Les Commanderies de Malte

Maison du Temple et commanderie d'Ivry-le-Temple
Maison d'Ivry-le-Temple
Maison du Temple de Villeneuve-le-Roi
Seigneurie du Temple d'Alléré
Maison de l'Hôpital Lalandelle
Maison du Temple de Messelan
Maison du Temple de Bernes-sur-Oise
Maison du Temple Le Mesnil-Saint-Denis
Maison du Temple de Baillon
Biens du Temple à Compiègne
Seigneurie du Temple de Gandicourt
 
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Domus Hospitalis Ivry-le-Temple
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Méru — 60

Domus Hospitalis Ivry-le-Temple
Domus Hospitalis Ivry-le-Temple

Les Templiers de Paris commencèrent dans les premières années du XIIIe siècle à posséder des biens à Ivry-le-Temple et dans les villages environnants. La première donation que nous trouvons leur avoir été faite, est celle d'un seigneur, du nord de Hémard du Bois, « de Bosco », datée du mois de janvier 1209, et passée sous le sceau du doyen de Chaumont, « de Calvo monte », archidiacre de Rouen. Par cet acte, Hémard, avec l'assentiment de sa femme et de ses enfants, donna aux frères de la chevalerie du Temple, un fief, que Simon Lefebvre, « Simo Faber », tenait de lui à Ivry, « apud Wivriacum », composé de plusieurs maisons et héritages, et comprenant notamment la terre du Champ-Cornu, « terram Campi cornuti », la terre du Closeau, « terrain Clauselli », la terre de la Fosse et celle qui était située à l'Epine du Grand-Villain, « ad spinam Grandis rustici »

En 1220, Jean, seigneur de Trye, et Alice, sa femme, vendirent aux Templiers, pour le prix de 240 livres parisis, les quatre cinquièmes, en leur faisant don du dernier cinquième, de toute la terre arable qu'ils possédaient entre Villeneuve-Saint-Melon et Ibouvillers, « inter Villam novam Sancti Melonis et Ybovillare », et cela du consentement de Guillaume de Chaumont, dans la censive duquel se trouvait la terre cédée.

Parmi les bienfaiteurs de la maison d'Ivry, il faut citer en première ligne: les seigneurs de Treigny, qu'on disait autrefois « Traignel », personnages puissamment riches. Enguerrand de Traignel, et Odeline, sa femme, après avoir cédé en 1227 aux Templiers de Paris, leur bois, nommé le Bois-des-Loges, près de Villeneuve, « boscum de Logiis juxta Villam novam », leur donnaient, en 1230, leur terre, située sous Flocourt, près de La Couarde.

L'année suivante, Robert de Traignel, frère d'Enguerrand, leur faisait également don de tout ce qu'il avait en fief, justice, grange et coutumes au territoire des Loges, « in territorio Logiarum », appelé le Val-Faubert, « quod vocatur Vallis Fobertis. »

Pierre de Traignel qui avait donné, en 1231, son assentiment à la donation faite par Théobalde de Morangles aux Templiers, du pressoir et de la dîme de vin de Saint-Martin, avec tous les droits de justice et de seigneurie, leur cédait, en 1233, au prix de trente livres parisis, douze muids de vin de rente à prendre chaque année, sur le pressoir et la dîme de Bruyères.

Il nous reste encore une charte de Louis, roi de France, du mois d'août 1237, par laquelle ce monarque approuva et confirma la vente faite par son cher et féal sujet Jean de Flectu, aux frères du Temple, pour le prix de 147 Livres 10 sols parisis, de seize arpents dix-sept perches de terre arable, situés à Ivry, près Hénonville, « apud Yvriacum juxta Hanovillam », dans la censive d'Enguerrand de Traignel. Par cette charte, le Roi déclare qu'il abandonne aux Templiers les droits de justice qu'il avait sur cette terre.

Au moyen de ces acquisitions successives, les Templiers formèrent bientôt un domaine et des revenus assez considérables, pour qu'ils jugeassent à propos d'établir à Ivry une maison de leur Ordre.

C'est en 1244 que nous la trouvons mentionnée pour la première fois, dans des lettres de Jean, seigneur de Lormaison, approuvant des donations de terres situées aux Loges, faites par plusieurs de ses vassaux aux frères, y est-il dit, de la chevalerie du Temple d'Ivry, « fratribus militie Templi de Yvriaco. »

On peut voir qu'à partir de cette époque, toutes les acquisitions des Templiers sont faites au nom de leur maison d'Ivry, qui venait d'être constituée.

Ainsi des lettres de l'official de Rouen, du mois de mai 1245, portent vente par Laurent de Bonneuil et sa femme, aux frères du Temple, demeurant à Ivry, au diocèse de Rouen, « apud Ebriacum commorantibus, in diocesi Rothomagi », de cinq arpents de terre dans la paroisse de Villeneuve-le-Roi, « de Nova Villa Domini Regis », situés entre la Couarde et le bois des Loges, pour le prix de 25 livres parisis.

En 1248, Pierre de Treignel ou de Treigny, donna à la maison du Temple d'Ivry, quatre arpents de terre au territoire de Marivaux, « in territorio de Marivas »; et en 1250, son frère Enguerrand fit remise à la dite maison, d'un droit de Tournage qu'il avait sur son four, et de cens qu'il prenait sur les terres du Temple à Frocourt, « in territorio de Froocuria », entre Ivry et Villeneuve.

Nous trouvons encore en 1257, Pierre de Treigny, de Triaignel, et sa belle-soeur Edeline, veuve d'Enguerrand, renoncer avec Pierre de Marly, en faveur des Templiers de la maison d'Ivry, à tous leurs droits sur des terres arables à Ivry, touchant aux vignes du Temple, sur une censive et trois arrière-fiefs que tenaient Guillaume d'Ivry, Agnès de Trye et Richard de Villeneuve.

Un autre seigneur de Treigny, du nom de Gilles de Tregnel, écuyer, et Alice, sa femme, accordaient en 1291, aux Templiers d'Ivry, des lettres d'amortissement pour tout le fief que ceux-ci avaient acheté d'un nommé Colin Langlais, et pour tout ce qu'ils avaient acquis d'autres personnes.

En 1330, alors que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem étaient en possession de la maison du Temple d'Ivry, Olivier de Treigny, écuyer, pour récompenser le commandeur de cette maison, Jean Pillon, des services qu'il lui avait rendus, lui donna son bois de « Lasnier », à la charge de payer chaque année à la saint fleuri, cinq sols parisis au maire de Chaumont.

La maison d'Ivry, grande, élevée, était bâtie dans un enclos d'environ cinq arpents de terre sur la rue allant à Hénonville; tenant vers midi à la rue de Bassefort; vers nord, à la rue de la Sellerie.

Dans la cour de la maison, se trouvait une belle chapelle, dont la fondation remonterait au mois d'octobre 1266. Cette chapelle était dédiée au XVe siècle, à Notre-Dame du Temple. On y disait alors la messe trois jours par semaine. Vers le milieu du siècle dernier, elle se trouvait en assez mauvais état et menaçait ruines; c'est pourquoi dans la visite prieurale de 1757, il fut décidé qu'on la rebâtirait.

Le commandeur d'Ivry était seul seigneur dans toute l'étendue de sa commanderie, distincte toutefois de la seigneurie d'Ivry, qui appartenait en 1781, à M. Rollin, et avant lui, au président Ogier.

Le territoire de la commanderie s'étendait du côté de l'orient jusqu'aux terres de Villeneuve, Meru et Lormaison; et tenait vers l'occident aux terres d'Ivry, Mons et Alléré; vers midi aux terroirs d'Alléré et d'Hénonville; vers nord aux terres de Marivaux et d'lbouvillers.

Ce territoire comprenait plus de 800 arpents de terre à labour; de prés et de vignes. Son revenu en 1456, était de nulle valeur. Le Commandeur avait été obligé, à cause de la guerre, d'abandonner sa commanderie, et de se retirer à Compiègne. Les terres étaient restées incultes et remplies de broussailles.

Le revenu en 1495, n'était encore que de 119 livres, tandis qu'on le retrouve en 1757, s'élevant à 6,750 livres; et en 1783, à 11,600 livres.

Les membres de la commanderie d'Ivry, au temps des Templiers, étaient la maison du Temple de Villeneuve-le-Roi, et la terre et seigneurie d'Alléré.

Au XVe siècle, pour relever le revenu de la commanderie, bien diminué à cause des guerres, et afin de permettre au Commandeur de vivre avec plus d'aisance, on réunit à ses domaines la commanderie de la Landelle, celle de Messelan, les maisons du Temple de Bernes, du Mesnil-Saint-Denis et de Baillon, avec la commanderie de Compiègne.
Une autre annexion se fit encore au XVIe siècle: c'était celle de la maison du Temple de Gandicourt qui, jusqu'alors, avait fait partie de la commanderie de Sommereux.
Ivry resta le chef-lieu de ces diverses commanderies réunies en une seule.

Commandeurs d'Ivry-le-Temple
1325. Frère Jean Pilon.
1356. Fr. Jean Bertrand.
1372. Fr. Jean Dubois.
1375. Fr. Jean Dujardin.
1386. Le chevalier Guillaume de Munte.
1396. Le chev. Pierre du Poule.
1398. Le chev. Robert de Poissy.
1409. Fr. Jean Michel.
1424. Fr. Richard Couse.
1469. Le chev. Sarazin de Fay.
1475. Le chev. Robert de Franquelance.
1485. Le chev. Gilles de Fay, dit Sarazin.
1506. Le chev. Jean de Hestrus.
1512. Le chev. Jacques de Sainte-Marie.
1526. Le chev. Jacques de Vignacourt.
1537. Le chev. Jacques d'Arquembourg.
1540. Le chev. Sébastien d'Argillières, alias d'Arzillières.
1563. Le chev. Michel de Sèvre.
1569. Le chev. Louis de Mailloc.
1572. Le chev. Jacques d'Arquembourg.
1579. Le chev. Juvenal de Launoy, dit de Monlinon.
1594. Le chev. Gédéon de Joigny, dit de Bellebrune.
1614. Le chev. Charles de Gaillarbois-Marconville.
1619. Le chev. Gabriel de Morainvillers, Sr., d'Orgeville.
1623. Le chev. Pierre Durant de Villegagnon.
1642. Le chev. François de Courcelle, dit de Rouvray.
1661. Le chev. Charles du Val de Couppeauville.
1673. Le chev. Charles Cauchon d'Avise.
1684. Le chev. Antoine des Friches-Brasseuse.
1689. Le chev. Jean de Macranny.
1695. Le chev. Jacques de Fleurigny La Vallière.
1699. Le chev. François du Moncel de Martinvast.
1713. Le chev. Pierre de Froullay.
1739. Le chev. Louis-Armand de Poussemotte de Graville.
1759. Le chev. Henri-Paul de la Luzerne de Beuzeville.
1770. Le chev. Charles-Marie de Guines.
1786. Le chev. Charles-Louis-Edouard du Tillet, maréchal-de-camps des armées du Roi.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Hôpital d'Ivry-le-Temple
Les terres acquises par l'Ordre du Temple à Ivry et sur les finages voisins dans la première moitié du XIIIe siècle dépendaient du Temple de Paris. La maison du Temple d'Ivry n'est mentionnée pour la première fois qu'en 1244. Cependant, même après cette date, certaines transactions sont encore menées par le Temple de Paris et non par celui d'Ivry.

L'acte le plus ancien concernant cet établissement est daté de janvier 1210. Il émane du doyen de Chaumont (en Vexin) qui notifie qu'Aymar de Bosco a donné à la Milice du Temple tout le fief que Simon Faber tenait de lui à Ivry, à savoir ses maisons avec leurs dépendances et quatre pièces de terre. C'est toutefois la lignée des seigneurs de « Triegnel », ou Treigny, qui a le plus nettement contribué à la mise en place du domaine de la commanderie.

En 1227, Enguerrand de Treigny et son épouse cèdent aux Templiers de Paris leur bois appelé Bois-des-Loges, près de Villeneuve.
Ils manifestent de nouveau leur générosité en abandonnant au Temple une pièce de terre située sous Flocourt, entre Ivry et Villeneuve, en 1230.
Deux ans plus tard, Simon de Treigny et Renaud du Bois confirment l'achat par les frères d'une autre parcelle de terre, proche cette fois des fossés d'Yvry.
En 1234 c'est Enguerrand de Treigny, chevalier, qui approuve à son tour l'acquisition, moyennant 16 livres parisis, d'un arpent et demi de pré.
En février 1246 Pierre de Treigny, également chevalier, fait savoir qu'avec l'accord de Marie, son épouse, il a donné aux Templiers d'Ivry, en pure et perpétuelle aumône, tout le droit qu'il avait sur quatre arpents de terre sis à « Marivas », à l'exception du champart des deux arpents qui mouvaient directement de lui.
En 1250, Enguerrand de Treigny et Odeline, son épouse, font don aux Templiers du pain qu'ils prenaient sur trois fournées cuites au four de la commanderie et de 21 deniers de cens qu'ils percevaient sur une pièce de terre et sur une vigne. Cette donation est confirmée en janvier 1251, devant l'official de Rouen.
Enfin, en août 1257, à Pontoise, devant la cour de l'archevêque de Rouen Eudes Rigaud, Pierre de Treigny et Pierre de Marly ainsi que leurs épouses, reconnaissent avoir quitté et cédé au précepteur et aux frères de la milice du Temple à Paris, ce qu'ils possédaient sur 12 arpents de terre arable situés à Ivry, dont 7 le long des vignes des dits Templiers et les 5 autres sur le chemin de Hénonville.

Ici comme partout ailleurs, les Templiers s'efforcèrent de rassembler leurs terres autant que faire se pouvait. Des lettres d'Enguerrand de Treigny, déjà citées, en témoignent. Par un acte souscrit en 1234, Hugues de Calciata et Widria, son épouse, reconnaissent devant ledit Enguerrand avoir vendu aux Templiers un demi-arpent de pré bordant un autre pré que ceux-ci avaient naguère acheté à Pierre La-dent. Il est évident que la vente consentie par Hugues a été, sinon forcée, du moins sollicitée par le Temple.
Le nom de Pierre Ladent revient plusieurs fois dans la documentation, à l'occasion de dons de rentes et de terres.
En 1258, par exemple, Pierre et Philippe de Bosco, écuyers, amortissent moyennant 19 livres parisis le don de 31 sous et 6 mines d'avoine de rente, à prendre sur des vignes, que Pierre Ladent, « defunctus » et Agnès, sa femme, avaient consenti aux Templiers, « tenendam et habendam ... in manu mortua. »
La même année Arnoul, dit Ballus et Pierre, dit Josse, également écuyers, amortissent à leur tour, moyennant 8 livres parisis, le don de deux pièces de terre que Pierre Ladent et Agnès, son épouse, avaient accordé aux Templiers.
En 1260, Ballus et Josse vendent à ces mêmes Templiers le champart qu'ils possédaient sur les deux parcelles.
Notons enfin que l'Ordre a cherché à acquérir, coûte que coûte, le bois du Chesnay qui s'étendait jadis à proximité du Grand-Alléré. C'est ainsi qu'en 1255 les frères d'Ivry achètent à Philippe de Us, écuyer, 5 arpents dans ce bois, au prix de 35 livres parisis.
En janvier 1261, un autre écuyer, Raoul d'Alléré, « de Alerio », leur vend 11 arpents de ce même bois.
A la fin de cette année 1261, c'est un personnage déjà connu et dont il serait intéressant de mieux définir les rapports qu'il entretenait avec le Temple, l'écuyer Pierre Josse, qui cède à celui-ci 7 autres arpents au même endroit, contre 30 livres parisis.
C'est donc vraisemblablement plus de 100 livres que les Templiers ont déboursées pour obtenir la propriété de 23 arpents de parcelle boisée, une douzaine d'hectares environ.

Le domaine du Temple dans la seconde moitié du XIIIe siècle
Nous pouvons résumer ainsi les informations que nous possédons. Dès les premières années du XIIIe siècle, les Templiers commencèrent à acquérir des biens fonciers dans la paroisse d'Ivry. La mise en place du domaine n'était pas achevée lorsqu'ils y installèrent un établissement de leur Ordre, avant le milieu du siècle. Les propriétés templières se situaient au voisinage immédiat de leur maison, mais aussi au nord-est, vers Marivault, au sud-est vers Hénonville, au sud vers Alléré et, au-delà des limites de la paroisse, à Villeneuve-Saint-Melon, Ibouvillers, Lormaison, Berville, Hénonville, Neuville-Bosc. On sait par des documents postérieurs que leur domaine d'Ivry s'étendait à lui seul, sur plus de 500 arpents, entre 250 et 260 hectares (cf. infra « L'étendue et la composition du domaine »). Il convient de remarquer que c'est essentiellement par des achats qu'ils le constituèrent.

Il faut noter enfin que ce terroir était, en partie, le résultat de défrichements, comme l'avait été quelques décennies auparavant le finage de Villeneuve-le-Roi, la paroisse limitrophe à l'est, fondée par contrat de parcage passé entre le chapitre Saint-Mellon de Pontoise et le roi Philippe-Auguste. On constate aujourd'hui, si l'on excepte quelques boqueteaux sans importance relégués en limite de commune, que seul subsiste à Ivry le Bois de la Gloriette, lui aussi excentrique.
Sources: Michel Miguet, Les Templiers et Hospitaliers en Normandie. Edition du CTHS, 1995.

Procès-verbal de la visite prieurale de 1457
Ivry-le-Temple, chief de commanderie.

Apres la reception desdictes lettres le lundi XXVe jour d'avril nous partismes de Paris et alasmes a Ivry le Temple au giste. Et le mardi XXVIe commansasmes a visiter ledit hostel. Et premièrement oudit hostel a une très belle chapelle vaultee et ou pourprins d'icelle XIII fourmes de voerrieres belles et riches et il fault besoignier en plusieurs lieux. Il y a ung calice de peaultre, une chasuble, aube et amict, estole et fanon et trois nappes d'autel, deux buyrettes d'estain et ung estuy garny de corporaulx, quatre colombes de cuyvre servans a l'autel et une croix a façon de Limogez; et la couverture de ladite chappelle bien retenue et en estat. En ladite chappelle n'a aucun livre que le commandeur n'aist emprunté. Il nous a dit qu'il y a ung calice d'argent blanc en son hostel a Compiegne, qui est de la chappelle d'Ivry et l'y a porté pour le mieulx garder. Ladite chappelle est desservie par ung chappellain seculier, bien et deuement, de trois messez la sepmainne et luminaire assez souffisant.

Près de ladite chappelle a trois grans corps de maisons tous entretenans, dont l'un est vaulté et sont assez souffisamment retenus de couverture de tieule et y fault reprandre plusieurs pilliers.

Il y a oudit hostel une grant granche en laquelle a X arches de pierre de taille de chascun costé, couverte de tieule excepté environ 1 quartié des ensaintes qui est couvert de chaume assez en souffisant estat de couverture et est nécessité de oster les herbes des pilliers de par dehors et les restablîr de massonnerie.

Item, unes estables de six espaces dont une partie est couverte de chaume et l'autre de tieule assez en souffisant estat de couverture et y fault faire environ trois ou quatre toises de mur et en a marchandé le commandeur de les faire.

Item, empres lesdites estables a une grande maison a arches de pierre sans enchaintes qui servoit anciennement pour granche qui est partie, couverte de chaume et l'autre partie de tieule, qui sert a present pour establez et fault tout le comble faire de neufs.

Item, la porte dudit hostel a mestier d'estre recouverte tout de neufs et de refaire un petit pignon de pierre du costé de la granche.

Item, environ la court de l'ostel a plusieurs masurez ou souloit avoir maisons et plusieurs grans edifices qui sont en ruyne de longtemps.

Item, avons esté informés et l'avons veu a l'oel que le commandeur qui est a present a fait plusieurs reparacions parmi ledit hostel, tant de maçonnerie comme de couverture, tant et si largement qui luy a esté possible, qui monte grant somme de deniers et avons sceu le petit estat en quoy estoit ledit hostel quant il y vint commandeur car il n'y avoit demouré personne de XVI a XVIII ans par devant.

Item, appartient audit hostel toute justice, haulte, moyenne et basse, bien gardee et sans procès et voyerrez en plusieurs lieux en ladite ville.

Item, souloit avoir de quatre a V arpens de vigne a l'ostel qui sont de longtemps en hayes et en buissons.

Item, appartient audit hostel IIc arpens de terrez laborables, ou environ et XII arpens de prez, ou environ, qui sont baillees au censier avec lesdites terres a IX ans et IX despeulles pour le pris et somme de XL escus d'or par chascun an, dont il a encorez a recueillir trois despeulles.

Item, appartient audit hostel LX arpens de bois, ou environ, en plusieurs piecez, francs de gruerie.

Item, le commandeur nous a monstré ung registre fait du temps de feu frere Guillaume de Munte, jadis commandeur d'Ivry et n'an a point d'autre et n'an a peu encorez faire d'autre pour ce que les choses sont a non valoir; et ung autre fait du temps que frere Thomas de Lewaile estoit demourant audit Ivry; et au regart des Chartres et lettres appartenans a ladite commanderie, elles sont a Paris a Saint Jehan de l'Ospital; et sont les cens de tres petite valeur. Nous avons esté informé par anciens que on a point acoustumé de faire aumosne oudit hostel, sinon au plaisir des commandeurs. De la vie et conversacion du commandeur, lequel fait de present sa demeure a Compiegne, avons esté deuement informé qu'il est de bon gouvernement et de belle vie et honnesté. Et nous a dit que afin qu'il puisse mieulx remedier aux nécessitez, de sa commanderie et grans reparacions qu'il y convient encorez faire, a intencion de venir sur lieu demourer (*) la ferme du fermier qui est a present finie et acomplie.

Item, appartient a ladite commanderie ung membre nommé le Temple de Ville neufve et n'est memoire d'omme qui le veist onques autre et n'y a que hayes et buissons. Au regart de l'estat de l'ostel nous avons sceu, tant par le commandeur que par les habitans de la ville, que ledit commandeur n'y trouva riens et que tout fut perdu durant les guerrez.
* Le texte est lacunaire à cet endroit.
Sources: Michel Miguet, Les Templiers et Hospitaliers en Normandie: Archives nationales, S 5558, folio 116 vº 117 vº.  
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Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Méru, commune: Villeneuve les sablons — 60

Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi
Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi

La commune s'est appelée: Ville-Neuve-Saint-Mellon au XIIe, Villeneuve-le-Roi, La Villeneuve-le-Roy. Depuis la Villeneuve-les-Sablons.

Cette ancienne maison du Temple était située à une demi-lieue seulement du chef-lieu de la commanderie. Elle existait en 1254; car nous la trouvons mentionnée dans une charte du mois de juin de cette année, du doyen de Chaumont, portant que Eudes, dit « Contan » de Villeneuve, a donné aux Templiers d'Ivry tous ses acquêts mobiliers et immobiliers, et notamment quinze arpents de terre en plusieurs parties, situés en divers lieux, sous Ivry, à la Couarde, à Marivaux, contre la haie de Crochet, à la Croix-Hermer, sous le bois « Bluet-Sanc », et devant la maison du Temple de Villeneuve-le-Roi, « ante domum Templi de Nova villa Regis », à la condition que les Templiers cultiveraient les terres, dont le donateur profiterait de la récolte jusqu'au jour de son décès.

Le chevalier Etienne de Lormaison possédait, vers la fin du XIIIe siècle, et tenait au fief des frères du Temple, six arpents de bois, au Bois-de-Lormaison, « Laumesons », touchant au Bois-des-Loges vers « la Villeneuve-en-Druguesin », aujourd'hui Villeneuve-le-Roi, un champart de neuf setiers de grain sur des terres entre Ivry et Villeneuve, un cens de huit deniers sur la Grange du Temple de Villeneuve, et deux arrière-fiefs tenus par Adam de Lormaison, qui en devait foi et hommage aux Templiers. Le dit Etienne de Lormaison, par une charte du prévôt de Paris, du mois de février 1281, fit l'abandon de toutes ces choses aux Templiers, pour la somme de 60 livres parisis.

La maison de Villeneuve était située dans la grande rue du village, autrefois nommée rue du Saint-Sacrement. Elle devint ensuite une ferme à laquelle on réunit une partie des terres de la maison d'Ivry, située à la Gloriette, près de Villeneuve, à Ibouvillers, à Lormaison, et au Fay-aux-Anes, et dont le revenu se trouvait confondu avec celui du domaine de la maison d'Ivry, que nous avons donné ci-devant.  
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Domus Hospitalis Alléré
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Méru, commune: Neuville-Bosc — 60

Domus Hospitalis Alléré
Domus Hospitalis Alléré

La terre et seigneurie d'Alléré était située à un quart de lieue du chef-lieu de la commanderie, entre Ivry et Neuville-Bosc. Son domaine consistait en une maison seigneuriale avec basse-cour, se trouvant dans un enclos de huit arpents de terre, aboutissant à la grande rue, et longeant le chemin qui conduisait à Neuville-Bosc. Il y avait de plus une soixantaine d'arpents de terre à labour.

Jean, seigneur d'Alléré, par des lettres de l'official de Rouen, du mois d'octobre 1285, avait donné aux commandeur et frères de la chevalerie du Temple, demeurant à Ivry, tout ce qu'il possédait à Alléré, « in villa de Allerio », en biens immeubles, cens, champart, et la douzième partie de la communauté d'Alléré. De son côté, son père, Raoul d'Alléré, leur avait également donné au mois de décembre de la même année, tout ce qu'il avait à Alléré et à Crennes, « in villa de Allerio et de Crana », y compris son manoir, ses jardins, 33 arpents de terre arable, et la moitié de la communauté d'Alléré avec cinq fiefs.

Mais longtemps avant l'époque dont nous parlons, les Templiers avaient déjà des possessions à Alléré. Ils y possédaient le bois de Chenaie, « nemus de Cheneio », entre « Ivri et Aleroi », qu'ils avaient acheté en 1260 et 1261, de Raoul d'Alléré, et d'un nommé Pierre Josse.

Le Commandeur avait à Alléré la haute, moyenne et basse justice, et recevait chaque année, dix livres de cens de ceux qui restaient encore en possession d'une partie de la seigneurie. Ceux-là étaient Pierre et Charles d'Alléré; et comme ils se refusaient en 1588, au paiement de leur cens, une sentence des requêtes du palais, confirmée par un arrêt du parlement de Paris, les condamna à continuer de payer ce qu'ils devaient à la commanderie. Mais en 1632, pour éviter de nouvelles difficultés, le chevalier de Villegagnon, commandeur d'Ivry, racheta les droits et parts des copropriétaires de la seigneurie, de manière à rester seul seigneur et haut-justicier d'Alléré.

La terre d'Alléré rapportait, en 1757, 190 livres; et en 1782, 600 livres.  
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Domus Hospitalis Lalandelle
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton et Commune: Le Coudray-Saint-Germer — 60

Domus Hospitalis Lalandelle
Domus Hospitalis Lalandelle

Lalandelle, ancienne commanderie de l'Hôpital, à trois lieues de Beauvais. La maison de Lalandelle était fort ancienne, car elle existait en 1168, alors que Hugues, doyen de l'église de Beauvais, par une charte de cette date, déclarait que devant lui s'était présenté Hugues d'Ailly, « de Alliaco », qui avait dit avoir donné à l'Hôpital de la maison de Lalandelle, « Hospitali domus de Landella », une maison qu'il possédait à Beauvais au Dellier, « in Dellerio », près de l'église de Saint-Hyppolite; et que du consentement de sa femme, il en avait fait don, par l'entremise de l'évêque, à frère Guillaume, alors commandeur de Lalandelle. Celui-ci, de son côté, avait admis le donateur et sa femme à participer aux bienfaits spirituels de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, et leur avait remis de l'aumône de l'Hôpital, sept livres de monnaie de Beauvais.

La maison de Lalandelle était située près de l'église du lieu, dont la cure était à la présentation du Commandeur. Celui-ci avait à Lalandelle toute justice et seigneurie, droits de cens et de champart, une rente d'un muid de blé sur le moulin de Lessier, près de Clermont; et une autre de 24 setiers, faisant un muid de vin sur la terre de Berville.

Il appartenait encore au Commandeur le patronage de la cure de Chepoix, qui était à sa nomination, et dont il jouissait d'une partie de la dune.

En 1373, la commanderie de Lalandelle avait pour membre: la maison de Campeaux, qui en fut détachée plus tard pour être adjointe, comme nous le verrons, à la commanderie de Villedieu-la-Montagne.

Le revenu de Lalandelle qui n'était, en 1373, que de 113 livres 6 sols 4 deniers; et en 1495, de 145 livres, s'élevait en 1757, à 850 livres; et en 1783, à 1,400 livres.

Anciens commandeurs de La Landelle
1357. Le chev. Henri de Rochetaillée.
1370. Le chev. Nicole d'Andelou.
1371. Le chev. Jean de Fontaines.
1375. Frère Jean Dujardin.
1381. Le chev. Guillaume du Poule.
1413. Fr. Noel Lentequin.
1422. Fr. Jean le Dangereux.
1457. Fr. Guillaume le Cauchois.  
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Domus Hospitalis Messelan
Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Pontoise, Canton: La Vallée-du-Sausseron, commune: Frouville — 95

Domus Hospitalis Messelan
Domus Hospitalis Messelan

La maison de Messelan a été sous les Templiers le chef-lieu d'une commanderie. Elle était située sur le chemin de Frouville à Amblainville. Plus tard, les Hospitaliers en firent un membre de la commanderie de Sommereux jusqu'au XVIIe siècle, où on l'en détacha pour la réunir à la commanderie d'Ivry.

On ne sait rien sur la fondation de cette maison qui existait en 1245, car on trouve encore une charte de cette année-là, de l'official de Beauvais, portant vente au profit des frères du Temple, par Gérard Scoup de Messelan, de la paroisse de « Frovile », de deux pièces de terre, dont une située au-dessous du clos de la maison des dits frères à Messelan, « infra clausuram domus dictorum, fratrum apud Messerant. »

De 1246 à 1257, nous voyons les Templiers continuer leurs acquisitions de terres à Messelan, aux lieux dits: à la Vallée de « Messerant », à la Vallée « Maluestevin », au Champ-Fereus, à le Pré, à la Carrière, sur le Mont, en la Bruière, etc.

D'après le Livre-Vert, le domaine de Messelan comprenait, en 1373, 60 arpents de terre arable, 43 arpents de pré et 5 arpents de vigne avec un moulin à eau et quelques cens et rentes seigneuriales. Le tout était alors: « baillé à ferme à un homme séculier, parmy la somme de LIII florins d'or au franc, et un millier de tuille qu'il devoit rendre par chascun an à ladite maison de Messelant, en devant recevoir les frères et les conduire à ses couts, et autres passans selon la puissance de la maison. »

En 1472, le Commandeur renouvelait bail à un nommé Noël Perrin et à sa femme, de la maison de Messelan, pour 29 ans, au fermage de six livres: « attendu que ledit Perrin et sa femme se sont bien comportés dans la maison et cense de Messelen, qu'ils ont tout faict pour la relever de ses ruines, qu'ils ont refaict ung petit oratoire qui estoit là où ils servent Dieu par très-grande dévotion et comme leur intention est de refaire ung petit molin qui y souloit estre; confiant en leur loyauté et preudomye », le Commandeur leur loue la maison et les terres, sous la réserve des droits de justice et de seigneurie, d'une chambre dans la maison, pour y loger lorsqu'il viendrait à Messelan, et d'une écurie pour son cheval.

Le revenu de Messelan était, en 1757, de 950 livres; et en 1783, de 4,800 livres.

Anciens Commandeurs de Messelan
1356. Fr. Gérard Dufour.
1373. Le chev. Aubert de Clacy.
1385. Le chev. Pierre de Provins.
1402. Fr. Gilbert Pouchet.  
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Domus Hospitalis Bernes-sur-Oise
Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Pontoise, Canton: Beaumont-sur-Oise — 95

Domus Hospitalis Bernes-sur-Oise
Domus Hospitalis Bernes-sur-Oise

La maison de Bernes, avant d'être réunie à la baillie d'Ivry, avait été un membre de la commanderie de Messelan. A la fin du XIIIe siècle, elle était une des cinq maisons de l'Ordre du Temple, qui existaient alors dans le comté de Beaurnont-sur-Oise. Cela résulte d'une charte du roi Philippe IV, datée de Breteuil au mois de septembre 1294, par laquelle ce monarque amortit aux religieux hommes, trésorier et frères de la maison de la chevalerie du Temple, toutes les acquisitions qu'ils avaient faites en ses fiefs et arrière-fiefs de la châtellenie de Beaumont, pour leurs maisons de « Baerne », Bernes, de « Joy », Jouy-le-ComteDomus Hospitalis Jouy-le-Comte
Domus Hospitalis Jouy-le-Comte
, de « Boolines » (commune de Parmain 95), BaillonDomus Hospitalis Baillon
Domus Hospitalis Baillon
(Asnières-sur-Oise), de « Beelay », Bellay-en-ThelleDomus Hospitalis Bellay-en-Thelle
Domus Hospitalis Bellay-en-Thelle
(Commune: Le Bellay-en-Vexin), et du Le Mesnil-Saint-DenisDomus Hospitalis Le Mesnil-Saint-Denis
Domus Hospitalis Le Mesnil-Saint-Denis
(Commune: Chambly 60).

Nous trouvons en 1237, les Templiers en possession à Bernes, de quelques terres qu'un seigneur du lieu, Adam de « Baerne », leur avait vendues. Leur installation dans ce village ne nous est connue que plusieurs années après; en 1250, par deux chartes de deux bourgeois de Beaumont: Guillaume Mancion et Pierre Ascelin, portant vente aux frères de la chevalerie du Temple de Vernes, « fratribus militie Templi de Baernia », de deux arpents de terre aux lieux dits les Agets, « Agetis », et derrière les plantes de Jouy, au territoire de Baerne.

En 1256, Pierre de Triangle cédait aux Templiers de Bernes, pour le prix de 21 livres parisis, huit muids de vin à prendre tous les ans sur les droits d'issue du pressoir de Bernes et de Bruyères, village voisin, tenu en fief d'Enguerrand de Triangle, son oncle. Deux années plus tard, c'est-à-dire en 1258, le même Pierre de Triangle engageait entre les mains des Templiers sa terre de Bruyères, pour une somme de 120 livres parisis que lui avait prêtée le Grand-Maître du Temple.

La même année, un autre seigneur, nommé Jean le Charmeur, « Johanes dictus Charmator », leur vendait un fief relevant de Jean de la Roche-Guyon, « de Pupe Guidonis », consistant en droits de cens et de champart, et notamment en douze journaux de terre arable à Bernes, « apud Bahernam », au lieu dit « le Luat », cinq journaux à « la Couturelle », une maison devant l'église, etc. De ce fief, en relevait un autre, appartenant en 1259, à Marguerite la Boursière, « Burseria », qui en fit la cession la même année, avec d'autres biens aux Templiers.

Un autre fief plus important, nommé le fief de « Thyboville », relevait au XIIIe siècle du Temple de Bernes. Il consistait en terres et censives à Bernes, à Chambly et à Beaumont. Il appartenait à Robert, sire de Thybouville, en 1282, au moment où celui-ci le céda aux Templiers. Comme ce fief relevait de Guy, seigneur de la Roche-Guyon, ce dernier leur en accorda l'amortissement en 1284, en les dispensant de tout hommage.

Pendant la seconde moitié du XIIIe siècle, beaucoup d'acquisitions avaient été faites par les Templiers dans le comté de Beaumont, appartenant alors à Pierre de Chambly, chevalier, chambellan du Roi, et à Jeanne, sa femme. Le comte et la comtesse de Beaumont se plaignaient, en 1291, de ce que ces acquisitions avaient eu lieu à leur insu, et sans l'acquit des droits de relief. Les Templiers proposèrent une transaction; et moyennant une somme de 2,000 livres qu'ils payèrent à Pierre de Chambly, ils furent absous de leur négligence, et purent jouir paisiblement de leurs biens.

La maison de Bernes était bâtie dans un enclos de quatre arpents de terre, qui se trouvait entre la grande rue du village et le chemin de Chambly à Boran. Elle comptait 120 arpents environ de terre qui étaient affermés avec les droits de justice et de seigneurie, en 1757, 2,000 livres; et en 1782, 3,300 livres.  
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Domus Hospitalis Le Mesnil-en-Thelle
Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Neuilly-en-Thelle, Commune: Chambly, Le Mesnil-en-Thelle — 60

Domus Hospitalis Le Mesnil-Saint-Denis
Domus Hospitalis Le Mesnil-Saint-Denis (Le Mesnil-en-Thelle)

La maison du Temple du Mesnil-Saint-Denis, située à un quart de lieue au nord de celle de Vernes, n'est connue que par la charte de Philippe IV, roi de France, de l'année 1294 , que nous avons rappelée plus haut.

Cependant nous avons trouvé qu'une partie des terres qui dépendaient de cette maison, avait été donnée en 1266, par Jean de Frocourt aux frères du Temple, du consentement de Pierre et de Gervais de Fresnoy-en-Thelle, chevaliers, dans le fief desquels ces terres se trouvaient situées.

Elles comprenaient 23 arpents en plusieurs pièces, aux lieux dits: « à Codrel, à la Pointe-Lambert, aux Néfliers, à la Fosse-Laurent-Caille, au Marais, à la Haie du seigneur Renaut, entre les deux Ormeaux, etc. »

Cette donation comprenait en outre quelques cens et rentes seigneuriales au Mesnil, et un droit de champart sur quarante journaux de terre à « Baudoval. »

La maison du Mesnil-Saint-Denis n'existait plus au XIVe siècle, car le Livre-Vert n'en fait pas mention. Les terres et les droits seigneuriaux avaient été réunis à la maison de Bernes.  
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Domus Hospitalis Baillon
Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Viarmes — 95

Domus Hospitalis Baillon
Domus Hospitalis Baillon

Le château de Baillon, situé sur la Thève, un des affluents de l'Oise, entre le Lys et la Morlaye, et à une petite lieue de Viarmes, était un fief qui relevait du Roi à la fin du XIIIe siècle, et appartenait alors à Pierre de Chambly, comte de Beaumont et sire de Viarmes. Les Templiers le tenaient en arrière-fief de ce dernier.

Philippe IV, par ses lettres du mois d'août 1290, et Pierre de Chambly, par les siennes du mois de septembre 1294, accordèrent tout amortissement aux Templiers pour leur maison de Baillon, « pro domo de Bolinis », les terres, la justice, et les autres dépendances qu'elle comportait.

Nous ignorons si, à la chute des Templiers, le fief de Baillon passa en la possession des Hospitaliers. Rien n'en fait mention; et il n'est plus question de cette maison au XIVe siècle.  
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Domus Hospitalis Compiègne
Département: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Chef-lieu de cantons — 60

Domus Hospitalis Compiègne
Domus Hospitalis Compiègne

On prétend que les Templiers s'établirent dans cette ville, de 1188 à 1200 ; et que c'est sur des terrains donnés par les religieux de l'abbaye de Saint-Corneille, qu'ils élevèrent une église et une maison, dont parle une charte de Philippe-Auguste, de l'année 1212.

Tout ce que nous savons, c'est que les Templiers étaient à Compiègne au commencement du XIIIe siècle. Il parait qu'ils possédaient des vigiles aux environs de cette ville. L'abbé de Saint-Corneille voulut exiger d'eux un droit de rouage et de forage pour le transport et la vente de leurs vins. Il prétendait que ce droit lui était dû, à cause de sa seigneurie dans la ville, et qu'il le percevait sur tout le monde religieux et séculier, pour l'entretien de la chaussée et celui des poids et mesures dont on avait coutume de se servir.

Pour se soustraire à cette obligation, les Templiers répondaient qu'en considération des grands services qu'ils rendaient à la cause de la religion en Terre-Sainte, ils avaient été affranchis par privilèges de nos rois et des papes, des contributions de la nature de celle qu'on leur réclamait. L'affaire s'envenima tellement qu'on dut avoir recours au Saint-Siège pour l'apaiser; et une bulle du pape Innocent III, du 4e jour des calendes d'avril de la onzième année de son pontificat, c'est-à-dire du 29 mars 1216, en se conformant à l'indult de ses prédécesseurs, déclara les Templiers exempts de cet impôt.

La maison du Temple de Compiègne était située dans la rue Notre-Dame, qu'on a nommée depuis la Grande-Rue. Il y avait une autre maison, près de l'église de Saint-Clément, que les Templiers cédèrent, en 1253, à la ville, avec des cens ou rentes sur plusieurs maisons et héritages, situés vers la porte de Soissons, moyennant une rente annuelle de quinze livre.

Les habitants de Compiègne voulurent se soustraire au paiement de cette redevance, lorsque les Hospitaliers succédèrent aux Templiers; mais une sentence des requêtes du palais du Roi, du 24 juillet 1470, les condamna à en continuer le paiement à l'Ordre des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

La maison du Temple se composait de deux corps de bâtiment séparés par une grande cour, au milieu de laquelle se trouvait une chapelle dédiée au XIVe siècle à saint Jean-Baptiste. Cette maison servait habituellement de résidence, pendant le XVe siècle, au commandeur d'Ivry; mais plus tard, c'est-à-dire au XVIIe siècle, elle fut louée au Roi pour le service de son château.

Lorsqu'en 1733, on construisit le pont sur l'Oise, on dut, pour en dégager les abords, démolir plusieurs maisons et une partie de celle du Temple, du côté de la grande rue. Les Hospitaliers reçurent, à cette occasion, une indemnité de 1757 livres.

Le Temple de Compiègne possédait un certain nombre de terres et de prés à Choisy-au-BacDomus Hospitalis Choisy-au-Bac
Domus Hospitalis Choisy-au-Bac
, à CoudunDomus Hospitalis Coudun
Domus Hospitalis Coudun
, à BienvilleDomus Hospitalis Bienville
Domus Hospitalis Bienville
, à VenetteDomus Hospitalis Venette
Domus Hospitalis Venette
, à Jaux, et autres villages environnants.

Jusqu'au XVe siècle, la maison de Compiègne porta le titre de Commanderie. Elle avait un membre à ClairoixDomus Hospitalis Clairoix
Domus Hospitalis Clairoix
, à une demi-lieue de la ville, qui consistait en deux moulins: l'un à blé, et l'autre à tan, sur la rivière d'Aronde, avec 12 mines de pré et 99 mines de terre labourable, plus un bois qu'on nommait « l'Ecureuil. »

Le revenu de la commanderie qui, en 1495, était de 117 livres 13 sols, s'élevait en 1757, à 4,100 livres; et en 1783, à 6,000 livres.

Anciens Commandeurs de Compiègne
1357. Fr. Pierre Lancelot.
1373. Le chev. Pierre du Poule.
1415. Fr. Nicole Suynet.
1420. Fr. Guy Coquelet.
1450. Fr. Laurent Larchebry.
1457. Fr. Nicole de Beaurain.
1469. Le chev. Sarazin de Fay.  
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Domus Hospitalis Gandicourt
Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Neuilly-en-Thelle, commune: Chambly — 60

Domus Hospitalis Gandicourt
Localisation: Domus Hospitalis Gandicourt

La terre et seigneurie de Gandicourt était située à Belle-Eglise, au diocèse de Beauvais. Elle est une des dernières acquisitions que les Templiers tirent avant la suppression de leur Ordre. Cette terre appartenait à la fin du XIIIe siècle, à Oudart de Chambly, seigneur de Gandeluz. Des lettres du roi Philippe, du mois de janvier de l'année 1300, accordèrent aux commandeur et frères de la chevalerie du Temple de Sommereux, l'amortissement de la vente à eux faite par le seigneur Oudart et Jeanne de Villarceaux, sa femme, de tout ce qu'ils possédaient en la ville de Gandicourt, paroisse de Belle-Eglise, « in villa de Gondencourt parochie de Bella Ecclesia », au diocèse de Beauvais, en terres, vignes, bois, champart, cens et rentes seigneuriales, et qui formait la terre et seigneurie de Gandicourt avec les fiefs qui en dépendaient, savoir: le fief de Saint-Pol, le fief Butard, et le fief Houder ou Houdar.

La terre de Gandicourt, qui faisait d'abord partie de la commanderie de Sommereux, fut réunie au XVIe siècle à celle d'Ivry-le-Temple, dont elle était moins éloignée.

Il y avait dans la cour de la maison de Gandicourt une chapelle dédiée à Saint-Sébastien, où le curé de Belle-Eglise disait la messe un jour par semaine, et à qui le commandeur d'Ivry donnait pour cela, au siècle dernier, 36 livres par an.

Le domaine de Gandicourt, qui ne comptait qu'un petit nombre de terres (24 arpents), rapportait, avec les droits de justice et de seigneurie, en 1757, 527 livres; et en 1783, 850 livres.

Le revenu général de la commanderie d'Ivry-le-Temple et de ses membres était en 1583, de 3,900 livres; en 1659, de 5,400 livres; en 1739, de 13,000 livres; en 1757, de 16,084 livres; et en 1783, de 24,880 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

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