré, de ses anciens seigneurs.

XI. Jourdain de Cereys (8 février 1270), Appartenait à la race primitive des seigneurs de Cereys ou de Sereys (aujourd'hui Cereix, commune de Saint-Jean-de-Nay, canton de Loudes).

XII. Raymond Chambarut (août 1270 — 13 janvier 1273), Etait peut-être originaire du Velay. Vers 1280, il fut commandeur de Richerenches (canton de Valréas, arrondissement d'Orange, Vaucluse.)

XIII. Jourdain de Cereys (juin 1277— 1er avril — 1284), Déjà précepteur en 1270.

XIV. Bertrand de la Roche (19 août 1285), Reçut la foi et hommage des hommes de Séneujols, vassaux du Temple, et admit dans l'ordre Giraud Cellérier, l'un des frères servants du Puy arrêtés en 1307.

XV. Bertrand de la Séauve (de Silva) (12 mars 1291), Originaire de Ceyssac près le Puy, avait été reçu dans l'ordre à Montpellier par Rousselin de Fos, grand Maître de Provence ; il était frère chevalier à la maison provinciale de cette ville, en 1307, lors de son arrestation.

XVI. Barral de Gauzignan [Barralis de Grazilhano] (vers 1306), Etait originaire des environs d'Alais (De Saint-Césaire de Gauzignan, canton de Vézenobre). Il reçut dans l'ordre Mathieu Bigorre, l'un des Templiers de Saint-Barthélemy du Puy arrêtés en 1307. Antérieurement il avait été commandeur de Saint-Gilles.

Maison du Temple de Chatoin (commune de Bains 43) Chantoin est un beau domaine à demi caché en un pli de terrain, dans la plaine qui s'étend an pied des montagnes boisées de Séneujols. Au XIIIe siècle, cette vaste plaine était occupée par trois mas, Chantoin, Chazaux et Collanges ; le premier, en s'agrandissant, a, depuis, absorbé et fait disparaître les deux autres. Les chartes du rouleau de Chantoin font connaître l'origine et les accroissements de celle importante possession du Temple. Par son testament, Armand II, vicomte de Polignac, avait légué au Temple 50 marcs d'argent. Vers 1170, son fils Pons III acquitta cette dette en donnant aux Templiers tous ses droits sur Chantoin. Après un temps d'arrêt d'environ vingt ans, ce noyau s'arrondit rapidement dans les trente années qui suivirent, par des ventes, des échanges et surtout par les aumônes et les donations dues aux réceptions dans l'ordre des frères ou des donats. Parmi ces libéralités, il suffira de remarquer les donations que firent, en 1210 Armand Portafaix à son admission comme frère et, en 1215, Floque de Mirmande, femme de Beraud de Cordes, « offrant à Dieu et au Temple son fils Pierre avec la terre qu'elle possédait à Chazaux et à Collanges. »

Maison du Temple Les Bineyres (commune de Bains 43)
Les Templiers possédaient dans ce village des droits d'alleu et de fief qui leur furent aumônés par André de Fay, en 1210, lors de sa réception comme frère, et des rentes qu'ils acquirent, vers -1213, d'Hugues Pelestor.

Maison du Temple de Séneujols (canton de Cayres 43)
En 1210, lorsqu'il fut reçu dans l'ordre, Armand Portafaix donna aux Templiers sa part dans la forêt de Mirmande, et de plus, Armand de Mirmande. chanoine de Saint-Agrève, leur transféra les droits d'alleu et de fief qu'il possédait a Séneujols et dans ses dépendances, en y ajoutant la faculté de couper dans la même forêt tout le bois de chauffage, de construction et de travail pour la fabrication ou l'entretien des instruments aratoires, dont pourraient avoir besoin la préceptorerie de Saint-Barthélemy du Puy et les autres commanderies du Temple. Cette forêt de pins et de hêtres, aujourd'hui bien amoindrie, couvrait les deux versants du rideau de montagnes qui sépare Séneujols et l'ancien château de Mirmande, et chaque versant portait, le nom de celle de ces localités qui lui fait face. En 1212, Guillaume de la Rode et, les Templiers — ceux-ci comme ayants droit d'Armand Portafaix — partagèrent entre eux cette forêt. — A Séneujols, les chefs de famille, vassaux du Temple, étaient au nombre de neuf. En 1285, tous ensemble à Chantoin, ils rendirent hommage au précepteur de Saint-Barthélemy, en lui baisant les pouces, et, à genoux et les mains jointes, lui jurèrent fidélité sur l'Evangile.

Domaine du Temple de Solignac-sur-Loire (arr. du Puy-en-Velay 43)
Le Temple y avait des prairies qui, en 1425, n'avaient pas encore perdu son nom : « los Prats del Temple. »

Domaine et grange du Temple de Freycenet (commune de Saint-Jean-de-Nay 43) Le domaine de Freycenet était, en 1281, une grange du Temple.

Maison du Temple de Montredon (commune de Saint-Just près Chomelix 43)
Les Templiers y avaient une commanderie. On connaît deux de ses commandeurs : Etienne de Mazard en 1213 et Pierre de la Boche en 1254. Peut— être convient-il de leur adjoindre Guillaume de Menteyres, dit Pouget, au nom duquel Raymond Chambararut, précepteur du Puy, transigea en 1273 avec Guillaumette de Peyre, abbesse des Chazes. En 1252, Lyon, chanoine de Saint-Agrève du Puy, légua deux sous à l'église de Montredon, « ecclesia de Templo. » C'est vraisemblablement à cause du préjudice qu'il avait causé à cette commanderie durant sa guerre privée avec Guigon de Châteauneuf, doyen du Puy, que Pons d'Allègre, chanoine de Notre-Dame, légua aussi, en 1252, une indemnité de 300 sous aux Templiers.

Grange de Belvezet (commune de Saint-Jean-Lachalm 43)
Cette grange arriva aux Templiers en 1237 par voie d'échange avec la maison de Montlaur. Les Templiers avaient à Montcoudiol près Arlempde des droits d'alleu et de fief ; ils les cédèrent à Hérail le Vieux, seigneur de Montlaur, qui, de son côté, leur transféra les droits qu'il possédait à la Glutonie, à Rossignol et a Belvezet. Le Temple et l'Hôpital Notre-Dame du Puy étaient déjà voisins par leurs domaines de Chantoin et de Ramourouscle ; la grange de Belvezet créa entre eux un rapprochement plus immédiat, car « Trespeux » était aussi une grange de l'Hôpital Notre-Dame du Puy. Dans cette région froide et sauvage, l'agriculture, contrariée par l'âpreté du climat, n'a qu'une importance secondaire ; l'élevage des bestiaux, favorisé par l'étendue et l'excellente qualité des pâturages, est la principale richesse. A proximité de ces deux localités s'étend un long plateau traversé par la voie romaine de Lyon à Rodez (la Bolène), et qui s'appelle « la chaud de Trespeux. » L'Hôpital Notre-Dame du Puy voulut empêcher le Temple de faire dépaître une partie de ce plateau. Des rixes s'élevèrent entre ses hommes et ceux du Temple ; les Templiers obtinrent contre les gens de l'Hôpital Notre-Dame du Puy une sentence d'excommunication. En 1270, les deux maisons s'en remirent à l'arbitrage de Jean Cardinal, « fordoyen » de la cathédrale, qui reconnut aux Templiers le droit de faire pacager leur bétail « hivernant » dans le territoire litigieux, sauf toutefois les parcelles emblavées ou transformées en prairies par l'Hôpital Notre-Dame du Puy.

Maison du Temple de La Sauvetat (canton de Pradelles 43)
Située sur la route du Puy à Nîmes, un peu au-delà de Charbonnier où existait un péage dont l'évêché du Puy et la maison de Montlaur partageaient les revenus, la Sauvetat, comme son nom « Salvitas » le dénote, était un lieu d'asile, une ville franche créée par l'Eglise et les évêques du Puy dont elle dépendait en 1164. Au XIIIe siècle, le Temple y avait une commanderie. Dans ses appartenances et sur les confins des paroisses de Landos et du Bouchet-Saint-Nicolas, existait le village de Mars, aujourd'hui complètement disparu, où Armand de Mirmande, chanoine de Saint-Agrève, céda aux Templiers un mas de terre, en 1210, à la réception d'Armand Portafaix dans l'ordre. En 1270,1'évêque du Puy permit à Raymond Chambarut, précepteur du Puy, d'édifier à la Sauvetat une chapelle dédiée à la sainte Vierge, avec un cimetière pour les frères et les gens du Temple.

Maison du Temple de Bessamorel (canton d'Yssingeaux 43)
La maison et grange de Bessamorel figure dans l'hommage rendu en 1270 par les Templiers à l'évêque du Puy.

Marlhettes (commune de Marlhes, canton de Saint-Genest-Malifaux, 42)
La paroisse de Marlhes, avant 1790, faisait partie du diocèse du Puy et du pays de Velay. Au XIIIe siècle, les Templiers y possédaient une commanderie située au Temple, près Marlhettes.

Comme toutes les autres maisons qu'ils avaient dans le diocèse, elle relevait en fief de l'évêché du Puy. Au prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue, dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu, appartenait le patronage des églises de Marlhes, Riotord et Saint-Romain-Lachalm, et, par suite, la dîme de ces paroisses. L'exercice de ce droit suscita entre le Temple et le prieur décimateur de nombreuses contestations qui donnèrent lieu à des accords en 1272, 1277 et 1281.

Tels étaient, dans le Velay, les biens des Templiers ; ils avaient, comme nous le démontrerons dans le Cartulaire des Hospitaliers de Saint-Jean-la-Chevalerie au Puy, une importance trois fois plus considérable que ceux des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
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Maitres ou précepteurs de Saint-Barthélemy-du-Puy
Cette liste comprend peut-être des Templiers marquants par le rôle qu'ils ont joué et des faits d'armes. En province, sur un sujet si spécial, les secours bibliographiques font défaut, et nous avons dû, à notre grand regret, renoncer à tenter de rattacher ces noms à l'histoire générale de l'ordre. Mais, en revanche, les archives locales nous permettaient de rechercher leur origine, et nous n'avons rien négligé pour arriver à la découvrir :

I. Jaucerand (vers 1190).

II. Pierre Lélut (Peire Eleit) (vers l204), auparavant abbé de Mazan. Nous l'identifions avec Pierre, troisième abbé de Mazan, qui figure dans des chartes de 1194 et 1202 ; jusqu'ici son nom de famille était ignoré.

III. Odon (vers 1205).

IV. Foulques de Montpezat (juin 1210 — octobre 1210 était peut-être de Montpezat, arrondissement de Largentière (Ardèche). Toutefois, ce nom est trop répandu dans le Languedoc pour qu'il soit possible de rien affirmer.

V. Raymond de Servières (de Cerveira, de Serveira.) (4 février 1215 — novembre 1216) appartenait probablement à la race primitive des seigneurs de Servières, près Saugues.

VI. Durand de Laroux (de Leros, de Lero) (juin 1217). Laroux (ville, commune de Vorey, arrondissement du Puy) était, au moyen-âge, une seigneurie, et avait donné son nom à une famille d'ancienne chevalerie. Durand de Laroux devait appartenir à celle maison.

VII. Raymond du Thiolent (de Toeils), (Vers 1218-1219), sortait de la maison des premiers seigneurs du Thiolent, commune de Vergezac, canton de Loudes.

VIII. Pons de Bains (de Bais) (mars 1227), Appartenait à une famille de chevalerie établie à Bains (canton de Solignac-sur-Loire) et qui en portail le nom. Le château de Bains relevait en fief de l'évêché da Puy en 1267.

IX. Durand de Laroux (de Laros) (juin 1236), Déjà précepteur en 1217.

X. André [Dalmas ?] (9 juillet 1248 — 16 mars 1254). Un des témoins de la charte XXIX, Hugues Dalmas, est appelé son « neveu. » On peut supposer que frère André était l'oncle paternel d'Hugues. En ce cas, ils portaient tous deux le même nom, qui était celui d'une famille chevaleresque établie à la Roche-Dumas (commune de Coubon, canton du Puy); petit hameau qui a conservé le nom, légèrement altéré, de ses anciens seigneurs.

XI. Jourdain de Cereys (8 février 1270), Appartenait à la race primitive des seigneurs de Cereys ou de Sereys (aujourd'hui Cereix, commune de Saint-Jean-de-Nay, canton de Loudes).

XII. Raymond Chambarut (août 1270 — 13 janvier 1273), Etait peut-être originaire du Velay. Vers 1280, il fut commandeur de Richerenches (canton de Valréas, arrondissement d'Orange, Vaucluse.)

XIII. Jourdain de Cereys (juin 1277— 1er avril — 1284), Déjà précepteur en 1270.

XIV. Bertrand de la Roche (19 août 1285), Reçut la foi et hommage des hommes de Séneujols, vassaux du Temple, et admit dans l'ordre Giraud Cellérier, l'un des frères servants du Puy arrêtés en 1307.

XV. Bertrand de la Séauve (de Silva) (12 mars 1291), Originaire de Ceyssac près le Puy, avait été reçu dans l'ordre à Montpellier par Rousselin de Fos, grand Maître de Provence ; il était frère chevalier à la maison provinciale de cette ville, en 1307, lors de son arrestation.

XVI. Barral de Gauzignan [Barralis de Grazilhano] (vers 1306), Etait originaire des environs d'Alais (De Saint-Césaire de Gauzignan, canton de Vézenobre). Il reçut dans l'ordre Mathieu Bigorre, l'un des Templiers de Saint-Barthélemy du Puy arrêtés en 1307. Antérieurement il avait été commandeur de Saint-Gilles.
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Procès des Templiers du Velay
Le procès de l'ordre du Temple constitue, sans contredit, l'un des événements les plus notables du moyen âge. Le dénouement de ce grand drame judiciaire est connu ; mais ses véritables causes sont encore obscures.

Nous nous proposions de comprendre dans ce recueil les interrogatoires des Templiers du Velay ; mais, comme ils l'auraient grossi outre mesure, nous y avons renoncé.

Ces interrogatoires, d'ailleurs, ne sont pas inédits : ils ont été publiés, au siècle dernier, par Léon Ménard, d'après les rouleaux 5 et 6 de Baluze.

Quatre procédures parallèles furent simultanément ou successivement instruites contre les Templiers par les commissaires du roi, les inquisiteurs de la foi, les évêques en qualité d'ordinaire et le Saint-Siège. En ce qui concerne spécialement les Templiers du Velay, nous n'avons que l'information des commissaires royaux et celle du subdélégué pontifical.

Par lettres datées de l'abbaye de Maubuisson (14 septembre 1307) Philippe le Bel commit Bertrand de l'Isle-Jourdain, sénéchal de Beaucaire, Henri de la Celle et Oudard de Maubuisson, chevaliers du roi, pour arrêter tous les Templiers de la sénéchaussée de Beaucaire, à laquelle, comme on sait, ressortissait le bailliage de Velay. Les biens de l'ordre devaient être saisis, inventoriés, et chaque Templier interrogé sur des articles ou chefs d'accusations et avec des formes de procédure, détaillés dans des instructions annexées aux lettres royaux. Partout, en France, l'ordre du roi fût exécuté le 13 octobre suivant. Dans la sénéchaussée de Beaucaire, soixante et six Templiers furent arrêtés et incarcérés : quarante-cinq à Aigues-Mortes, quinze à Nîmes, et six à Alais.

Parmi eux on comptait sept Templiers originaires du Velay ou s'y rattachant par divers liens : deux frères chevaliers, Bertrand de la Séauve, de la maison provinciale de Montpellier, et Bernard de Siaugues, commandeur de Saint-Gilles ; et cinq frères servants, Pierre Chalendon, Giraud Cellérier, Mathieu Bigorre, Marc Bonneton et Jean Pélissier, ces derniers tous de la commanderie de Saint-Barthélemy du Puy.
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Procès instruit par les commissaires du roi
Le 8 novembre 1307, Oudard de Maubuisson, commissaire du roi, commença à Aigues-Mortes l'interrogatoire des Templiers détenus en cette ville. Le lieutenant du sénéchal, l'avocat du roi en la sénéchaussée, le juge et le viguier-châtelain d'Aigues-Mortes, le viguier de Bagnols et le procureur du roi en la sénéchaussée l'assistaient. Chaque Templier fut interrogé, l'un après l'autre et séparément, sur le cérémonial de sa réception et sur la profession qu'il avait faite. Préalablement, le commissaire royal les avertit que l'Eglise et le roi étaient informés par des témoins dignes de foi et appartenant à l'ordre lui-même, de leurs erreurs et de leurs dérèglements, et, au nom du roi, il leur promit grâce, s'ils avouaient et voulaient revenir à l'unité de l'Eglise ; sinon, ils encouraient une infaillible condamnation.

Interrogé le 10 novembre, Bertrand de la Séauve déclara : Que chaque frère était reçu par le maître du Temple ou son lieutenant ; que le récipiendaire demandait le pain et l'eau, et la société des frères de l'ordre ; puis le maître le tirait à part, et, lui montrant la croix rouge cousue sur son manteau blanc, il lui faisait renier trois fois Jésus-Christ, chaque fois en crachant à terre vers la croix. Contrairement aux articles, il ne dit pas que ce fût le maître qui baisait le nouveau reçu à la chute des reins, à l'ombilic et sur la bouche, mais que c'était celui-ci qui baisait ainsi le maître. Il avoua que le vice contre nature était toléré entre les frères de l'ordre, mais que personnellement il n'y était point tombé et n'y avait jamais été sollicité. Il jura qu'en reniant de bouche Jésus-Christ et en crachant vers la croix, il n'en conservait pas moins la foi dans son coeur. Pour expliquer le reniement, il déclara que la réception était enveloppée d'un si profond mystère que nulle personne étrangère à l'ordre ne pouvait y assister ni en avoir connaissance, et que, d'ailleurs, si le récipiendaire eût voulu quitter l'ordre ou refuser ce qu'on lui demandait, sur-le-champ le maître l'aurait fait jeter en prison pour le reste de sa vie. A sa réception, tout frère recevait une corde dont il devait se ceindre le corps sur sa chemise, en signe de sa stricte obligation de garder ses promesses. Il nia que cette corde fût extraite ou déroulée de quelque idole ou tête humaine. Il nia aussi l'adoration d'une idole, et déclara enfin ne rien savoir de la consécration de l'hostie.

Le même jour, réponses identiques de Bernard de Siaugues. Seulement, après qu'il eut dit ne rien savoir de la consécration de l'hostie, un frère chevalier, nommé Obert de Canellis, de nationalité lombarde, fut introduit et déclara qu'en communiant il croyait recevoir une hostie blanche, non consacrée. Bertrand de la Séauve, déjà ouï, fut rappelé et fit la même déclaration. Alors Bernard de Siaugues dit de même.

Le 13 novembre, les interrogatoires étant achevés, Oudard de Maubuisson fit comparaître les Templiers et leur demanda s'ils entendaient persister dans leurs réponses et n'avaient rien à y ajouter ou à en retrancher. Tous, successivement, y persistèrent, mais en protestant chacun de la pureté de ses moeurs et de l'intégrité de sa foi.

Le même jour, en présence de deux frères Prêcheurs de Nîmes, délégués de l'inquisiteur de la foi, Oudard de Maubuisson fit comparaître de nouveau les accusés. Lecture leur fut donnée, en langue vulgaire, de leurs interrogatoires, et ils en reconnurent l'exactitude, tout en réitérant leurs protestations d'innocence. Les délégués de l'inquisiteur les sommèrent, par trois fois et sous peine d'excommunication, de révéler dans trois jours tous les autres crimes ou désordres auxquels ils pouvaient s'être engagés par leur profession ou depuis leur réception, et offrirent de les ouïr en confession, à première réquisition.

Le 16 novembre, à Nîmes, Oudard de Maubuisson, assisté des mêmes officiers royaux, interrogea les quinze Templiers qui y étaient emprisonnés. Les cinq frères servants du Puy firent les mêmes réponses que Bertrand de la Séauve et Bernard de Siaugues. A Nîmes, mêmes formalités en tous points qu'à Aigues-Mortes. Dans ces deux villes, outre les officiers royaux sus-indiqués, plusieurs autres témoins assistèrent à l'information, notamment Bernard de Chanaleilles, lieutenant du bailli de Velay à Villeneuve-de-Berc.
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Procès instruit par l'évêque de Nîmes, commissaire du Saint-Siège.
De son côté, en 1308, le pape Clément V commença le procès des Templiers, et en interrogea soixante-douze ; il confia ensuite à trois cardinaux la continuation de la procédure.

Le 12 août 1308, de Poitiers, il manda à l'archevêque de Narbonne et à ses suffragants de recevoir les réponses des Templiers prisonniers dans leurs diocèses, quoique amenés d'ailleurs, et non encore interrogés par lui ou par les inquisiteurs de la foi. Le pape ne regardait pas comme très valides les procédures dirigées au nom du roi contre ces réguliers. Philippe le Bel n'avait pas insisté et lui avait laissé l'entière connaissance de l'affaire.

Le 5 mai 1309, Gilles Aycelin, archevêque de Narbonne, transmit à Bertrand de Languissel évêque de Nîmes, les instructions du pape, avec invitation de s'y conformer.

Cet évêque, en qualité de commissaire du Saint-Siège, commença donc son information ; puis, le 22 décembre 1309, il délégua, pour la continuer, Guillaume de Saint-Laurent, jurisconsulte, curé de Durfort.
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Premier interrogatoire subi devant le subdélégué de l'évêque de Nîmes.
Ce subdélégué se rendit à Alais en juin 1310 pour interroger les Templiers détenus au château royal, où dix-sept avaient été transférés d'Aigues-Mortes, et huit de Nîmes.

Le curé de Durfort était assisté de deux chanoines de la cathédrale de Nîmes, de deux frères Prêcheurs et de deux frères Mineurs d'Alais. Le procès eut lieu au château, dans la salle du roi. Avant de prêter serment et de répondre, chaque Templier était débarrassé de ses fers et libre ; après son audition, sur l'ordre du commissaire, les geôliers le réintégraient en prison.

25 juin 1310, interrogatoire de Bernard de Siaugues : Reçu dans l'ordre, de vingt à vingt-quatre ans auparavant, à Saint-Gilles, par Pons de Brozeto, maître de Provence, en présence de frère Jourdain de Cereys et autres frères de l'ordre seulement, dans l'église de la commanderie, le matin, portes closes. Le maître lui donna une corde qu'il devait porter autour de son corps sur sa chemise, en signe de chasteté et de mortification. Avait juré de ne révéler ni les secrets de l'ordre, ni ceux de sa réception. « Ces secrets consistaient à vivre dans la chasteté et la pauvreté, à venir s'asseoir à la table commune, à manger et boire en silence. » Avait assisté à dix ou douze réceptions de frères, et à cinq ou six chapitres généraux tenus à Montpellier la nuit. Vers minuit, les frères se levaient, s'assemblaient et chantaient les matines, suivies d'un sermon prêché par un chapelain de l'ordre, lequel ensuite se retirait avec son compagnon (socius). Alors les portes étaient fermées, et l'on tenait chapitre sur les affaires de l'ordre : la bonne administration des maisons et granges du Temple, le changement de résidence des frères et « grangiers », l'exercice par le maître de la discipline intérieure de l'ordre et l'application faite, de l'avis des frères présents, des peines, comme l'exclusion de la table commune, la privation du manteau de Templier, ou la prison, en cas de larcin.

Répond négativement sur l'idole et son adoration, sur le chat et l'apparition de femmes dans les chapitres.

N'a jamais, dans ses confessions, soit à un prêtre de l'ordre, soit à d'autres prêtres étrangers, parlé que de ses péchés contre la règle.

Tout frère reçu dans l'ordre devenait immédiatement profès et était traité comme tel.

Si un frère eût révélé les secrets de l'ordre, il en aurait été puni par la privation de l'habit.

Aucun frère n'aurait osé révéler, même à d'autres frères, ce qui s'était fait en chapitre.

Enfin, le maître baisait le récipiendaire sur la bouche seulement.

Demande avec instance à rentrer dans le sein de l'Eglise, dont il avait été, dit-il, injustement exclu, car l'ordre était sans reproche (quia... ordo... bonus est).

27 juin. — Mêmes réponses de Griraud Cellérier, reçu au Puy douze ans auparavant et plus par Bernard de la Roche, précepteur de Saint-Barthélemy.

2 juillet. — Mêmes réponses de Bertrand de la Séauve, natif de Ceyssac près le Puy, reçu trente ans auparavant et plus à Montpellier par Rousselin de Fos, maître de Provence.

3 juillet. — Mêmes réponses de Mathieu Bigorre, reçu depuis deux ans environ ; au Puy, par Bernard de Gauzignan, précepteur de Saint-Barthélemy ;

Mêmes réponses — de Marc Bonneton, natif du Puy, reçu par Pons de Brozeto, maître de Provence ;

Mêmes réponses — de Pierre Chalendon, originaire du Lyonnais, reçu au Puy trente ans auparavant environ par Jourdain de Cereys, précepteur de Saint-Barthélémy. Ce dernier dit en tremblant (quasi trepidando) qu'il lui avait été, sous peine d'excommunication, défendu par son supérieur de ne révéler à personne les secrets de l'ordre ; puis il se reprit, en balbutiant et marmonnant des paroles inintelligibles (quasi baibutiendo et verba intricate proferendo), et finit par dire que cette défense ne lui avait pas été faite.

13 juillet. — Mêmes réponses de Jean Pélissier, du Puy, reçu au Puy quarante ans auparavant et plus par Rousselin de Fos, maître de Provence.

Deuxième interrogatoire subi devant le même subdélégué, avec application à la question.

Le 29 août 1311, avant de clore sa procédure, Guillaume de Saint-Laurent, assisté des mêmes six religieux, condamna tous les Templiers détenus à Alais à être appliqués à la question, afin de leur arracher la vérité (pro veritate cruenda).

Bernard de Siaugues subit, le premier, l'épreuve de la question modérée. Dans les tourments, il revint aux aveux : par lui déjà faits devant le commissaire du roi : Il ajouta qu'en communiant il croyait ne recevoir qu'une hostie blanche, non consacrée ;
Que « personnellement » il avait vu, dans un des chapitres provinciaux tenus à Montpellier, la nuit suivant la coutume, exposer un chef ou tête humaine, et qu'aussitôt le diable était apparu sous la forme d'un chat qui allait et venait autour de cette tête, parlait aux frères assemblés et leur promettait de bonnes récoltes et de grandes richesses ;
Qu'ils avaient tous adoré cette tête, et qu'après des démons étaient apparus sous la figure de femmes dont chaque frère avait abusé à son gré, mais non pas lui ; Que le chef répondait aux questions que lui adressait le maître du Temple. Il protesta de son profond repentir d'avoir si longtemps vécu dans ces désordres sans les révéler à l'Eglise, abjura solennellement ces erreurs et sollicita humblement son absolution.

Les vingt-huit autres Templiers, notamment Bernard de la Séauve, Giraud Cellérier, Pierre Chalendon, Jean Pélissier, Mathieu Bigorre et Marc Bonneton, firent les mêmes aveux, excepté sur l'adoration de la tête et l'apparition des démons sous forme de femmes, que quatre accusés, étrangers au Velay, nièrent absolument.
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Abolition de l'Ordre — Absolution des Templiers du Velay.
Le concile de Vienne, présidé par Clément V, s'assembla le 16 octobre 1311 et dura jusqu'au 6 mai 1312. L'ordre des Templiers fut aboli le 22 mars 1312. Quant à la condamnation personnelle des Templiers, elle fut remise au jugement des conciles provinciaux.

Le 25 octobre 1312, Hugues Géraud, doyen de Saint-Yrieix, référendaire du pape, manda, de l'avis du cardinal de Tusculum, à l'évêque de Nîmes d'absoudre ceux des Templiers détenus à Alais qui avaient avoué, et de permettre aux absous d'entendre la messe et de recevoir les sacrements.

Le 8 novembre, l'évêque transmit cet ordre à son subdélégué. Le lendemain, ce dernier s'étant rendu à Alais, Bernard de Siaugues, Jean Pélissier, Pierre Chalendon, Giraud Cellérier et Mathieu Bigorre (Bernard de Séauve et Marc Bonneton étaient absents : Etaient-ils morts ? — Peut-être, leur détention durait depuis cinq ans) renouvelèrent leurs aveux, reçurent l'absolution et furent réadmis à la communion des fidèles.

Les biens des Templiers : « moins leur trésor que le roi confisqua », furent donnés à l'ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

De cette milice vaillante, glorieuse et, même, si populaire aux beaux jours de son institution, il ne resta bientôt plus au Puy qu'une légende recueillie au XVIe siècle par Etienne Médicis :
« Disent aucuns, non pas que je l'aye trouvé, que quant ceste expulsion advint, lesditz Templiers de Saint-Bartholomy, votant leur dommaigeuse desconvenue et que ne pouvoient résister à la force de leurs exécuteurs qui fort approuchoient, pensarent trouver eschapatoire (Il est en effet, surprenant qu'en 1307, aucuns frères chevaliers ou prêtres n'aient été arrêtés dans les commanderies du Velay. Peut-être, comme la tradition le donne à entendre, réussirent-ils à fuir sous un déguisement en Auvergne ou dans le Lyonnais, c'est-à-dire, hors de la sénéchaussée de Baucaire, en ce cas, ils ne durent pas tarder à tomber entre les mains des officiers royaux. Il n'est donc pas impossible qu'on retrouve des Templiers du Velay, parmi les Templiers interrogés dans le diocèse de Clermont et ailleurs.), et ne scay [ce] qu'ilz devindrent. Mais avant par folle vindication, gectarent en ung puis de léans grande porcion de bonnes et excellentes reliques qui léans reposoient, desquelles je ignore les noms. Pourquoy se dit que, à cause desdites reliques, l'eau de ce puys est moult utile et vertueuse au purgement de plusieurs et diverses langueurs et egritudes, ainsi que Dieu le permet, pour l'honneur de ces glorieux sainctz. »

« Les Templiers croyaient que l'Ordre serait rétabli après le procès et quelques-uns redoutaient d'être punis par leurs supérieurs à raison de leurs réponses. »

Suite les Chartes
SourcesIntroduction au Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay, publié par Augustin Chassaing — (1882)
Sources : Augustin Chassaing, Le Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay. Paris 1882.
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