Les Templiers   Etudes templières   Les Croisades

Quelques études réalisées sur les Templiers

Etude sur les Templiers du Quercy et le Temple de Cahors


Les Maisons du Temple dans le Quercy
Dans l'explosion de générosité qui poussa les seigneurs féodaux à faire de riches dons aux Templiers, le Midi ne fut pas le moins enthousiaste ; en 1136, le Languedoc, en 1139 le Périgord, en 1158 le Rouergue virent s'installer de puissantes Commanderies ; notre région eut d'ailleurs un excellent stimulant en la personne de Bertrand de Blanquefort ou Blancafort, qui, issu d'une grande famille de Guyenne occupa dès 1154 et pendant 14 ans la Grande-Maîtrise.

Le Quercy eut donc ses établissements à son tour, et bien que la légende en place en des lieux où il n'y en eut jamais, des documents, malheureusement trop rares, permettent de fixer avec certitude la situation de quelques-uns.
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Montricoux (1181)
Les chanoines réguliers de Saint-Anthonin ou Antonin (Rouergue) fondèrent la première templerie du Quercy. En 1181 Etienne, leur prieur, donna au Maître (1) « Forsenetius », qui en prit possession au nom du Grand-Maître Arnaud de Toroge ou Tour-Rouge (Arnaldus de Turri Rubra) (2) les biens que possédaient les chanoines à Montricoux (où était l'ancien monastère de Saint-Pierre de Mormac), Saint-Benoît de Castres, Saint-Laurent de Marsa (ou Mauressac), près Beauregard.

Les conditions de cette donation portaient que les Templiers prendraient l'engagement de faire célébrer l'office divin dans les églises de ces trois paroisses. Les bénéficiaires s'empressèrent d'entourer leurs nouvelles propriétés de solides murailles que l'on voyait encore vers 1678 (3).

M. Dumège, de l'Aveyron, a trouvé des documents, cités par M. Belhomme (4), relatifs au Temple de Montricoux et datés de 1276.
M. Belhomme, d'après un acte découvert dans les archives de la seigneurie, écrit que « l'an 1313, les consuls de Montricoux remettent la décision d'un Procès qu'ils ont avec Guillaume Marcoyran, de Caussade, à Squin de Florian, balet du roi et seigneur audit Montricoux.
L'on voit que les Hospitaliers n'héritèrent pas de tous les biens des Templiers, mais que peu de temps après la condamnation de l'Ordre, l'un des dénonciateurs possédait l'une des neuf mille seigneuries qui avaient appartenu à cette milice célèbre » (5).

Pour la clarté de cette dernière phrase, il faut se reporter à la déclaration du Templier Raoul de Gisiac, qui accusa nettement le comprieur de Montfaucon Esquius de Floyrac, de Béziers, d'être l'un des dénonciateurs de l'Ordre et l'un de ses ennemis acharnés (6).
En novembre 1268, le Commandeur de Montricoux était Sancelin de Cericys.
1. De la Province, sans doute.
2. Originaire de l'Arragon.
3. Abbé de Fouilhac : Chronologie du Quercy, 1208 à 1560 (manuscrits)
4. Revue Archéologique de Toulouse, Tome V. page 193.
5. De Barrau : Documents sur les Ordres du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem dans le Rouergue, page 99.
6. Michelet : Procès des Templiers, tome, I. page 36.
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Genebrède (1); Audubrand (2); La Tour-Etienne (3); Labouffie (4) - (1209)
Le comte de Toulouse donna aux Templiers, vers 1209, la terre allodiale de Genebrède, dans la baronie de Castelnau. Pons Ier, de Gourdon, leur inféoda à la même époque, les fiefs d'Audubrand, de la Tour-Etienne et de Labouffie où ils, construisirent des châteaux fortifiés servant d'hospices (5).
1. Genibrède.
2. Audebrane.
3. Tour d'Etienne.
4. Saint-Paul-Labouffie.
5. Limayrac : Etudes sur le Moyen-âge. Monographie de Castelnau-Monratier, page 100.
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Le Bastit (fin du siècle)
Il est difficile de préciser la date de fondation de la Maison du Bastit, il est certain toutefois qu'elle fut établie vers la fin du XIIe siècle.

Au commencement du XIIIe elle était en pleine activité (1).
Les seigneurs de Béduer, Gramat et Gourdon la dotèrent à l'envi et il ne serait sans doute pas impossible de retrouver des actes relatifs à ces libéralités.

Le Procès que nous verrons ci-après nous révèle les noms de quelques Templiers attachés à cette Commanderie :
1298. Raymond Robert, commandeur, preceptor.
1305. Gérard de Caus, de Rodez, commandeur de la Baillie : preceptor ballive del Bastre.
1305. Guillaume Fabre ou Fabry, presbyter domus.
1305. Guillaume Labbé, camérier, camerarius domus.
1305. Gaucelin de Sancto-Jorio, chevalier, miles.
1305. Raymond Bornarel, de Gourdon, sergent, serviens.

En 1275, les Templiers du Bastit eurent une contestation avec les habitants de Gramat au sujet d'une question de pâturages; le frère Pierre Geoffroy fut pris comme arbitre ainsi qu'un seigneur étranger à l'Ordre ; à cette époque le commandeur du Bastit se nommait Rodulphe (2).
En 1282, l'affaire prit fin et Pons de Brohet, qui s'intitule Grand- Maître des Templiers accepta un arrangement qui régla tout (3). - Pons de Brohet n'était en réalité que Maître Provincial, car le Grand- Maître de ce temps était Guillaume de Beaujeu (1273-1291).
1. Lacoste : Histoire du Quercy. Tome II, page 128
2. Lacoste : Histoire du Quercy. II, page 335.
3. Registres de la Commune de Gramat, cités par M. Balaguayrie dans sa Monographie de la Seigneurie de Gramat (manuscrits)


Le Bastit
Jadis, le Bastit appartenait aux Templiers. Après l'arrestation et la dispersion des membres de l'Ordre en 1307, leur château fut confisqué et donné aux Chevaliers de Malte qui y installèrent le siège d'une Commanderie. On a découvert dans ce bourg des médailles de Jules César et des pierres gravées représentant des têtes d'empereurs romains.


Le Bastit
M. Daymard lit divers documents extraits de l'Histoire de la baronnie de Gramat, par M. Balaguayrie. « Contestation entre la communauté de Gramat et les Templiers du Bastid, en 1271 ». — « Différends survenus entre les seigneurs de Gramat et les religieux de Carennac depuis le moyen-âge jusqu'à la Révolution.
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La Capelle-Livron (Fin du XIIe siècle)
A quelle date précise fat fondée cette Commanderie ? et par qui ? La question est toujours sans réponse. On pense qu'elle fut créée vers le même temps que celle du Bastit, mais c'est là pure conjecture (1). Il existe aux archives communales de La Capelle-Livron une charte portant confirmation, en novembre 1268 des coutumes non écrites octroyées aux habitants de La Capelle du Temple par Rosselin de Fos, maître de la langue de Provence (2). Nous y trouvons la composition de cette Commanderie à cette époque :
Boysso (Ramon del), comandador de la Capella de la Cavaleria del Temple.
Castilho (Guilhem de), cambrier.
Corregier (Ramon), capelas (prêtres)
Columba (Bernat), capelas (prêtres)
Girbert (?), capelas (prêtres)
Yzarn (Benat), cavaliers (chevaliers)
Calmon (Arnaud del), cavaliers (chevaliers)
Salvanhac (Hat. de), cavaliers (chevaliers)
Bonet (Peyre), sindic.
Bertholomieu (?), celarier.
Castanet (Guilhem de), servientes ?
Valelhas (Huc de), servientes ?
Dacier (Peyre), servientes ?
Pers (Estève de), servientes ?
Valo (Huc de), servientes ?
Artal (Peyre), servientes ?
Raos (Hug.) et Cericys (Sans, de) « Comandayre de Vaor (3) et de Monricos (4) » s'y trouvaient de passage et prirent part à la délibération du chapitre.

La Commanderie avait comme dépendances quelques terres en Rouergue : les domaines de Ginouillac (paroisse de Marin) près de Villefranche, de Lespinassière, du Juge et de Bramalou, avec leurs grands bois (5).
1. Lacoste : Hist. du Quercy. II. p. 128.
2. Abbé Galabert : Les Coutumes de La Capelle-Livron. (Bulletin Historique et Philologiques 1897).
3. Vaours dans le Tarn.
4. Montricoux.
5. De Barrau : Documents sur les Ordres du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem en Rouergue, page 16.


Lacapelle-Livron
Les Coutumes de Lacapelle-Livron, octroyées le 16 novembre 1268, par Jean de Boisse, commandeur des Templiers et recueillies par M. l'abbé Galabert. Au cours de ce document écrit en langue romane nous trouvons, entre autres choses intéressantes, le nom de plusieurs chevaliers de l'Ordre du Temple originaires du Quercy : Bernat Yzarn, Hat de Salvanhac, Peyre d'Assier, Estève de Pern, Huc de Valon, etc., etc.;
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Figeac (fin du XIIe siècle)
D'après la tradition, les Templiers occupèrent à Figeac, vers la fin du XIIe siècle, un emplacement situé au N.-O. de la ville. Cet endroit est connu sous le nom de la Curie et se trouve près du ruisseau des Carmes (1).
1. Debons : Annales ecclésiastiques et politiques de Figeac, page 100.
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Moissac
Cette ville posséda également une Templerie d'une certaine importance, car dans le catalogue donné plus loin des Templiers qui furent conduits à Paris, on en trouve plusieurs amenés de Moissac.
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Ruines de Taillefer
Placé sur une élévation qui domine les vastes plaines de Tauriac, Prudhomat et Girac où se réunissent la Cère et la Dordogne, ce village nous offre une séduisante perspective. Devant nous, les ruines lugubres de Taillefer, restes d'un hôpital des Templiers et le château gothique de Loubressac. Sur un autre point le château de Castelnau.
Les Templiers de Cahors; de M. l'abbé Taillefert, un tirage à part : Les Tard-Avisés en Quercy.
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Divers autres biens
On signale encore des vestiges de constructions templières à Martel, à l'Hôpital Saint-Jean près Sarrazac, au Montat, à Pinsac, à Saint- Martin-de-Vers (1), etc.
1. L. Combarieu : Dictionnaire des Communes du Lot.
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La Maison du Temple de Cahors
Les Templiers s'installèrent, à Cahors en 1196, sous l'épiscopat de Géraud. Hector IV.
Ses Origines.
Nous avons vu tout à l'heure que le Quercy avait été favorisé dans la distribution de domaines féodaux faits aux Chevaliers Templiers. Cependant Cahors ne fut que la deuxième ville dans l'ordre des fondations de Commanderies Quercynoises.

Les puissants seigneurs de Vayrols, admirateurs des beaux faits d'armes des Templiers, firent don à leur Ordre (1194 ou 1196) de plusieurs maisons qu'ils possédaient à Cahors dans une petite rue portant le nom de Rue de Vayrols, (Ce berceau du Temple de Cahors existe encore dans le quartier dit des Badernes et porte le nom de Rue du Temple).

Les frères de la Sainte-Milice vinrent s'installer dans, notre ville et reçurent chez eux, selon les obligations de leur règle, des voyageurs, des pèlerins, des émigrants. En ces temps de troubles, de guerres, d'épidémies, les gens qui couraient les grands chemins étaient au point de vue sanitaire, quelque peu suspects. Un assez grand nombre des hospitalisés du Temple mouraient, et beaucoup par maladies Contagieuses.

On se représente assez facilement les conditions antihygiéniques dans lesquelles, pouvait être établi un hôpital situé au coeur de la ville dans une rue étroite.

Pour éviter une infection qui aurait pu être fatale à la population, les autorités, invitèrent les Templiers à transporter hors ville leur dangereux établissement.

Ils allèrent alors occuper, l'emplacement appelé aujourd'hui la Chartreuse. Qui leur donna ces vastes terrains ? L'histoire ne le dit pas ; Mais On sait qu'ils avaient jadis été couverts d'établissement, religieux, ruinés lors des incursions sarrasines, et dont les ruines étaient abandonnées depuis le VIe siècle. Il est permis de conjecturer que ces immeubles, autrefois monastiques, appartenaient à la mense épiscopale et que ce fut Géraud Hector IV, évêque de Cahors (1148-1199), qui les remit aux Templiers (2).

On évalue à 5 hectares au moins l'étendue de terres qu'ils eurent ainsi (3). En comparant au plan actuel de Cahors (1880), on voit qu'elle serait bornée approximativement :
Au Nord, par les rues des Augustins et des Gadourques
Au Sud par la rue du Lycée,
A l'Est par la rue Sainte-Claire,
A l'Ouest par l'avenue de la Gare.
Mise à par les rues des Augustins et des Gadourques et la situation de la gare, les autres rues ont visiblement changées de noms.

Ils déblayèrent une partie de ces terrains et y construisirent tout d'abord une chapelle, ensuite une église, puis des bâtiments d'habitation.

Le tout fut protégé par un mur d'enceinte d'une telle solidité que plus tard, pendant l'occupation par les Chartreux, il arrêta durant trois jours les soldats d'Henri de Navarre qui furent obligés de faire un siège en règle (4), (29 mai 1580).

Plusieurs anciens actes font mention de ces terrains. Le nom de « Terroir des Cadourques » (1374, 1452, 1502) est donné plus spécialement aux terres situées près le monastère des Minorettes (Sainte-Claire) ; celui de « Rivière du Pal » (1371) à celles plus rapprochées, de l'eau ; on trouve aussi le nom d' « Ortes de Valentré », cette partie occupe le même emplacement qu'au Moyen Age (5).

« Les Templiers possédaient la majeure partie de ces terrains, et ceux qui les a voisinaient, et qu'on nomme Sainte-Croix, comme le prouvent 37 reconnaissances en faveur des Chartreux du XIVe et du XVe siècles. Ces religieux avaient, spécialement, encore au XVIIe siècle, la terre où sont les ruines de l'amphithéâtre. (Cadastre de 1650). » (6);

A côté de ces quelques lignes de notre érudit compatriote, Emile Dufour, nous devons placer une citation de l'Histoire manuscrite de la Chartreuse :
« Les curieux seront bien aises de savoir que tout cet espace de terre qui est au-dessus du couvent des religieuses de Sainte-Claire, et dont nous avons en partie la directe, est appelée dans les titres le « Terroir du Temple », non pas qu'il ait jamais appartenu aux Templiers mais par ce que, du tems des païens, il y avait un temple dédié à la déesse Diane, qui selon leur sentiment présidait aux fontaines, et comme celle de Polemius venait se rendre en cet endroit, on y éleva cet édifice à l'honneur de cette divinité » (5).

Description du Temple de Cahors
A défaut de documents descriptifs de l'époque, peut-on, par déduction, se représenter ainsi la Commanderie de Cahors, dite de Sainte-Marie du Temple ? - Une enceinte de hautes et fortes murailles flanquées de tours de distance en distance.
- Au milieu de cette enceinte : la chapelle mortuaire contenant les sépultures des Templiers et les caveaux de famille des seigneurs de Vayrols et des autres bienfaiteurs de l'Ordre. L'église avec ses vitraux armoriés, ses riches ornements et ses stalles sculptées.
- Le cloître avec ses galeries.
- Son dortoir, son réfectoire, la salle capitulaire.

Les dépendances - celliers, écuries, étables, granges.
- La tour où se trouvaient le trésor, les archives et l'arsenal.
- Les jardins et les promenoirs où les Chevaliers prenaient quelques distractions.

Mais laissons la parole à Dom Bruno Malvesin qui vit au XVIIe siècle quelques vestiges de l'ancienne Templerie, nous n'osons dire quelques restes de son ancienne splendeur :
« Ces Chevaliers ayant d'abord bâti une petite église, et ensuite une plus grande, pour reconnaître les biens faits de leurs fondateurs, leur accordèrent le droit de sépulture dans l'une et l'autre de ces églises, comme il paraît par deux épitaphes qui restent encore, dont l'une faite auparavant que les Chartreux fussent établis dans Cahors est devant la chapelle des morts, qui est la première église des Templiers, laquelle épitaphe est gravée sur un marbre en lettre gothique et en langage partie latin et partie vulgaire, ce qui fait voir la rudesse et l'ignorance de ce temps-là :
Image croix pattée - ANNODNI M.C.C. LXXXVI. MORI GAVFRE DE VAYROLS EL MES DE JVLLO JOR DE SANTA MARGVERITA CVJVS ANIMA REQVIESCAT IN PAGE. AMEN.

« On voit encore aux vitres de cette chapelle les armes de la maison de Vayrols qui sont : d'azur à une aigle éployée d'or, membrée et becquée de mesme, parti d'or à quatre bandes ou cottices de gueules. »

« Dans la chapelle qui est vis-à-vis la partie de l'église où il y a un tableau de Saint-Bruno, mais qui est dédiée aux Saints-Anges, il y a un autre tableau dont le dedans est entouré de grandes pierres bien ciselées, où il y a en bas-relief diverses figures à la gothique ; à côté il y a une petite porte qui va vers la chapelle de l'Ecce-Homo ; c'est là sans doute le sépulcre de celui qui fit bâtir cette chapelle, dont les armes sont à la clef de la voute, lesquelles sont : d'azur au lion d'or accompagné d'un trécheur fleuré de mesme. J'appréhende pourtant que le peintre en grisaillant cette chapelle ait mis les émaux à sa fantaisie. Par la figure de l'écu de ces armes lequel est presque un triangle, on peut assurer qu'il est fort ancien.

« On voyait autrefois dans notre église d'autres épitaphes gravées sur des grands marbres ou belles pierres, lesquelles étaient en partie du temps des Templiers. »

« Il y a encore trois sépulcres dans le choeur, entre le lutrin et la corde de la cloche. On les ouvrit depuis peu en faisant raccommoder le pavé de l'église. J'y descendis dedans et je trouvais que c'était comme trois petites chambres bien carrelées, et que par le moyen de deux portes qui sont aux côtés de celui du milieu on entre dans les autres. Je n'y vis que deux ou trois grands os de quelque mort, avec quelque fragment d'une pierre sur laquelle restait encore la moitié de quelques lettres gothiques d'une épitaphe, mais il était impossible de pouvoir en déchiffrer un seul mot. »

« Quelle diligence que j'aie apporté pour tâcher de découvrir s'il ne restait point dans notre Chartreuse d'autres monuments du temps des Templiers, je n'ai pu trouver que quelques armes qui sont peintes sur la muraille, autour d'une salle basse, à demie effacées qui sont sans doute celles des Grands-Maîtres de ces Chevaliers ou bien celles des Commandeurs de cette maison, lesquelles on peut blasonner comme il suit (6) :
1. D'or à deux léopards de gueules (7);
2. De gueules à...... ;
3. D'or avec lion de gueules brisé d'un bâton de sable (8);
4. Partie emmanché de quatre pièces d'or et d'azur (9);
5. D'or avec lion de sable entouré de billettes de même mise en orle (10);
6. D'azur avec croissant montant d'argent (11);
7. d'azur semé de fleurs de lys d'argent en chef ; il y a quelque pièce d'or, mais comme elle est un peu effacée, on ne peut pas bien juger si c'est un lambel (12);
8. D'azur avec lion d'or accompagné d'une bordure de même chargée de palmes de sable;
9. Bandé de gueules et d'hermines de six pièces (13);
10. Ecartelé en sautoir : au 1er d'or chargé de gueules, à la bordure de gueules, aux trois autres quartiers d'argent à 7 roses de gueules;
11. D'argent à la croix bourdonnée de gueules (14);
12. A une aigle éployée (les émaux sont effacés) (15);
13. Ecartelé au 1 et 4 à deux bandes (les émaux sont effacés) au 2 et 3 d'azur au château d'or (16);
14. D'azur à trois bandes d'or (17);
15. D'azur à une croix d'argent dont les extrémités sont terminées en fer de flèche (18)

« Toutes les autres armes sont effacées à cause qu'on a retranché une partie de la sale ; il y a apparence quelle servait de réfectoire ou de chapitre aux Templiers, car il paraît qu'il y avait au tour des bancs dossiers... »

Voilà tout ce qui reste de la description du Temple de Cahors ; cette insuffisance de détails fait bien vivement, désirer autre chose et Dom Bruno Malvesin, si prolixe sur des sujets peu intéressants, se montre vraiment trop succinct sur un point si important pour nous. Il se perd en renseignements inutiles sur l'incurie des Abbés de la Chartreuse qui n'ont pas su et ne savent pas substituer des bâtiments commodes aux rudes constructions des Templiers. Il a un plan excellent, du moins il l'affirme, mais il ne décrit pas les bâtiments qu'il faudrait jeter bas pour en édifier d'autres plus... modernes.....
Prenons ce qu'il nous donne, et, comme le Sage, contentons-nous de peu.

* * *

Les Templiers ne paraissent pas avoir eu une bien grande reconnaissance pour l'évêque de Cahors qui avait facilité leur installation définitive en cette ville. En effet, peu après leur arrivée (dès 1198) ils s'attirèrent la lettre suivante d'un ami de Géraud Hector :
« Au Maître de la Milice du Temple et à ses Frères qui demeurent en Provence, Hugues le Brun, comte de Lusignan et de la Marche, Salut :
« Le seigneur Géraud Hector, Evêque de Cahors, nous a fait ses plaintes de vous, en ce que vous refusez de lui payer ce que vous lui devez et retenez avec violence; de sorte que, comme j'ai appris, vous avez encouru excommunication pour cet attentat. D'où vient que, comme j'ai beaucoup de compassion pour sa pauvreté, et que je ne saurais lui refuser mon secours pour le zèle de la Justice qui m'y oblige ; et encore ayant égard à la pauvre maison de Grandmont qui est en nos terres, et que ce prélat est contraint de manger le pain des autres, je vous mande et avertis de composer en telle sorte avec lui qu'il n'ait plus aucun sujet de se plaindre de vous; autrement, je serai obligé de poursuivre et de venger ses injures. J'exigerai en cette conjoncture et de vous et des vôtres jusqu'à la dernière maille. » (19)

Que devint le Temple de Cahors ?
- On voit par ce qui précède que les Chartreux possédèrent le Temple de Cahors, voici comment ils en devinrent propriétaires.
Après l'abolition de l'Ordre par le Concile de Vienne en Dauphiné, l'an 1311, ses biens furent morcelés. Néanmoins ce fut l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui en reçut la majeure partie (20).

Mais, pour entrer en jouissance, ces derniers durent verser au roi d'assez fortes sommes, et il leur fallut aliéner aussitôt plusieurs des domaines qui leur avaient été attribués.

Le Pape Jean XXII, désirant doter d'une Chartreuse sa ville natale, entra en pourparlers avec Elie de Villeneuve, Grand-Maître de l'Ordre des Hospitaliers et lui acheta pour la somme de 2500 florins « de vrai or de France » tout ce qui, à Cahors et environs, avait appartenu aux Templiers : « une maison, jardin, verger, cloître, chapelle pour enterrer les morts et une église dédiée à la Sainte-Vierge, avec quelques autres fonds et droits seigneuriaux » (21).

La vente fut conclue à Avignon au Palais d'Arnaud de Via, évêque de cette ville et cardinal du titre de Saint-Eustache, le 26 octobre 1320.

Disons, à titre de curiosité, que les témoins de cet acte étaient tous ou de Cahors ou parents de Jean XXII :
1. Arnaud de Via, cardinal-évêque d'Avignon était de Cahors et neveu du pape ;
2. Pierre, archevêque d'Aix, était Pierre Després, de la maison de Montpezat, parent ou au moins allié de Jean XXII. Il devint cardinal-évêque de Palestrina quelques mois après ;
3. Géraud, évêque de Limoges s'appelait Rotgier ou Rotquier et était natif de Cahors et parent de Jean XXII ;
4. Pierre, abbé de Saint-Gernin de Toulouse était Pierre Le Teissier ou Textoris, natif de Cahors ; Jean XXII le créa peu de temps après cardinal-prêtre du titre de Saint-Etienne au mont Celicy ;
5. Pierre Duèze était le frère de Jean XXII ;
6. Pierre de Via, natif de Cahors était beau-frère du même pape ;
7. Arnaud de Trian, originaire de Cahors avait épousé une nièce de Jean XXII ; le notaire même qui passa le contrat, Pierre Marini, était de Cahors (22).

* * *

Le 25 novembre 1320, la vente fut ratifiée à Arles, en chapitre général des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Gasbert de Bella Via, évêque de Marseille et Camérier du Pape, et Pierre Marini, notaire apostolique stipulèrent au nom du Souverain Pontife.

* * *

Laissons la parole à l'Historien de la Chartreuse.
« Quand Jean XXII eut acheté les biens qui avaient été autrefois aux Templiers dans Cahors, avant que de les donner aux Chartreux pour ne se mettre pas en danger de ne leur faire présent que de peu de chose (parce que les Templiers étant arrêtés prisonniers, leur maison fut en quelque sorte mise au pillage, chacun en prit ce qui l'accommodait, et il y eut des habitants qui ne manquèrent pas de se saisir de leurs titres ou au moins d'une partie sur tous ceux qui leur devaient des rentes), Jean XXII donna le soin à Pierre de Carriol et à Bernard du Pariage, chapelain et vicaire perpétuel de l'Eglise de Notre-Dame de la Daurade, de s'en informer et de tâcher d'en faire durant quelques années les reconnaissances pour voir en quoi le revenu de ses biens pouvait présentement consister » (23).

La municipalité de Cahors avait donné le signal des spoliations auxquelles il est fait allusion plus haut : « Ces Chevaliers (Templiers) avaient une place, joignant leur maison, où l'on tenait le marché aux bêtes, laquelle leur portait un certain revenu. Mais, lorsqu'ils furent arrêtés, les Consuls s'en emparèrent. Le Pape Jean XXII, quelques années après notre fondation, en ayant été informé, les obligea de rendre ce qui ne leur appartenait pas » (24).

* * *

Ce ne fut que le 11 janvier 1328 que Guillaume de la Chapelle, Grand-vicaire de Bertrand de Cardaillac, évêque de Cahors, mit les Chartreux en possession de l'ancien domaine Templier.

Pour avoir été longue, l'enquête de Pierre de Carriol et de Bernard du Pariage ne paraît pas avoir donné des résultats bien brillants, en effet, Malvesin ajoute plus loin : « Ce n'était pas le tout de loger les Chartreux, il fallait leur donner de quoi pouvoir subsister. Jean XXII n'avait eu rien de revenant de ce qui avait été aux Templiers que quelques droits seigneuriaux sur quelques maisons de la ville et quelques petits fonds de terre aux environs, ce qui n'était pas suffisant pour cela » (25).

* * *

De nos jours, il ne reste aucun vestige de la Maison du Temple de Cahors.

Nous avons déjà relaté les projets de travaux à exécuter par les Chartreux; dans la préface de son manuscrit, leur Historien laisse entendre que ces travaux devaient entraîner la démolition de tous les anciens bâtiments : « Quand le pape Jean XXII fit bâtir la Chartreuse de Cahors, il ne fit faire rien de superbe. Il voulut que tout fut selon la simplicité des Chartreux, néanmoins solide et régulier autant que le lieu le pouvait permettre, mais, comme dans l'espace de quatre cens ans cette maison s'est ressentie des injures du tems, on a souvent projeté de la renouveler tout à neuf. » Ce que le temps avait commencé, les guerres et les révolutions l'achevèrent, il s'ensuit que, moins heureuse que beaucoup d'autres villes, la nôtre n'a pu conserver que le souvenir du séjour de la puissante Milice du Temple.
1. Abbé de Fouilhac : Chroniques du Quercy, qui renvoie à un manuscrit de la Bibliothèque des Dominicains de Cahors.
2. Géraud Hector IV, évêque de Cahors de 1148 à 1199, suivant l'abbé de Fouilhac (Chroniques du Quercy, manuscrits) ; Géraud Hector III, évêque de Cahors de 1150 à 1201, suivant Guillaume Lacroix (Histoire des Evêques de Cahors. Traduction Ayma).
3, 5 et 6. Em. Dufour : Bulletin de la Société des Etudes du Lot, tome I. 1875.
4 et 5. D. Bruno Malvesin : Histoire de la Chartreuse (manuscrits)
6. Comme l'armorial du Quercy est encore (chose incroyable) un ouvrage à faire, je me suis adressé à deux héraldistes parisiens qui ont bien voulu rechercher les noms des familles portant des armes semblables à celles D. B. Malvesin a décrites d'une façon si sommaire. Je tiens à remercier ici ces deux aimables collaborateurs : MM. Chardin et Jousset.
7. Mussigny (Ile de France). - Painel-Mercy (Prov. inc.) - Quincarnon (Normandie). - Goncou (Bretagne). - M. J l'attribue d'une façon presque certaine à la famille de Blanchefort ; Or Bertrand de Blanchefort ou Blanquefort (Bertrandus de Alboforti) fut Grand-maître du Temple de 1154 à 1169.
8. Le bâton de sable est une brisure de branche cadette. - Saint-Exupéry (Limousin). - Rouffignac (id.). - Belvezer (Auvergne). - Beauvoir, (id.). - Boffinac (Limousin et Nivernais). - Dupuy-Melgueil (Prov. inc). - Du Puj... (Dauphiné). - Pelafol (Dauphiné). - Thier (Auvergne). - Barrau (Guyenne et Saintonge). -.Vivans (Ile de France). - Entraigues (Forez, Lyonnais). - Kerpoisson(Bretagne). - Miramont (Guyenne, Gascogne).
9. Parti émanché, etc. Quiqueran de Beaujeu (Languedoc). - A noter que Guillaume de Beaujeu (Guillelmus de Bellojoco) fut Grand-Maître de 1274 à 1291.
10. M. Jousset, Attribue ces armoiries aux Beaujeu. - Le Guillaume de Beaujeu, dont il est question à la note 9 était originaire de Bourgogne. (Voir Marisuet).
11. Kéranger (Bretagne,). - Rancé (??)
12. Saint-Gilles (Bretagne). - Foucault (id.)
13. M. Jousset, Attribue presque sûrement ces armoiries à la famille de Montaigu. (Pierre de Montaigu (Petrus de Monte Acuto) fut Grand-Maitre de 1218 à 1229.

14. D'après M. Jousset, Ces armes pourraient bien être celles du premier Grand-Maître du Temple (1118-1136)
15. D'après M. Jousset, pourrait être Pruin (actuellement Pruynes), nom célèbre : dans le Temple.

16. Il a fallu rechercher ici, séparément, d'abord les familles portant deux bandes (en ignorant les émaux), ensuite celles portant d'azur au château d'or, ce qui donne : 1º Guilbert (Normandie). -Provost (Bretagne). - Couessin - (id). Dubois (Bourgogne). - Barville (Maine). - Gaubert (Provence). - Lannoi -(Picardie). - 2º Gourfaleur du Mesnil (Normandie). - Coëtquenon (Bretagne). Tyvarlan (id).
17. Lupé: (Gascogne). - Laroche de Lupy (Nivernais). - Barthelemy (Auvergne). - Vitasse (Picardie). - La Prunarède (Languedoc). -Barthelemy de Gramont. (Auvergne). - Thaunois (Champagne). - Gain (Limousin). - Scorailles (Auvergne). - La Roche, (id.). - des Aimars (Dauphiné). - Gaiguon (Normandie). - C'est aussi Budos de Portes ou bien d'Escorailles.
18. M. Jousset, pense que ce pourrait, être des Barres. - Evrard, des Barres, (Eberhardus de Barris) fut Grand-Maître du Temple de 1147 à 1151.
19. Salvat : anno 1198. A. - Guillaume Lacroix : Histoire des Evêques de Cahors, traduction Ayma, page 281.
20. Bulle du 2 mars 1312.
21, 22, 23, 24, 25. D. B. Malvesin : Histoire de la Chartreuse (manuscrits)
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L'Arrestation des Templiers
Il ne rentre pas dans le cadre de cette étude de rechercher les causes de l'acharnement soulevé contre les Templiers, ce que nous en avons dit plus haut suffit ici, et de nombreux ouvrages généraux sont à la disposition de quiconque voudra reprendre cette mystérieuse affaire. Un précieux registre, dit le Te Igitur (1), déposé à la Bibliothèque de la ville de Cahors fait mention en ces termes de la retentissante arrestation des Chevaliers du Temple :
« Les Templiers furent arrêtés. - Sachez qu'en l'an du Seigneur 1307, le vendredi avant la fête de Saint Luc l'Evangéliste, sous le règne de l'excellent prince sire Philippe, par la grâce de Dieu roi des Français, Monseigneur Bertrand Del Got, Souverain-Pontife sous le vocable de Pape Clément V, furent saisis et emprisonnés dans tout le Monde tous les Templiers, et leurs biens séquestrés, et spécialement Messire Atho de Salvanhac, Chevalier du Temple, commandeur de maison de Lacapelle, avec ses confrères des maisons du diocèse de Cahors (2) »

Comme le dit le Te Igitur, la mesure fut générale, et, en suivant avec attention la procédure dès Commissaires enquêteurs de Paris et de la Province, nous avons relevé les noms de beaucoup de nos compatriotes arrêtés dans les maisons où ils résidaient, hors du Quercy; comme aussi d'autres noms de Templiers saisis et interrogés dans ce pays et appartenant ainsi à son histoire.

Nous avons groupé ces noms et les renseignements que nous avons pu recueillir sur chacun de leurs titulaires, dans une sorte de catalogue que l'on trouvera à la suite de ce travail.
1. Le Te Igitur a été publié par les soins de MM. Lacombe et Combarieu, d'abord dans le Bulletin de la Société des Etudes du Lot, puis en un volume in-8º (M. Girma, éditeur).
2. Pour se reporter au texte latin, voir la note 1 page précédente.
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Procès des Templiers de Cahors
On a vu plus haut que l'évêque Raymond de Cornil (1280-1294) prenant des dispositions testamentaires en son château de Mercuès, en 1289 (1), avait compris dans ses libéralités la Maison du Temple de Cahors où résidaient à cette époque dix frères; or, le Procès de 1307 dont il va être question, n'en mentionne que sept. Faut-il conclure que la Commanderie avait réduit son effectif, ou bien que plusieurs frères étaient en voyage ou en fuite ?

Cela n'a d'ailleurs pas une bien grande importance et par bonheur la procédure instruite à Cahors nous a été conservée. L'original, consistant en un rouleau de parchemin de près de 2 mètres de longueur sur 0m, 23 de largeur, en parfait état, est déposé aux Archives Nationales.

On lira tout à l'heure la traduction de cet important document, encore inédit, croyons-nous, et dont nous donnerons également le texte ; voici les noms des sept Templiers arrêtés :
1. Renaud de Teyac (Raynaldus de Teyaco) (2);
2. Pierre de Teyac (Petrus de Teyaco), frère du précèdent (3);
3. Bernard de Cazals (4);
4. Etienne Gaucelino, dit Riota (5);
5. Guy Cocha;
6. Bernard de Belafatz;
7. Guillaume Arnaud.

1. Le Mercredi de la fête de Saint-Mathieu.
2. Raynouard : Monuments historiques, page 224, le nomme Raymond.
3. « Il y avait en Quercy une maison du nom de Tayac qui avait son domaine principal vers Gazals, Concorets et Peyrilles. Il est fait mention d'un Pierre Tayac, damoiseau, dans le testament d'Amalvin de Poudens ». (Lacoste: Histoire du Quercy, tome II. page 440.

4. « Bernard de Cazals était sans doute de la maison de Viel-Castel qui possédait la terre de Cazals et celle de Marminhac en partie. » (Lacoste : Histoire du Quercy, tome II. page 440.

5. Dupuy : Condamnation des Templiers, page 84, l'appelle Sancelino, et l'Auteur anonyme de l'Abolition des Templiers, page 99, Sommelin. Ce sont là des erreurs de lecture.
6. Archives Nationales ; Trésor des Chartres : J. 413 b, nº21.
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Confessiones Qurumdam Templariorum
Aveux de plusieurs Templiers (1)
« Au nom de Dieu, ainsi soit-il. L'an du Seigneur mil trois-cent-sept, le second jour du mois de janvier, indiction sixième, la troisième année du pontificat de notre très saint Père et seigneur Clément V par la divine Providence Pape 5e (du nom), en présence de moi, notaire et des témoins soussignés, ont été amenés les Frères (Templiers), Renaud et Pierre de Teyac, frères, fils de feu Bertrand de Teyac, de Calviac, diocèse de Cahors, se disant Frères de l'Ordre de la Milice du Temple. Et ils ont avoué spontanément et sans détours, à leur dire, un par un et séparément devant noble homme Tayac, damoiseau, dans le testament d'Amalvin de Poudens ».
1. Archives Nationales ; Trésor des Chartres : J. 413 b, nº 21.

« Jean d'Arreblay (2), chevalier de notre seigneur le Roi de France, et son sénéchal en Périgord et Quercy, et devant discret homme maître Jacques de Jasènes, clerc de notre même seigneur le Roi, inquisiteur de la foi, ce qui suit, tant pour eux que pour les autres. »
2. L'Auteur anonyme de l'Abolition, des Templiers (Paris, Belin, 1779) l'appelle par erreur le chevalier d'Areillau, page 99. - « Si l'on en croit Belleforêt, ce Jean d'Areblai était le frère de Pierre d'Areblai, chancelier de France, créé cardinal en 1316 par Jean XXII ». (Cathala-Coture : Histoire du Quercy, tome III, page 225)

« Et d'abord ledit Frère Renaud de Teyac déclara et avoua qu'il y avait dix ans, le Frère Pierre d'Albe, alors Commandeur de la Maison du Temple de Rougemont, diocèse d'Agen, le reçut dans une salle de cette Maison en présence du Frère Arnaud de Rougemont, encore vivant, et de plusieurs autres membres de l'Ordre, maintenant défunts. Et il avait alors, dit-il, 20 ans ou environ. Et après le discours généralement d'usage dans les réceptions des Frères dudit Ordre, et après la remise du manteau, ledit Commandeur et les autres Frères présents l'embrassèrent sur la bouche, et lui embrassa ledit Commandeur au bas de l'épine dorsale par dessus le caleçon, puis sur le ventre, par dessus la chemise. Ensuite sur l'ordre du Commandeur, il cracha une ou deux fois sur une croix figurée dans un livre que ledit Commandeur tenait ouvert dans ses mains. Il y avait un crucifix sur cette croix. Cela fait, ledit Commandeur lui enjoignit de garder la chasteté, mais de se montrer complaisant envers les autres Frères. Puis on lui donna une cordelette qu'il devait porter sur la chemise, comme tous ceux du même Ordre : il ne sait dans quel but, peut-être est-ce pour combattre les aiguillons de la chair. »

« Il dit aussi qu'il vit recevoir de la même façon comme Frère dudit Ordre son propre frère Pierre de Teyac ; au Temple de Saint-Michel, par le Frère Géraud La Vergue, et le Frère Jean de Bonnefont à Andrivals par le même La Vergne. Ils furent reçus comme lui, et il croit qu'un mode semblable est usité dans toutes les réceptions de Frères dudit Ordre. »

« Item, il dit qu'il n'a été prié, ni contraint par personne de dire quelque mensonge que ce soit contre les Frères ou quiconque dudit Ordre. Le Frère Pierre de Teyac susdit, déclara et avoua qu'il y avait quatre ans, le Frère Géraud La Vergne, alors Commandeur de la Maison du Temple d'Andrivals, diocèse de Périgueux, le reçut dans la chapelle de la Maison du Temple de Saint-Michel, diocèse de Bordeaux, en présence des Frères Pierre Moret, prieur, Renaud et Amalvin de Teyac, ses propres frères, Pierre de Pène et Guillaume de la Guillaumie, Arnaud de las Clocas, tous vivants actuellement et quelques autres dont il ne se souvient pas. Il avait alors 30 ans ou environ. »

« Après la remise du manteau que lui donna ledit Commandeur, et le discours d'usage, sur l'ordre dudit Commandeur, il embrassa celui-ci, primo sur la bouche, secundo, au bas de l'épine dorsale par dessus le caleçon, et tertio, sur l'ombilic. Puis, toujours sur l'ordre du Commandeur, il cracha trois fois sur une croix figurée dans un livre que le susdit Frère Moret, prieur, tenait ouvert dans ses mains, sur ladite croix était l'image du crucifix, et chaque fois, il disait qu'il faisait cela par mépris de Dieu. »

« Item, il dit qu'ensuite, le même Commandeur lui enjoignit de garder la chasteté, mais de se montrer complaisant envers ses frères ; et qu'une cordelette lui donnée pour qu'il la portât sur sa chemise, il ne sait dans quel but. »

« Il dit aussi qu'il croyait que l'on recevait les autres Frères de la même façon. »

« Item, il dit que personne ne l'avait poussé, conseillé ou contraint de dire aucun mensonge contre l'Ordre ou ses membres. »

« Les Frères susdits dirent aussi, et chacun à part, que c'était par pure et spontanée bonne volonté qu'ils avaient avoué ce que dessus, et que tout était bien l'expression de la vérité ; suppliant humblement tous les deux les susdits seigneur Sénéchal et Maître Jacques, de prier et obtenir qu'il en soit usé envers eux miséricordieusement tant pour la rémission de toute peine corporelle que pour une pénitence en vue de leur salut. »

« Fait à Cahors, au domicile de Raymond de la Barde, bayle royal à Cahors, présents : Maître Ythier de la Barde, Rioc de Lionies, Gaillard de Cordoue, clercs ; discrets hommes Maître Hugo Morcel, prieur de Montfaucon, diocèse de Périgueux, Monseigneur Pierre dit Magons, juge-mage près la Sénéchaussée de Périgord et Quercy, Jean de l'Oratoire, Pierre Ballène et Maître Géraud du Pré, clerc, public par l'autorité apostolique, témoins à ce requis. »

« Item, les an, jour, mois, indiction, pontificat et lieux susdits, en présence de moi, notaire, et des témoins soussignés, devant lesdits seigneur Sénéchal et Maître Jacques, a été amené le Frère Bernard de Casals, fils de feu Bertrand de Casals, du diocèse de Comminges, se disant Frère de l'Ordre de la Milice du Temple, lequel a déclaré et avoué, spontanément et sans détours, à son dire, qu'il y avait sept à huit ans, le dimanche avant la fête de Sainte Marie Magdeleine, autant qu'il peut se le rappeler, le Frère Guy d'Adhémar, Alors Maître provincial, le reçut dans une salle où ledit Maître était couché, dans la Maison du Temple de Villedieu, diocèse de Toulouse, en présence du Frère Raoul de Mauguastel, alors Commandeur de la dite Maison, et d'autres personnes dont il ne se souvient pas. Il avait alors 25 ans ou environ. Après la remise de manteau et le discours d'usage, il embrassa le dit Maître primo, sur la bouche, secundo « in ano » et tertio sur l'ombilic ; puis, ledit Maître ayant ouvert un livre dans lequel était figurée une croix avec l'image du crucifix, il renia Dieu et la croix, posant la main sur cette image. Et ledit Maître lui prescrivit de garder la chasteté, mais de se montrer complaisant envers ses frères ; cependant jamais, dit-il, il n'eut à user de cette latitude et personne ne lui en parla. »

« Item, il dit qu'on lui donna une cordelette qu'il devait toujours porter sur sa chemise : il ignore dans quel but. »

« Il dit encore qu'il ne vit recevoir comme Frères de l'Ordre que deux personnes, vers la fête de la Nativité de la Sainte Vierge Marie, à Montricoux. Ces réceptions, eurent lieu publiquement, mais ne se firent pas comme la sienne, et il croit que le mode employé pour lui devait l'être pour les autres. »

« Il dit aussi qu'il n'a été ni induit, ni conseillé, ni contraint de faire une fausse déposition contre l'Ordre ou ses membres et que c'était de sa pure et spontanée volonté qu'il avait fait les déclarations et aveux que dessus, et que c'était la vérité ; suppliant humblement les mêmes seigneur Sénéchal et Maître Jacques de prier et obtenir qu'on en usât miséricordieusement à son égard, tant au sujet de son pardon et de la pénitence pour son salut, que pour la rémission de toute peine corporelle. »

« Fait à Cahors, les an, jour, mois, indiction, pontificat et lieux susdits, présents nos seigneurs Guillaume de Vassanhac, Prévôt de Fagie, diocèse de Limoges et Pierre, dit Magnous, juge-mage près la sénéchaussée du Périgord et Quercy, et Maîtres Géraud las Coutz et Audouin Albert, notaires royaux, Pierre Ballène et discret homme Maître Hugo Morcel, prieur de Montfaucon, diocèse de Périgueux et Maître Géraud du Pré, clerc du diocèse de Cahors, par l'autorité apostolique notaire public, témoins à ce requis. »

« Les ans, indiction, pontificat et lieu susdits, le troisième jour du mois de janvier, en présence de moi, notaire, et des témoins soussignés, ont été amenés les Frères : Etienne Gaucelino, dit Riota, fils de feu Bernard. Gaucelino, du diocèse de Limoges, et Guy Cocha, Bernard de Belafatz et Guillaume Arnaud, fils de feu Guillaume Arnaud, de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron, diocèse de Cahors, se disant Frères de l'Ordre de la Milice du Temple, lesquels déclarèrent et avouèrent, spontanément et sans détour, à leur dire, un par un, séparément et chacun pour soi et à part, devant noble homme Monseigneur le Sénéchal et devant Maître Jacques susdits, comme il est relaté plus bas dans leurs déclarations ou aveux. »

« Et d'abord, le Frère Etienne Gaucelino, autrement dit Riota, susdit, déclara et avoua qu'il y avait 50 ans que le Frère Etienne de Lolio, mort depuis, Commandeur alors des Maisons de la Milice du Temple du diocèse de Limoges, le reçut dans l'église de la Maison du Temple de Monts, diocèse de Limoges, en présence de plusieurs Frères maintenant défunts. Il avait alors 15 ans ou environ. Après avoir reçu le manteau dudit Ordre et après les autres cérémonies et discours usités dans les réceptions, le Commandeur et les autres Frères présents l'embrassèrent sur la bouche et ensuite lui-même embrassa ledit Commandeur sur l'ombilic puis au bas de l'épine dorsale. »

Après quoi on lui présenta une croix avec un crucifix sur la face duquel il cracha deux ou trois fois en signe de mépris.

« Et il dit que ledit Commandeur lui enjoignit de garder désormais la chasteté, tout en lui prescrivant de se montrer complaisant pour les autres Frères de l'Ordre ; mais il ne tomba jamais dans ce péché. »

« Item, il dit qu'on lui remit une cordelette pour qu'il la portât jour et nuit sur sa chemise (en ce moment encore il la porte), et il ne sait pourquoi, à moins que ce ne soit en signe de pénitence. »

« Item, il dit qu'il vit recevoir comme Frère de l'Ordre le Frère Robert del Castaulz et un autre dont le nom lui échappe, et il déclare qu'il croit que le même mode de réception est observé pour les autres Frères, à moins que ce ne soient des grands seigneurs qui, sans doute, refuseraient de se prêter à de telles hontes. »

« Le Frère Guy Cocha, fils de monseigneur Guillaume Cocha, chevalier, du diocèse de Limoges, déclara et avoua qu'il y avait dix ans ou environ que le Frère Imbert de Comborn, Commandeur de la Maison du Temple de Paulhiac, diocèse de Limoges, le reçut dans l'église de la Maison du Temple de Champeaux, diocèse de Limoges, en présence des Frères Gaultier de Mon-Noguier, alors Commandeur de ladite Maison du Temple de Champeaux, Gérard la Dent, Jacques de Mon-Noguier, qui vivent encore, et de quelques autres morts depuis. Il avait alors 20 ans ou environ. Après les cérémonies et discours qui sont d'usage dans les réceptions, après avoir reçu le manteau, il embrassa ledit Commandeur, qui l'avait admis, primo, sur la bouche, secundo, au bas de l'épine dorsale, tertio, sur l'ombilic. Ensuite, sur l'ordre dudit Commandeur, il cracha une fois sur la croix de son manteau en reniant la Croix. Et ledit Commandeur lui enjoignit de garder désormais la chasteté, mais d'être complaisant envers les Frères dudit Ordre : ce qui ne lui arriva qu'une seule fois, et ce fut celui qui l'avait reçu qui abusa de lui. »

« Item, il dit que le jour même de sa réception, il vit recevoir comme Frère dudit Ordre son propre frère Bernard Cocha, par le même Commandeur, au même endroit, de la même façon et non autrement. »

« Il dit aussi qu'on lui ordonna de porter désormais, ainsi que les autres Frères dudit Ordre, une cordelette sur sa chemise ; ce qu'il avait fait jusqu'au jour de son arrestation ; et il dit qu'il croyait que le même mode servait communément et pour la plupart des autres réceptions. »

« Le Frère Bernard de Belafatz, fils de feu Pierre Cortavrel, d'Albussac, diocèse de Limoges, déclara et avoua qu'il y avait ans, le Frère Franco de Bort, alors Maître du Temple en Auvergne et en Limousin, le reçut dans l'église du Puy « de Notz » en présence de plusieurs Frères dudit Ordre, maintenant défunts. Il avait alors 30 ans ou environ. Et après le discours généralement d'usage dans les réceptions, et la remise du manteau, il embrassa ledit Maître au bas de l'épine dorsale puis sur l'ombilic. Ensuite on lui apporta un livre ouvert dans lequel était figurée une croix sur laquelle se trouvait, croit-il, un crucifix, mais il ne peut l'affirmer ; il cracha deux fois sur cette image en reniant Dieu et la Croix, sur l'ordre dudit Maître. Après cela ledit Maître lui enjoignit de garder la chasteté, mais de se montrer complaisant envers les Frères dudit Ordre. Ledit Maître lui ordonna aussi de porter désormais sur sa chemise une cordelette ou un cordon : il ne sait pourquoi. Il ne vit jamais recevoir d'autre Frère dudit Ordre, mais il croit que tous les Frères étaient reçus dans ledit Ordre comme lui, ou d'une façon analogue. »

« Le Frère Guillaume Arnaud susdit, déclara et avoua qu'il y avait dix-huit ans, le Frère Raymond de Dume, alors Commandeur de la Maison du Temple de la Marche, le reçut comme Frère dudit Ordre en présence de plusieurs Frères du même Ordre, jusqu'au nombre de trente, morts depuis ; c'était à la Maison du Temple de la Marche, diocèse de Clermont, et il avait alors 33 ans environ. Après un long discours, selon l'usage, et la remise du manteau, il embrassa ledit Commandeur, sur son ordre, primo, sur la bouche, secundo, sur l'ombilic, et tertio, au bas de l'épine dorsale. Ensuite, il cracha trois fois, toujours sur l'ordre du même Commandeur, sur une croix que celui-ci tenait entre ses mains, mais il ne se souvient pas s'il y avait un crucifix sur cette croix. »

« Item, il dit que ledit Commandeur lui enjoignit de garder la chasteté, mais de se montrer complaisant envers les autres Frères dudit Ordre. Le même Commandeur lui prescrivit de porter, comme les autres Frères dudit Ordre, une cordelette sur sa chemise, ce qu'il fit et faisait encore. »

« Item, il dit que le jour même de sa réception, il vit recevoir de la même façon, par le même Commandeur et au même lieu, le Frère Durand Malras, prêtre maintenant défunt ; et une autre fois, il assista à la réception du Frère Guillaume Assolent, à la Maison du Temple de Cassuac, diocèse de Clermont, par le même Commandeur et de la même manière. Il croit que tous les Frères dudit Ordre sont reçus ainsi. »

« Les Frères susdits déclarèrent aussi et assurèrent chacun de son côté, qu'après leur arrestation ils ne furent induits, priés ni contraints de faire aucune déposition fausse ou mensongère ni contre l'Ordre ni contre ses membres ; et que tout ce qui est contenu ci-dessus dans leurs dépositions était bien l'expression de la vérité ; et que c'était de leur pure, libre et spontanée volonté qu'ils avaient fait ces déclarations et aveux ; lesdits Frères suppliant et chacun d'eux pour son compte personnel, les susdits seigneurs Sénéchal et Maître Jacques de solliciter et obtenir qu'ils fussent traités avec miséricorde, tant en ce qui concernait la pénitence et l'indulgence pour leur salut, que pour la rémission de toute peine corporelle. »

« Fait à Cahors, au domicile de Raymond La Barde, bayle royal de Cahors, présents : ledit bayle et discrets hommes nos seigneurs Guillaume de Vassinhac, prévôt de Fagie, diocèse de Limoges, Hugo Morcel, prieur de Montfaucon, diocèse de Périgueux, Pierre Magnous, juge-mage royal en la Sénéchaussée du Périgord et Quercy, et Maîtres Gaillard de Cordoue, Géraud Las Coutz, notaires royaux, et Maître Géraud du Pré, clerc, par l'autorité apostolique notaire public, qui a signé ci-dessous. »

« Et moi, Géraud La Garrigue, clerc du diocèse de Cahors, par l'autorité apostolique notaire public, j'ai assisté avec lesdits témoins à tout ce que dessus, les ans, jours, mois, indiction, pontificat et lieu dessus dits, et ai le tout fidèlement transcrit et en forme publique rédigé; et ai apposé mon seing ici et plus haut aux deux coutures des feuilles (de parchemin), de cela requis et prié par lesdits seigneurs Sénéchal et Maître Jacques. »

« Et moi, Géraud du Pré, clerc du diocèse de Cahors, par l'autorité apostolique notaire public, j'ai assisté en personne à tout ce qui est relaté et contenu ci-dessus, sur trois feuilles ou rouleaux (de parchemin) cousus ensemble ; présents de même lesdits témoins et Maître Géraud Laguarrigue, notaire public par la même autorité apostolique, et j'ai scellé de mon sceau et contresigné de mon seing. »

* * *

Qu'advint-il de ces sept Templiers ?
Dans ses Monuments Historiques, Raynouard écrit que devant les Commissaires du Pape (1), Pierre de Teyac rétracta expressément ses précédents aveux, qui, disait-il, lui avaient été arrachés par la torture ; bien plus, il se déclara défenseur de l'Ordre. En se reportant à la procédure publiée par Michelet (2), on trouve en effet un « Frater P. de Taxaco, Caturcensis diocesis » interrogé par l'évêque de Périgueux et transféré de cette ville à Paris.
1. Réunis à Paris le 2 mai 1310, en la Chapelle de Saint-Eloi, près Sainte-Geneviève.
2. Michelet : Procès des Templiers, tome I, page 230.


Ce Frère est en compagnie de 10 autres amenés du diocèse de Cahors à Périgueux et envoyés ensuite à Paris. L'un de ces Templiers, Guillaume Arnaudi ou Larnaudie, comme on l'a vu plus haut, fut interrogé à Cahors; ainsi que son frère d'armes et camarade d'infortune, il rétracte ses aveux, assurant qu'il ne les a faits que vaincu par la torture et la faim ; il se porte défenseur de l'Ordre. Raynouard prétend qu'il fut brûlé à Paris (Raynouard, Monuments, page 244).

Les autres noms cités dans la procédure de Cahors ne se rencontrent pas dans Michelet, de sorte qu'il est impossible de savoir si les cinq autres accusés furent aussi envoyés à Périgueux et de là à Paris.

* * *

Le « Te Igitur » nous a signalé l'arrestation de Messire Atho ou Othon de Salvanhac, Commandeur de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron, or, ce nom ne figure nulle part : Atho trouva-t-il le moyen de s'enfuir, ou bien, appartenant à une grande famille, fut-il ménagé ? Dans ce dernier cas, il est surprenant qu'il n'ait pas été cité comme témoin, ainsi que beaucoup d'autres qui avaient été assez facilement « réconciliés ».

Lacoste (1) constate que nulle part non plus il n'est fait mention de Giraud Béraldi ou de Labéraudie. Malheureusement, il ne dit pas où il a vu que ce personnage appartînt à l'Ordre du Temple. Si ce point doit être considéré comme acquis, d'après l'autorité de l'Historien, l'absence de toute mention peut s'expliquer d'une manière assez plausible : Giraud Béraldi était parent de Jacques Duèze (plus tard Jean XXII) qui joua un rôle dans l'affaire de la suppression du Temple... (2).

Il put donc être averti à temps ou laissé de côté par ordre.
1. Lacoste : Histoire du Quercy, tome II, page 440.
2. Don Bruno Malvesin : Remarques sur l'Histoire généalogique de la Maison de Duèze (manuscrits) : « Le pape Benoît XII, en conférant un bénéfice à Pierre Béraldi, de la maison des barons de Cessac, dit que Jean XXII, son prédécesseur, était issu de la même maison. Ce témoignage est suffisant et Benoît XII qui avait été fait cardinal par Jean XXII et qui avait toujours demeuré à Avignon avec lui et qui avait connu particulièrement ses parents n'aurait pas assurée une telle chose surtout dans cette rencontre s'il n'en avait été bien assuré Les Seigneurs de Sessac sont appelés Béraldi pour ce qu'ils sont coseigneurs justiciers, avec l'évêque, du village de la Béraudie, proche de Cahors ». (Chapitre III)

* * *

Procès du Chevalier Géraud de Caus, commandeur de La Maison du Temple du Bastit.

On sait tout ce qui était reproché aux Templiers, il est inutile d'y insister. Mais un point extrêmement intéressant serait de savoir ce qui se passait à Cahors au cours des réceptions, et quel était « l'état d'âme » d'un Templier de chez nous. Les curieux seront servis à souhait. Nous avons relevé dans les documents publiés par Michelet une affaire qui nous intéresse à ce double point de vue : c'est la procédure instruite contre le dernier Commandeur de la Maison du Bastit, le Chevalier Géraud ou Gérard de Caus, reçu à la Maison de Sainte-Marie, à Cahors même.

Nous ajouterons que ce Chevalier, qui paraît assez instruit, est d'une grande prolixité, mais nous devons nous féliciter de cette circonstance qui nous met en possession d'un des interrogatoires les plus complets et les plus décisifs pour la fin de l'Ordre. S'il concerne tout particulièrement notre pays, il a également une haute importance pour l'ensemble des recherches relatives aux Templiers. On peut même s'étonner qu'il n'ait été reproduit in-extenso par aucun des nombreux auteurs qui ont traité la question (1).
1. De Barrau, Documents sur les Ordres du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem en Rouergue, a analysé ce document, (page 78)

* * *

Le 21 octobre 1307, c'est-à-dire peu de temps après son arrestation, Géraud de Caus comparait devant Guillaume de Paris, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, Inquisiteur de la Foi en France ; le procès-verbal le désigne ainsi : « Frater Gerardus de Gauche miles Ordinis (Templi) Ruthenensis diocesis, preceptor domus de Bastito, diocesis Caturcensis ». Il déclare qu'il a environ 45 ans, a été reçu Templier vers 1298 et que s'il n'a pas parlé plus tôt, c'est qu'il redoutait, d'abord de perdre la belle situation qu'il occupait dans l'Ordre, et ensuite de porter la honte de l'avoir, le premier, dénoncé et ruiné (2).

Cet interrogatoire est assez sommaire, car il fallut examiner près de 150 Frères en quelques jours.
2. Michelet : Procès des Templiers, tome II, page 390.

* * *

Géraud, on le croira sans peine, s'ennuyait en prison ; soit désir d'en sortir, soit maladresse, il se lança lui-même dans une aventure qui le mit en relief et qu'il dut déplorer plus tard.
Le 22 novembre 1309, les Commissaires enquêteurs réunis à Paris au Palais épiscopal virent amener devant eux plusieurs Templiers parmi lesquels Géraud de Caus.
Comme celui-ci n'avait pas été convoqué, on lui demanda ce qu'il venait faire. Il répondit qu'il croyait devoir se présenter, d'après les termes de l'Edit citatoire récemment publié et qu'on pouvait lui poser toutes les questions qu'on voudrait. Les Commissaires lui firent remarquer qu'ils commençaient une enquête contre l'Ordre et non contre les gens, que d'ailleurs personne ne devait se considérer comme contraint de comparaître.
- Ce que nous demandons actuellement, ce sont, non pas des témoins, mais des défenseurs de l'Ordre. Vous présentez-vous en cette qualité ?
Après un verbiage, « post milita verba » qui prouvait le désarroi dans lequel il se trouvait à la suite de cette déclaration, le pauvre Géraud balbutia :
- Hélas ! Je ne suis qu'un pauvre Chevalier, démonté, désarmé, dépouillé de tout, je ne saurais défendre l'Ordre... (1).
1. Michelet : Procès des Templiers, tome I, page 38.

* * *

Le 20 février 1310, le voilà de nouveau devant les Commissaires, il a eu le temps de réfléchir à sa situation. Il parie toujours beaucoup, mais il prend des précautions, il proteste de son grand respect pour l'Eglise, le Pape et le Roi; son discours, long et diffus, contient en substance que s'il était hors de prison et qu'il pût jouir de quelques ressources, il procéderait juridiquement contre les ennemis de l'Ordre, s'il plaisait toutefois au Pape et au Roi. Tant de naïveté déride un peu les Commissaires et ils lui répondent doucement :
- Nous sommes simplement commis à l'examen des griefs élevés contre votre Ordre, et il n'est pas en notre pouvoir de vous mettre en liberté, mais, chaque fois qu'il vous plaira de venir devant nous, nous vous laisserons toute liberté de parler et nous vous écouterons avec bienveillance (2).
2. Michelet : Procès des Templiers, tome I, page 81.

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Moins d'un an après, nouvelle comparution, mais cette fois, ce n'est pas de son plein gré que Géraud se présente. Le 11 janvier 1311, des gardes l'amènent avec plusieurs de ses compagnons de captivité pour prêter serment sur les Evangiles, car ils seront interrogés sans retard. Le procès-verbal de cette séance le qualifie : « Frater Gerardus de Causo, miles Ruthenensis, preceptor ballive du Bastre » (1).
Le lendemain se joue pour lui une partie sérieuse. En même temps que son propre sort, il peut compromettre ses compagnons d'armes et l'Ordre entier. Mais il semble qu'il commence à comprendre que la perte de celui-ci a été jurée néanmoins, comme toujours, il parle beaucoup et dit plus de choses qu'on ne lui en demande.
Nous sommes dans le vif du sujet, aussi, nous allons extraire du procès-verbal général le compte rendu de la séance du 12 janvier 1311, que nous traduirons intégralement.
1. Michelet : Procès des Templiers, tome I, page 377.

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Le Mardi suivant, qui fut le 12 du mois de Janvier (1311), au même lieu, (in domo Fiscanensi : in domo abbatis de Fiscano, domus vocata de la Serpent, quae est abbatis Fiscatensis, sita Parisius in Parochia Sancti Andreae de Arcubus) (1) fut amené en présence de mondit Seigneur l'Archevêque (de Paris) et de nos seigneurs les autres commissaires, le Frère Géraud de Caus, chevalier, du diocèse de Rhodez, témoin ayant prêté serment comme il est dit ci-dessus, en vue de sa déposition. Il ne dépose pas son manteau, l'ayant, selon son dire, déposé déjà au Concile de Sens (2) en même temps que plusieurs Frères de son Ordre et ayant, le même jour, fait raser sa barbe. Il se dit âgé de 48 ans environ et a été naguère interrogé, absous et réconcilié par ledit Monseigneur de Paris.
« Lecture faite par lui de l'ensemble et du détail des griefs articulés contre l'Ordre du Temple (car il est lettré et expert en droit), il répond ; et d'abord aux quatre premiers (3), comme il suit, savoir :
« Il croit que si quelques mauvais Frères dudit Ordre ont fait des réceptions semblables à la sienne, les autres honnêtes Frères n'agissaient pas de même.
1. Michelet : Procès des Templiers, tome I, page 290.
2. Concile provincial de Sens, convoqué à Paris le 11 mai 1310.
3. Voir le détail de ces griefs dans Raynouard, Dupuy, etc.


« Quant à lui, il fut reçu dans ledit Ordre, vers la fête des saints apôtres Pierre et Paul, il y a environ 12 ou 13 ans, dans une salle de la Maison du Temple de Cahors, un matin après la grande messe, par le Frère Guy d'Adhémar, autrefois Chevalier, alors Précepteur de la Province (1), en présence des Frères Raymond de la Costa, prieur, Raymond Robert, alors Commandeur « deu Basoez » (Bastit), Pierre, alors Commandeur de la dite Maison de Cahors (mais il ignore son nom de famille), et autrefois Chevalier compagnon dudit Frère Guy, de plusieurs sergents assistants dudit Frère Guy (il ne se souvient plus de leurs noms et prénoms), de Gérard de Barasc et Bertrand de Longueval, Chevaliers, qui, le même jour, à la même heure et devant les mêmes personnes furent reçus avec lui, de la manière suivante :
« Cinq jours avant, le témoin, les dits Gérard de Barasc et Bertrand de Longueval avaient été admis comme Chevaliers novices et ils demeuraient dans une salle voisine de la chapelle de ladite Maison. Le Frère Raymond Robert, et un autre qui lui parut être un Chevalier, mais qu'il ne connaissait pas, vinrent les trouver et leur parlèrent ainsi :
« - Vous demandez l'affiliation à l'Ordre du Temple, et la participation à ses biens spirituels et temporels ?
« Et eux disant : oui, les autres reprirent :
« - Vous demandez beaucoup et vous ignorez force règles qui sont en vigueur dans cet Ordre ; vous nous voyez dehors, bien vêtus, bien montés et de grande apparence, mais vous ne pouvez savoir les austérités de l'Ordre et force points qu'il y a. En effet, quand vous voudrez être de ce côté de la mer, vous serez outre et réciproquement. Et, quand vous voudrez dormir, il vous faudra veiller, et jeûner, quand vous voudrez manger. Pourrez-vous supporter tout cela pour la gloire de Dieu et le salut de votre âme ?
« Et eux répondant qu'ils le supporteraient s'il plaisait à Dieu, les autres ajoutèrent :
« - Nous voulons savoir de vous si vous êtes exempts de plusieurs inconvénients que nous allons vous énumérer. D'abord, nous voulons savoir si vous avez fermement la foi catholique, conformément au dogme de l'Eglise romaine;
Si vous êtes consacrés dans un Ordre régulier ou engagés dans les liens du mariage;
Si vous avez fait voeu dans quelque autre religion;
Si vous êtes de noblesse militaire et issue de légitime mariage; Si vous êtes excommuniés pour une faute personnelle ou pour celle d'autrui;
Si vous avez promis ou donné quelque chose à quelque Frère de l'Ordre du Temple ou à tout autre pour vous faire admettre en cette religion;
Si vous avez quelque infirmité cachée vous rendant impropres au service de la Maison et au maniement des armes;
Si vous avez, pour vous ou pour autrui, contracté des dettes, au paiement desquelles vous et vos amis ne pouvez suffire sans l'aide des biens du Temple ?
1. Ce précepteur de la province devait être le Commandeur de la Baillie ou du Diocèse.

« Les récipiendaires répondirent qu'ils étaient bons croyants, libres, nobles, sains et issus de légitime mariage et qu'ils n'avaient aucun des inconvénients énoncés. Alors, les deux autres leur dirent de se tourner vers la chapelle et de prier Dieu, la Sainte Vierge et tous les Saints du Paradis, afin que, si on les admettait, Dieu exauçât leur prière et leur intention de se consacrer au salut de leur âme, à l'édification d'eux-mêmes et de leurs amis.

« Pendant qu'ils se mettaient en prière, lesdits deux Frères s'éloignèrent, et allèrent, comme le suppose le témoin, rendre compte de ces réponses audit Frère Guy.

« Peu de temps après, ils revinrent, demandant si les candidats avaient bien réfléchi et s'ils persistaient dans leurs intentions. Recevant une réponse affirmative, ils se retirèrent de nouveau, allant sans doute faire part de cette persévérance audit Frère Guy ; mais bientôt ils revinrent en leur disant d'ôter leurs capuchons et leurs coiffes de dessus leur tête, de joindre les mains et de venir avec eux devant ledit Frère Guy. Là ils firent à genoux la demande suivante :
« - Messire, nous venons vers vous et vers les Seigneurs Frères qui sont là près de vous, et nous demandons notre affiliation à l'Ordre et la participation à ses biens spirituels et temporels ; nous voulons être toujours les serfs esclaves dudit Ordre et soumettre notre volonté à la sienne. »

« Le Frère Guy leur répondit qu'ils demandaient beaucoup, répétant ce que les deux autres Frères leur avaient déjà dit, et eux affirmant de nouveau par serment prêté sur un livre, qu'ils n'avaient aucun des empêchements précités, il leur dit :
« - Ecoutez-bien ce que je vais vous dire : vous jurez et promettez à Dieu et à la Sainte-Vierge d'obéir toujours au Grand-Maître du Temple et à quiconque de vos Frères sera votre supérieur ; d'observer la chasteté ; de conserver les bons us et coutumes de l'Ordre ; de vivre sans propre, à moins que votre supérieur ne vous accorde quelque chose ; de vous employer toujours et selon vos moyens à la conservation de ce qui a été conquis du royaume de Jérusalem et à la conquête de ce qui ne l'a pas encore été; de ne jamais vous trouver en aucun lieu où de votre fait ou volonté aucun chrétien ou chrétienne soit tué ou lésé injustement; de rendre bon et loyal compte, dans l'intérêt de la Terre-Sainte, si les biens du Temple vous sont confiés ; de ne pas quitter cette religion pour une meilleure ou une plus dure sans l'assentiment de votre supérieur ? »

« Ils le jurèrent, et alors il reprit :
« - Nous vous recevons, vos pères et mères, et deux ou trois de vos amis que vous choisirez, à la participation des biens spirituels présents et à venir de notre Ordre, depuis son origine jusqu'à sa fin. »

« Cela dit, il leur remit leurs manteaux et les en revêtit et pendant la prise d'habit, le Frère Raymond de la Costa, prieur, récitait le psaume : « Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum », et les versets : « Mitte eis auxilium de Sancto, et nichil proficiat inimicus in eis », avec l'oraison du Saint-Esprit : « Deus qui corda fidelium, etc. »

« Puis le Maître les prenant par les mains les releva et les embrassa sur la bouche. Le témoin croit se souvenir que ledit prieur et les Chevaliers présents l'imitèrent. »

« Ensuite, ledit Maître s'étant assis, ainsi que tous ceux qui étaient là, fit mettre les nouveaux Frères à ses pieds et parla ainsi :
« - Vous devez grandement vous réjouir de ce que le Seigneur vous a conduits dans une religion aussi noble qu'est celle de la Milice du Temple ; il vous faut le prier beaucoup pour que vous ne commettiez rien qui vous fasse perdre cette religion ou qui déplaise à Dieu. Car il y a des cas qui entraînent l'expulsion de l'Ordre, d'autres qui entraînent la perte de l'habit de cet Ordre, d'autres enfin qui exposent à des peines diverses. Je vais vous dire ceux qui me viennent en mémoire, et vous devez sans retard vous enquérir du reste près de vos Frères. »

« Entre autres cas entraînant l'expulsion, il y a : être entré par simonie dans cette religion ; révéler les secrets des Chapitres auxquels on a assisté, à qui que ce soit, Frères ou autres personnes non admises auxdits Chapitres : être convaincu d'avoir traîtreusement tué un chrétien ou une chrétienne. »

« La prison perpétuelle punit le brigandage, et l'on comprend sous cette dénomination, même le fait de sortir par ailleurs que par les portes ordinaires, et la fabrication des fausses clefs; le crime de sodomie entraîne également la prison perpétuelle. Molester à deux ou trois Frères ou plus, d'un commun accord ou par usurpation d'autorité, quelque Frère dudit Ordre, et en être convaincu par sa propre confession ou par le témoignage de deux ou plusieurs Frères ou Donnés à l'Ordre ; passer aux Sarrazins en jurant de rester parmi eux, quand même on reviendrait avec repentir ; être convaincu de ne pas avoir sincèrement la foi catholique ; fuir en armes en présence des ennemis de la Foi, après avoir abandonné son étendard ou son capitaine; se faire promouvoir aux ordres sacrés sans l'assentiment de ses supérieurs, tout cela expose au même châtiment. »

« On doit perdre l'habit si l'on méprise les ordres de ses supérieurs, si on leur résiste ; et si l'on persiste dans la rébellion, on est mis aux fers ; si l'on pousse malicieusement ou si l'on frappe un Frère de façon à lui faire perdre l'équilibre et s'il s'ensuit une effusion de sang, on encourt la prison. Frapper un chrétien ou une chrétienne avec une pierre, un bâton ou une épée, de manière qu'un couples mutile ou les blesse grièvement ; avoir commerce charnel avec une femme ou se rendre avec elle en un lieu suspect ; accuser d'autres Frères de faits entraînant la perte de l'habit et ne pouvoir faire la preuve ; s'accuser soi-même faussement de fautes qui, reconnues vraies, entraîneraient l'expulsion de l'Ordre ; dire devant d'autres Frères, même dans le feu de la colère que l'on passera aux Sarrazins, et même quand on ne le ferait pas ; porter dans un engagement la bannière, sans ordre des supérieurs et combattre avec elle, les uns la suivant, les autres l'abandonnant, et s'il s'ensuit quelque dommage, tout cela entraîne aussi la prison. »

« Etant en rang, se ruer à l'attaque des ennemis sans l'ordre du capitaine, à moins que ce ne soit pour voler au secours de quelque chrétien ou chrétienne ; percevoir comme siennes des redevances dues à d'autres, de façon que les propriétaires temporels perdent leurs péages habituels ; refuser malignement à quelque propriétaire temporel le cens ou la servitude à la prestation desquels on est tenu ; refuser de recevoir et restaurer dans une maison de l'Ordre qui vous est confiée un Frère de l'Ordre en voyage ; admettre quelqu'un, comme un Frère de l'Ordre, sans autorisation, dans les Chapitres ou en présence des supérieurs, ou autrement qu'on ne doit; recevoir dans l'Ordre un roturier ; ouvrir la correspondance adressée à quelqu'un par un Commandeur ou en rompre malignement le sceau ; forcer les cadenas et fermetures des sacs dans lesquels on transporte l'argent ou choses semblables (de plus s'il s'ensuit quelque dommage de cette effraction, le crime est assimilé à celui de brigandage) ; donner les biens de l'Ordre qui ne vous sont pas confiés, ou dissiper ces biens si l'on en a la garde, ou prêter à des gens avec lesquels on s'expose à perdre, ou donner quelque animal appartenant à l'Ordre (excepté un chien ou un chat) et dont on ne peut disposer; perdre ou détériorer à la chasse quelque pièce d'équipement et en général faire tort à l'Ordre de quoi que ce soit en ce genre ; vouloir éprouver des armes sans autorisation et les briser ; faire subir à une Maison une perte de plus de quatre deniers ; coucher une seule nuit hors des Maisons de l'Ordre, avec l'intention d'abandonner celui-ci ; passer une ou plusieurs nuits dehors, entraîne la perte de l'habit pendant un an. »

« Si en présence d'autres Frères, transporté de colère, on rejette son manteau et si on ne le reprend pas à la première sommation, prière, ou réquisition des assistants ; ou s'il faut replacer sur les épaules de quelque Frère le manteau qu'il refuse ainsi de reprendre, ces cas font perdre également l'habit pour un an. »

« Au surplus, on laisse à l'appréciation du Commandeur et des Frères le soin de décider quand il y a lieu de rendre au coupable l'habit qu'il a perdu pour tous ces motifs. »

« L'Initiateur continua :
« - Puisque vous voilà de notre religion, je vais vous dire quand il faudra vous rendre à l'église et au réfectoire : quand la cloche sonnera matines, vous vous lèverez et vous vous rendrez à l'église en disant 28 pater noster, 14 pour les Heures du jour et 14 pour les Heures de la Sainte-Vierge ; vous devrez garder le silence depuis votre lever jusqu'après prime, et à ce moment il faudra dire 14 pater noster, 7 pour les Heures du jour et 7 pour celles de la Sainte-Vierge. Toutes les fois que vous serez en situation de le faire, il vous faudra, entendre, dire ou chanter à l'église, matines, prime, tierce, méridienne et la messe. La cloche sonnant de nouveau, vous irez au réfectoire, et si la Maison possède un prieur, vous devrez l'attendre avant de vous asseoir, afin qu'il puisse bénir la table, ou bien un Frère dira au moins un pater noster. Avant de vous asseoir, vous regarderez aussi si le pain et le sel sont sur la table, ainsi que le vin, et l'eau dans les contrées où il n'y a pas de vin. Vous parlerez peu à table. Après votre repas, vous retournerez à l'église, si elle est proche, pour rendre grâces ; le prieur dira la prière et le miserere mei et les Frères un pater noster ; si l'église est éloignée ou s'il n'y en a pas, vous le ferez au réfectoire ou dans l'endroit où vous vous trouverez, debout, et non assis. »

« Lorsque l'on sonnera nones, vous retournerez à l'église, vous direz 14 pater noster, quand vous serez à vêpres, vous en direz 18; d'ailleurs vous n'êtes pas obligés de dire ce nombre de pater noster toutes les heures quand vous entendrez les offices à l'église, à moins que vous ne le veuillez, mais à chacune d'elles vous commencerez par un pater noster pour les Heures de la Sainte-Vierge. Ceci parce que notre Ordre a été fondé en l'honneur de la Sainte-Vierge; et c'est aussi en son honneur qu'il prendra fin, quand il plaira à Dieu. En outre, chaque jour, avant de prendre vos repas, vous direz 60 paters noster :
30 pour les vivants, afin que Dieu leur accorde la grâce de bien mourir, et 30 pour les défunts. C'est ce qui se recommande dans tout l'Ordre aux Frères nouvellement admis. »

« Au dîner qui précède complies vous devez faire tout ce que je vous ai dit au sujet des repas; après complies, vous parlerez peu et vous irez visiter vos chevaux ; si vous êtes en expédition, vous vérifierez vos harnais, vos armes ; puis vous irez vous mettre au lit et vous coucherez avec un caleçon et des chaussons de laine ; vous vous ceindrez d'une corde, en signe de chasteté et vous conserverez de la lumière toute la nuit dans votre dortoir, de crainte que le malin ennemi ne vienne vous tenter, vous en aurez aussi dans l'écurie si faire se peut. »

« Il vous est interdit d'être parrains à un baptême, de pénétrer dans la maison d'une femme en couches, de permettre que des femmes vous servent, sauf dans le cas de maladie ou s'il n'y avait pas d'hommes et alors il vous faut l'autorisation de votre supérieur ; vous n'embrasserez jamais de femme, fut-elle de votre famille. Vous ne prononcerez jamais de mots grossiers, vous ne tiendrez jamais de propos déshonnêtes, vous ne jurerez pas par Dieu, en un mot vous ne ferez rien qui ne soit de bon ton. »

« Ayant ainsi parlé, l'initiateur se retira, laissant là les nouveaux admis. Alors, quatre ou cinq Frères sergents de l'Ordre qui restèrent avec eux allèrent fermer la porte de la salle avec une barre de bois ou une chaîne. Le témoin, autant qu'il se le rappelle, ne les avait pas vus avant et ne les revit plus. Ils montrèrent une croix de bois (qui lui parut avoir environ une palme et demi de longueur, et sur laquelle il ne se souvient pas d'avoir vu de crucifix), en disant, à lui, témoin, et à ses deux compagnons de réception, qu'ils devaient renier Dieu.
Ceux-ci, stupéfaits et terrifiés répondirent qu'ils ne feraient pas cela ; les autres dégainèrent les épées qu'ils portaient en disant qu'il le fallait. Alors, le témoin et ses deux compagnons, effrayés et sans armes renièrent Dieu ; le témoin affirme l'avoir fait de bouche et non de coeur, et il pense qu'il en fut de même des deux autres. Ensuite, les dits sergents leur ordonnèrent de cracher sur cette croix, et comme ils s'y refusaient, on leur dit qu'on leur ferait grâce du crachement à la condition qu'ils garderaient le secret et ne porteraient aucune accusation. »

« Ensuite, un de ces sergents leur dit que si haberent calorem et motus carnales, poterant adinvicem carnaliter commisceri, si volebant, quia melius erat quod hoc fecerent inter se, ne ordo vituperaretur, quam si accederent ad mulieres. Cependant le témoin assure que jamais il ne fit ni pensa cela, et que personne ne le lui demanda. Il n'entendit jamais dire non plus que quelqu'un de l'Ordre eut commis une telle infamie, excepté seulement trois individus qui furent, lui dit-on, incarcérés pour ce crime dans une forteresse outre-mer, au temps où le Frère Thomas Berardi était Grand-Maître du Temple (1). Il ajoute qu'il a aussi lu cela quelque part. Puis, ces sergents s'étant retirés, le témoin et ses deux compagnons s'habillèrent et se rendirent au réfectoire. Le jour même on les sépara pour les envoyer en des endroits différents. »
1. Thomas Beraldus (Beraldi, Berald, Béraud, Bérard), 1257-1274.

« Requis de dire si au cours de sa réception il n'y avait pas eu d'autres cérémonies déshonnêtes, le témoin répond que non. »

« Requis de dire s'il sait ou croit que lesdits sergents agissaient au su ou par les ordres dudit initiateur, il répond qu'il le croit, car ces sergents n'auraient pas eu l'audace de tenter des choses semblables de leur propre chef. »

« Item, il dit qu'environ un mois après sa réception, affligé et plein de remords, il alla trouver Monseigneur Sicard, alors Evêque de Cahors, (1) en son château de Mercuès et lui confessa les turpitudes qu'il vient de raconter. L'Evêque en fut extrêmement étonné et lui donna l'absolution, après lui avoir imposé comme pénitence de porter sur sa chemise, pendant un certain temps, un corselet de fer, de jeûner certains jours au pain et à l'eau, de faire des aumônes pour la rémission de ses péchés, et de passer la mer le plus tôt qu'il pourrait ; toutes choses qu'il déclare avoir accomplies (2).
1. Mgr. Sicard de Montaigu, évêque de Cahors, 1294-1301.
2. Notre Chevalier fait allusion plus loin à des faits dont il fut témoin en Terre-Sainte. Son séjour outre-mer ne paraît pas avoir été bien long.


« Requis de dire pourquoi, avant son arrestation, il n'avait pas révélé les faits précédents et pourquoi ensuite il s'était laissé mettre à la torture avant de parler (1), il répond que c'était par crainte de la mort, car il ne voyait pas comment il eut pu échapper aux mains des Templiers; puis, lorsqu'ils furent saisis et que l'on informa près de lui, il ne pouvait encore croire qu'ils seraient retenus si longtemps et que l'enquête serait menée si loin , pour aboutir à une situation telle que la présente. Et d'ailleurs, eut-il parlé avant l'arrestation que personne, ni amis, ni autres, n'eut ajouté foi à ses paroles, il en serait seulement résulté de mauvais soupçons tant contre lui que contre l'Ordre ; en outre, rendu au siècle, il n'aurait pu y figurer honorablement, son frère aîné ayant eu, et de son propre consentement, tous les biens paternels et maternels. »
1. G. de Caus ne parle nulle part de sa mise à la question.

« Item (1), il dit que dans l'Ordre du Temple se passaient des choses qui, lui semble-t-il, sont contraires à la Règle écrite. Par exemple, que dès le premier jour, on est reçu profès, astreint par serment à faire profession, et, bien plus, à s'engager à ne jamais sortir de l'Ordre. Or, cela paraît en opposition avec le premier ou le second titre de la Règle, qui, entre autres choses ordonne de lire avant tout aux aspirants tous les articles de cette Règle et de les éprouver, suivant la prescription apostolique, afin de savoir s'ils ont la vocation. Cela n'a pas été fait lors de sa propre réception et il n'a jamais vu, ni entendu dire qu'on le fit pour les autres. »
1. Ici Gérard de Caus devient agressif. Il a senti que la cause du Temple était perdue et il met de côté toute générosité.

« Les réceptions et professions susdites se faisaient à l'encontre du privilège apostolique : « Omne datum optimum », dans lequel entre autres choses, on permettait aux Templiers de recevoir comme Frères les prêtres et les clercs, le caractère de ceux-ci les dispensant d'autres formalités; or, les prêtres et les clercs étaient reçus dans l'Ordre de la même façon et on les faisait profès tout de suite, comme les autres. »

« Item, ledit Ordre présente, lui semble-t-il, d'autres cas qui devraient relever de l'Eglise Romaine : on ne peut avoir recours et en appeler à elle pour des injustices que commettrait l'Ordre envers des Frères ; le Grand-Maître ne tenait pas sa charge du Saint-Siège, mais puisait dans sa seule élection le droit de gouverner. »

« Item, la Règle du Temple lui paraît violée en ceci : la punition des Frères d'Outre-mer, suivant la Règle, devrait avoir lieu sur l'avis du Patriarche de Jérusalem, afin que le châtiment fut proportionné à la faute ; or, c'était le contraire qui se passait. »

« Item, il dit que le Grand-Maître et les Maîtres Provinciaux ne toléraient pas que les Frères eussent et gardassent par écrit leur Règle ou des règlements établis d'après elle, ni rien qui contînt un statut et des points d'Ordre, sinon avec leur permission, et il paraît au témoin que c'est là un abus et qu'on semblait les tenir en suspicion. Il fut témoin une ou deux fois outre-mer du fait suivant :
le Grand-Maître actuel du Temple ordonna que tous les Frères qui possédaient des livres touchant la Règle, le statut ou des points d'Ordre, les lui apportassent. Ce qui fut fait ; et le témoin entendit dire et croit que ledit Grand-Maître en fit brûler une partie, en rendit d'autres à quelques uns des Frères les plus anciens de l'Ordre, et conserva le reste. Le témoin ajoute que lui-même remit audit Grand-Maître une copie d'un discours de Saint-Bernard clans lequel on exhortait ceux du Temple, et aussitôt il le lui rendit. Quelques vétérans de l'Ordre disaient que les Frères Guillaume de Beaujeu et Thomas Bérardi avaient agi de même quand ils étaient Grands-Maîtres. Les vétérans n'avaient qu'une voix pour dire que si l'Ordre n'avait pas fait de progrès, c'était parce qu'il y avait eu parmi eux des Frères disposés à critiquer (1). »
1. Nous ne croyons pas devoir traduire autrement le mot « litterati ». La traduction par « lettré » ou « sachant lire », entraînant une proposition monstrueuse, même pour cette rude époque.

« Item, il dit s'être trouvé à Toulouse lorsque ledit Guy reçut dans la cour du Temple de cette ville, comme Frère de l'Ordre, un prêtre dont il ignore le nom. On lui tint les mêmes discours qu'à lui-même. Puis, plusieurs Frères qu'il ne connaît pas entraînèrent le nouvel admis dans un coin de ladite cour et l'entourèrent, tournant le dos aux autres. Il croit qu'on lui fit renier Dieu, mais il ne vit pas là de croix. Il pense que ce prêtre fit comme lui et comme ceux qui furent reçus avec lui. Il ne se souvient pas de 1époque de cette réception. »

« Item, le témoin déclare avoir reçu le Frère Raymond Bornarel, sergent, de Gourdon, diocèse de Cahors, un an et demi avant l'arrestation des Templiers. Cette réception eut lieu dans une des salles de la maison du Temple del Bastre (Bastit), dudit diocèse, dont il était le Commandeur. Il y avait là les Frères Guillaume Fabry, prieur, Gaucelin de Saint-Jouéry, chevalier, Guillaume Labbé, camérier de ladite maison, et d'autres Frères dont il ne se souvient pas. Il n'employa et ne fit rien faire d'illicite ou de déshonnête, ne faisant à ce Raymond que ce qu'on lui avait fait à lui-même, sauf l'abjuration et autres pratiques conseillées par lesdits Frères sergents, choses abominables contre Dieu et contre nature. »

« Item, il dit qu'environ six mois avant l'arrestation, Jean de Pronay, chevalier de Paris, fut reçu par Hugues de Péraud, Visiteur de France, dans une salle du Temple près du cimetière. Notre illustre seigneur le Roi de France était venu ce jour-là à leur maison ; et il n'y eut rien d'illicite dans la réception, à laquelle le témoin assista, ainsi que le Frère Olivier de Penne, chevalier, Officier de la Chambre (1) de Monseigneur le Pape et Guillaume d'Arblay (ou Herblay) aumônier du Roi, Terric (Thierry) de Reims, sergent, et plusieurs autres dont il a oublié les noms ; néanmoins la cérémonie eut lieu à huis-clos et nul n'y fut admis que des membres de l'Ordre. »
1. Valet de Chambre. - Hélyot dit qu'Olivier de Penne fut Commandeur du Temple d'Espalion (Rouergue).

« Requis de dire si à l'époque de cette réception on ne se doutait pas de l'enquête qui allait être faite contre eux, il répond qu'il ne sait rien pour les autres, mais qu'en ce qui le concerne, il ne se doutait de rien. »

« Item, aux V et X articles suivants, relatifs à la doctrine, au piétinement de la croix, au chat, il répond qu'il ne savait et ne croyait rien de plus qu'il n'avait dit antérieurement. Il n'a rien entendu dire et il ajoute que le jour du Vendredi-Saint les Templiers adoraient la croix avec recueillement, tête nue et seuls (1). »
1. C'est-à-dire que ce jour-là, ils n'admettaient pas de séculiers à la chapelle.

« Item, aux XVI et XVII articles suivants, relatifs aux sacrements, à l'autorité du Grand-Maître, aux baisers indécents, il répond qu'il croit que les ministres de l'Ordre, ainsi que les Frères, reconnaissaient les sacrements de l'Eglise ; lui-même a toujours cru et croit que des laïques ne peuvent donner l'absolution. Il n'a rien entendu dire et ne sait rien à l'encontre, au contraire, il sait qu'ils n'ont aucun pouvoir. Mais cependant, à l'issue des Chapitres, on faisait quelque chose d'approchant : le Commandeur ou le Frère qui avait présidé le Chapitre se levait, ayant à côté de lui le prieur, tandis que les autres Frères s'agenouillaient les mains jointes, dans l'attitude de la prière, attendant l'absolution du prêtre, et il leur disait :
« - Frères, nous allons nous séparer tout à l'heure : voici les avantages que nous attachons à la tenue de ce Chapitre : tout Frère qui aurait employé les biens de l'Ordre ou les aumônes autrement qu'il ne convient, ou les aurait dissipés, ne pourrait recevoir sa part de bienfaits ni dans ce dit Chapitre ni en aucune maison de l'Ordre ; cependant, de tout ce que vous avez omis de nous dire, par honte de la chair ou crainte de punition, nous vous faisons la remise que nous pouvons et devons ».

« Ensuite, ledit Commandeur faisait des prières pour la paix, pour Monseigneur le Pape, les cardinaux et autres prélats, pour l'Eglise, pour la Terre-Sainte, pour tous ceux qui étaient sur mer, pour tous les religieux, spécialement pour nos seigneurs les Rois de France et d'Angleterre, et généralement pour tous lès autres rois de la chrétienté, afin que Dieu leur donnât paix et concorde, et leur inspirât la bienveillance de secourir vite la Terre-Sainte ; pour les pèlerins bienfaiteurs de l'Ordre, pour les pères et mères de ceux de cet Ordre et eux-mêmes, morts et vivants, et pour tous les autres fidèles défunts, et il ordonnait que chaque Frère présent dît un pater noster. Cela fait, il ajoutait que le Frère Prieur allait donner l'absolution pour que Dieu pardonnât au Prieur lui-même et à tous les Frères présents. Ce disant, le Commandeur, ou celui qui avait présidé le Chapitre fléchissait le genou et se mettait en oraison comme les autres. Alors le Frère Prieur disait :
« Dites avec moi : « Confiteor omnipotenti Deo » etc. comme il est d'usage généralement en l'Eglise ; et les Frères répétaient tout bas et faisaient leur confession en se frappant la poitrine ; ensuite, ledit Prieur, toujours selon le rite de l'Eglise, disait :
« Misercatur vestri, etc., que le Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux vous donne l'absolution et vous fasse rémission de tous vos péchés. »
« Puis on se séparait. »

« Requis de dire s'il savait ou croyait que ceux qui avaient assisté aux Chapitres se considéraient comme absous des péchés de la chair ou autres dont ils ne s'étaient pas confessés, après les paroles prononcées par le Président du Chapitre, un laïque, il répond qu'il croit que certains frères naïfs (1) et simples pouvaient être dans cette idée; mais lui était certain du contraire, et il ne croit même pas que l'absolution générale donnée par le Prieur à la suite d'une confession générale faite au même, remît les péchés mortels. »
1. Le texte porte : « ydiote »

« En ce qui concerne les baisers indécents, il ne sait rien. »

« Item, il croit que ce qui est contenu dans les articles XXIV et cinq suivants est vrai. »

« Item, sur les articles XL et cinq suivants, relatifs au crime de sodomie, il ne sait rien autre chose que ce qu'il a dit. »

« Item, sur les articles XLVI et trente suivants, relatifs aux idoles, mode de réception, peines infligées à ceux qui refusaient d'accomplir ces pratiques ou les révélaient, il ne sait rien de plus que ce qu'il a dit. »

« Item, aux articles LXXIII et tous les suivants, il répond qu'il ne sait rien de plus que ce qu'il a déjà dit, sauf toutefois ce qui suit : On ne pouvait sans autorisation se confesser à d'autres qu'aux Frères Prieurs de l'Ordre (1). Leurs supérieurs sans doute avaient été bien négligents de ne pas réformer tous ces abus (2) ou de ne pas les dénoncer à l'Eglise (3), mais aussi les inférieurs n'osaient pas parler à cause du péril de mort qui les menaçait (4). Dans la plupart des maisons de l'Ordre on faisait régulièrement l'aumône et on pratiquait l'hospitalité, mais dans quelques autres non, croit-il (5). On leur recommandait de ne rien acquérir illicitement (6). Leurs Chapitres étaient tenus secrètement, mais on célébrait d'abord la messe du Saint-Esprit avant de tenir les Chapitres généraux, puis un sermon était prononcé par quelque religieux dans le local où devait avoir lieu la séance; on fouillait les chambres et l'on prenait des précautions pour qu'aucun étranger à l'Ordre ne pût entendre ce qui s'agitait au Chapitre (7). Tout ce que le Grand-Maître ordonnait en conseil outremer était observé de ce côté-ci dans l'Ordre (8). Il ne croit pas qu'aucun de ceux qui ont introduit ces erreurs dans l'Ordre soit vivant (9). Il croit que c'est tout cela qui a soulevé contre l'Ordre un tel scandale (10). Les pratiques déshonnêtes dont il a déjà parlé devaient, croit-il, être connues dans l'Ordre par la plupart de ses membres, mais non par tous, ni par les étrangers (11). Il croit que le Grand-Maître et les autres ont avoué réellement ce qui est contenu dans les lettres apostoliques (12). »
1. Article 73.
2. Article 115.
3. Article 116.
4. Article 75.
5. Article 97.
6. Article 98.
7. Articles 101 à 105.
8. Article 112.
9. Article 114.
10. Article 119.
11. Articles 120 et 121.
12. Articles 124 à 127.


« Requis de dire s'il n'avait pas déposé par prières, conseils, crainte, affection, haine, ou bien ayant eu ou espérant recevoir quelque récompense temporelle, il déclare que non, mais qu'il l'avait fait pour le seul amour de la vérité. »

« Et, fut enjoint audit témoin par lesdits nosseigneurs les Commissaires, en vertu du serment prêté par lui, de ne pas révéler sa déposition jusqu'à publication des témoignages. »

« Il est fait assavoir que la déposition dudit témoin a été faite verbalement par lui-même le mardi comme dessus, présent Monseigneur l'Archevêque de Narbonne, délégué de Monseigneur le Roi, mais pour la grande prolixité duquel témoin n'ayant pu le jour même la rédiger par écrit, nous avons dû faire notre rédaction durant les deux jours qui suivirent, le témoin en personne constamment présent et entendant la dictée de sa dite déposition. Laquelle ayant été relue audit témoin il déclara que ce qui a été écrit ci-dessus touchant les articles XVI et dix-sept suivants n'a pas été rédigé selon son intention, à savoir ce qui a trait à la clôture d'un Chapitre : celui qui avait présidé parlait ainsi :
« De tout ce que vous aurez omis de nous dire, par honte de la chair ou crainte de la Justice de l'Ordre, nous vous faisons la remise que nous pouvons et devons ». Ce qui en langage vulgaire se traduit :
« Et de tot aysço que vos nos layssatz à dire per onta de la charn o per paor de la justiza de la meyso, aytal pardo vos en fam (1) quom podem ni devem ». Le témoin dit que par ces paroles il comprenait que l'intention du Président était de pardonner en ce qu'il pouvait et devait ce que les Frères auraient omis d'avouer dans ce Chapitre par honte ou par crainte de punition, mais seulement quant aux peines temporelles. »
1. Bien que le texte porte « fam », il faut, sans doute, lire : « tam »

« Au contraire, plusieurs de nos dits Seigneurs les Commissaires estiment que le sens de ces mots était que le Président du Chapitre ferait la remise qu'il pouvait et devait des péchés qu'ils omettraient de dire dans les Chapitres par honte ou par crainte des châtiments de l'Ordre. »

« Requis de faire connaître s'il entendit dire ou vit que quelqu'un confessât dans les Chapitres des péchés charnels ou autres qui entraînassent l'exclusion de l'Ordre ou la perte du manteau, le témoin répond que jamais il n'avait rien vu ou entendu de ce qui concernait les péchés de la chair, mais qu'il n'en était pas de même pour d'autres fautes graves. »

« Item, requis de dire comment il comprenait ce qui est relaté ci-dessus dans l'interrogatoire fait après sa réponse à l'article XVI, à savoir, s'il savait ou croyait que ceux qui assistaient aux Chapitres crussent être absous de leurs péchés charnels ou autres fautes graves dont ils ne s'étaient pas confessés ; à quoi il avait répondu que certains Frères naïfs et simples se considéraient comme absous de ces péchés après ce qu'on leur avait dit ; le témoin dit qu'il entendait par là que quelques Frères simples et très naïfs croyaient que dès lors qu'ils se confessaient en réunion capitulaire générale, ils n'étaient plus tenus de se confesser à aucun prêtre et qu'ils se considéraient comme à l'abri de toute peine spirituelle et temporelle.
« Cette déposition fut écrite et achevée les mercredi et jeudi suivants, au palais que dessus, absent ledit Monseigneur l'Archevêque, nos autres Seigneurs Commissaires présents, et Maître Amisius (1), moi, Floriamonte Dondedei (2) et les autres notaires (3) nommés ailleurs (4) »
(Guillelmus Radulphi Claramontensis ; Bernardus Filholi Lemovicensis ; Nicolaus Constanciencis ; Bernardus Humbaldi de Brachinona ; Hugo Nicolaï de Eugubio, notariis publicis).
1. Venerabilis vir Amilius de Aurelianis, archidiaconus Aurelianensis. (290).
2. De Mantoue.
3. Michelet, Procès des Templiers, tome I, page 16.
4. Michelet, Procès des Templiers, tome I, page 379.


On se demandera maintenant ce qu'il advint de Géraud de Caus après cette longue procédure (21 octobre 1307 au 14 janvier 1311).
Selon toute apparence, on le remit en liberté. En effet, comme le dit son interrogatoire, il comparut devant le Concile provincial de Sens réuni à Paris, y fit sa déposition, implora son pardon et fut « réconcilié » (reconciliatus). Ce Concile présidé par l'Archevêque de Sens, Philippe de Marigny (1), (nommé par le Roi) fonctionna à Paris en dépit des remontrances et protestations des Commissaires désignés par le Pape. Ses opérations furent menées rondement, il condamna au bûcher et fit exécuter 59 Templiers qui persistèrent à défendre l'Ordre, condamna à la prison perpétuelle ceux qui refusèrent de faire des aveux et renvoya réconciliés et absous ceux qui maintinrent leurs honteuses déclarations (2).
Si Géraud fut cité de nouveau devant la Commission papale, ce fut à titre de témoin conservant le bénéfice de l'acquittement décerné par le Concile. Sa complaisance lors de cette dernière comparution pourrait entraîner quelques appréciations : brisons-là.
1. Ancien évêque de Cambrai, frère d'Enguerrand de Marigny, 1er ministre.
2. Joan. Can. St Vict. - Continuateur de Guillaume de Nangis.


Nous ne pouvons pas laisser nos lecteurs sous l'impression pénible produite par les dépositions précédentes. La plupart des Chevaliers, qui avaient parlé, les uns par force, les autres par faiblesse ou intérêt, dans le sens de l'acte d'accusation rétractèrent leurs aveux. Beaucoup protestèrent contre la pression et les violences que l'on avait exercées contre eux.

Voici ce que dit Rohrbacher (1) à propos de l'affaire du Temple :
« En définitive, la plupart des Templiers furent rendus à la liberté. Un grand nombre entrèrent dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et avec les mêmes dignités qu'ils avaient dans le Temple, ainsi :
Albert de Blacas, Prieur d'Aix, conserva sa vie durant la Commanderie de Saint-Maurice, comme prieur des Hospitaliers ; Frédéric, Grand-Prieur de la Basse-Allemagne, entra comme tel dans l'Ordre de Saint- Jean (2). En Portugal, les Templiers formèrent le nouvel Ordre du Christ qui a subsisté jusqu'à nos jours et auquel Napoléon Ier fut agrégè en 1805 » (3).
Ajoutons que Jean XXII s'empressa, peu après son élévation au Pontificat, de reconnaître solennellement l'innocence des malheureux Frères Templiers (4). Plusieurs de ceux-ci, après l'abolition de leur Ordre, étaient rentrés dans la vie séculière et s'étaient mariés.

Jean XXII examina la validité de ces mariages et en prononça la nullité, prouvant ainsi la régularité des voeux prononcés autrefois. Il fit plus : il permit aux Templiers d'entrer à leur gré dans d'autres Ordres et ordonna de les y recevoir sans difficulté (5).
1. Rohrbacher : Histoire Universelle de l'Eglise catholique, Tome IX.
2. Wilcke, Tome II. page 54.
3. Moniteur, 2 prairial, an XIII.
4. Abbé Verlaque : Jean XXII. sa vie et ses oeuvres, page 57.
5. Abbé Verlaque. - Raynouard : Monuments historiques, page 213.
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Liste de quelques Templiers du Quercy
(N.-B. - Dans cette liste figurent à la fois des Templiers originaires du Quercy et d'autres qui résidaient simplement dans les Commanderies de ce pays. - Nous avons ajouté aux détails du Procès qui les concernent quelques notes relatives à leurs familles ; parfois ces notes ne sont que des rapprochements de noms, et partant, de simples conjectures. - Nous avons puisé beaucoup de ces renseignements dans des ouvrages appartenant à notre savant confrère M. L. Greil que nous tenons à remercier ici de son inépuisable complaisance).

Fr. Abbati (Guillelmus) ; Guillaume Labbé. - « Camerarius » du Temple du Bastit (del Bastre), vers 1305. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 389).
Le Nobiliaire de Montauban cite une famille de Labbay, originaire de Béarn qui portait d'or à 2 sangliers de sable.

Fr. Ademari ou Adhemari (Guido, Guigo) ; Guy ou Guion d'Adhémar.
- « Preceptor Provinciae, Magister provincialis » dès 1298 et jusqu'en 1307. Provincial de Toulouse, vint présider des réceptions templières à Cahors en 1298. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 379, et tome II page 290.Michelet, Procès des Templiers, tome I page - Archives Nationales J. 413 b. 21).
Cité par Lavaissière dans son projet de Nobiliaire de la Haute-Guyenne.- La famille d'Adhémar (et d'Azémar) prouva en 1764 qu'elle descendait de l'illustre maison d'Adhémar de Monteil (de Montélimar) en Dauphiné, qui florissait avant la 1re croisade et joua un si grand rôle à cette époque. Elle portait d'or à 3 bandes d'azur. (Nobiliaire de Montauban).

Fr. Alberti (Sichardus vel Chicardus) de Tolosa ; Sicard d'Albert ;
- comparaît le 23 février 1310, amené de Moissac, diocèse de Cahors, et déclare prendre la défense de l'Ordre. Le 28 mars 1310 on le convoque pour la nomination d'un délégué. Le Ier avril 1310, il proteste contre les accusations dont le Temple est l'objet, et refuse de nommer un délégué. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 82, 108, 114).
Cité par Lavaissière.

Fr. Arnaldi ou Arnaudi (Guillelmus) ; Guillaume d'Arnaud, fils de Guillaume d'Arnaud, de Lacapelle-Livron (de Capella de Lhioro), diocèse de Cahors.
Reçu en 1289 au Temple de la Marche, diocèse de Clermont, à l'âge de 33 ans environ. Interrogé à Cahors le 3 janvier 1307.
Raynouard le comprend dans la liste des Templiers qui furent brûlés à Paris.
(Archives Nationales J. 413 b. 21.
Raynourd: Monuments Historiques pages 110, 224).
- Il est transféré de Périgueux à Paris où il comparaît le 2 mai 1310 devant les Commissaires enquêteurs. Il déclare que les aveux qu'il a faits précédemment à l'évêque de Périgueux lui ont été arrachés par la torture et la faim ; il les rétracte et se porte défenseur de l'Ordre.
- Il est signalé comme ayant été Commandeur du Temple « de las Maiez, Maiz, de Madiis » au diocèse de Bourges, vers 1273, et on le retrouve avec ce titre en 1288. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 132, 230, 235, 617. - II. p. 180).
Grandmaison (Dictionnaire Héraldique) cite trois Arnaud en Languedoc, dont les armes sont : pour le premier : d'azur au chevron d'or, accompagné d'un demivol de même en pointe, au chef d'or chargé de 3 roses de gueules ;
- Pour le second : d'azur à une palme d'argent plantée dans un croissant de même et 3 étoiles d'or en chef;
- Pour le troisième : d'or à 3 trèfles de sable.

Fr. Artal (Peyre) ; Pierre Artal ; appartenait au Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Barascii, Barasci, Barosa (Gerardus), miles; Gérard de Barasc.
- Reçu au Temple de Sainte Marie de Cahors vers 1298 ou 1299. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 379. - II. p. 291).
Cité par Lavaissière. - La maison de Barasc était une des plus illustres du Quercy. La famille de Barasc-Béduer fonda les prieurés de Lissac et du Pojolar et donna naissance à de puissants seigneurs. La branche de Béduer portait 3 fasces et un château au franc canton. Une branche de la maison était allée fixer fort anciennement dans le Rouergue au Puy-des-Cars ; elle portait : coupé au I d'azur, au lion léopardé d'argent ; au 2 d'or, à la vache de gueules. (Nobiliaire de Montauban.
- De Barreau : Documents sur le Temple en Rouergue)

Fr. Belafatz (Bernardus de) ; Bernard de Belafatz, fils de feu Pierre Cortavrel, d'Albussac, diocèse de Limoges.
- Reçu en 1277 au Temple « de Podio de Notz », à l'âge de 30 ans environ. Saisi et interrogé à Cahors le 3 janvier 1307.
(Archives Nationales J. 413 b. 21).
- Dans Raynourd: Monuments, page 244;
- DUPUY: Abolition des Templiers page 84;
- Histoire des Templiers page 99, on le trouve nommé Velafacs ou Velas.

Fr. Beraldi (Giraldus) ; Giraud ou Géraud Béraud ou de la Béraudie.
- Ne figure pas au Procès, mais Lacoste (Histoire du Quercy, tome II, page 440) qui signale ce fait a omis d'indiquer où il a vu que le personnage était Templier.
- Cité par Lavaissière.

Fr. Bertholomieu, « celarier » (gardien des celliers) de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
- (Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).
- Dans le Te Igitur, chapitre 157, on trouve un P. Bertholomieus qui se fait de Cahors en citoyen 1255.

Fr. Bonamor (Guillelmus), Caturcensis diocesis ; Guillaume Bonamour est amené de Poitiers à Paris et comparaît le 7 février 1310. Il renonce à défendre l'Ordre. (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 76).

Fr. Bonet (Peyre) ; syndic de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
- (Abbé GalabertI Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Bonihominis (Bertrandus), (Bernardus), Caturcensis diocesis; Bertrand ou Bernard Bonhomme ou Prudhomme.
- Prête serment à Paris le 1er avril 1311 et déclare maintenir tous ses aveux. Son interrogatoire définitif a lieu le 3 avril 1311. Il avait été reçu vers 1291 au Temple de Montpellier. Il était Commandeur du Temple d'Albinhac (Rouergue) - (Michelet, Procès des Templiers, tome II pages 151, 162).
Lavaissière cite une famille Prudhomme. - Une ancienne famille du Quercy qui portait le nom de Prudhomme avait pour armoiries : d'azur à 3 tours d'argent maçonnées de sable. (Nobiliaire de Montauban).

Fr. Bornarelli (Raymundus), serviens, de Gordiono, Caturcensis diocesis ; Raymond Bornarel, reçu vers 1305 au Temple du Bastit. - (Michelet, Procès des Templiers, tome II pages 341, 403).
On peut admettre que ce personnage s'appelait réellement Bornazel. En effet on trouve assez fréquemment ce nom dans le Te Igitur : chapitre 263, 301, 363 ; le chapitre 378 cite comme Consul de Cahors en 1279 un Huc Bornazel ; le même nom était porté en 1348 par un notaire de la même ville, comme on le voit au chapitre 358.

Fr. Boysso (Ramon del), « Comandador de la Capella de la Cavaleria del Temple » ; Commandeur du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
- (Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron). - Serait-il de l'ancienne maison Quercynoise de Boisset, qui portait d'or au chêne arraché de sinople ; au chef d'azur, chargé de 2 fleurs de lys d'or. (Nobiliaire de Montauban).

Fr. Braye ou Braie (Guillelmus de), miles ; Guillaume de Braye. - Etait vers 1285, Commandeur du Temple de Moissac (de Moisiaco), et en 1291, appartenait au Temple « de Themis », baillie de Prunay. - (Michelet, Procès des Templiers, tome II pages 341. 403).
Fr. Caiarco ou Cararco (Guillelmus de), miles Caturcensis ; Guillaume de Cajarc. - Comparaît à Paris le 7 février 1310, venant de Toulouse, et se porte défenseur de l'Ordre. Le 28 mars 1310, on le convoque pour la nomination d'un délégué. - (Michelet, Procès des Templiers, tome II pages 75, 105).
Les seigneurs de Cajarc tiraient leur nom d'une terre située non loin de Figeac. Ils portaient de gueules à la bande d'or. (Nobiliaire de Montauban)
Cité par Lavaissière.

Fr. Calmon (Arnaut del), Chevalier de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron, en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron)
Lavaissière cite une famille de Caumont. - Il y avait des Caumont en Lomagne (qui portaient d'or au chêne de sinople) et en Armagnac. Cette dernière maison s'allia en 1374 et plus tard se substitua à la famille des Montlezun. (Nobiliaire de Montauban)

Fr. Calvioni (Hugo de), miles Ruthenensis ; Hugues de Calvion. - Comparaît à Paris le 23 février 1310, venant de Moissac, diocèse de Cahors, et se porte défenseur de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 82)
On ne connaît ce nom que par la procédure. (DE BARRAU; Documents sur les Templiers en Rouergue).

Fr. Cardalhaco, Cardeyaco (Guillelmus de), Convenarum diocesis (diocèse de Comminges) ; Guillaume de Cardaillac. - Comparaît à Paris le 17 février 1310 et se porte défenseur de l'Ordre. Le 28 mars 1310 on le convoque pour la nomination d'un délégué. Le 1er avril 1310 il refuse de prendre part à cette nomination. Le 22 mai 1311 il prête serment et dépose le manteau. Il avait été reçu au Temple de Bendra, diocèse de Comminges, vers 1298, à l'âge de 23 ans environ. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 74, 105, 125. - tome II, pages 256).
Cité par Lavaissière. La maison de Cardaillac était du Quercy ; une branche de cette famille s'était fixée en Rouergue dès la fin du XIIe siècle et y possédait les terres de Maleville, Privezac, Valady, etc. (DE BARRAU: Doc. sur les Templiers en Rouergue). - Une branche de l'ancienne maison Quercynoise de Cardaillac, les Cardaillac-Montaignac, portait de gueules au lion d'argent, lampassé, armé et couronné d'or, accompagné de 13 besants d'argent en orle. (Nobiliaire de Montauban)

Fr. Castabolle (Raymundus de), Caturcensis ; Raymond de Castabolle. - Amené de Périgueux avec Arnaldi, comparaît en même temps que celui-ci. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 229).

Fr. Castanet (Guilhem de) ; Guillaume de Castanet. - Appartenait au Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).
Cité par Lavaissière.

Fr. Castanherio vel Castanhier (P. de), Agenensis ; P. de Castanier. - Comparaît à Paris le 23 février 1310, venant de Moissac, et se porte défenseur de l'Ordre. Le 28 mars, on le convoque pour la nomination d'un délégué. Le 30 mars, il proteste contre l'acte d'accusation et demande justice. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 82, 108, 114).
Cité par Lavaissière.

Fr. Castilho (Guilhem de), « cambrier » (camèrier) du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).
Cité par Lavaissière. Grandmaison (Dictionnaire Héraldique) cite en Languedoc deux familles de Castillon ; l'une portant de gueules au lion d'argent soutenant de sa patte dextre un château d'or ; l'autre qui porte d'azur à la tour d'argent sur un rocher de sinople, soutenu par 2 lions de sable.

Fr. Caturco (Johannes de) ; Jean de Cahors. - Etait trésorier du Temple de Paphos et déposa dans le procès instruit à Chypre.
Archives du Vatican. - ED. H. Drulz: Kulturgeschichte der Kreuzzuge. (Berlin, in 8º 1883, page 620).
Les de Cahors, seigneurs de la Sarladie, portaient d'azur à un ours passant d'or ; au chef d'argent, chargé de 3 croisettes de gueules. Cette famille portait originairement le nom de Pol. (Nobil. de ontauban).

Fr. Caus, Causso, Causo, Gauche (Geraldus, Gerardus de), miles Ruthenensis diocesis ; Gérard de Caus. - Est interrogé à Paris le 1er octobre 1307. Le 22 novembre 1309 il se présente spontanément devant les Commissaires. Le 20 février 1310 il comparaît de nouveau et offre de procéder juridiquement pour la défense du Temple. Le 11 janvier 1311 il comparaît encore devant la Commission, avec la qualité de « Preceptor ballive del Bastre » (Commandeur de la baillie du Bastit) ; il déclare qu'il maintiendra les aveux faits au Concile de Sens. On l'interroge définitivement le 12 janvier 1311 : il a 48 ans et a été reçu au Temple de Cahors vers 1298. - Vers 1305 il fut nommé Commandeur du Bastit. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 27, 81, 377, 379. - II. page 290).
On n'a d'autres renseignements sur celte famille que ce qui en est dit dans la procédure, où on la signale comme étant du Rouergue.
(DE BARRAU: Doc. sur les Templiers du Rouergue)

Fr. Cazals (Bernardus de), Bernard de Cazals ou Casals, fils de feu Bertrand de Cazals, du diocèse de Comminges. - Fut reçu en 1300 ou 1301, à l'âge de 25 ans environ, au Temple de Villedieu, diocèse de Toulouse, par Guy d'Adhémar, Maître provincial. On l'interroge à Cahors, le 2 janvier 1307.
(Archives Nationales J. 413 b. 21).
Cité par Lavaissière. Il était sans doute de la Maison de Viel-Castel, (citée par Lavaissièrequ) il possédait la terre de Cazals et celle de Marminhac en partie.
(Lacoste Histoire du Quercy. II. page 440).

Fr. Cericys (Sanselin de) ; Commandeur de la Templerie de Montricoux en 1268.
(Abbé Galabert: Les coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Cocha (Guido) ; Guy Cocha, fils de feu le Chevalier Guillaume Cocha, du diocèse de Limoges. - Fut reçu vers 1297 au Temple de Champeaux, diocèse de Limoges, à l'âge de 20 ans environ. On l'interroge à Cahors le 3 janvier 1307.
(Archives Nationales J. 413 b. 21).

Fr. Columba (Bernat), l'un des trois « capelas » du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Corregier (Ramon), l'un des trois « capelas » du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron)

Fr. Cacier (Peyre) ; sans doute : Pierre d'Assier. - Appartenait au Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).
Lavaissière cite les d'Assier, fort connus d'ailleurs dans le pays.

Fr. Ebrardi (Bernardus), Caturcensis ; Bernard d'Ebrard ou d'Hébrard.
- Amené de Périgueux avec Arnaldi ; comparaît avec celui-ci. - (MICHELET : I. page 229)
La Maison d'Ebrard (Quercy et Languedoc) portait d'argent au lion de sable brochant sur un semé de croisettes de même. - (Grandmaison Dictionnaire Héraldique).
Citée par Lavaissière.

Fr. Fabri (Guillelmus), Belvacensis ; Guillaume Fabre ou Fabri.
- Prend le 17 février 1310 la défense de l'Ordre. Fut reçu au Temple de Paulhac, diocèse de Limoges. Se trouvait vers 1288 comme sergent au Temple de Maurepas, diocèse de Chartres, et prit une part active à plusieurs réceptions. Vers 1305 était prieur (presbyter) du Temple du Bastit. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 74, 389, 596, 614).
Grandmaison cite des de Fabre (Guyenne et Gascogne) portant d'or au lion de sable, lampassé et armé de gueules. (Dictionnaire Héraldique)

Fr. Gaucelino (Stephanus), alias dictus Riota : Etienne Gaucelino, dit Riota, fils de Bernard Gaucelino, du diocèse de Limoges.
- Fut reçu en 1257 au Temple de Monts, diocèse de Limoges, à l'âge de 15 ans environ. Interrogé à Cahors le 3 janvier 1307.
(Archives Nationales J. 413 b. 21).

Fr. GIRBERT (....), l'un des trois « capelas » du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Gladio ou Glodio (Raymondus de), presbyter Caturcensis diocesis; Raymond de Glaive ou d'Espèe (?).
- Se porte défenseur de l'Ordre le 17 février 1310. Est convoqué pour la nomination d'un délégué le 28 mars 1310. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 73, 105).

Fr. Gossa (Hugo), Caturcensis diocesis ; Hugues Gossa.
- Est convoqué le 28 mars 1310 pour la nomination d'un délégué. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 105).

Fr. La Costa (Raymundus de), presbyter; Raymond de la Coste.
- Se trouvait au Temple de Cahors vers 1298 ou 1299 et récitait des psaumes pendant la réception du Chevalier Gérard de Caus. (Etait-il attaché à la Commanderie de Cahors en qualité de Prieur, ou bien était-il simplement de passage comme Guy d'Adhémar qui présidait la cérémonie ?) - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 379, 382).
Il y avait au pays de Foix une famille de la Coste portant de sable à la cloche d'argent bataillée de même. (Nobil. de Montauban).
- Le Te Igitur cite plusieurs possesseurs de ce nom assez commun, entre autres des de La Costa qui se firent citoyens de Cahors en 1248 et 1249.
Lavaissière cite des de Lacoste.

Fr. Longua Valle, Longa Valle (Bertrandus de), miles ; Bertrand de Longueval.
Reçu au Temple de Cahors, vers 1298 ou 1299. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 379. -II. page 290).
Cité par Lavaissière et Grandmaison (Dictionnaire Héraldique) mentionne deux familles de Longueval, l'une en Périgord, portant d'azur à une fasce d'or, accompagnée de 3 étoiles d'argent, 2 en chef et 1 en pointe ; l'autre en Limousin portant écartelé aux 1 et 4 d'azur à 3 roses d'or.

Fr. Mariani (P.), presbyter, curatus de Chanaco, Caturcensis diocesis.
- Comparaît le 2 mai 1310, comme Arnaldi, avec lequel il a été amené de Périgueux. Il se porte défenseur de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 236).
« De Chanaco » serait-il « de Chaniaco, de Canihaco » ? Ou bien ne vaudrait-il pas mieux lire « de Carnaco » ? Nous savons en effet que l'église de Carnac dépendait de la Commanderie de Lacapelle-Livron. Un évêque de Cahors, Bertrand de Cardaillac, eut même à s'occuper plus tard d'une affaire pour la solution de laquelle cette dépendance ancienne était invoquée. (Voir Guillaume de la Croix : Histoire des Evêques de Cahors, traduction AYMA, tome II. page 129).

Fr. Mercati (G.), Caturcensis diocesis.
- Amené de Périgueux avec Arnaldi, comparaît en même temps que celui-ci. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 230).

Fr. Monte Pessato (Bertrandus de), Convenarum diocesis; Bertrand de Montpezat, du diocèse de Comminges.
- Amené du diocèse de Tarbes ; comparaît le 27 mars 1310 et se porte défenseur de l'Ordre. Il est convoqué le 28 mars 1310 pour la nomination d'un délégué et refuse le 7 avril 1310 de prendre part à cette opération. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 99, 107, 164).

Fr. Monte Pessato (Gazerandus, Gacerandus, Cacerandus de), Narbonensis diocesis ; Gacerand de Montpezat.
- Amené de la Sénéchaussée de Carcassonne. Comparaît le 14 février 1310 et rétracte ses précédents aveux. Il se porte défenseur de l'Ordre. On le convoque le 28 mars 1310 pour la nomination d'un délégué et le 1er avril 1310 il refuse de prendre part à cette opération. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 70, 106, 131).
Cité par Lavaissière. La Maison de Montpezat (Guienne et Gascogne) portait de gueules à 1 balance d'or, alias d'or à 1 balance de gueules. (Grandmaison : Dictionnaire Héraldique).
Les Montpezat d'Agenais portaient de gueules à 2 balances d'or posées l'une au-dessus de l'autre. (Nobil. de Guienne et Gascogne, par de Bourrousse de Laffort, tome I, IV)

Fr. Pers (Estève de), appartenait à la maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Petrus (....), Preceptor domus Templi Caturcensis; Pierre, Commandeur du Temple de Cahors vers 1298 ou 1299. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 379).
Le Chevalier de Caus qui cite ce personnage dans sa déposition a oublié son « cognomen »
Lavaissière cite une famille de Pierre.

Fr. Portello (Arnaldus de), Aquensis ; Arnaud de Portel ou Du Portail.
- Comparaît le 23 février 1310, venant de Moissac, diocèse de Cahors. Il se porte défenseur de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 82).

Fr. Raos (Hug.), Commandeur du Temple de Vaour ; se trouvait en novembre 1268 au Temple de Lacapelle-Livron et figure dans une charte délivrée par le Chapitre de cette maison à cette époque.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Riota (Voyez Gaucelino)

Fr. Roberti (Raymundus), Preceptor deu Basoez; Raymond Robert, Commandeur du Temple du Bastit.
- Se trouve au Temple de Cahors vers 1298 ou 1299 et assiste à la réception de deux Chevaliers. Géraud de Caus, qui était Commandeur de la même maison du Bastit vers 1305, avait été reçu par lui à la date ci-dessus à Sainte-Marie du Temple, à Cahors. Dans sa déposition du 1er octobre 1307, Géraud de Caus parle de Raymond Robert comme d'un Frère défunt. - (MICHELET:I. pages 379, 380. - II. page 291).
Le Nobiliaire de Montauban mentionne plusieurs familles de ce nom.
Cité par Lavaissière.

Fr. Rupe Amatoris (Gerardus de), presbyter, de Castro-Lemovicensi ; Gérard de Rocamadour.
- Prête serment devant les Commissaires, le 25 février 1311. Le 26 février 1311 il est interrogé : il a 42 ans et a été reçu vers 1286 au Temple « de Bela Chassaula », diocèse de Limoges. Il ne prend pas la défense de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 601, 602)

Fr. Salvanhaco, Salvanhac (Atho, Hato de); Antoine de Salvagnac, « miles » (chevalier) de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
- Preceptor domus de Capella, Commandeur de cette même maison en 1307 ; arrêté en cette qualité.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron. - Te Igitur : chapitre 73).
Ne figure nulle part au procès ainsi que le constate Lacoste (Histoire du Quercy, tome II, page 440).
Le Nobiliaire de Montauban cite des Saint-Géry, seigneurs de Salvagnac en Rouergue ; ils portaient d'azur à la bande d'or, accompagnée de 6 besants de même en orle.
Famille citée par Lavaissière.

Fr. Sancto Johanne (Bertrandus de), Caturcensis; Bertrand de Saint-Jean.
- Amené de Périgueux avec Arnaldi, comparaît en même temps que celui-ci. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 230).
Les seigneurs de Saint-Jean appartenaient à une très ancienne maison de Languedoc qui portait d'azur à 2 lions affrontés d'or, soutenant une cloche d'argent.
(Nobil. de Montauban. - Grandmaison (Dictionnaire Héraldique).
Cité par Lavaissière.

Fr. Sancto Jorio (Consolinus, Gaucelinus de), miles Caturcensis diocesis ; Gaucelin de Saint Juery ou Jouery.
- Commandeur du Temple d'Espalion (Rouergue), en 1288.
- Se trouvait au Temple du Bastit vers 1305. Comparaît le 2 mai 1310, venant de Périgueux; se porte défenseur de l'Ordre ; déclare que les aveux qu'il a faits à l'évêque de Périgueux lui ont été arrachés par la faim et le froid qu'on lui a fait endurer. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 229, 389) Cité par Lavaissière.
Il y avait une famille de ce nom au château de Saint-Juery, canton de Camarès, et une autre sur les montagnes de Laguiole (Rouergue).
(DE Barrau: Documents sur les Templiers en Rouergue).

Fr. Sonac ou Sonnac (Guillaume de), né au château de ce nom (canton de Livernon, arrondissement de Figeac) ; fut Grand-Maître de l'Ordre de 1247 à 1250.
(Combarieu Dictionnaire des Communes du Lot.
Mansouet : Histoire des Templiers. II. p. 5)
De Barrau (Documents sur les Ordres du Temple, etc., en Rouergue, II. p. 253) - le fait descendre de la famille de Saunhac de Belcastel (Rouergue), qui portait d'or au lion de sable gueulé, armé, lampassé et couronné de gueules, chargé tout autour de 12 carreaux de gueules.

Fr. Taxaco (P. de), Caturcensis diocesis.
- Amené de Périgueux comme Arnaldi, comparaît avec celui-ci. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 229).
Ce Templier paraît être le même que Pierre de Tayac (Voyez plus loin).

Fr. Telheto (P. de), presbyter Lemovicensis diocesis; Pierre de Teillet.
- Amené de Moissac, comparaît le 23 février 1310 et se porte défenseur de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 82).

Fr. Texanderii (Jacobus), Caturcensis diocesis ; Jacques Teissandier ou Tissandier.
- Comparaît avec Arnaldi, amené comme celui-ci de Périgueux. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 130).

Fr. Teyaco (Raynaldus de) ; Reynaud ou Renaud de Tayac.
- Reçu vers 1297 au Temple de Rougemont, diocèse d'Agen, à l'âge de 20 ans environ. (Voir ci-après).

Fr. Teyaco (Petrus de), frère du précédent; Pierre de Tayac.
- Reçu vers 1301 au Temple de Saint-Michel, diocèse de Bordeaux, à l'âge de 30 ans environ. Reynaud, Pierre et Amalvin de Tayac étaient fils de feu Bertrand de Tayac « de Calviaco », diocèse de Cahors.
(Calviac, canton de Latronquière, arrondissement de Figeac). On les interrogea pour la première fois à Cahors, le 2 janvier 1307.
(Archives Nationales J. 413 b. 21)
Il y avait en Quercy une maison de ce nom qui avait son domaine principal vers Cazals, Concorets et Peyrilles. Il est fait mention d'un Pierre de Tayac, damoiscau, dans le testament d'Amalvin de Poudens. (Lacoste : Histoire du Quercy tome II page 440)
Cité par Lavaissière.

Fr. Teyaco (Amalvinus de) ; Amalvin de Tayac, frère des précédents.
- Assista vers 1301, au Temple de Saint-Michel, diocèse de Bordeaux, avec Reynaud de Tayac, à la réception de Pierre de Tayac.
(Archives Nationales J. 413 b. 21).

Fr. Truelli (P.), Caturcensis diocesis.
- Amené de Périgueux comme Arnaldi, comparaît avec celui-ci. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 230).

Fr. Valelhas (Hue de), Hugues de Valeilles.
- Appartenait à la Maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Coutumes de Lacapelle-Livron).

Fr. Valo (Hue de) ; Hugues de Valon.
Cité par Lavaissière.

Fr. Viveriis (Durandus de), Lectorane diocesis ; Durand de Viviers.
- Amené de Moissac, diocèse de Cahors, comparaît le 23 février 1310 et se porte défenseur de l'Ordre. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I page 82).

Fr. Yzarn (Bernat.), Chevalier de la Maison du Temple de Lacapelle-Livron en 1268.
(Abbé Galabert: Les Coutumes de Lacapelle-Livron).
Cité par Lavaissière.
Sources : Les Templiers de Cahors, par M. L. Esquieu - Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du Lot. Tome XXII, 1898 et tome XXIV 1899. Cahors, Imprimerie F. Delpérier
TE IGITUR, brochure grand in-8º, de plus de 400 pages. En vente à la librairie J. Girma. Prix : 5 francs.

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