Les Commanderies de Malte

Commanderie de Reims
Commanderie de Reims
Seigneurie du Temple de Bermericourt
Temple de Romain
Temple de Prouilly
Seigneurie su Temple de Mont-Saint-Rémi
Temple de Vouziers
Maison du Temple de Passy
Temple de Chatillon-sur-Marne
Maison de l'Hôpital de Prunay
Domaine de l'Hôpital de Tours-sur-Marne
Commanderie de l'Hôpital de Crilly
Seigneurie de l'Hôpital de Baconnes
Maison de l'Hôpital de Grand-Champ
Commanderie de l'Hôpital de Sainte-Croix
Maison de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Ramez
 


Domus Hospitalis Reims
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Reims — 51

Domus Hospitalis Reims
Domus Hospitalis Reims

La maison que les chevaliers de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem possédaient à Reims, et qui était le chef-lieu de leur commanderie, qui avait appartenu d'abord aux Templiers. Elle était située rue du Temple, dans un vaste enclos où se trouvait leur église, sous l'invocation de la Trinité.

Cette église, d'après les historiens de la ville de Reims, aurait été donnée vers 1170, à l'Ordre du Temple, par le doyen du chapitre de Notre-Dame, du consentement de l'archevêque, qui était alors Henri de France. Elle venait d'être restaurée et rebâtie en partie sur les fondements d'une autre église plus ancienne, qui avait été érigée par saint Rémi, et dédiée à saint Martin.

C'est dans cette église que nous voyons en 1231, un seigneur de Prouilly, du nom « d'Ebalus », et Agnès, sa femme, fonder une chapelle et donner aux frères du Temple, plusieurs rentes pour cette fondation, savoir: une rente de douze setiers de blé d'hiver à prendre sur le moulin de Prouilly, « in molendino de Proeli » une autre de huit muids de vin sur les vignes achetées à Prouilly, de Milon de Saint-Lambert; une troisième de vingt sols, monnaie de Reims, à recevoir sur la pêcherie de La Vesle sous Prouilly, « in piscaria de Vidula subtus Proley », avec une vigne à « Usseum (?) », appelée la Vigne du Meunier et la terre située au-dessus.

Les Templiers avaient encore à Reims, dans le faubourg Cérès, une maison qu'on nommait le « Petit-Temple. » Elle leur avait été léguée vers la fin du XIIIe siècle par un nommé Gauthier Bainière. Celui-ci avait laissé tous ses biens à l'Ordre du Temple. Ses héritiers avaient réclamé contre un acte qui les privait entièrement de cette succession. Pour éviter un procès, les Templiers transigèrent; et par des lettres de l'official de Reims, de l'année 1280, ils consentirent à ne garder de leur legs qu'une maison, située à Reims, au-delà de la porte Cérès, « ultra portam Cereis », une pièce de terre à « Brimon », avec quelques vignes au territoire de Villers-Franqueux, « in territorio de Villari Frainqueu », et sur celui de Cauroy, « de Caureto. »

Les Hospitaliers, après avoir pris possession du Temple de Reims, en augmentèrent les revenus par de nouvelles acquisitions. Par un acte passé devant Me Jehan Legier, tabellion à Reims, le 18 mai 1434, une dame, du nom de Flandrine, veuve de Bertrand de Nouroy, avocat, fit donation à l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, jadis du Temple à Reims, de tous ses biens immeubles qui comprenaient:
1 — Une maison située dans la ville, au lieu dit « Aux Changes », tenant à une ruelle conduisant au marché aux draps;
2 — Une autre maison devant l'église de Saint-Nicaise;
3 — Et quatre places « à vendre solers estanz ou lieu et place où on a accoustumé de vendre et où on vend les-dits sollers, qui est près de là où on vend les draps, au dit marchiet aux draps à Rheims. »

Cette donation est acceptée par les trois frères de l'Hôpital qui demeuraient en la maison du Temple, Ector Le Roux, Guillaume Malingre et Gillebert Salet, tous prêtres, à la charge et sous la condition expresse qu'ils se chargeaient de loger, nourrir et entretenir la donatrice jusqu'à sa mort, et de la faire inhumer comme un frère de l'Ordre.

Il est dit que, en sûreté et garantie de l'exécution de cette donation et des conditions stipulées, la dame Flandrine engageait « la foy de son corps pour ce donnée corporellement en la main du Tabellion, et lesdits frères de l'Ospital donnaient la parole de Notre Seigneur, la main mise au pectus comme prêtres. »

Au XVe siècle, les Hospitaliers de Reims avaient fait de leur maison un couvent de l'Ordre. Voici ce que nous lisons dans le rapport des commissaires chargés de la visite prieurale de 1495: « Nous avons voulu veoir et visiter la chappelle de la commanderie de Rheims, fondée de la Trinité, en laquelle y a couvent, où doit avoir quatre frères chappelains de la religion et ung clerc, lesquelz sont tenuz de dire tous les jours les heures canonicales, une basse messe, et à tierce une haulte. »

« La chappelle est bien grande et ne fut jamais parfaite, car il n'y a de crosté synon le cueur. La nef et les croisées sont de lignan fort viel et desmyt. Touttefoys elle est bien couverte. Ce qui est crosté de ladicte esglise commencoit de se ouvrir, mais par dehors le Commandeur présent (frère Gauthier Coulon), y a fait faire des piliers pour la retenir. »

« Ledit Commandeur est fort viel, caduc et impotent, et n'y fait point sa résidence, et a esté tousiours mauvais administrateur, comme se monstre par les commanderies qu'il tient. »

« Ladite commanderie et couvent est à présent gouverné par frère Jehan Gaultier, honneste religieux, et fait son debvoir tant au service de la chappelle comme de la commanderie. »

« La chappelle de présent est assez en bon estat de ediffices de verrines, ou y a des reliquaires, une Trinité, trois tabernacles petiz, ausquelz a diverses reliques, ung encensier, deux croix, une petite et, une grande, ung calice, le tout d'argent, bien fournie de livres, chasubles et chappes vielles. Autour du grand aultier, a six colompnes de cuyvre et les anges dessus qui sont de boys, et quatre grans chandelliers de cuyvre. »

Après, la maison de ladite commanderie qui est auprès de ladite chappelle tout en ung clos, qui est fort vielle et se desmytet auroit bon besoing d'entretiennement et de réparations, ou bientost elle yra par terre et pareillement le couvent des frères. »

En ladite maison et le clos d'icelle et aucunes maisons du tenement, la religion a toute jurisdicion, et touttes les foys que l'on a affaire, le bailly de ladite commanderie est tenu de venir tenir le siège dedens ladite maison, où depuys dix ans en ça a esté mis à l'eschelle ung malfaiteur, et exerce ladite jurisdicion et a prisons. »

Les biens et revenus que la commanderie possédait à Reims, comprenaient cinq ou six maisons dans la rue du Temple, touchant à l'hôtel du Commandeur, et dont une servait en 1497 à tenir les écoles, et était louée quatre livres tournois.

Elle en avait encore trois autres dans la ville: « l'une en rue des Theliers, avec ung petit jardin tenant à la ruelle des Crevez, louée à cause de son estat ruyneux, XII sols par an. »
« Une aultre séant en la place devant Saint-Antoine, louée avec ung jardin derrière, XLVIII sols. »
« Et la troisième, en la rue des Cordelliers, baillée à surcens pour VI sols par an. »

Les cens et rentes seigneuriales qui appartenaient à la commanderie dans la ville et la banlieue, se percevaient sur une cinquantaine de maisons dans les rues de Portemars, de Coussy, du Temple, sur la maison de l'Escu de France, devant le Marché aux Chevaux, rue Watier-Buyron, au Marais, rue Saint-Hilaire, rue de l'Echauderie, au Marché à la layne, rue de Porte-Chastre, au Marché au blé, rue de Porte-Regnier, devant l'Aumosne-Saint-Pierre, au Trou-d'Enfer, en La Gaignerie, en La Fourberie, derrière les Cordeliers, en la rue de l'Eglise Saint-Jean, et sur un étal en la Boucherie.

Le revenu de la commanderie et de ses membres était, en 1495, de 317 livres trois sols. En voici les charges:
Pour quatre religieux ordinaires qui font le service de la chappelle et couvent, à chascun pour son vestiaire et pour sa table, XXV livres, montent cent livres.
Pour ung clerc servant ladite chappelle et couvent pour sa table et gaiges, XII livres. Pour le recepveur de la commanderie, X livres.
Pour le luminaire ordinaire devant le Corpus Christi, en huyle, IIII livres.
Pour le luminaire de la chappelle, XVI livres.
Pour une chamberyere qui sert ledit couvent, pour ses gaiges et sa vie, XII livres.
Pour ung chappelain qui sert la chappelle de Cliry et luminaire, X livres.
Pour desservir la chappelle de Ponturay et luminaire, V livres.
Pour le vivre et vestiaire du curé de Romains, qui est frère de la religion, pour ce que le Commandeur prent les dismes, XXV livres.
Pour le bailli, V livres.
Pour le procureur, III livres.
Somme des charges, 242 livres.

Le commandeur de Reims avait le patronage de beaucoup d'églises, dont les curés étaient à sa collation, c'étaient:
L'église de Romain, dédiée à saint Apollinaire;
L'église de Ludes, dédiée à saint Jean-Baptiste;
L'église de Courtagnon , sous l'invocation de l'Exaltation de la Sainte-Croix;
L'église de Nanteuilg, dédiée à saint Pierre;
L'église de Bouzy, dédiée à saint Remi;
L'église de Moronvilliers , dédiée au même Saint;
L'église de Vaudesincourt;
L'église de Leffincourt, sous le vocable de saint Blaise;
L'église de Mont-Saint-Martin, dédiée à saint Martin;
L'église de Sugny, dédiée à saint Remi;
L'église de Liry, dédiée à saint Sulpice;
L'église de Monthois, sous l'invocation de la sainte Trinité;
L'église de Corbon, dédiée à saint Laurent;
L'église de Saint-Morel, sous le vocable de saint Maurice;
L'église de Savigny;
L'église de Vaudy, à une lieue de Vouziers, dédiée à saint Remi;
L'église de Ballay, dédiée à saint Jean-Baptiste.

Les dîmes de ces paroisses appartenaient en grande partie au Commandeur. Il est vrai qu'elles étaient d'un faible produit au XVe siècle, à cause des guerres qui ravageaient le pays, mais elles formaient, au siècle dernier, le principal revenu de la commanderie. Elles rapportaient en 1783 plus de 7.000 livres. A la même époque, les loyers des maisons de Reims, avec les cens dans la ville et quelques terres aux environs, valaient 2.329 livres par an.

Il dépendait de la commanderie plusieurs membres: Le domaine de Bermericourt, la maison de Romain, l'ancien Temple de Prouilly, la terre de Mont-Saint-Remi et les moulins de Vouziers.

Les Hospitaliers y ajoutèrent en 1470 la petite commanderie de Passy-Saint-Gemme avec la maison de Châtillon-sur-Marne, qui avait appartenu précédemment à la commanderie du Mont-de-Soissons.

D'autres annexions se firent encore ensuite, savoir: la maison de l'Hôpital de Ponturay à Prunay, celle de l'Hôpital de Crilly à Ambonay, l'Hôpital de Grand-Champ, l'Hôpital de Sainte-Croix à Baalons, et la maison de Saint-Jean-de-Ramez, à Villers-devant-Dun.

Noms des Commandeurs de Reims
1333. Frère Jehan de La Landelle.
1337. Frère Pierre de Berancourt.
1356. Frère Jacques de Saint-Dizier.
1373. Le chevalier Pierre d'Ancienville.
1388. Le chevalier Toussaint de Berneville.
1395. Frère Adam le Gruier.
1397. Frère Jehan Cassinel, alias Cassinet.
1409. Le chevalier Adam de Saint-Jehan.
1411. Le chevalier Henri Rampart.
1430. Frère Jehan Moreau, prêtre de l'église conventuelle de Rhodes.
1445. Frère Hector Le Roux.
1447. Le chevalier Rogier Sergent, trésorier-général de l'Ordre.
1456. Frère Jehan Gobert.
1463. Frère Gauthier Coulon
1499. Frère Franèois de Bourdon.
1529. Frère Franèois Saradin.
1556. Frère Guillaume Viard.
1568. Frère Jacques Cardon.
1581. Frère Jacques Beauffe, alias Beausse.
1602. Frère Marin Cochois.
1640. Frère Jean-Antoine Watteblé.
1652. Frère Claude Belotte.
1681. Frère Charles Belot.
1692. Frère Jacques Asselin.
1697. Le chevalier Jean de Bailly.
1723. Le chevalier Gilbert Arquier.
1736. Le chevalier Louis-Adrien de Cabueil.
1752. Le chevalier Philippe-Antoine Lefebvre de La Poterie.
1783. Frère Edmond Huet, servant d'armes.
 
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Domus Hospitalis Berméricourt
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Bourgogne — 51

Domus Hospitalis Berméricourt
Domus Hospitalis Berméricourt

La terre et seigneurie de Bermericourt à deux lieues de Reims, avait été acquise par les Templiers vers le milieu du XIIIe siècle, de diverses personnes.

Nous trouvons des lettres de Jean, seigneur de Courlandon, du mois de décembre 1243, par lesquelles il confirme la donation que Gérard d'Aconin, chevalier, et Hadevise, sa femme, avaient faite aux frères de la chevalerie du Temple de Reims, de tout ce qu'ils possédaient en maisons, cens et justice à Berméricourt et sur ce territoire, « in villa et territorio de Bremericort. »

Au mois d'avril de la même année, Regnault de Guignicourt et Agnès, sa femme, par lettres expédiées sous le sceau de l'official de Reims, vendirent aux-dits frères tout ce qu'ils avaient à Berméricourt, en terres, maisons, cens, rentes, à l'exception toutefois de la vicomté.

Mais la vicomté leur fut abandonné au mois de décembre 1244, par Simon de Lobes, « de Lobiis », chevalier, seigneur dominant, qui approuva et confirma la donation de Girard d'Aconin dont il est parlé ci-devant, ainsi qu'il résulte d'une charte de Michel de Saint-Denis, chanoine et official de Reims, en date du mois de décembre de la dite année 1244.

D'autres acquisitions faites de 1245 à 1262, par les Templiers, augmentèrent l'importance de leur seigneurie de Berméricourt. De ce nombre, nous citerons l'achat qu'ils firent, en juillet 1249, de Raoul de Romain, « de Romagnis », d'un fief situé à Berméricourt, tenu par Garnier « de Bermicourt » et Gaudefroy de Chaudardes, avec les arrière fiefs qui en dépendaient.

Le domaine de Berméricourt se composait d'une maison à usage de ferme, située dans la Grande-Rue, avec 145 arpents de terre à labour, faisant 184 jours, 21 perches 3 pieds, mesure du lieu.

Le Commandeur avait la haute, moyenne et basse justice à Berméricourt, cens et rentes seigneuriales, avec droit de bourgeoisie, qui consistait à recevoir de chaque habitant ayant ménage, un setier d'avoine et deux poules par an.

A Hermonville qui, autrefois, était de la paroisse de Berméricourt, la commanderie avait une maison située rue Monset, avec un pressoir et quelques vignes.

De 1573 à 1596, les Hospitaliers achetèrent à Hermonville et sur le territoire de Cormicy, village voisin, une assez grande quantité de bois qu'ils défrichèrent et donnèrent à cens aux habitants des lieux.

Les bois de « Cormissy » avaient été achetés en 1263, par Messeigneurs du Temple de Reims, des abbés et religieux du couvent de Saint-Thiery.

Le revenu de la terre de Berméricourt et de ses dépendances, n'était que de 250 livres et 60 setiers d'avoine en 1757. On le trouve porté en 1783, à 862 livres et 24 boisseaux d'avoine.  
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Domus Hospitalis Romain
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Fismes — 08

Domus Hospitalis Romain
Domus Hospitalis Romain

Nous avons dit que la cure de cette paroisse était à la collation du commandeur de Reims.

Les Templiers avaient déjà des terres à Romain au commencement du XIIIe siècle, ainsi que nous le voyons par une transaction intervenue entre eux et Jean, seigneur du lieu, au mois de janvier 1219, par rapport à une terre qu'ils revendiquaient chacun de leur côté, et que les Templiers prétendaient tenir de l'église de Romain.

Le seigneur Jean ayant renoncé à ses prétentions, leur vendit plus tard, c'est-à-dire au mois de novembre 1247, une autre terre avec un vivier, située à « Roumains », au lieu dit le « Moulin des Naves », tenant à un pré où existait précédemment le vivier du Prieur de Ventelay, « Prioris de Ventelaio. »

Nous trouvons un état des biens et revenus de la maison de Romain, membre de la commanderie de Reims, du mois de décembre 1333, lorsqu'il n'y avait pas longtemps que les Hospitaliers en avaient pris possession.

Le domaine consistait alors en dix-huit setiers, « sextarii », de terre à semence, « terre seminature », rapportant année moyenne, 50 sols tournois; six setiers de vigne, d'un revenu de 8 livres; le quart d'une fauchée de pré, « falcature prati », valant six sols, et plusieurs maisons d'un loyer de 40 sols.

Le Commandeur avait la basse justice dans son domaine, avec le quart de la dîme de la paroisse, et quelques rentes et cens en grain et en argenta. La maison de Romain devait être un grand édifice, car elle est qualifiée de « magna domus » dans l'inventaire de 1333. Elle était située dans la grande rue du village et servait de logement, au XVe siècle, au receveur de la commanderie.

Le revenu de Romain qui n'était en 1495, que de 10 livres, s'élevait en 1783, à 950 livres.

Romain, commune de Fismes
— Romani, commune du XIe siècle (Polyptyque de Saint-Rémy de Reims)
— Romains, 1032 (Histoire des comtes de Champagne, tome I, page 469)
— Romeins, 1156 (Cartulaire d'Igny, folio 10 rº)
— Romani, 1154-1159 (cartulaire d'Igny, folio 2 rº)
— Rommainz, 1164 (Saint-Thierry, C. 7)
— Romayns, 1172 (Cartulaire de la Val-Roy, 10945, folio 12 vº)
— Roumains, les Roumains, vers 1222 (Livre des vassaux de Champagne)
— Roumani, 1265 (Cartulaire d'Igny, folio 2 rº)
— Rommans, 1303-1312 (Archives administratives de Reims, tome II, page 1059)
— Cornet-Paulus, en 1860, mentionne les noms de Romains-le-Grand et Romains-le-Petit, comme ceux de dépendances de Romain.
— Roamin faisait partie de l'élection de Reims et suivait pour partie de la coutume de Reims, pour partie celle de Vitry. Son église paroissiale, diocèse de Reims, doyenné d'Hermonville, était consacrée à Saint Timothée et à Saint Apollinaire, le commandeur du Temple de Reims présentait à la cure.  
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Domus Hospitalis Prouilly
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Fismes — 08

Domus Hospitalis Prouilly
Domus Hospitalis Prouilly

La maison que les Templiers avaient à Prouilly, appelée dans les anciens documents « Le Temple de Prouilly », n'était plus qu'une masure au XIVe siècle, lorsqu'elle appartenait aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Cette maison était située dans la grande rue, tenant à la ruelle de Choilly. Il en dépendait seulement quelques pièces de terre avec des rentes dues par le seigneur du lieu. Il n'y eut jamais de chapelle. C'est pourquoi sans doute qu'Ebalus, seigneur de Prouilly, désirant fonder au XIIIe siècle une chapelle, résolut de faire cette fondation dans l'église du Temple de Reims, comme nous l'avons dit plus haut.

Au XVIIIe siècle, la maison fut aliénée à titre de sur-cens par un Commandeur; mais le Grand-prieur de France ne ratifia pas cet acte, et après avoir fait rentrer cette maison au domaine de la commanderie, il l'afferma avec ses dépendances en 1781, 53 livres.  
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Domus Hospitalis Mont-Saint-Rémi
Département: Ardennes, Arrondissement: Vouziers, Canton: Machault, commune: Pauvres — 08

Domus Hospitalis Mont-Saint-Rémi
Domus Hospitalis Mont-Saint-Rémi

La terre et seigneurie du Temple de Mont-Saint-Remi est une acquisition que les Templiers firent de Thibaut, fils de dame Mathilde de Mont-Saint-Remi, suivant des lettres de l'official de Reims, de l'année 1244. Par cet acte, le seigneur Thibaut vendit aux frères du Temple de Reims, pour le prix de 10 livres, toutes les terres, revenus, justice et seigneurie qu'il avait à Mont-Saint-Remi et qu'il tenait desdits frères.

Le même Thibaut leur céda encore, en 1242, des rentes qui lui restaient dues par divers habitants de Mont-Saint-Remi, « de Monte Sancti Remigii. »

Nous ne savons ce que devint la terre et seigneurie de Mont-Saint-Remi, car il n'en est plus fait mention dans aucun titre postérieur au XIIIe siècle.  
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Domus Hospitalis Vouziers
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Vouziers — 08

Domus Hospitalis Vouziers
Domus Hospitalis Vouziers

L'établissement que les Templiers avaient à Vouziers, consistait en des moulins établis sur un des affluents de l'Aisne, qu'on appelait le ruisseau de Marizy.

Ces moulins avaient appartenu aux abbés et religieux de Saint-Thiery, du diocèse de Reims; mais comme leur entretien était fort coûteux et difficile, parce que les religieux n'avaient pas de bois dans les environs pour les réparer, et qu'ils devaient pour cela en faire venir de très-loin, on prit le parti de les vendre.

Des lettres de Jean, archevêque de Reims, du mois de mai 1274, portent que les religieux de Saint-Thiery ont cédé, par forme d'échange, aux frères de la chevalerie du Temple de Reims, leurs moulins de Vouziers, « apud Vousiers », la rivière sur laquelle ils étaient construits, jusqu'à l'endroit appelé la Vieille-Fournelle, deux fauchées de pré situées entre les moulins et le bras des écluses, une saussaie touchant à ce pré, avec quelques cens et rentes sur des héritages, à la charge et sous la condition que les religieux de Saint-Thiery qui demeureraient dans les maisons de « Surienne et d'Ydes », auraient le droit de moudre leurs grains auxdits moulins sans rien payer.

En contre-échange, les Templiers abandonnèrent au monastère de Saint-Thiery, la rente d'un setier de froment à « Til », le quart d'un moulin près de « Hupignicourt », sur les bords de la Suippe, « super ripariam de Sopia », au lieu dit « Aube rive (arrondissement Reims) », avec le droit de pêche, les cens et rentes en dépendant. De plus une soulte de 600 livres fut payée par les Templiers aux religieux.

Les moulins de Vouziers rapportaient en 1487, 50 livres tournois; en 1757, 1.000 livres; et en 1788, 2.800 livres.  
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Domus Hospitalis Passy
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Châtillon-sur-Marne — 51

Domus Hospitalis Passy
Domus Hospitalis Passy

La maison du Temple de Passy, chef-lieu d'une petite commanderie, était située sur la rive gauche de La Semoigne, entre Passy et Villers-Agron. Le titre le plus ancien qui mentionne cette maison, est une charte du mois d'octobre 1229, par laquelle un seigneur, Milon de Venteuil, « de Ventolio », voulant mettre fin à un procès avec les Templiers « de Pacy », pour un droit d'usage que ceux-ci réclamaient dans ses bois, leur abandonna, par forme de transaction, dix arpents de bois dans un lieu nommé « Fouilloux ou Feuilleuse », au-dessus de Saint-Gemme, près Passy.

En 1230, une autre transaction eut lieu par l'entremise de Jacques, évêque de Soissons, entre les Templiers d'une part, Henri et Guy, seigneurs de Passy, « de Passeio », de l'autre, au sujet encore d'un droit d'usage dans le bois de Feuilleuse, « in nemore de Foulloux », auquel les Templiers renoncèrent, moyennant l'abandon que leur firent les seigneurs susnommés de sept arpents dans le même bois.

Les hôtes du Temple de Passy paraissent avoir été souvent en désaccord avec leurs voisins. Nous les trouvons en 1237, engagés dans un procès avec un personnage, du nom de Guillaume Rayer de Fismes, qui réclamait une terre, qu'on avait réunie mal à propos à celle où se trouvait l'étang du Temple « de Pasci. » Pour couper court à ce débat, Guillaume, par des lettres de l'official de Soissons, du mois de décembre de la même année, déclara renoncer, pour le salut de son âme, à tous ses droits sur l'objet en litige.

En 1239, Henri de Passy, dont nous avons déjà parlé, acquitta et déchargea les Templiers de tout ce qu'ils pouvaient lui devoir de cens à Passy, moyennant une somme de 13 livres fortes qu'il reçut d'eux.

Enguerrand, seigneur de Villers (Villers-Agron, près Passy), confirma par ses lettres du mois de novembre 1242, aux frères de la chevalerie de la maison du Temple de Passy, « domus Templi de Pacciaco », la possession d'une terre, sise à Passy, dans la Noue, « in Noa », touchant au jardin de la maison des Templiers, terre que la mère d'Enguerrand leur avait donnée, et dont ils pourraient jouir librement, en payant à ce dernier un cens de deux deniers par an.

Nous voyons en 1244, le chapelain du Temple de Passy, nommé Henri, donner à tous ses confrères en religion, ses biens meubles et immeubles, situés dans le domaine et le tréfond du seigneur Jacques de Vart, au territoire de CoupignyDomus Hospitalis Coupigny
Domus Hospitalis Coupigny
vers Passy, « in territorio de Coupigniaco versus Paciacum », du consentement du dit seigneur de Vart, qui en expédia l'acte confirmatif au mois de mai 1251.

Lambert de Neuville, guerrier du vidame de Chalons, envoya en décembre 1338 un mandement au sergent de la gruerie, pour maintenir les religieux de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem qui avaient remplacé les Templiers dans la maison de Passy, pour les maintenir, disons-nous, dans le droit de faire paître leurs bestiaux dans les bois de Gousancourt, dans ceux de Maignières, (Bois de Meunière, près de Goussancourt) et en d'autres lieux.

Passy-Grigny, commune de Chatillon-sur-Marne
— Paci, 1177 (Cartulaire d'Igny, folio 20 rº)
— Pasceium, 1214 (Archives nationales, S 5305, 37)
— Frates milicie Templi de Paciaco, 1242 (Archives nationales, S 5035, 28)
— Paciacum Templi, 1280 (Archives nationales, S 5035, 34)
— Pacy, 1388 (Ibidem, page 180, 116)
— Pacy soubz Sainte-Gemme, 1394 (Ibidem S 5035, 33)
— Passi soubz Saincte-Jame, 1396 (Ibidem, page 208, 23)
— L'Hospital de Passy, 1486 (Ibidem, S 5035, 26)
— Passy soubz Saincte-Gemme en Tardenois, 1531 (Ibidem, Page 162, 131)
— Passy-Sainte-Jame, 1602 (Ibidem, Page 162, 180)
— Passy-Grigny ou Passy-Sainte-Gemme; Passiacum ad Grigniacum; ad Sanctam Gemmam, 1783 (état du diocèse de Soissons, page 324)

Coupigny, ferme, commune de Sainte-Gemme
— Coupigni, Coupigniacum, 1251 (Archives Nationales S 5035, 30)
— Compeigny, vers 1300 (Extenta Campanie, Châtillon)
— Coppigny, 1531 (Archives Nationales, P 162, 131)

Anciens Commandeurs de Passy
1371. Frère Pierre Coulier.
1411. Frère Samson Rouzé.
1413. Le chevalier Hue de Sarcus, commandeur d'Oisemont.
1414. Frère Nicole Perel.
1420. Frère Jehan Foulon.
1460. Frère Simon Hardy.  
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Domus Hospitalis Chatillon-sur-Marne
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Châtillon-sur-Marne — 51

Domus Hospitalis Chatillon-sur-Marne
Domus Hospitalis Chatillon-sur-Marne

La maison que les Templiers possédaient à Chatillon, et qui était un membre de la commanderie de Passy, fut acquise par eux dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Des lettres de l'official de Soissons, du mois de décembre 1235, portent qu'un nommé Jean Boquetin de Paris, et Anceline, sa femme, ont vendu aux frères de la chevalerie du Temple, pour le prix de 40 livres, monnaie de Provins, toute une maison qui leur appartenait et qu'ils habitaient à Chatillon, « apud Castellionem », au diocèse de Soissons, dans la rue Corbillon, « in vico qui dicitur Corbellon. »

D'après un relevé fait en 1309, des maisons du Temple dans le Soissonnais, dévolues à l'Ordre de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, on voit qu'à cette époque la maison de Chatillon valait vingt sols de revenu par an; qu'il lui appartenait en rentes de vin XX setiers, à neuf deniers le setier; 113 arpents de bois qui rapportaient année commune vingt livres, et un vivier dans la rue Lecomte, d'un produit de cent sols par an.

Il n'est plus fait mention de la maison de Chatillon dans aucun titre postérieur au XIVe siècle.  
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Domus Hospitalis Prunay
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Beine-Nauroy — 51

Domus Hospitalis Prunay
Domus Hospitalis Prunay

La maison de l'Hôpital de Prunay, qu'on trouve appelée dans les anciens titres « Ponneroy, Pontuerois, Ponturay, Pontyray ou Pontvray », était située entre Sillery et Beaumont, non loin de La Vesle, sur le chemin de Reims à Chalons.

Il en est fait mention pour la première fois dans une charte de Henri, archevêque de Reims, du mois de juillet 1232, par laquelle ce prélat confirme la donation faite par Drogon, chanoine de la cathédrale de cette ville aux frères de l'Hôpital de Jérusalem, de dix-huit fauchées de pré qu'il avait à Tours-sur-Marne, « apud Turres super Matronam. » Il est dit que cette donation est faite sous la condition que ces prés appartiendront à leur maison de « Pontuerois », afin d'augmenter le revenu du chapelain, et d'assurer en tout temps le service de la chapelle de cette maison.

En 1281, Guy, seigneur de Sillery, « de Sallereyo », par des lettres de cette date, émanées de l'official de Reims, dégrevait les frères de l'Hôpital d'un cens de huit deniers par an, qu'ils lui devaient sur leur maison, nommée « Ponneroy. »

Jacques de Saint-Dizier, commandeur de Reims, loua en 1357, à un nommé Noël, dit Couchecuffaye, et à Sebile, sa femme, demeurant à « Prunnoy », la maison de « Ponneroy » avec les terres en dépendant, moyennant une redevance annuelle de sept vingts (140) setiers de grain.

En 1495, la maison qui tombait en ruines fut rebâtie, et la chapelle qu'on répara fut remise à neuf. « A deux heures de Rheims, y a une ferme appellée Ponturay, en laquelle la commanderie a toute jurisdicion, et y a une chappelle que le Commandeur y a faicte réparer tout de neuf depuys deux ans, et servie d'une messe par sepmainne. Oultre plus y a faict faire ledit Commandeur, maison et grange tout de neuf, qui sont pour l'usage du fermier, qui donne de pourfit en grain moitié seigle et avoyne, XVIII sestiers. »

Les seigneurs de Sillery ont été les grands bienfaiteurs de la maison de Prunay. Parmi les donations qu'ils lui ont faites, nous citerons celle de Guy de Sillery, passée en décembre 1583, sous le sceau du bailli de Vermandois, en résidence à Reims. Par cet acte, le seigneur Guy déclare avoir donné à la Sainte-Maison de Saint-Jean-de-Jérusalem « de Pontyray, qui siet sur Velle, entre Sillery et Biaumont, sur le chemin de Rheims et de Chalons », le droit de pâturage pour les bestiaux de cette maison dans ses paquis et dans ses prés, « deèà et de là l'eaue, entre la maison susdite et celle de Sillery jusques à Puisieux, là où les paquis sont contre la maison de Sillery. »

Il leur accorda en outre le droit de scier de l'herbe en ses prés, comme de prendre de la marle dans ses terres, et renonça à tous droits de justice et de seigneurie sur la bouverie et le four de l'Hôpital.

Au commencement du XVIIe siècle, les terres de la maison de Prunay eurent à souffrir de grands dommages, par suite du débordement des eaux de La Vesle. Ce débordement avait été causé principalement par un barrage ou une chaussée qu'avait élevée dans son marquisat de Sillery, Messire Louis de Bruslard, grand chancelier de France. Pour éviter un procès que Marie Cochois, alors commandeur de Reims, allait lui intenter, le marquis de Sillery proposa d'acheter le domaine de « Pontvray. » Ce qui fut accepté, après avis pris tant à Paris qu'à Malte. Le contrat fut signé le 4 novembre 1617, et le prix de la vente, qui était de 6,300 livres, fut employé dans l'achat fait en 1646, au profit de la commanderie, d'une maison à Paris, rue Saintonge, au Marais, laquelle était louée en 1757, 220 livres; et, en 1783, 500 livres.  
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Domus Hospitalis Tours-sur-Marne
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Beine-Nauroy — 51

Domus Hospitalis Tours-sur-Marne
Domus Hospitalis Tours-sur-Marne

Il dépendait de la maison de Prunay un petit domaine à Tours-sur-Marne. C'était une ferme avec quelques terres et des bois.

Un noble personnage, du nom d'Eustache de Conflans, avait donné en 1195, aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, quatorze journaux de terre arable qu'il avait à Tours-sur-Marne, « apud Turres super Matronam », et tous les bois qu'il possédait à Bouzy, « apud Bozeias », et à « Ambonai (Abonnay) » avec tous ses droits de justice et de seigneurie.

La ferme qui était une grange dès l'origine, leur avait été concédée par un chanoine de Reims, Pierre de Grenons, ainsi qu'il résulte de ses lettres du mois de décembre 1247.

Le domaine de Tours cessa d'appartenir à l'Hôpital, qui l'accorda au XVe siècle, à cens et rente perpétuelle à diverses personnes.  
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Commanderie de l'Domus Hospitalis Crilly
Département: Marne, Arrondissement: épernay, Canton: Ay, commune: Ambonnay — 51

Domus Hospitalis Crilly
Domus Hospitalis Crilly

Nous n'avons pas trouvé le titre de fondation de cette ancienne commanderie de l'Hôpital. Tout ce que nous savons, c'est qu'elle existait dans la première moitié du XIIIe siècle. Une charte de Jean de Blois et de Gérard de Menez, chanoines préposés à l'officialité de Reims, approuve et confirme en 1248 la vente faite par Pierrot de Tours-sur-Marne, écuyer, surnommé le « Juif », aux Commandeur et frères de la maison de l'Hôpital de Jérusalem de Crilly, « Magistro et fratribus domus Hospitalis Iherosolimitani de Clivi », d'une partie d'un bois situé au-dessus du village de Bouzy, « desuper villam de Boizei », vers le mont appelé « Mondemange. »

Les guerres du XVe siècle avaient tellement ruiné la commanderie de Crilly, qu'on la supprima, pour en réunir les biens à celle de Reims.

En 1495, la maison et la chapelle étaient en très-mauvais état, et les terres ne rapportaient presque rien. Cette situation ne s'était pas améliorée au siècle suivant, car nous voyons dans un bail de l'année 1565, qu'un nommé Berthier occupait alors « un lieu appelé Clivy, assez près d'Ambonay, où d'ancienneté souloit avoir maison et autres édifices qui, depuis longtemps, sont tombés en grande ruine, par les guerres et les terres, à cause de leur stérilité, parce qu'elles sont en Haut Champagne, sont la plupart en friche. »
Le Commandeur était seigneur de Crilly avec la haute, moyenne et basse justice.

La chapelle de Crilly était dédiée à saint Jean-Baptiste; et, au XVe siècle, on y disait la messe tous les dimanches et les jours de fêtes. Au siècle dernier, on n'y disait plus qu'une messe par an, le jour de la saint Jean-Baptiste. C'était le curé de Condé-sur-Marne qui remplissait ce devoir, et il recevait pour cela trois livres.

Les terres qui formaient le domaine de Crilly, dépassaient au XVIIIe siècle, 300 arpents en labour, prés et vignes. Il y avait encore des bois à Trépail, près d'Ambonnay, le Bois dit du » Grand-Champ-Morin », et celui du « Petit-Champ-Morin. »

Le revenu de Crilly, qui était en 1495 de 20 livres 5 sols, s'élevait en 1757, à 400 livres; et en 1788, à 900 livres.

Crilly, ferme sur la commune d'Ambonnay
— C'est une ancienne maison de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
— Domus Hospitalis de Cliveio, 1224 (Archives Nationales S 5037, 14)
— Domus Hospitalis Jherosolomitani de Clinii, Remensis dyosesis, 1248 (Archives Nationales S 5037, 20)

Ancien Commandeur de Crilly
1316. Frère Eudes.  
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Domus Hospitalis Baconnes
Département: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Verzy, Commune: Le Grand Mourmelon — 51

Domus Hospitalis Baconnes
Domus Hospitalis Baconnes

La terre et seigneurie de Baconnes était une dépendance de la maison de l'Hôpital de Crilly. C'est par erreur qu'on a dit qu'elle avait appartenu autrefois aux Templiers. Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem la possédaient sinon entièrement, au moins en grande partie à la fin du XIIe siècle. Des lettres des prévôt, doyen et chantre de l'église de Reims, rédigées vers l'année 1190, portent que Bauduin de Marcelle ou Marceau, « de Marchello », du consentement d'Havidis, sa femme et de ses enfants, a donné aux pauvres frères de l'Hôpital de Jérusalem, tout ce qu'il possédait à Baconnes, « apud Bacconium », savoir: la moitié de la manse seigneuriale, le four banal, un cens de huit deniers et d'une poule, ainsi que la moitié d'une ouche, « osce », que les hommes du lieu étaient obligés de cultiver pour lui.

Les Hospitaliers acquirent par la suite le restant de la seigneurie, et la possédaient entièrement en 1497, car nous lisons dans un censier de cette année-là: « En toute la ville et terroir de Baconne l'Hôpital, à cause de la maison de Clivy (Crilly), a toute justice haute, moyenne et basse, avec des cens et rentes sur plusieurs héritages. »

Au siècle dernier, le domaine de Baconnes qui comprenait 34 setiers de terre à labour, était réuni avec les droits de justice et de seigneurie, à la maison de Crilly.  
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Domus Hospitalis Grand-Champ
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Novion-Porcien — 08

Domus Hospitalis Grand-Champ
Domus Hospitalis Grand-Champ

Cette maison est une fondation de l'Hôpital, qui remonte aux premières années du XIIIe siècle. Nous avons trouvé une charte de Roger, seigneur de Rosoy, « de Roseto », du mois de décembre 1206, approuvant et confirmait la donation que sa soeur Elisabethe de Grand-Champ avait faite aux frères de l'Hôpital de Jérusalem, de sa maison de Grand-Champ, « domum suam de Magno Campo », qu'elle tenait de ses parents, avec tout le mobilier qui s'y trouvait, et une charrue de terre. Cette donation comprenait, en outre, la moitié de deux moulins à Grand-Champ, dont le revenu devait être consacré à l'entretien de deux religieux qui desserviraient la chapelle qu'on allait construire.

Geoffroy, fils d'Elisabethe de Grand-Champ, voulut mettre obstacle à l'exécution de cette donation. Mais bientôt, mieux avisé, il y donna son assentiment, toutefois sous certaines réserves, ainsi qu'il résulte des lettres de Raoul, seigneur de Château-Porcien, du mois d'avril 1208. Par ces lettres, Geoffroy consentit, en outre, que les Hospitaliers auraient le droit d'usage dans ses bois et pâturages, à la condition qu'ils ne pourraient faire à Grand-Champ aucune acquisition sans sa permission.

En 1224, Elisabethe, dame de Château-Porcien, « Castri Porciensis », et soeur de Roger, prit à sa charge la maison de l'Hôpital de Grand-Champ, en y installant à ses frais un chapelain et un clerc pour desservir la chapelle, et après s'être engagée à laisser à sa mort la maison aux Hospitaliers, avec toutes les améliorations et les agrandissements qu'elle aurait pu y faire.

On trouve plusieurs lettres d'amortissement des années 1270 et 1292, en faveur des frères de l'Hôpital, pour un assez grand nombre d'acquisitions de terre faites par eux à Grand-Champ et sur les territoires environnants.

La maison de l'Hôpital se trouvait sur le chemin de Grand-Champ conduisant à Wagnon. Les terres, au nombre de 90 journaux, étaient situées en plusieurs pièces au Ruissel-Trognon, au Champ-Charbonnier, au Pré-Watier-le-Roux, au Mont-Riant, au Trou-le-Chevelou, et au dessus de La Fontaine (censier de 1497).
Près de la maison, on voyait un vivier et un moulin à moudre blé.

Le Commandeur avait dans son domaine de Grand-Champ, toute justice et seigneurie. Le revenu, qui était en 1497 de 7 livres tournois, s'élevait en 1757, à 389 livres; et en 1783, à 540 livres.  
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Domus Hospitalis Sainte-Croix
Département: Ardennes, Arrondissement: Charleville-Mézières, Canton: Omont, commune: Baâlons — 08

Domus Hospitalis Sainte-Croix
Domus Hospitalis Sainte-Croix

Cet ancien établissement de l'Hôpital Sainte-Croix existait, au commencement du XIIIe siècle. Il se composait d'une maison avec plus de 100 arpents de terre. C'était un ancien fief amorti, où la commanderie avait la haute, moyenne et basse justice.

Un désaccord régna assez longtemps entre les frères de l'Hôpital de Sainte-Croix et Simon, seigneur de Baâlons, au sujet d'un bois et du droit d'usage que l'Hôpital prétendait y avoir. Des lettres de Aubry, archevêque de Reims, du mois d'avril 1213, mirent fin à ce débat par une transaction. Il fut convenu entre les parties, que les Hospitaliers qui demeureraient dans la maison de Sainte-Croix, auraient le droit d'usage dans le bois, pour y prendre de quoi se chauffer et faire leurs constructions;

Que les hommes de Sainte-Croix, « de Villa Sancte Crucis », jouiraient du même droit pour leur chauffage et pour faire leurs clôtures;

Que les essences de hêtre et de chêne seraient les seuls bois dont ils ne pourraient disposer;

Qu'il leur serait facultatif de faire leurs chariots, soit à Sainte-Croix, soit à Baâlons ou ailleurs.

Mais s'il était prouvé qu'un homme de Sainte-Croix ait pris plus de bois qu'il n'en fallait, pour faire un chariot par an, il paierait dans ce cas, deux sols d'amende au seigneur de Baâlons.

Tout homme de Sainte-Croix possédant un animal de trait, « trahens animal », devait payer chaque année au seigneur de Baâlons, deux setiers d'avoine et deux poules. Celui qui n'avait pas d'animal de trait, ne devait payer que la moitié de la redevance.

Chaque homme devait une corvée par an au seigneur, pour conduire son bois à Baâlons.

Enfin les frères de l'Hôpital et leurs hommes pouvaient faire paître leurs bestiaux dans toute l'étendue du territoire de Sainte-Croix, moyennant deux setiers d'avoine à donner chaque année au seigneur.

La maison de Sainte-Croix était située sur le chemin de Mezières à Attigny, et comprenait 112 arpents de terre avec l'enclos de la maison.

La commanderie avait toute justice et seigneurie à Sainte-Croix.

Le revenu de cette terre qui était affermée, en 1497, 4 livres tournois, montait en 1757, à 236 livres; et en 1783, à 400 livres.  
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Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez
Département: Meuse, Arrondissement: Verdun, Canton: Dun-sur-Meuse — 55

Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez
Domus Hospitalis Saint-Jean-de-Ramez

La maison Saint-Jean-de-Ramez, située à Villers-devant-Dun, sur le chemin conduisant à Dun, dont elle était distante d'environ une lieue, avait été donnée dans le XIIIe siècle aux Hospitaliers, par un seigneur, du nom d'Henri de Grand-Pré, « Grandis Prati. » Des lettres de ce personnage, de l'année 1202, nous font connaître que, pour le salut de son âme, il a délaissé en pure aumône aux frères de l'Hôpital de Jérusalem, sa maison de Ramez, « domum suam de Ramez », et 140 journaux de terre libres de tous droits et de charges quelconques. Il leur concédait, en outre, le droit d'usage dans son domaine, où ils pouvaient prendre tout le bois nécessaire à leur chauffage et à leurs constructions.

La même année, Joffroy, seigneur d'Apremont, « de Aspero monte », leur accordait, pour les besoins de leur maison de Ramez, « ad usum domus de Remez », 40 arpents de terre autour des Blanches-Voies, « circa albas vias », avec l'usage de ses bois et le droit d'y faire paître des bestiaux.

En 1242, Jean de Grand-Pré parent sans doute de Henri de Grand-Pré, abandonnait à l'Hôpital de Saint-Jean, c'est-à-dire à la maison appelée Ramez, « Hospitali Saneti Johannis videlicet domui dicti Remmes », tout ce qui lui appartenait à Encreville, « Vanteville (peut-être Bantheville) » et Bourrée, ainsi qu'il résulte des lettres de la même année, du prieur de Grand-Pré, du doyen de Saint-Jouvin et de celui de la chrétienté de Dun.

D'après un bail de 1256, la maison et les terres de Saint-Jehan de Remmes étaient affermées 15 livres tournois par an.

Un autre bail, fait en 1641, porte que la maison de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Ramez, près Dun-le-Château, avec 170 arpents de terre et tous droits de justice et de seigneurie, était tenue par un fermier qui en rendait 120 livres par an, à la charge en outre de faire célébrer dans la chapelle de la dite maison, une messe le premier dimanche de chaque mois, ainsi qu'aux jours solennels et à la fête de saint Jean-Baptiste.

Nous lisons dans un procès-verbal d'arpentage fait en 1672, des biens qui composaient cette maison, « un terroir ban appellé Saint Jehan de Ramé, paroisse de Villers-devant-Dun, consistant en une chappelle, un encloux joignant ladite chappelle où il y eu anciennement des bâtimens. »

On voit qu'à cette époque la maison n'existait plus. La chapelle, à son tour, avait cessé d'exister en 1717. Les terres réunies au domaine de la commanderie étaient alors louées à l'épillé, et rapportaient environ 280 livres.

Le revenu général de la commanderie de Reims était, en 1495, de 345 livres; en 1583, de 1.500 livres; en 1618, de 3.000 livres; en 1692, de 4.100 livres; en 1733, de 10.410 livres; en 1757, de 15.480 livres; et en 1788, de 24.695 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

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